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Michel Mézy - Patrick Champ - Bertrand Biancotto - Fred Pouget - Jacky Novi 02 06 2026

Défenseur emblématique de Nîmes Olympique aux 516 matches en D1, André Kabile est décédé à l’âge de 87 ans. Il  laisse le souvenir d’un footballeur exemplaire et d’un homme profondément respecté.

Les supporters de Nîmes Olympique ont appris la nouvelle avec émotion et versent des larmes de crocodile. André Kabile, l’un des joueurs les plus emblématiques de l’histoire du club, est décédé ce vendredi 6 mars à l’âge de 87 ans.

Né le 17 novembre 1938 à Saint-Esprit, en Martinique, celui que tous appelaient affectueusement « Dédé » était arrivé à Nîmes en 1964. Sous le maillot des Crocos, il allait écrire une page marquante de l’histoire du club.

Pendant quinze saisons, jusqu’en 1979, le défenseur a disputé plus de 500 matches en première division, 516 précisément. Posté sur le côté gauche de la défense, il s’était forgé la réputation d’un joueur intraitable, capable de faire souffrir les meilleurs attaquants du championnat de France.

Une fidélité rare au club

André Kabile incarnait une fidélité aujourd’hui devenue rare dans le football. Après sa carrière professionnelle, il avait poursuivi sa passion du ballon rond à La Grand-Combe, en division 4, remportant notamment la coupe Gard-Lozère. Pour beaucoup, il restera l’archétype du joueur « d’un club ».

L’ancien international et figure historique de Nîmes Olympique Michel Mézy ne cache pas son émotion à l’annonce de sa disparition. « Dédé, c’est 60 ans de ma vie. Je l’ai connu lorsque j’avais 16 ans », confie-t-il ce vendredi soir, la voix nouée. « Il représente tellement de choses. C’était un grand joueur, c’était aussi un grand homme. Il était d’une humilité remarquable. »

Dans l’un des ouvrages consacrés au club par l’auteur nîmois Jean‑Charles Roux, Michel Mézy évoque aussi un souvenir marquant : « En 1971, après une remarquable année, Dédé m’avait demandé de venir avec lui pour discuter avec le président Calabro pour qu’il soit enfin professionnel. Il avait déjà 33 ans. »

Respecté par toute la planète football

La valeur du défenseur nîmois était reconnue bien au-delà du Gard. En 1974, Ștefan Kovács, alors sélectionneur de l’équipe de France, avait déclaré : « Kabile est le meilleur arrière gauche français. Dommage qu’il ait 36 ans. »

À Nîmes, André Kabile avait aussi travaillé comme employé municipal, notamment au gymnase des Capouchiné. « Il a joué avec les municipaux de Nîmes avec mon père », se souvient Bertrand Bianciotto, aujourd’hui référent arbitre au club. « Il faisait aussi partie de l’équipe du mardi. Jusqu’en octobre dernier, tous les mardis, il jouait au ballon à Jean-Bouin. Il avait un faible pour le poste d’avant-centre. Il adorait jouer à ce poste. Il râlait beaucoup, mais quand il râlait, ça voulait dire qu’il était en forme. »

Fan d'Arsenal 

Grand amateur du club londonien Arsenal, André Kabile était respecté dans tout le milieu du football. « Au gré des matches que j’ai arbitrés, des personnes que j’ai pu rencontrer, de Jean‑Michel Larqué à Patrick Battiston en passant par Ángel Marcos, tous me demandaient de passer le bonjour à Dédé », raconte encore Bertrand Bianciotto.

Les anecdotes autour du joueur ne manquent pas. Jean-Charles Roux se souvient notamment de ses duels face à la star de l’Olympique de Marseille, Roger Magnusson, que le défenseur nîmois « cadenassait ». Il évoque aussi un épisode resté célèbre à stade Jean‑Bouin de Nîmes : « Lors d’un match face à Nantes, l’arrière nantais Osman avait perdu sa chaussure dans un contact avec un Nîmois. L’arbitre avait sifflé un coup franc pour Nantes. Furieux de la décision, Kabile avait jeté la chaussure du Nantais dans les gradins. »

« Exemplaire sur le terrain et dans la vie »

Parmi les témoignages les plus marquants figure celui de l’ancien entraîneur mythique des Crocos, Kader Firoud que Jean-Charles Roux évoque dans son livre : « J’ai eu la chance d’avoir André Kabile dans mes équipes pendant dix ans. Et aujourd’hui, je peux dire à ses successeurs, jeunes ou moins jeunes, combien il a été exemplaire sur le terrain et dans la vie. »

Avec la disparition d’André Kabile, c’est une certaine idée du football qui s’éteint : un football à l’ancienne, rugueux parfois, mais profondément authentique.

À la famille d’André Kabile, la rédaction du Réveil du Midi présente ses sincères condoléances.

Frédéric Prades - 06 03 2026

Patrick Champ, président de l'Amicale des Anciens de Nîmes Olympique :

"Dédé c'était le Nîmes olympique d'avant, de la grande époque des années 1970 qui dominait le football français avec Michel Mézy, Henri Augé ou encore Jacky Vergnes. Moi j'étais joueur stagiaire à ce moment-là, c'était dur d'avoir une place dans cette équipe avec un seul remplaçant à l'époque. Il fait partie des trois joueurs les plus marquants du club. Il jouait latéral gauche, il était rugueux mais pas méchant. Ces duels avec Bernard Blanchet de Nantes et Magnusson de Marseille, c'était épique. Si un stade doit être renommé à son nom, il faut que ce soit le stade Jean-Bouin. Je retiens sa simplicité et sa gentillesse. Il n'avait pas le boulard. Une fois sa carrière finie, il a travaillé au service des sports à la ville de Nîmes."

Thierry Cenatiempo, président Nîmes Olympique :

"C’est avec la plus grande tristesse que l’on vient d’apprendre la disparition d’André Kabile, joueur emblématique du Nîmes Olympique. Bien plus qu’une légende du club, il savait communiquer autour de lui sa passion pour le football, sa passion pour le club et avec toujours une très grande humilité. Nous perdons aujourd’hui un monument de notre histoire, nos pensées et notre soutien vont à ses proches et à sa famille."

Yannick Liron, président Association Nîmes Olympique :

"C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès d’André Kabile, joueur historique de notre club et détenteur du record du nombre de matchs disputés avec 516 rencontres sous nos couleurs. André nous a quittés aujourd’hui, à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un joueur exemplaire et profondément attaché au club."

Franck Proust, président de Nîmes métropole et premier adjoint à la ville de Nîmes :

"C’est une grande figure de l’histoire du Nîmes Olympique qui nous a quitté hier. André Kabile, joueur le plus capé du club avec 516 matchs sous le maillot des Crocos entre 1966 et 1979, aura marqué de son empreinte toute une génération de supporters et contribué aux grandes heures du Nîmes Olympique, notamment avec les titres de vice-champion de France en 1968 et 1972. Nîmes perd aujourd’hui l’un de ses visages familiers et une part de son histoire sportive. Pensées sincères à sa famille, à ses proches et à tous les amoureux du Nîmes Olympique."

Vincent Bouget, vice-président du Conseil départemental délégué aux sports : 

"Grande émotion à l’annonce du décès d’André Kabile, légende du Nîmes Olympique avec 516 match sous le maillot du club, essentiellement en 1ere division (et un « titre » de voce-champion de France). Un record qui ne sera sans doute jamais égalé. Un homme simple, très attaché à sa ville et à son unique club et qui avait été justement honoré lors du premier match à domicile en août dernier. Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches. Il sera sans nul doute honoré ce soir au stade des Antonins. Il faudra aussi dans l’avenir lui dédier un lieu de mémoire. C’est l’histoire populaire de la ville."

Roger Magnusson :

"Nîmes, c'était de vrais rivaux, des matches toujours durs, tu sais. L'arrière gauche, Kabyle, il voulait me tuer ! C'était un fou, surtout à Nîmes, poussé par les spectateurs. Il donnait des coups, à gauche, à droite. Et dans la vie, en civil, il était très gentil, il venait s'excuser après les matches. Mais pendant, il était fou ! Les Marseillais m'en ont souvent parlé quand je revenais. Kabyle, ça a marqué les gens. À l'époque, il m'arrivait souvent de ridiculiser un arrière, alors quand l'un d'eux parvenait à me neutraliser, il avait gagné son match, il était le héros de son équipe. Mais Nîmes avait surtout de très bons joueurs, l'ailier gauche, Bonnet, Vergnes l'avant-centre et puis Michel Mézy ! Quel beau milieu de terrain, très, très fort !"

- André Kabile : 516 matches 

Il est transféré de Port-St-Louis du Rhône à Nîmes le 24 juillet 1984.

Il débute le 30 août 1964 contre Sedan. Pendant près de 15 ans, Bibile (son surnom) sera titulaire du flanc gauche de la défense.

Le 23 septembre1977, il dispute son 500ème match sous les couleurs nimoises.

- 457 en championnat

- 39 en coupe

- 4 en coupe de l'U.E.F.A.

Stefan Kovacs déclare en 1974 "Kabile est le meilleur arrière gauche français dommage qu'il ait 36 ans"  

Il joue son dernier match à Laval le 18 août 1978 à l'âge de 40 ans. C'est son 516ème matche dans l'équipe première.

Il quitta Nîmes pour aller jouer à La Grand-Combe et fut ensuite embauché au service des sports de la ville de Nîmes.

 

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AU 30/11/2025

16/03/205

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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