Reda Hammache : « Sur le marché français, on n’aurait jamais recruté sept ou huit joueurs »  

 Corentin Corger 7 octobre 2020

 

Ce long mercato estival s'est terminé ce lundi à minuit pour, au total, six arrivées un Nîmes Olympique dans la quête du maintien. Fatigué mais satisfait de ce recrutement, le directeur sportif Reda Hammache fait le bilan. 

Objectif Gard : Ce long mercato est enfin terminé. Êtes-vous soulagé ? 

Reda Hammache : Soulagé parce que l'on a réussi à aborder ce mercato de la manière dont on souhaitait le faire. Et puis on est plutôt satisfait de ce que l'on a entrepris au regard de nos objectifs et de nos moyens qui sont les nôtres (*). À titre personnel, je suis fatigué parce que c'était particulièrement long. Le mercato a démarré au commencement du confinement et a été prolongé jusqu'au mois d'octobre. Mais c'est une bonne fatigue. On a la chance de vivre une dernière journée vraiment paisible ce qui fait d'autant plus plaisir du fait de la victoire de dimanche.

Êtes-vous vraiment satisfait des joueurs recrutés et notamment du plus cher, Niclas Eliasson ?

Si ça avait été possible, tout ce que l'on a fait on aurait aimé le faire au début du mercato. Les planètes ont pu s'aligner au début sur certains dossiers, un peu moins au milieu et puis à la fin les pistes travaillées depuis très longtemps se sont décantées au fur et à mesure. Concernant Eliasson, c'est un dossier que l'on travaille depuis le début du mercato et qui n'a pas pu se faire au départ. Au regard de la qualité du joueur, sa valeur était élevée et son club n'imaginait pas une seule seconde le vendre à un prix plus bas. Ses dirigeants espéraient le garder et le prolonger. On a dû être patients ! On a totalement confiance dans les joueurs qui composent le groupe. Nous n'avions pas d'urgence à ce que ça se fasse. Même si Romain Philippoteaux n'était pas parti c'était prévu de faire Eliasson.

De quoi êtes-vous le plus fier durant ce recrutement ? 

Bonne question (il marque un temps de réflexion). Recruter des bons joueurs ce n'est pas ce qui est difficile à faire. En revanche, recruter les bons joueurs qui correspondent parfaitement aux besoins identifiés de l'équipe, ça c'est beaucoup plus compliqué. Ça nécessite d'avoir une véritable analyse au moment où on établit les diagnostics sur les profils souhaités. Il s'agit de mettre la bonne pièce du puzzle au bon endroit au bon moment. Ce dont je suis le plus fier c'est que nous n'avons pas subi le mercato. C'est quand on perd le fil que l'on fait des bêtises. Là ce n'était pas le cas. Et puis recruter un joueur ce n'est jamais le travail d'une seule personne, il y en a beaucoup sur la chaîne. Les recruteurs (le NO dispose aussi de trois scouts) mais aussi le président qui nous a donné les moyens de le faire et le coach qui participe activement. Quand ça fonctionne bien, on en ressent les bienfaits. Et aussi les personnes de l'administration qui travaillent dans l'ombre et qui se donnent corps et âme pour que les transferts aboutissent dans des timings serrés.

Sur ce mercato, Nîmes Olympique s'est vraiment ouvert à l'international. Comment ça s'explique ? 

C'est un ensemble de choses. Il y a une grosse part de réseau et de travail réalisé de manière très précise et très approfondie au sein de la cellule de recrutement. Mais c'est aussi une nécessité. On voit qu'en France il est de plus en plus difficile de recruter des bons joueurs à des prix raisonnables et cohérents. Je le vois même en Ligue 2. Un joueur qui performe un temps, tout de suite on est sûr des tarifs très élevés. Si on avait imaginé investir ce que l'on a investi uniquement sur le marché français, on n’aurait jamais recruté sept ou huit joueurs. Cela aurait été restreint à deux, trois joueurs.

Comment jugez-vous le début de la saison du nouvel entraîneur Jérôme Arpinon ? 

Il s'est très vite adapté au costume parce qu'il s'y préparait depuis un bon moment et comme toute chose qui se prépare bien quand on est devant le fait accompli on est plus confiant. Et je ne suis pas du tout surpris de la manière dont il a abordé sa nomination parce qu'au moment où j'ai œuvré pour que ce soit lui à la tête de l'équipe j'étais convaincu que c'était la personne idéale. Je ne suis pas surpris, je suis juste content que ça fonctionne et je lui souhaite que ça dure ainsi le plus longtemps possible.

Comment avez-vous vécu ce derby vous qui avez découvert cette ambiance particulière ? 

C'est justement parce que je suis nouveau dans le microcosme nîmois que je me suis positionné comme observateur. Pour moi le meilleur moyen de profiter de ce moment était de bien observer les attitudes des uns et des autres dans la manière de gérer cet événement. Et bien entendu je l'ai vécu avec beaucoup d'émotions. Je ne me rends peut-être pas compte du caractère historique mais les supporters et les collègues m'ont bien transmis toutes les émotions nécessaires pour que je m'en rende compte. En voyant le public à la Bastide, j'ai eu une fois de plus la confirmation que l'on était dans une véritable terre de foot et de passion.

Pour terminer la question classique que l'on pose à un directeur sportif à la fin du mercato : qu'allez-vous faire maintenant ? 

Partir en vacances (rires). Il est impératif de se reposer maintenant. Et puis après continuer à œuvrer pour le développement du club tout en me replongeant très rapidement dans la préparation des prochains mercatos. Dans ma vision des choses, le recrutement de joueurs est quelque chose qui s'aborde tout au long de l'année.

Propos recueillis par Corentin Corger

 

* Ce mercato estival du Nîmes Olympique a coûté environ 9,5M€ pour l'achat de Baptiste Reynet, Niclas Eliasson, Andrés Cubas, Yassine Benrahou, Patrick Burner, Karim Aribi et Birger Meling. 

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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