"Une à Nîmes" n° 45

 

 

Avec Marius Trésor, il formait la "garde noire", imageant parfaitement la sécurité que les deux hommes apportaient à l'Equipe de France. Jusque ses 22 ans, Jean-Pierre Adams évoluait pourtant au poste d'avant-centre. Repéré par Kader Firoud, l'entraîneur du Nîmes Olympique, il rejoint les Crocodiles en 1970. Le franco-sénégalais venait de remporter la finale du championnat de France amateur avec l'Entente Fontainebleau. Envoyé en DH dans un premier temps, Adams s'impose rapidement au sein de l'entre-jeu gardois. Sa progression est telle qu'il est appelé en Equipe de France dès 1972. Il dispute son premier match international lors d'un tournoi organisé à Rio, que les Bleus débutent en affrontant une sélection continentale, l'Afrique. 

L'Afrique, Jean-Pierre Adams la quitte en 1958. Il a alors dix ans. Sa grand-mère, qui l'a élevé, cède à un appel mystique et l'inscrit dans un établissement scolaire religieux à … Montargis. L'aïeul repart à Dakar, et l'enfant seul est finalement recueilli par un couple de retraités d'un village environnant. Au terme de ses études, Adams travaille chez un fabriquant de produits de caoutchouc, et écume les clubs du Loiret, sans se fixer nulle part. La première étape de son ascension vers le professionnalisme se produira quand son ami, Beudot, le rabat vers l'Entente Fontainebleau. Adams s'y imposera, mais il perd son ami dans un accident de voiture, dont lui ressort indemne. Premier grand drame de son existence. 

Athlétique, volontaire, Adams va apprendre sur le tas une fois intégré à l'effectif du Nîmes Olympique. Brillant élève, il est transféré en 1973 vers l'OGC Nice, un cador de l'époque. Au fur et à mesure que sa carrière progresse, le franco-sénégalais recule sur le terrain. Il finit par se fixer dans l'axe de la défense. En 1976, il connaît sa dernière sélection en Bleu. Le changement de sélectionneur et le choix d'Adams de s'engager avec le PSG en 1977 vont avoir raison de sa carrière internationale. Club flambant neuf et ambitieux, le PSG va cumuler ennuis sportifs et en coulisses (scandale de la double billetterie), lors des deux saisons qu'honorent le stoppeur. 

Au final, Adams a toujours considérée sa carrière professionnelle comme une sorte d'heureux accident. En 1981, une rencontre entre anciens du PSG et Auxerre fait office de jubilé du stoppeur. La célébration se déroule à Chalon-sur-Saône, où le défenseur tape encore le cuir en DH. A Chalon, Adams ouvre un magasin de sport. Ce père de deux enfants vient d'entamer une vie d'heureux provincial, quand une rupture du tendon le contraint à passer sur le billard. «Tout va bien, je suis en pleine forme. C'est à 11H que je vais être opéré. Pense à moi quand même, mais vient me chercher dans huit jours, et n'oublie pas alors, une paire de béquille !». Ce sont les derniers mots de Jean-Pierre Adams, prononcés le 17 mars 1982 avant d'entrer en salle d'opération, et tirés de la biographie que lui a consacré Doris Rognon. L'ex-binôme de Marius Trésor ne se réveillera jamais, victime d'une terrible erreur de l'anesthésiste. Depuis, sa femme, Bernadette, veille sur lui à Rodilhan, près de Nîmes. Des stades, gymnases portent son nom, comme s'il s'agissait d'un défunt. 

 

 

Madame Adams et ses enfants
Madame Adams et ses enfants
Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes