DERNIERE MINUTE

Quatrième titularisation et troisième but pour Moussa Dembélé en Ligue 1 Conforama cette saison. Aligné en pointe ce vendredi soir face au Nîmes Olympique (2-0), l'attaquant de l'Olympique Lyonnais a mis les Gones sur la voie, en ouverture de la 10e journée de championnat. Dans ce match très ouvert, Moussa Dembélé a fait la différence avant la demi-heure de jeu avant que Memphis Depay ne marque dans les derniers instants. L'OL remonte provisoirement à la 3e place au classement tandis que les Gardois, 15es, pourraient reculer jusqu'au 17e rang à la fin du week-end.

DEMBÉLÉ MARQUE, SAVANIER TOUCHE LE POTEAU

Gros rythme au Groupama Stadium où la première opportunité est pour Moussa Dembélé, qui frappe en pivot juste au-dessus (2e). Dans la foulée, Deprés place une belle tête (3e). Les actions chaudes s'enchaînent dans ce match débridé. De retour de suspension, Savanier reprend de volée aux 30 mètres et glace le public lyonnais mais sa tentative passe finalement juste à côté (8e). La pression s’intensifie devant les buts de Bernardoni. A la réception d’une diagonale, Memphis Depay ouvre son pied droit mais manque le cadre de quelques centimètres (14e). A l'autre extrémité du terrain, Lopes doit sortir dans les pieds de Bouanga (14e) avant de s'employer devant Thioub (15e).

Exceptionnellement aligné sur la droite, Mendy ne démérite pas. Il dépose notamment un centre sur la tête de Dembélé qui met le ballon sur Bernardoni (20e). C’est une ouverture lointaine de Marcelo qui débloque la rencontre. Dembélé contrôle parfaitement avant de glisser le ballon sous Bernardoni, sorti à ses devants (1-0, 24e). Depay a ensuite deux coups francs bien placés mais il manque de précision (28e et 33e). Après un superbe mouvement collectif, le ballon revient dans les pieds de Savanier qui arme aux 20 mètres. Le ballon est détourné par Marcelo et frappe le poteau de Lopes (39e).

L'OL NE PROFITE PAS DES CONTRES

Après la pause, le match repart sur les mêmes bases, avec une frappe de Thioub que capte Lopes (50e). En contre, Terrier décale joliment Depay qui manque le break. Le Néerlandais pique son ballon mais le gardien gardois était resté sur ses appuis (54e). Le Nîmes Olympique ne se décourage pas et Deprés écrase sa reprise sur un centre de la droite (55e). Après une jolie frappe d'Alioui à l'entrée de la surface, les Rhodaniens repartent en contre. Dembélé a un nouveau duel face à Bernardoni mais il ouvre un peu trop son pied droit (69e). 

C'est ensuite Martin Terrier qui obtient une occasion pour mettre les siens à l'abri. Sur un nouveau contre, il manque le cadre du plat du pied droit (79e). Le break arrivera finalement par le pied de Memphis Depay (2-0, 90e). Suite à une récupération du néo-Bleu Ndombele, Traoré centre vers le Néerlandais qui profite d'un cafouillage de la défense gardoise avant de scorer de près, tout en sang froid. Après deux matchs sans victoire en Ligue 1 Conforama, l'OL renoue donc avec le succès.

 

Bernard Blaquart : « On est déçu, on s'est créé pas mal de situations. On n'a pas trouvé le chemin du but, ça commence à durer. Ça reviendra. L'efficacité a été davantage lyonnaise ce soir. On joue pour essayer de gagner des matches. On attaque beaucoup, mais ça fait quatre matches qu'on n'a pas marqué. La solution pour marquer, c'est d'attaquer. On continuera pour essayer de trouver le chemin du but. »

 

Paul Bernardoni : «Encore une fois, nous sommes frustrés, car nous aurions pu au moins égaliser. Nous avons raté des occasions. Nous avons manqué le coche dans nos temps forts. Nous avons été punis deux fois. Certes, nous aurions pu en prendre plus mais nous avons durant un temps fait jeu égal. Le maintien est compliqué. Il faudra se battre pour l'obtenir très rapidement. Nous avons tiré 23 fois, mais nous n'avons marqué aucun but. L'entraîneur dit de ne pas nous alarmer, mais cela fait quelques matches que nous ne marquons pas. Il faut très vite retrouver l'efficacité offensive.» 

Bruno Genesio (entraîneur de Lyon) : «C'est toujours compliqué après une trêve internationale et avant une rencontre de Ligue des champions. C'était encore plus le cas aujourd'hui car nous avions aussi beaucoup d'absents et des joueurs qui ont été bien sollicités en sélection, mardi. Cela laissait peu de temps de récupération. Donc, bravo aux joueurs, car il fallait être courageux et tenace et nous avons pris trois points importants. Parfois, le contenu n'est pas ce que l'on aimerait qu'il soit, mais il faut aussi savoir prendre des points dans la difficultés. Il a fallu encore beaucoup d'occasions pour marquer, mais nous nous en créons et c'est le plus important. Mais il faudra être plus efficaces si l'on veut se faire un peu moins de souci dans les matches.» 

 Jason Denayer (défenseur de Lyon) : «Ce n'était pas un match spécialement facile. Nous avons joué sur des attaques rapides et eux aussi. Cela leur a permis d'avoir des espaces sur quelques actions. Nous avons été plus efficaces et c'est le plus important. La victoire ça rassure tout le temps et fait toujours du bien. Il y a eu des hauts et des bas, mais nous avons eu assez de caractère pour continuer à aller de l'avant.»

Un apprentissage du métier de footballeur, loin de sa famille, que nous avons voulu vous raconter. Grâce aux précieux témoignages, de Dylan Vrontos, son copain de chambre, Catherine Rajat, responsable d'internat, Jérémy Jacquemot, kinésithérapeute de l'OL, et Stéphane Roche, éducateur, nous avons tenté de percer la personnalité d'Anthony Briançon. Émotions et fous rires garantis

Pas évident de retracer la vie d'Anthony de 15 à 18 ans, en quelques minutes. Pour y parvenir, Dylan Vrontos, qui partageait la chambre du défenseur des Crocos, nous sert de fil conducteur. À travers différents thèmes, nos autres interlocuteurs viendront se greffer.

L'éloignement familial et la vie au centre

Dylan Vrontos, 24 ans, est resté trois ans au centre de formation avec Anthony. Il tient une salle d'électro-stimulation et de fitness dans laquelle le défenseur nîmois a investi. Il raconte : "Il jouait à Avignon, moi à Saint-Rémy. On s’était donc déjà côtoyé sur les terrains. On est arrivé à Lyon en même temps sachant que l’on avait fait des essais inimaginables dans toute la France tous les deux. Avant même de signer, on commençait à être proche.

Et les débuts ne furent pas faciles pour les deux jeunes gens. "La première année, on arrive tous les deux du Sud, c’est assez compliqué, reprend Dylan. On découvre un nouveau monde, la rigueur. Je me souviens d’Anthony, il était casanier. Il aime bien être proche de ses parents avec un esprit famille assez développé. Dès qu’il en avait l’occasion le week-end, il descendait le vendredi soir après l’entraînement et remontait le dimanche midi en survêt de l’OL pour jouer l’après-midi. Il avait besoin de se ressourcer. Alors que les autres, la plupart du temps, restaient au centre de formation."

Il refuse le pôle espoir

Tellement attaché à sa famille et à ses habitudes, l'apprenti lyonnais en oublierait presque ses ambitions de footballeur... "Pour l'anecdote, deux années avant Anthony avait refusé d’intégrer le Pôle Espoir d’Aix-en-Provence, affirme son compagnon de chambrée. Lors du rassemblement des joueurs du district, le responsable rentre dans le vestiaire et demande à ceux qu’ils ne veulent pas intégrer le pôle espoirs de le dire. On est 50 joueurs qui rêvons que de ballon pour nous c’est évident que personne ne va dire non. Il y en a un qui lève la main, c’est Anthony ! Lui il était en section foot à Avignon, à côté de chez lui, il avait sa famille, ça lui allait bien. À ce moment-là il n’a pas pensé à l’aspect football. À Lyon, on a vécu H-24 pendant trois ans ensemble. On a tissé des liens incomparables. Il allait chercher sa force dans ses proches, qui ont de belles valeurs et qui l’ont bien éduqué. Il y avait aussi Catherine et Didier qui étaient un peu nos parents là-bas."

 

Il a pleuré en arrivant et en partant

Catherine Rajat, responsable d'internat, qui a côtoyé Anthony tous les jours pendant trois ans hésite avant d'ouvrir l'armoire aux souvenirs : "il va peut-être m’en vouloir ! (rires) Quand il est arrivé, c’était dur pour lui. Il pleurait souvent les soirs. Sa maman m’appelait. Ils étaient dans la chambre avec Dylan. Ils ont fait trois ans en chambre double. Ils n’ont jamais voulu se séparer. C’est un gamin qui a pleuré quand il est arrivé et qui a pleuré pour partir. C’était dur pour lui de quitter sa famille et de se retrouver à Lyon. Et pour partir, parce qu’il n’avait plus envie de nous quitter ! Ils avaient souvent le cafard le soir, une des mamans m’appelait, en me disant les garçons ne vont pas bien. J’allais les voir dans leur chambre. Au début ils pleuraient, quand je sortais de la chambre ils rigolaient. Avec moi, je n'étais pas sur le terrain donc on pouvait parler de pleins choses. Tous leurs petits soucis, je pouvais les entendre. Je suis un petit peu la mère de substitution. Anthony a souvent été blessé mais n’a jamais baissé les bras. On passe plus de temps avec ceux qui sont blessés. Il a toujours rebondi avec le sourire. Quand il était chez nous, jamais il aurait pensé jouer en pro avec ses blessures qui la handicapaient. Son petit accent du Sud nous faisait toujours rire ! Ça nous mettait du soleil quand c’était triste à Lyon. Je suis déçu car je ne peux aller au match et sa famille voulait passer nous voir vendredi. Sinon on ira le voir au match retour au mois de mai à Nîmes !"

Négociateur en pâtisserie et co-entraîneur d'Arles-Avignon !

Du capitaine des Crocos, son ami Dylan connaît même les petites faiblesses gourmandes et ses qualités de négociateur commercial : "Sa mère lui mettait tout le temps, une valise pleine de gâteaux. Au début ça se savait pas trop et après il y avait tout le centre qui était au courant. Nous étions la chambre 12 et le soir quand on avait seulement mangé des pâtes à l’huile d’olive, les gars venaient et se servaient. Mais lui du coup il négociait avec les gens. C’était assez drôle ! Parce qu’il voulait pas être trop gentil mais en même temps il ne voulait pas passer pour un radin. Je me rappelle aussi des carrières de FIFA ensemble. Derrière c’est son nom sur snapchat et twitter, il s’appelle "Briatos" parce que l’on avait fait le combiné de nos deux noms. Du coup on avait crée un entraîneur qui s’appelait Dianto Briatos et on avait pris Arles-Avignon. À l’époque, c’était la seule équipe qui nous représentait dans le Sud qui était dans l’élite. Ça faisait vraiment entraîneur italien de haut niveau !"

L’amitié, la béquille pour surmonter la blessure

Les deux compères Anthony et Dylan qui s'apprêtent à entrer en jeu contre Nice (photo DR)

Mais l'heure est rarement à la rigolade sur le rectangle vert où Anthony est souvent handicapé par les blessures récurrentes.  "Il avait un problème au genou. Un bout de cartilage qui se détachait, explique Dylan Vrontos. Une blessure qui a pris du temps pour être décelée. Le docteur lui explique que c’est très rare, un seul cas enregistré auparavant dans l’histoire du club. Ils sont un peu dans l’inconnu. Malgré sa blessure, je ne l’ai jamais entendu dire qu’il voulait arrêter. Après forcément il avait des périodes où son mental n’était pas au max. On a eu un peu de chance aussi car je me suis blessé sur les premiers mois après son opération."

Un tandem d'éclopés

Forcément isolés des valides et du rectangle vert, les deux compères vont s'épauler mutuellement dans les moments difficiles. "On était tous les deux en béquilles ! Je pense qu’inconsciemment on s’est soutenu tous les deux", reprend son acolyte. Sa mère venait nous chercher en voiture, on était une belle bande d’handicapés, on en rigolait d’ailleurs ! Sur les premiers mois, ça l’a un peu aidé. Il ne s’est jamais vraiment retrouvé tout seul. J’essayais d’en prendre soin. On formait une belle équipe. Antho ça reste un bon vivant, il arrive à détourner le malheur en bonheur. Je me rappelle le week-end, il descendait chez lui quand il était blessé. Il me laissait des papiers avec des mots d’encouragement. Il était tellement altruiste. Lui était dans une situation super emmerdante et pensait aux autres encore une fois. C’est quelqu'un de différent !"

"Une personnalité attachante..."

Jérémy Jacquemot, kinésithérapeute de l’Olympique Lyonnais, qui s'est occupé d'Anthony pendant quasiment une année d'indisponibilité connaît bien le Croco : "Sur des blessures un peu longues, les relations s’affinent. La proximité se crée. Anthony a une personnalité très attachante donc la prise en charge en était d’autant plus facile. Il a des ressources que peut-être d’autres n’ont pas et qui lui ont permis d’arriver au niveau professionnel. Certes quand on a une blessure, on prend du retard par rapport aux autres mais lui ce n’était pas quelqu’un d’abattu. C’est quelqu’un qui aime la vie, qui sourit à la vie. Il se battait pour arriver ses fins, être joueur professionnel. Il est rarement arrivé en tirant la tronche, toujours de bonne humeur. Une rééducation et réathlétisation très sympa avec lui parce qu’il a de grosses qualités de travail. Il n’a pas été conservé chez nous et a su rebondir à Nîmes. J’entretiens toujours des relations avec lui, on se téléphone de temps en temps."

Un leader avant l’heure

Dylan Vrontos a des explications pour ce qui est du charisme de son compagnon d'apprentissage."La deuxième année, c’est là qu’Antho a commencé à exploser avant de se blesser. C’est Stéphane Roche qui prend les commandes des 17 ans nationaux. À ce moment-là, il rentre dans son plan de jeu et il n'en sort plus. Il jouait milieu défensif et n’avait pas un très grand gabarit, un peu frêle assez vif sur ses appuis. Ce passé de milieu de terrain où il était obligé d’avoir une certaine vision du jeu, d’aller un peu plus vite dans ses choix, de savoir ce qu’il allait faire avant de recevoir le ballon, ça lui a servi. Il a toutes les qualités qu’un défenseur central moderne devrait avoir."

"... les bases pour passer des caps..."

Entraîneur des U17 Nationaux lors de la saison 2010/2011, Stéphane Roche gardent un souvenir intact du Sudiste : "On était dans un parcours de formation au milieu de terrain. Il avait du volume, de l’abattage, une bonne vision du jeu. De la qualité pour mettre de bons ballons aux attaquants. C’était aussi un bon récupérateur. Un garçon qui avait des caractéristiques intéressantes au milieu de terrain. Mais aujourd’hui, un milieu peut être capable d’évoluer sur la ligne arrière. En taille, il était dans la moyenne plus. Il faisait partie des joueurs qui jouaient le plus souvent, des cadres de l'année 1994. Je dirais qu’il avait les bases pour passer des caps et progresser. Malheureusement, il a été freiné. Sur le terrain, il se comportait comme aujourd'hui à Nîmes. Quelqu’un avec du charisme, un gros compétiteur mais entraînant pour l’équipe et pas tourné vers son ego. D’ailleurs, je crois que je l’avais mis capitaine. Il avait montré ce côté de ne rien lâcher, être persévérant et être un bon partenaire en permanence. Il faisait partie des joueurs qui ont un peu cet esprit lyonnais, capable d’assumer un côté leadership. Il avait ça en lui. Il y a très peu de joueurs qui l'ont en eux et qui se font vraiment accepter par les partenaires parce qu’ils ne se trompent pas. Il avait cette maturité de savoir les moments où fallait travailler, suer et ceux où on pouvait rigoler que ça soit en dehors ou sur le terrain. Il n’avait pas pu finir la saison et pour les phases finales, il nous avait manqué. Ça je le sais (rires) !"

Revenu de l'enfer

Dylan Vrontos grimpe une dernière fois la machine à remonter le temps : "C’est quand il se blesse qu’il pousse d’un coup et le fait qu’il ne puisse pas s’entraîner, il passe beaucoup de temps dans la salle de muscu. La fin de saison est très compromise, il prend un gros coup sur la tête mais il lui reste un an de contrat et il va revenir pour les 19 ans nationaux. Les coaches ont des à priori parce qu’ils savent ce qu’il est capable de faire et attendent de voir comment il va relever la tête. Même s’il a du mal au début, il montre qu’il ne lâchera pas. Il se donne trois fois, quatre fois plus à l’entraînement que des joueurs lambda. Ça nous a un peu marqué. Un jour c’est le coach Delmotte qui a fait une remarque. Il y avait beaucoup de joueurs qui étaient là tranquille en dilettante et il a donné Anthony comme exemple. "Regardez-le, ça fait six mois même plus qu’il est blessé, il a connu l’enfer ! Il lui reste six mois. Il sait que c’est compromis. Il se donne deux fois plus que vous. À un moment donné prenez conscience de la chance que vous avez." Moi j’en témoignais parce que j’avais vécu ça avec lui. Je lui faisais prendre sa douche, c’était un truc de fou."

 

Propos recueillis par Corentin Corger  - Objectif Gard

PROCHAINEMENT
LES VIDEOS DE PLANETE NIMES OLYMPIQUE
SITES PARTENAIRES

clic sur les photos pour agrandir

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes