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- avec Jean-Charles Roux : Jean-Pierre Betton

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La lettre de démission

 

Monsieur le Président,

Cher Yannick,

Faisant suite à ma publication sur facebook, durant ce dernier week-end, d'un avis personnel sur la situation du Nîmes Olympique, une main délictueuse a accédé et a débloqué mon compte privé de ce réseau social, jetant en pâture, sur la voie publique des publications, composées de commentaires humoristiques, de photos ou caricatures d'ordre strictement privés, qui n'ont jamais été censurés par l'organisme de gestion.

Tu sais mon profond respect de l'Être Humain et de toutes les Spiritualités, et si je tourne en dérision ma propre religion et son Pape, qu'il me soit permis de railler, sur celles qui, je pense, manquent à mes yeux de tolérance.

Bien au delà de ma personne, c'est bien sûr, par cette diversion, l'Association Nîmes Olympique que l'on veut atteindre et affaiblir, avec cette campagne orchestrée de main de maître. Aujourd'hui, malgré toutes les concessions généreusement accordées, il y a 4 ans, club, je fais l'amer constat d'une peu reluisante trahison, consistant à vouloir rayer d'un trait de plume, la formation, et par voie de conséquence, la préformation, dont le terme, sera la disparition ou la réduction à l'état de peau de chagrin de l'Association.

Ne souhaitant pas laisser ces basses manœuvres interférer dans le difficile challenge que tu as entrepris de relever pour faire perdurer la section amateur, c'est sans la moindre hésitation que je viens par la présente remettre, entre tes mains ma démission de vice-président de l'Association. Pour en avoir parlé ensemble, tu sais combien je suis détaché de tout ces titres, grades, médailles et breloques (trop souvent auto-attribués) qui ne sont que l'illusion du "Paraître au détriment de l'Être". Puisse cette décision permettre de retrouver calme et lucidité, et pour certains de favoriser le sommeil et connaître une baisse du taux d'adrénaline.

Je pense qu'il était temps, après 20 ans passées au service de notre administration de partir avec la tête haute, respect de la parole donnée, et la satisfaction du travail bénévolement accompli avec altruisme. Enfin qu'il me soit permis de rendre hommage à celles et ceux qui m'ont accompagné, ainsi qu'aux éducateurs et dirigeants pour leur générosité, don de soi, et d'avoir fait rêver des centaines de jeunes qui ont porté si fièrement nos couleurs.

Pour finir, je formule des veux sincères de réussite dans la rude épreuve entreprise par le Conseil d'Administration que tu diriges pour faire perdurer notre vénérable institution octogénaire.

Je l'espère, et le souhaite ardemment, même si le chemin pour y parvenir est semé d'embûches, de chausses trappes, et rempli de personnes sans foi ni loi. Notre Association doit encore faire rêver de nombreux jeunes Nîmois et Gardois.

Garde la tête haute, méfie-toi des trahisons qui te guettent, et protège ceux qui sont chers à ton cœur.

Gérard Di Domenico

Après de longues réunions tenues mardi soir, une proposition émanant de l'Association du Nîmes Olympique et soutenue par les représentants des supporters a été présentée pour sauver le centre de formation. Rani Assaf s'est montré sceptique. Yannick Liron, le président de l'Association, attend des réponses pour boucler son budget et espère un déblocage rapide de la situation.

"Je n'ai pas dormi de la nuit." C'est usé mais déterminé que Yannick Liron a reçu la presse ce mercredi. Pendant près de trois heures, le président de l'association du Nîmes Olympique a présenté la situation et ses solutions pour sortir de la crise. "Aujourd'hui, je pense qu'avec 1,8 M€ on peut s'en sortir en gérant la formation, pour 1,3 M€, et la préformation, pour 500 000 €, a conclu celui qui est aussi expert comptable. J'ai monté un budget avec 50 % de recettes publiques et 50 % de recettes privées."

Particulièrement mobilisés pour la sauvegarde du centre de formation, les supporters pourraient apporter leur pierre à l'édifice. Yannick Liron a rencontré les différents groupes ce mardi et table sur 5 000 adhésions à 30 €."Ils se sont inspirés du modèle des Kalons, ces fans guingampais qui sont parvenus à mobiliser 15 000 personnes pour racheter des parts de leur club, indique Polak, un cadre des Gladiators Nîmes 1991. Dans notre cas, cela se limiterait à impliquer les supporters au sein de l'association."

"Plus nous sommes nombreux à participer à la vie du club, mieux c'est,poursuit-il. On ne veut pas créer un contre-pouvoir. Chacun doit rester à sa place. Nous voulons juste protéger les valeurs du Nîmes Olympique. Pour nous, sans centre de formation, le club ne survivra pas trois ans. Si on arrive à mobiliser beaucoup de monde, cela peut aussi être un moyen de pression sur Rani Assaf qui verra alors qu'il y a un attachement concret au centre de formation et que ce ne sont pas que des paroles." Ce mercredi soir, dans un communiqué (lire ci-dessus) les Gladiators ont renvoyé Rani Assaf et la ville de Nîmes dos à dos.

Mais avant de faire appel aux bonnes volontés - supporters, mécènes et partenaires - et de lancer un système qu'il espère vertueux, Yannick Liron attend des garanties solides. "Nous ne lancerons la campagne d'adhésion que si 85-90 % du budget est bouclé", annonce-t-il. Et pour cela, selon lui, il y a urgence : "Quarante salariés du centre de formation attendent de connaître leur avenir. Mettez-vous à la place des parents qui ont leurs gamins sous contrat, c'est intenable !"

6 000 € par an pour un jeune formé au centre

"Je vais être cash : le dernier rempart c'est la convention qui lie la SASP à l'Association et qui sera caduque s'il n'y a plus de centre de formation,poursuit le président Liron. Je ne signerai jamais une convention signifiant la mort du centre de formation. Si aucune solution n'est trouvée lundi, j'annoncerai ma démission. Rani Assaf nous a donné encore dix jours, mais moi je n'en peux plus."

S'il ne se fait "aucune inquiétude" quant à sa capacité de réunir 5 000 "socios" ainsi que plusieurs mécènes et partenaires, Yannick Liron attend une prise de responsabilité collective. "Je renvoie la balle à tout le monde. Il faut trouver une solution tous ensemble, harangue le président de l'Association.Aujourd'hui, on a fait une partie du chemin mais il manque des certitudes sur certains postes de financements."

"Quand on fait le calcul au prorata, un jeune formé au centre coûte 6 000 € par an, chiffre-t-il. Faites le comparatif avec certaines écoles privées. Il faut que tout le monde revienne à la raison. Il serait vraiment dommage de passer à côté d'un grand projet sur notre territoire qui sera bon pour notre économie et qui sera bon pour le Nîmes Olympique." Le message est passé.

Boris Boutet - Objectif Gard

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JEAN PIERRE BETTON DIT « LA BOULE »

A Georgette, Olivier, Sophie et ses petits enfants

Jean Pierre Betton a fêté ses 75 ans, le 5 mars 2021. Son état de santé, qui l’a enfermé dans ses rêves de ses duels avec Skoblar, de son unique but marqué contre Sedan, ou de son amitié indéfléctive avec ses frères que sont Augé et Mézy, nous empêche d’échanger malheureusement avec lui, mais ses amis de jeunesse ou de jeu se souviennent de « La boule », le stoppeur de la grande équipe vice championne de France.

A l’automne 1962, l’équipe cadet du Nimes Olympique, avec dans ses rangs Malassagne, Novi, Grandmoursel, Valls et Gomez (entres autres) se déplace à Bagnols pour affronter les cadets de l’ESBM (Entente Sportive Bagnols Marcoule). René Menozzi, ami de Jean Pierre et joueur de l’ESBM, raconte : « Les conditions étaient difficiles, il faisait froid et le vent soufflait. Malgré une belle opposition nous avons perdu le match face une équipe nimoise forte de quelques individualités qui allaient faire parler d’elles. Le dirigeant nimois était Hubert Delprat. A la fin du match il approche Jean Pierre qui était dans notre effectif depuis 1958 en équipes minimes, et lui demande s’il ne veut pas signer au Nimes Olympique. Mes parents tenaient le bar des sports l’épicentre du football à Bagnols. Lorsque les parents Betton devaient s’absenter, Jean Pierre était comme chez lui et partageait les repas dominicaux d’avant match avec la famille Menozzi ».

Jean Pierre accepte la proposition d’Hubert Delprat et débarque au Nimes Olympique le 18 juin 1963. Dejà repéré par Marcel Rouvière lorsqu’il jouait en sélection cadets Gard Lozère, il ne tarde pas à se mettre en valeur, puisqu’en décembre 1963 il est présélectionné en équipe de France junior. Hébergé avec Canetti, Bonzanini ou encore Rizzi dans le foyer de la Rue Richelieu, le jeune Betton est accueilli dans la pouponnière nimoise de la meilleure des manières et Marcel Rouvière le prend sous son aile.

Le 13 décembre 1964, lors de la 16ème journée, Nimes se déplace à Toulouse alors entrainée par un certain…Kader Firoud. En compagnie de Landi, Baconnier, Kabile, Novi, Djeballi, Gomez, Valls, Garnier, Marcellin et Tylman, Jean Pierre débute avec l’équipe fanion « J’étais très impressionné mais avec Novi à mes cotés ce fut finalement très facile » déclare t-il au journal Football Gard Lozère en 1984. Jacky Novi se souvient : «Charles Alfred était blessé. Les entraineurs Pibarot et Rouvière m’avaient dit dans la semaine que je formerais la charnière centrale avec le junior Betton. A l’époque nous faisions tout pour bien incorporer les jeunes et je me souviens que Jean Pierre avait fait un match propre même si le tandem d’attaque toulousain Barrafe-Soukhane nous fit suer la goutte ». A la mi temps, les entraineurs décalent Jean Pierre à gauche et font passer Kabile au centre. Face à l’ailier toulousain Ahache, Betton est sérieux et concentré rapporte le Midi Libre. Jean Pierre ne connaitra le gout de rejouer avec les pros qu’en août 65 contre St Etienne (2-1 buts de Mahi) puis en octobre 66 contre Sedan (2-2 doublé de Chillan). Parallèlement à ses débuts, le président Chiariny le fait rentrer dans l’administration au centre de contrôle médical. Il y rencontre Georgette qui, en 1966, deviendra Madame Betton. Jean Pierre tarde à rentrer dans le groupe pro. Dans une interview au journal Crocodile il déclare : « J’ai mis deux ans avant de franchir le rubicon car je travaillais parallèlement dans une administration. En ayant de plus en plus de problèmes pour concilier ces deux activités j’ai dû faire un choix ». Ce choix Jean Pierre ne le regrette pas car à partir la saison 68, il devient le stoppeur indiscutable des crocos et compose, avec son alter ego Augé, la charnière de la défense centrale citée encore en exemple 50 ans après dans les discussions entre supporters. Jean Pierre avec son mètre soixante quatorze et ses 73 kilos n’est pas un grand gabarit, mais il va s’affirmer comme un joueur de devoir. Jean Charles Canetti, avec lequel il partage son premier appartement Route d’Uzès, se souvient : « Il était un homme sérieux sur le terrain, un joueur qui ne lâchait rien et un gros travailleur même si à l’appartement il était plutôt désordonné ». Jean Marie Marcellin ajoute : « Il n’était peut être pas le plus technique de l’équipe mais par contre il était celui qui respectait les consignes à la règle ». Martinelli, quant à lui, souligne le courage du joueur : « Contre l’OM en coupe à Alès, il a joué avec l’avant bras fracturé suite à un contact avec Bonnel. Il a terminé le match sans sourciller ». Michel Mézy au même chapitre ajoute « Il s’était fait une fissure du ménisque. Durant six mois il a continué à jouer. Mazurier, le kiné de l’époque, lui avait montré comment débloquer son genou, il n’était pas rare durant cette époque le voir en plein match se remettre le ménisque en place ». Henri Augé garde le souvenir du joueur repoussant ses limites sans desserrer les dents « Nous étions allés jouer au Panatinaikos en Grèce. Un attaquant lui avait fait une semelle et lui avait déchiré la chaussette et mis au sang le tibia. La « Boule » termina le match sans se plaindre ».

Tous ses amis reconnaissent le joueur courageux qu’il était « C’est un garçon qui ne tournait jamais le dos lorsqu’il y avait un coup franc quitte à prendre le ballon en pleine figure » ajoute le capitaine Auger. André Kabile rappelle ses duels avec Skoblar : « Skoblar avait du talent mais c’était une p… Il te crachait dessus, te donnait des coups, t’insultait. Lorsque Jean Pierre était au duel avec lui, Skoblar battu dans l’aérien lui mettait des coups de coude sur la tête ». Mézy ajoute « Jean Pierre n’avait pas un physique exceptionnel mais par contre il avait un timing extraordinaire. Il était presque impossible de lui prendre un ballon de la tête. Il sautait juste, il avait une impulsion parfaite. Il était correct mais dur sur l’homme, il y mettait du physique. Il a mis Skoblar et d’autres avant-centre à ses pieds ». Henri Augé confirme les affirmations des ses collègues : « Jean Pierre dans le jeu était un roc. Un homme qui ne craignait rien ni personne. Son jeu de tête était parfait, nous formions un binôme parfait. Si vous regardez les statistiques de la période où nous jouons ensemble, vous verrez que les argentins de France (Onnis, Marcos,…) n’ont jamais marqué contre nous. Dans la vie sociale, Jean Pierre est l’ami sur lequel on peut toujours compter. Un gars droit et réglo. Un homme bien, un frère pour moi ». Michel Mézy ajoute « il fait partie de mon pré carré d’amis. Je suis fier d’être son ami ! ». Jean Claude Malassagne, compagnon des débuts de Jean Pierre conclut : « Jean Pierre c’est le Nimes Olympique ! Voilà l’exemple même du joueur nimois par excellence ! Un joueur de devoir et un homme droit !». De 1969 à 1974, Jean Pierre dispute 205 matchs sous le maillot croco et marque un seul but. C’était le 3 septembre 1969 contre Sedan à la première minute de jeu : « Quand j’ai mis le ballon au fond, sur un contre, c’était le plus beau jour de ma vie ». Nimes avait gagné ce soir là 5 à 1 (Mézy, Diongue, Gianella, Ruelle ajoutant les 4 autres buts). Jean Pierre dans sa bulle à souvenirs doit sans doute refaire le scénario de cet unique but inscrit.

TOUTES SES PASSIONNANTES HISTOIRES SONT A RETROUVER SUR LE BLOG FACEBOOK DE JEAN-CHARLES ROUX (UN PASSIONNANT LIVRE DEVRAIT SORTIR LE DERNIER TRIMESTRE DE 2021)

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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