Daniel Charles-Alfred, né le 9 mai 1934 à Fort-de-France (Martinique), a commencé le foot "dans les rues, notamment sur la place de la Savane, à la brésilienne"*, avant de signer à 12 ans au Golden Star, puis de passer dans les différents clubs foyalais. "Une fois mon certificat d’études en poche, et comme j’avais de bonnes jambes, je me suis dit que j’allais essayer de devenir pro en métropole".

Une envie concrétisée à l’été 1958, à la faveur d’une tournée du Nîmes Olympique aux Antilles, "J’ai demandé à Kader Firoud, l’entraîneur nîmois, de me tester. Au premier match, je jouais arrière gauche et j’ai été très moyen au marquage d’un gars qui allait deux fois plus vite que moi. Kader m’a alors dit : "Tu manques de personnalité". Un comble, alors que tout le monde me surnommait Godzilla ! Au match suivant, mon copain Guy Soarez, qui aimait garder le ballon et tricoter, est fauché par un nommé Duc et quitte le terrain sur une civière. Je me suis alors juré que l’on n'allait pas se laisser faire. Jusqu’à ce que Firoud entre en jeu, Nîmes menant 3-0. Il a tenté un rateau, je l’ai descendu et immédiatement pensé que tout était fini pour moi. Mais il m’a tendu la main, je l’ai aidé à se relever et il m’a tapé sur l’épaule".

Daniel Charles-Alfred est retenu, partant pour la métropole en août après un long périple en avion via Porto-Rico et New York, puis en train pour rejoindre Nîmes. Et connaître des débuts difficiles. "Je me suis retrouvé seul sur un quai de gare où tout était gris. L’orchestre qui avait joué "Adieu foulards, adieu madras" à mon départ de Martinique était bien loin. Je l’ai vécu comme une déchirure, moi le fils unique toujours choyé".

"Que je l’ai attendue, cette sélection !"

Sa première saison se passera la plupart du temps sur le banc mais il choisit de "travailler comme un dingue durant l’intersaison, pendant que tous les autres préféraient le farniente à la plage. Et à la reprise, Charlot était en tête à tous les entraînements et on ne voyait que lui pendant les amicaux ".

Une ténacité payante puisqu’il dispute trente-deux des trente-huit matches du championnat de D1 1959-1960, terminant vice-champion derrière le Stade de Reims. Finaliste de la Coupe de France 1961 (photo ci-dessous), il est appelé pour la première fois en Équipe de France pour un match en Hongrie le 23 mai 1964, à 30 ans révolus.

"Dieu sait que je l’ai attendue, cette sélection ! Tout le monde disait que j’étais le meilleur à mon poste, les supporters nîmois ont même rédigé une pétition pour que je sois retenu. Quand j’ai été appelé, j’ai d’abord refusé mais Firoud a insisté. Ce match, je m’en souviendrai toute ma vie. Nestor Combin marque dès la 2e minute et ensuite, on tire les barbelés. Je ne sais plus combien de fois j’ai taclé mais j’ai livré une partie extraordinaire, même si on a perdu (2-1). Le lendemain, L’Équipe, Miroir-Sprint et France-Football ont été unanimes pour dire que Charles-Alfred avait été le meilleur. C’est à partir de là que j’ai été surnommé "la Sentinelle", après avoir été "l’Araignée" puis "la Pieuvre"."

Il joue ensuite les trois premiers matches qualificatifs pour la Coupe du monde 1966, avant que sa carrière soit stoppée sur une grave blessure, en février 1965. Il se reconvertira entraîneur, d’abord à Nîmes puis au Golden Star (photo principale, en 1998), le club de ses débuts.

La Fédération Française de Football présente ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble du football martiniquais.

 

*Citations extraites d’une rencontre avec le joueur, interview parue dans Antilla Spécial Coupe du monde en juin 1998.

Une "figure" du Nîmes Olympique s'est éteinte ce 16/09/2020...

Daniel Charles-Alfred est décédé à l'âge de 86 ans... Joueur pendant 8 ans (il a joué la finale de la Coupe de France en 1961 contre Sedan), il fut ensuite l'adjoint de Marcel Rouvière. 4 fois sélectionné en équipe de France A, il arrêta sa carrière à cause d'une grave blessure...

P.N.O. présente ses sincères condoléances à sa famille et ses proches.

 

(Photo Raymond Legrand)

Il arrive à Nîmes pour la saison 1958/1959 à l'âge de 24 ans.

Il arrive des Golden Star de Fort de France en Martinique.

Il débute le 30 août 1959 à Lens. Il s'impose dès le début et devient l'âme de la défense.

Sélectionné en équipe de France 4 fois, (premier match contre la Hongrie le 23 mai 1964).

Grièvement blessé contre Sochaux, le 7 février 1965, (plus de 4 mois d'indisponibilité), il peine à retrouver sa pleine forme physique.

En 1966, Marcel Rouvière alors entraîneur, l'appelle comme adjoint et le fait jouer quand le besoin s'en fait sentir. Il jouera notamment contre Lens le 16 juillet 1968, lors d'un match de barrage qui verra Nîmes remonter en Division 1.

Il est transféré à Montpellier (encore un) le 7 octobre 1968.

Retour à Nîmes en mai 1973, où il devient l'adjoint de Kader Firoud puis d'Henri Noël.

En fin de contrat en juillet 1976, il quitte Nîmes.

Il était surnommé "la Pieuvre" vu ses tacles longs et fréquents.

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes