Zinedine Ferhat : « À un moment donné, la saison dernière, chacun pensait à sa gueule » 

Zinedine Ferhat entame sa deuxième saison au Nîmes Olympique. L'attaquant qui veut s'imposer comme passeur mais aussi comme un buteur dans l'effectif nîmois souligne un nouvel état d'esprit, davantage collectif. L'international algérien décrypte la victoire inaugurale des Crocos dans cette saison 2020/2021 face à Brest.

Objectif Gard : Quatre buts marqués, zéro encaissé et trois points récoltés face à Brest. On peut dire que pour une entame vous ne pouviez pas rêver mieux, n'est-ce pas ? 

Zinedine Ferhat : Effectivement, c'est une entame parfaite. Après le lendemain j'ai pu lire que "oui mais c'est Brest" ou "que l'équipe n'était pas en forme". Je ne suis pas d'accord avec ça. C'est plutôt nous qui étions en forme. On a mis du rythme dès le début. On a pressé haut pour récupérer le ballon et on a eu des occasions de but. Je suis content de ce début mais il faut garder les pieds sur terre.

Pourtant, le coach de Brest a insisté sur le fait que son équipe était préparée à être sous pression mais votre jeu les a quand même déboussolés...

À mon avis, ils ne s'attendaient pas à ça. Pour un premier match de championnat, on a mis beaucoup d'intensité. On était bien en bloc, le pressing était parfait. On a eu le temps de bien le bosser avec neuf semaines de préparation. Nous avons tous simplement bien appliqué les consignes du staff.

Cela signifie-t-il qu'avec Jérôme Arpinon il faut courir davantage ?

Non pas courir plus mais faire les efforts tous ensemble. L'année dernière on était l'équipe qui courait le plus en Ligue 1 mais le problème c'est que nous ne faisions pas les efforts ensemble. Quand on décide de faire un pressing, on y va tous ensemble. Il n'y en a pas un qui reste à l'écart. Après, pour moi rien n'a changé. Lors de ma première année, Jérôme était présent au bord du terrain. C'est lui qui dirigeait et qui parlait avant les matches.

Pour le moment sur cette première journée, vous-êtes le joueur à avoir subi le plus de fautes (6) et à avoir remporté le plus de duels (12). C'est le vrai "Zinou" que l'on a vu ? 

(Rires) Franchement j'ai bien bossé pendant la préparation et même pendant le confinement. Je ne veux pas que les gens disent : "Le premier club qui va descendre en Ligue 2 c'est le Nîmes Olympique", je n'aime pas ça. Donc je vais tout donner et je pense qu'il y a moyen de faire quelque chose cette année.

Vous avez aussi fait une passe décisive. Peut-on parler d'un match référence de votre part ?

Un match référence c'est si je fais des passes mais aussi que je marque. Il ne faut pas oublier que je suis attaquant donc je dois aussi marquer. Même si faire des passes c'est bien. J'étais en forme sur ce match et j'espère que ça va continuer.

Quand on voit cette équipe nîmoise sur le premier match, on se dit forcément qu'elle a le niveau pour se maintenir. Comment la jugez-vous ?

Bien sûr que l'on a le niveau pour se maintenir ! Il y a du talent dans cette équipe. Je parle avec des joueurs de la Ligue 1 qui disent "vous le Nîmes Olympique, vous mettez des coups" alors que pas du tout. Si on regarde la saison dernière, il y a plus de cartons pour l'équipe adverse que pour nous. On a des joueurs de foot. Après notre force principale c'est évidemment le groupe. L'année dernière, je pense qu'à un moment donné chacun pensait à sa gueule et à ses statistiques. Par contre cette année je ne vois pas ça. Chacun pense au groupe. On va avancer tous ensemble et c'est ça qui va nous permettre d'atteindre nos objectifs.

Comment se passe l'entente sur le terrain dans le trio offensif que tu formes avec Romain Philippoteaux et Yassine Benrahou ? 

Quand tu joues avec des joueurs qui sentent le football c'est toujours facile. Avant que Yassine arrive, il manquait toujours un joueur au milieu pour que nous, les excentrés, puissions combiner. Maintenant il est là et il fait son travail. "Rom" est aussi un excellent joueur.

Cela ne fait qu'un an que vous êtes là mais on a le sentiment que vous faites partie des cadres. Le ressentez-vous également ? 

Je le ressens. Mais cadre, pas cadre... Les trucs comme ça, on va dire que je m'en fous. Moi je veux être un cadre sur le terrain. Quand il y a match nul et que l'équipe a besoin de moi pour gagner c'est là que l'on doit me trouver. Je veux être un cadre sur le terrain. Après je suis un bon vivant et je rigole avec tout le monde. Parfois je parle avec des joueurs et j'ai l'impression que ça fait cinq, six ans que je suis là !

Comment se passe l'association avec Renaud Ripart sur ce côté droit ? 

Les côtés étaient déjà notre force la saison dernière mais avec l'arrivée de Biggy (surnom du Norvégien Birger Meling, NDLR) et Renaud replacé latéral, c'est décuplé. Biggy, je vois que tout le monde en parle mais je ne suis pas choqué. Je l'ai vu dès les premières séances, c'est un bon défenseur et il apporte un plus devant. Avec Renaud on communique bien. Parfois je rentre intérieur et lui il prend le couloir puis on alterne. On l'a très bien fait contre Brest.

Place au premier match à l'extérieur ce dimanche. Serez-vous capables de reproduire la même prestation ? 

Nous on veut garder le même rythme, que ça soit à domicile ou à l'extérieur. Quand on a enchaîné les quatre victoires la saison dernière, on s'est dit : "Les gars on joue à l'extérieur comme si on était chez nous" et ça a payé. Et pourquoi ne pas garder ça ? Il ne faut pas changer, on en a dans le coffre !

Concernant la sélection algérienne où en êtes-vous ? 

Pour l'instant on n'a pas eu de nouvelles vu le contexte sanitaire. La sélection reste toujours un objectif, je ne vais pas vous mentir. Je donne tout pour le club et pour la sélection. Après, l'Algérie il y a des grands joueurs. Les places sont chères. Si j'ai ma chance, je la saisirai !

 

Propos recueillis par Corentin Corger

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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