Raymond “Legrand”, mémoire du sport nîmois, s’est éteint à 97 ans

Figure discrète mais essentielle du sport gardois, Raymond Guillaud, que tout le monde connaissait sous le surnom de Raymond Legrand ou simplement « Pépé », est décédé à l’âge de 97 ans. Avec lui disparaît l’un des derniers grands témoins de l’histoire du Nîmes Olympique et du handball nîmois.

Cheminot de profession, rien ne le destinait au journalisme. Pourtant, dès 1948, il rejoint le club sportif des cheminots nîmois pour y jouer au basket. Grand gabarit (1,85 m), il en devient tour à tour joueur, entraîneur puis président. Il fabrique lui-même les affiches des matchs, qu’il va déposer dans les rédactions des journaux locaux : une première passerelle vers le monde de la presse sportive.

Très vite, les journaux repèrent ce passionné capable de raconter les matchs de basket puis de handball avec précision et chaleur. Raymond Legrand devient alors l’un des correspondants sportifs les plus assidus de la région. On le voit partout : sur les parquets de l’USAM, à Pablo Neruda, au stade Jean-Bouin, puis aux Costières, toujours carnet à la main, sourire au coin des lèvres.

Au Nîmes Olympique, il s’impose comme une présence familière. Dans le vestiaire des Crocos de Kader Firoud, il est l’un des rares journalistes tolérés, respecté pour sa discrétion et son regard bienveillant. Il garde en mémoire des générations de joueurs, de Novi à Michel Mézy, en passant par tant de figures locales qu’il savait mettre en lumière.

Raymond Legrand, c’était aussi l’USAM et le handball nîmois. Il vibrait comme un supporter quand le HBCN puis l’USAM brillaient sur la scène européenne. Ceux qui étaient à ses côtés se souviennent encore de son émotion lors de la conquête d’une Coupe d’Europe au Parnasse des filles du HBCN du coach Alain Portes.

Pour toute une génération de jeunes reporters, il aura été un guide. Frédéric Pouget, chroniqueur et producteur de l’émission SagaCrocos, se rappelle leur première rencontre en 1985 au centre Pablo Neruda :

« Jeune reporter, il m’a accueilli dans ce petit monde nîmois des journalistes sportifs. Il m’a simplement dit : “Viens avec moi…”. La suite, ce furent des années d’échanges, de confidences.Un grand monsieur, élégant et tellement attachant. »

Avec la disparition de Raymond Legrand, Nîmes perd l’une de ses mémoires sportives, un témoin précieux de l’âge d’or des Crocos et du handball gardois.

Ses carnets, ses souvenirs et l’empreinte laissée dans le cœur de ceux qui l’ont croisé resteront, eux, bien vivants.

Salut Raymond, salut Pépé.

Frédéric

Photo de 2018: Raymond avec Patrick Champ et Fred Pouget.

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16/03/2025

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes