Tu as fréquenté Pogba et Varane en équipes de France jeunes. Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?

Varane, je n’ai joué qu’un seul match avec lui, je n’ai pas trop de souvenirs. Pogba, j’ai joué avec lui des U16 aux U19. C’est vraiment quand il a signé à Manchester qu’il a pris une autre dimension. Mais le plus impressionnant à l’époque, c’était Yaya Sanogo, encore plus fort que Paul ! Super technique malgré sa taille, il marquait à tous les matches. Des doublés, des triplés, la folie ! Au début, il formait le duo d’attaque avec Mamadou Doucouré de Lens, deux grands d’1m90. Et puis le coach (Guy Ferrier) a vu que ça marchait bien avec moi aussi et il me mettait un peu plus. On était complémentaires avec Yaya.

 

Lequel de tes 20 buts en 41 sélections t’a le plus marqué et pourquoi ?

20 buts en 41 sélections ? Ca doit être ça, c’est pas mal ! Celui qui m’a le plus marqué, c’était contre l’Espagne à l’Euro U17 au Liechtenstein. Le premier match de la compétition, je rentre au début de la deuxième mi-temps. En face, il y a Bernat qui joue au Bayern maintenant , mais aussi Darder. Paul me donne une passe en profondeur et je lobe le gardien d'une volée d’en dehors de la surface. J’aime bien ce but parce que je ne suis pas du genre à marquer des buts très spectaculaires.

 

Tu débutes en L2 à 18 ans seulement… mais il te faudra cinq ans pour goûter à la L1. Comment l’expliques-tu ?

Même pour la L2 j’étais juste à 18 ans ! Je pense que j’ai un temps d’évolution logique. J’ai pris mon temps. Il faut gagner en maturité pour toucher au haut niveau. J’ai même joué 6 mois en National, à Luzenac. Il me fallait un club pour me relancer, mon agent a trouvé ça. C’est un super souvenir, même si c’était galère au niveau des infrastructures.

 

Tu t’attendais à connaître des difficultés dans ton parcours ? As-tu connu des moments de doutes ?

Après avoir signé pro au Mans, je ne jouais même pas en CFA ! Avant, en équipes jeunes, on ne connaissait pas le doute. Même quand tu ratais un match, ce n'était pas grave. On te considère comme l’espoir du club, tu es chouchouté, tu joues en équipe de France jeunes… Et quand tu arrives dans le groupe pro, c’est plus compliqué que prévu. Le club jouait le maintien, il y avait un nouveau coach (Denis Zanko) qui m’a écarté du groupe. Il m’a expliqué qu’il ne comptait pas sur moi, que je ne pouvais pas aider l’équipe dans cette situation. Avec le recul, il avait raison. Je n’étais tout simplement pas prêt pour le haut niveau. Je suis très attaché à la ville, c’est ma ville Le Mans. Mais au fond, je le sentais, c’est ailleurs que j’allais réussir.

 

Quelles sont les rencontres importantes de ta carrière ?

Je n’ai pas vraiment de noms qui me viennent en tête. J’ai beaucoup aimé mon dernier entraîneur à Nîmes Bernard Blaquart. Il m’a fait confiance et m’a replacé à mon poste la saison dernière. Et puis René Marsiglia. J’ai été très touché par son décès. C’était un super coach, il faisait des séances d’entraînements de fou. Il était top !

 

Que ce soit à Nîmes ou Nancy, tu as toujours joué le maintien. C’est dur psychologiquement ?

On s’y fait, c’est comme ça... J’en connais qui ont joué le maintien toute leur carrière. Et puis, pour le moment, je n’ai connu aucune descente, je touche du bois ! Je pense que ça forge aussi le caractère, de devoir trimer tous les week-ends. L’expérience à Nîmes l’an dernier, c’était dingue. On était plusieurs à ne plus du tout y croire. Et au final, en jouant sans pression, on s’est libéré et derrière on a bien géré. C’est un super moment de ma carrière !

 

Tu ne regrettes pas d’avoir refusé l’OM maintenant que le club a été racheté ?

C’est un grand club mais bon... Est-ce que j’aurais eu ma place aujourd’hui ? Je serais venu sous Passi et maintenant Garcia est en place. On fait quoi ? Le club a été racheté, c’est autre chose. Je ne regrette pas car je suis très bien à Nancy. Et puis Nancy me voulait depuis beaucoup plus longtemps. J’ai beaucoup réfléchi avant de dire non. C’était dur de refuser, on ne te propose pas le même contrat à Nancy et à l’OM. Mais je pense qu’à ce moment de ma carrière, ça n’était pas forcément le bon choix. Et une fois encore, je suis super bien à Nancy !

 

 

Ça fait quoi d’avoir marqué en L1 ?

Je l’attendais celui-là, j’étais vraiment content ! Marquer en Ligue 1, surtout le premier, ça change du National et de la Ligue 2. Poteau, poteau, but, c’est la première fois que je marque comme ça. Quand j’ai regardé la vidéo, ça avait l’air rapide mais sur le terrain, c’était long. Ca a duré trois heures le truc ! Tous mes coéquipiers sont venus me féliciter, c’est Pedretti qui me donne la passe décisive.

 

Quels défenseurs t’ont le plus impressionné ?

Pallois de Bordeaux ! Il va vite, il est costaud, il met des coups. Déjà quand je jouais contre lui en Ligue 2, je le trouvais bon. Là, il a beaucoup progressé. C'est le défenseur le plus chiant que j’ai joué cette saison. Sinon contre le PSG, j’avais sur le dos Marquinhos et Thiago Silva, mais ça n’est pas la même chose. Ils sont moins dans l’impact physique et le duel. Ils anticipent beaucoup, c’est impressionnant.

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes