Birger Meling est né et a grandi à Stavanger, au sud-ouest de la Norvège, où il a joué pour le club local de Viking de 5 à 18 ans. Il se place d’abord au milieu de terrain, en tant que numéro 10, jusqu’à ses 15-16 ans. Mais, la faute à une concurrence importante, son coach lui recommande d’évoluer au poste de latéral gauche, cela malgré la présence de Kristoffer Haugen aujourd’hui à Molde, en lui promettant qu’il y aurait davantage sa chance.

C’était en réalité surtout parce qu’il était en retard physiquement, mesurant 1m40 pour 36kg au lycée. Tactiquement et techniquement au-dessus, notamment grâce à sa formation conjointe en futsal, son déficit en gabarit l’a néanmoins souvent handicapé. Meling avait toujours joué surclassé à ses débuts, mais au fil du temps, cela a été le contraire puisqu’il a été volontairement descendu de catégories pour pouvoir se développer physiquement.

« C’était presque comme s’il avait été décidé que je ne devrais pas avoir de chances. Heureusement, je n’ai jamais abandonné. Grâce à l’aide de mon père dévoué, nous avons poursuivi nos efforts » – Meling pour le journal norvégien VG.

Cela a souvent été une source de discrimination et de moqueries pour lui. Un entraîneur adverse a notamment marqué par ses mots Birger Meling, lorsqu’il évoluait en U16, en lançant au bord du terrain à ses joueurs la consigne d’«arrêter ce putain de nain» ! Au final, à sa majorité, le club de Viking lui annonce qu’il n’est pas conservé. Lui qui rêvait de faire ses débuts professionnels avec l’équipe dans laquelle il évoluait depuis 13 années, voit son rêve se briser. Son physique est encore pointé du doigt. On ne lui prédit aucun avenir à haut niveau. Grave erreur !

Le garçon de Stavanger n’a jamais renoncé ni abandonné. Bien au contraire, il a continué à s’entraîner dur en défiant l’adversité, les rejets et moqueries, en se consacrant à son football. Il avait même pris pour habitude de se faire réveiller à 5H du matin par l’hymne de la Premier League, au sein de laquelle il rêve d’évoluer un jour. Cela afin d’aller s’entraîner avec son père au hall de l’équipe de Viking à Jattavagen comme il l’a révélé au média norvégien TV2. Et ses efforts auront payé.

Après un séjour d’un an en Angleterre à Middlesbrough de 2013 à 2014 où il aura évolué avec les U21 et n’aura de nouveau pas été conservé, Meling fera son retour dans son pays natal au club de Stabaek. Bien déterminé à montrer qu’il avait de quoi faire une carrière professionnelle.

« En revenant d’Angleterre, je me demandais comment procéder. J’ai fini par avoir un essai à Stabæk, combiné avec mes études. Quand j’ai réussi à gagner ma vie, j’ai choisi de lui donner une chance. J’ai passé deux ans et demi fantastiques à Stabæk et j’ai beaucoup appris. Je suis très reconnaissant pour ce temps. » – Birger Meling, pour le journal norvégien VG.

Sous les ordres de l’entraîneur américain Bob Bradley (bien connu en France pour avoir entraîné Le Havre ou avoir été sélectionneur des Etats-Unis et de l’Egypte), l’équipe déjoue les pronostics tout comme Meling. Lors de la saison 2015, le club termine 3e du championnat norvégien et retrouve l’Europa League. Meling alors âgé de 19/20 ans impressionne sur son flanc gauche en tant que titulaire indiscutable. Cela lui permet de porter pour la première fois le maillot norvégien, celui des Espoirs, alors qu’il n’avait jamais été sélectionné dans les catégories jeunes.

Bob Bradley parti entraîner Le Havre, l’équipe coule collectivement l’année suivante à une 14e place entraîné par l’Ecossais Billy McKinlay, mais sort vainqueur des barrages pour se maintenir dans l’élite. Paradoxalement, il sort une meilleure saison sur le plan individuel avec 4 buts et 3 passes décisives qui auront compté pour le maintien. Ses prestations auront attiré les regards outres-mers. Meling est alors décidé à retenter sa chance à l’étranger, plus aguerri et plus confiant. Mais fruit du hasard, cela ne se fait pas avec Galatasaray ainsi que les autres clubs étrangers intéressés et il se voit rester au pays.

Fin janvier 2017, Rosenborg, le club norvégien le plus titré, jette son dévolu sur lui. Sa première saison sur le plan statistique n’est pas extraordinaire avec une seule passe décisive. Mais il devient essentiel à la tactique et finit par gagner sa place et remporter son premier titre de champion. Il découvre même les phases de poules d’Europa League après avoir crée l’exploit avec son équipe en éliminant l’Ajax en barrages. Ils termineront 3e de leur groupe, 5 points derrière le Zenit et la Real Sociedad et devant le Vardar. Cette saison sera récompensée par ses débuts en sélection avec la Norvège « A » sous Lars Lagerbäck. Il est alors proche des 23 ans.

2018, fut une année encore plus complète pour Meling. Second meilleur passeur du championnat alors qu’il est latéral gauche avec 8 passes décisives, il a activement participé au doublé Coupe – Championnat de Rosenborg. Il dispute de nouveau les poules d’Europa League dans un groupe de la mort avec Leipzig, Salzburg et le Celtic qui aura raison des Norvégiens, bons derniers avec un seul point.

Sa dernière saison à Rosenborg, en 2019, aura été plus compliquée dans une équipe qui n’a pas très bien tourné, lui donnant moins l’occasion de briller offensivement. Une 3e place acquise lors de la dernière journée, et malgré une qualification en poules d’Europa League, la formation de Trondheim connaît une nouvelle désillusion en terminant dernière avec un point dans un groupe plus abordable : Sporting, PSV, Linzer ASK.

Longtemps observé par le Celtic en Écosse, où il avait fait forte impression lors des 6 confrontations avec Rosenborg, mais également des clubs en MLS, c’est finalement Nîmes qui a pris le dessus cet été sur ses concurrents, en lui proposant un projet qui lui convenait mieux à 6 mois de la fin de son contrat. Un recrutement qui a tout pour être un superbe investissement sportif et financier (annoncé pour moins d’1M€). Beaucoup d’espoirs seront placés en lui après qu’il a montré à Stabaek puis Rosenborg tout son potentiel pour jouer des matchs européens et en sélection. De quoi avoir une bonne opportunité en Ligue 1, dans un championnat plus relevé et avec du temps de jeu, de montrer qu’il pourra encore viser plus haut à l’avenir si cela se passe bien avec les Crocos.

En sélection, actuellement à 11 capes, il est en concurrence avec Haitam Aleesami qui évolue à Amiens. Avec les siens, il a réussi à remporter le groupe de Ligue des Nations et va espérer pouvoir participer au prochain Euro 2020(1) dont lui et la Norvège rêvent tant avant une demi-finale de barrages prévue en octobre face à la Serbie. Ce transfert pourrait d’ailleurs lui permettre de prendre cette place de titulaire aux dépends d’Aleesami qui pourrait potentiellement évoluer en L2 s’il reste à Amiens.

Les caractéristiques et style de jeu de Birger Meling :

Mesurant désormais 1m73, le physique de Meling reste toujours une faiblesse, notamment dans le domaine aérien. Mais pour un latéral rien de bien handicapant et cela est bien compensé par ses nombreuses autres qualités.

Birger Meling reste avant tout un latéral offensif qui a souvent eu l’habitude d’être placé dans un 4-3-3. Il aime prendre son couloir et être en bonne position pour centrer, domaine où il excelle, avec des centres variés. En témoigne son beau nombre de passes décisives aussi amélioré grâce aux coups de pieds arrêtés frappés de son excellent pied gauche.

Il n’en oublie pas sa tâche principale, défendre, ce qu’il prend très au sérieux, notamment au niveau du placement. Il se bat, récupère un grand nombre de ballons grâce à sa capacité d’anticipation et ses bons tacles et est très souvent propre au niveau de ses relances avec une belle qualité de passe courte et longue. Avec toujours une bonne attitude sur le terrain comme un véritable guerrier, cela peut néanmoins se retourner contre lui avec des excès d’engagement qui peuvent lui valoir pas mal de cartons dont le rouge qu’il a pris en début de saison avec Rosenborg. Il peut aussi dépanner si réel besoin à droite, en tant que milieu défensif voire comme ailier. 

Si le championnat de Ligue 1 est réputé pour être physique et que cela pourrait poser des problèmes à Meling en fonction des adversaires, grâce à sa qualité technique, sa bonne maitrise des tacles et son bon sens du placement/anticipation, il pourra se démarquer et faire déjouer les attaques adverses sur son couloir gauche. Un joueur parfait pour une équipe qui remonte rapidement le ballon et efficace en contre-attaque avec ses bons débordements et sa qualité de centre. Et si l’entraineur le laisse bien tirer les corners, son implication pour être décisif au niveau statistique ne pourra qu’être augmentée pour on l’espère le futur nouveau chouchou du stade des Costières.   http://www.nordiskfootball.fr/

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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