Le milieu de terrain, qui n'a connu que le club gardois jusqu'à présent, espère se trouver un nouveau club rapidement afin de poursuivre sa progression au plus haut niveau et, surtout, se lancer un nouveau challenge personnel. MadeInFOOT est parti à sa rencontre pour connaître, plus en détails, sa préparation, ses ambitions, mais aussi sa vision du milieu moderne...

MadeInFOOT : Étant donné que vous êtes libre de tout contrat, comment se passe votre préparation physique ?
Theo Valls : "Ma préparation a commencé dès le confinement. J’ai commencé seul, je faisais des footings à la maison. Le club nous avait envoyé du matériel. Maintenant, j’ai un préparateur physique, Mehdi, et il nous prend tous les deux avec mon frère. Nîmes a repris vers le 20 juin, il ne me restait que 10 jours de contrat donc je n’ai pas repris."

N'est-ce pas trop dur de voir toutes les équipes reprendre et vous, de votre côté, de travailler seul ?
"C’est un peu particulier, oui. Les années précédentes, je reprenais avec un club donc c’est une situation inédite. C’est moi qui l’ai voulu donc ça ne me dérange pas, il faut que je sois patient et que je travaille de mon côté. Mais je suis pressé de reprendre l’entraînement collectif."

Votre frère aussi est libre (Lucas Valls, 21 ans). Arrivez-vous à vous aider mutuellement ?
"J’aurais préféré que lui ne soit pas libre, qu’il signe pro à Nîmes ou ailleurs. Les choses ont fait que ça ne s’est pas fait pour lui. S’entraîner à deux, ça permet de se motiver mutuellement, quand c’est dur pour l’un, l’autre compense. Ça nous rapproche plus."

Est-ce réconfortant de ne pas vivre ça tout seul ?
"Pour l’instant ça va, je vis bien la situation. Mais c’est mieux d’être à deux, d’être avec son frère. C’est mieux pour les séances, on se parle, on prend des nouvelles. C’est bien de pouvoir faire ça avec lui."

Vous attendiez-vous à reprendre cette nouvelle saison sans club ?
"Avant le confinement, je ne m’y attendais pas, je pensais reprendre avec un club. Mais après, avec le coronavirus et l’arrêt de la saison, je savais que ça allait être plus long. Ça me semblait compliqué pour moi de trouver un club au vu de la situation. Donc j’étais préparé à ce que ce soit plus long que prévu. Je savais qu’il fallait être patient, mais ce sont les proches qui s’inquiètent plus, qui demandent où l’on va. C’est le foot, je suis préparé. Des fois ça se décante d’un coup !"

Pour vos parents, la situation doit être inédite puisque leurs deux fils cherchent en même temps un nouveau contrat.
"On a toujours été ici sur Nîmes, donc ils étaient proches de nous. C’est une situation délicate pour eux, ils sont pressés qu’on trouve un club. C’est normal."

Le fait d’attendre un enfant change-t-il également votre vision des choses?
"Je ne partirai pas à l’autre bout du monde je pense, mais l’étranger m’intéresse. Avec un nouveau né, on va peut-être faire face à des difficultés qu’on n’aurait pas eues si on n’avait pas d’enfant. Mais ce n’est que du bonheur. Je ne me pose pas trop la question de ce qui va arriver. On prendra les choses au fur et à mesure. Une fois qu’il va arriver, que j’aurai signé mon nouveau contrat, ce ne sera que du bonheur."

Formé à Nîmes, vous n’avez porté qu’un seul maillot depuis le début de votre carrière professionnelle. En ne prolongeant pas, vouliez-vous sortir de votre zone de confort ?
"À Nîmes j’ai vécu des années de fou, il y a eu énormément de choses entre les maintiens en Ligue 1 et Ligue 2, la montée. C’est vrai que cette année, je sentais que j’étais moins heureux, il y avait des choses qui ne me plaisaient plus au club. Il s’est aussi passé des choses avec mon petit frère qui ne m’ont pas trop plu. J’avais envie de changer, je venais à l’entraînement et je sentais que je prenais un peu moins de plaisir. J’ai senti que j’avais besoin de découvrir autre chose pour progresser, de sortir de mon quotidien. Ça peut m’aider à m’émanciper un peu."

Cette saison, il y a eu pas mal de tensions en interne…
"Il y avait des situations extra-sportives qui étaient parfois compliquées à gérer. On sentait le coach tracassé par certaines choses. Le coach Blaquart était le pilier de tout ça. Pendant toutes ces années, il a été un grand artisan de tout ce projet. Le voir un peu plus en retrait, c’était particulier. Tout était bien, l’ambiance au stade des Costières était magique, avec l’envie de ne jamais rien lâcher. Je voulais finir sur une bonne note et finir avec un maintien, c’est important. Mais c’est particulier Nîmes. Ça a toujours été comme ça, c’est un club du sud. J’en ai vu des pas mal ici. Le coach avait aussi cette volonté de partir, il sentait peut-être quelque chose de différent, il était peut-être un peu fatigué. Mais moi, sur son travail et ce qu’il m’a apporté, je n’ai rien à redire."

Comment qualifieriez-vous l’ambiance du Stade des Costières ?
"À chaque fois que tu viens ici, tu sais que tu es à Nîmes, il y a une ambiance, une ferveur particulière. Quand tu joues dans des stades comme ça, tout est décuplé. Ça motive."

Une prolongation était-elle envisageable l’été dernier ?
"Ils m’ont fait une première offre en début de saison. Je l’ai refusée car pour moi ce n’était pas cohérent. Après, au fil de la saison, je me sentais de moins en moins bien, je prenais moins de plaisir. Mes proches le savaient, mes amis du vestiaire aussi comme Briançon, Paquiez, Bernardoni, Ripart. On en discutait ensemble. C’est un sentiment que j’avais, j’avais besoin de partir…"

Vos amis du vestiaire sont les derniers rescapés du maintien facilement acquis en 2018-2019 (Bouanga, Ferri, Savanier, Thioub sont partis l’été dernier). Ces départs vous ont-ils affecté ?
"Briançon, Bobichon, Ripart... On était tous ensemble et des recrues sont arrivées et se sont bien intégrées comme Ferri, Savanier. Ils ont réussi à faire partie de ce groupe d’anciens, ça a bien marché. Mais c’est le foot, il y a des départs, des arrivées, peut-être que le noyau commence à s’éclater. Moi je ne leur souhaite que de la réussite."

Sur vos deux saisons en L1, vous êtes l’un des maillons forts du NO, avec 53 matchs disputés sur 66 possibles. On peut dire que vous vous êtes rapidement adapté à l’exigence de la L1.
"Il y a quand même un palier entre la L2 et la L1. La Ligue 1, c’est beaucoup plus technique et ça se joue dans les trente derniers mètres, que ce soit dans les tiens ou ceux adverses. Mon adaptation s’est faite naturellement car on est tellement enthousiaste d’atteindre le plus haut niveau qu’on est obligé d’élever son niveau de jeu et de tout faire pour se maintenir."

Pour vous, comment doit jouer un milieu de terrain aujourd'hui ?
"Maintenant, un milieu de terrain doit savoir tout faire, être au four et au moulin. Il faut savoir défendre, récupérer des ballons, courir, apporter offensivement et avoir des statistiques. C’est peut-être à ce niveau-là que j’ai des progrès à faire, être décisif dans les dernières zones. Après tout dépend du rôle dans lequel tu es utilisé, mais c’est clair qu’on doit savoir un peu tout faire aujourd’hui."

Que vous reste-t-il à améliorer pour atteindre cette vision du milieu ?
"Je pense que je dois plus jouer pour moi, je suis très altruiste, peut-être trop. Je dois aussi m’améliorer dans la conservation du ballon, savoir le garder. J’aime bien le jeu de passes courtes, le jeu simple, relancer proprement, mais il faut parfois faire un peu plus encore. Il me manque aussi de la réussite, l’année dernière j’ai tapé les poteaux, ou les gardiens ont fait des arrêts. Je pense que je peux passer un palier au niveau des statistiques."

Malgré vos 24 ans, vous avez un gros bagage derrière vous. Vous avez connu la montée avec Nîmes, des maintiens faciles, d’autres plus compliqués comme lors de la saison en L2 avec l’handicap de 8 points ou celui de cette année..
"Cette année, oui c’était compliqué. J’ai connu deux années de L1 ou j’ai quasiment fait tous les matchs. Mais je n’ai connu que des saisons fortes en émotions, où il fallait être prêt mentalement, entre les saisons pour le maintien en L1, celle du maintien en L2 avec le retard de 8 points… J’ai vécu de fortes saisons avec beaucoup de challenges."

Que retenez-vous de votre passage à Nîmes ?
"Je retiens toutes mes années en pro. Je ne regrette rien, c’était fabuleux. J’ai vécu des saisons de fou, je vais surtout retenir mes joies et mes amitiés. Ma relation avec le coach Blaquart aussi, on s’est super bien entendu. C’est difficile de dire quelque chose en mal du club, ils m’ont fait confiance, ils m’ont lancé dans le grand bain. Des choses ne m’ont pas plu mais je ne vais retenir que le bon aujourd’hui et ça m’a permis de faire deux saisons en L1 au plus haut niveau. Nîmes, c’est une grande famille et ça le restera. Il y a aussi, évidemment, le premier match de mon frère en Ligue 1 face à Lyon. Je n’ai pas pu être sur le terrain (il a été exclu en début de rencontre ndlr) mais ça reste un super souvenir."

Quand on sait que l’on arrive en fin de contrat, est ce que l’on suit d’un autre oeil la fin de la Ligue 1 ?
"C’est vrai, tout a été chamboulé. Il restait pas mal de matchs et d’un coup tout s’arrête subitement. Je n’ai pas de regrets, j’ai joué quasi tous les matchs sauf à la fin ou j’étais blessé. Je devais reprendre contre Nantes mais il y a eu le coronavirus. Je voulais continuer à jouer et finir la saison jusqu’au bout."

Vous avez eu 10 matchs de moins pour vous montrer…
"On sait que les fins de saison sont importantes, que c’est ce qu’on retient lors de chaque été. Après je ne peux rien y faire, c’est sûr que c’est embêtant, on aurait tous aimé continuer la saison mais il y avait des priorités. Ils ont bien fait d’arrêter, les conditions sanitaires ne permettaient pas de continuer à ce moment-là. C’est le football, c’est comme ça. J’ai fait ce que j’ai fait pendant les matchs. Je suis satisfait de ma saison."

Peut-on être exigeant quand on cherche un club ? Trouver/attendre un coach dont on apprécie le style de jeu par exemple ?
"Ça peut y jouer évidemment, selon ce que l’entraîneur veut de moi, le système dans lequel il évolue ou sa manière de faire jouer son équipe. Je me renseigne, je regarde comment ça joue. À Nîmes, soit je jouais en 8 avec deux 6, soit je jouais en 6 avec un autre 6 à mes côtés. J’aime les deux positions même si en étant 8 on peut aller plus vers l’avant et se projeter. Quand tu es en 6 avec quelqu’un d’autre, j’aime aussi car on touche plein de ballons, tu peux faire le jeu et j’aime bien prendre le jeu à mon compte. Je peux être à l’aise partout, je pense."

Y a-t-il des entraîneurs, justement, qui vous inspirent ? Que ce soit en France ou à l’étranger ?
"C’est compliqué à dire car c’est souvent dans les grosses équipes qu’on voit le jeu que tout le monde aime avec la possession du ballon et pas mal de transitions. Les grosses équipes prônent souvent le beau jeu."

Le coach Dall’Oglio à Brest a cette particularité d’aligner des équipes joueuses, comme Blaquart l’an passé avec Nîmes…
"C’est vrai, je suis d’accord ! Brest est une équipe qui joue au ballon, c’est plaisant à voir jouer. À Nîmes, ça dépendait aussi des joueurs que le coach avait à sa disposition, il s’adapte. Il y a des matchs où il choisit des joueurs plus physiques au milieu ou devant pour allonger et jouer les seconds ballons, et des fois il préférait des joueurs plus fin techniquement. Le coach Blaquart s’adaptait à ce qu’il avait."

Quand on est joueur d’une équipe pour le maintien, n’est-ce pas difficile de s’adapter à l’autre équipe à chaque match ?
"C’est ton métier, tu dois savoir t’adapter. Tu es obligé selon l’équipe qu’il y a en face de toi. À Nîmes, on avait tendance à s’adapter mais cela te permet d’être plus complémentaire, de travailler d’autres choses pour t’améliorer toi même. Je pense qu’il y a des bons côtés à s’adapter. "
 

Selon nos informations, des clubs en Angleterre et en France sont intéressés par votre profil. Y a-t-il eu des prises d’informations ?
"Il y a eu des prises d’informations et des discussions en cours. Il y a l’Angleterre, la France et l’Allemagne aussi. Pour le moment, je n’ai donné mon accord à personne. Je pense que certains clubs attendent la fin de saison pour savoir leur classement par exemple. C’est un mercato particulier, il faut être patient. En France, il y a quelques discussions avec des clubs de L1. Pour l’instant, c’est un peu à l’arrêt mais c’est plutôt un mercato calme pour l’instant. Peu d’équipes ont fait un gros recrutement."

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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