"Mon objectif est de terminer ma carrière à Nîmes Olympique"

Publié le jeudi 30 juillet 2020 09:26 - Colin DELPRAT 

Il est encore transpirant de son deuxième entraînement de la journée quand nous débutons l'interview au centre d'entraînement de La Bastide. Mesure sanitaire et météo idéale, l'entretien avec Romain Philippoteaux, le milieu offensif de Nîmes Olympique, se déroule en extérieur accompagné du chant des cigales et des "chambrages" de Pablo Martinez et Anthony Briançon.
Gazette Live. Romain, comment allez-vous ? Comment vous sentez-vous ?
Romain Philippoteaux. Je vais très bien. Je suis vraiment content de reprendre, de refaire ce que j'aime. La santé est là, c’est l’essentiel. On peut se concentrer pleinement à notre passion. 
Vous avez mis du temps à reprendre le rythme physiquement ?
Non, car on a quand même continué à faire des footings en attendant la décision du gouvernement. On a eu une petite coupure, mais on s’est entretenu. On appréhendait la reprise surtout voir comment les organismes allaient réagir. Le staff a fait en sorte de reprendre progressivement et ne pas nous brusquer. La préparation se passe plutôt bien, on a bien encaissé les premières charges de travail. Les préparations, on n'aime pas trop ça les footballeurs (rires). Elle est obligatoire pour faire une bonne saison. En tout cas, vivement le 23 août et le match contre Brest ! (sourire).
Vous vous étiez positionné pour l’arrêt du championnat au cœur de la crise sanitaire. Avec du recul, pensez-vous toujours que c’était la meilleure solution ?
Dans les autres championnats, il y a eu des choses de cacher. Il y a eu énormément de cas. Je ne suis pas sûr que tous les acteurs aient fait un test Covid avant chaque match. Au moment où le gouvernement a décidé de stopper la saison. Oui, c’était la bonne décision pour moi.
Même si la saison n’est pas allée jusqu’à son terme, quel bilan faites-vous sur le plan collectif et individuel ?
On atteint le maintien même si on aurait voulu l’obtenir sur le terrain. On a réalisé des performances en janvier alors qu’en décembre tout le monde nous condamnait. On en est fiers. Personnellement, je suis arrivé sur la pointe des pieds. J’ai pu montrer mes qualités et apporter au groupe. J’ai joué presque tous les matches et je termine meilleur buteur du club (5 buts NDLR). C’est une satisfaction. Le plus important pour moi reste le collectif, que Nîmes se pérennise en Ligue 1.

Comment expliquez-vous ce changement de visage entre décembre et janvier ? 
À Peralada, lors du stage, on a passé le jour de l’an ensemble. On est partis au casino, on a rigolé, on a partagé des choses. On s’est surtout dit des choses. On a mis des mots et on a fixé des objectifs. Tout le monde était concerné. On ne savait pas si ça marcherait surtout au regard du gros calendrier à la reprise. La victoire contre Reims a fait du bien. Même si on perd contre Rennes, on enchaîne superbement. La force de Nîmes, c’est ce côté famille et la solidarité. Parfois, on n’est pas beaux à voir jouer, mais on ne trichera jamais. 
Après quelques mois en Ligue 1 et quelques belles saisons en Ligue 2, vous avez confirmé votre niveau dans l’élite…
J’avais fait six bons premiers mois avec Lorient en L1 avant d’avoir du mal. J’ai réalisé de superbes années en L2 à Dijon et Auxerre. En Ligue 1, il me manquait de la régularité sur une saison. Quand j’ai eu le challenge de Nîmes, chez moi dans le Sud, je n’ai pas hésité. Je suis content d’avoir pu montrer que j’ai été un joueur important du Nîmes Olympique la saison dernière. 
Vous ne regrettez définitivement pas ce choix de venir à Nîmes malgré d’autres offres ?
Au départ, je ne comptais pas partir d’Auxerre. J’étais un cadre tant sur le plan contractuel que sportif. Nîmes est arrivé et je n’ai pas pu refuser. C’était clair dans ma tête. Avec du recul, je suis content de mon choix. Je reviens dans le sud, dans une autre atmosphère avec un public exceptionnel. Je me régale ici. Il me manque juste de jouer un derby aux Costières dans un stade plein. 
Vous avez eu de sérieux contacts avec Dallas, que s’est-il passé exactement ?
J'ai eu une belle offre de Dallas au mercato d'hiver. Elle arrivait subitement à un moment où le club n'était pas bien. J'étais à Nîmes seulement depuis six mois. Les dirigeants ont fermé la porte directement. Je suis heureux ici donc je n'étais pas triste même si mon rêve, c'est de jouer en MLS (ndlr : Major League Soccer, la ligue de football nord-américaine). Je me voyais mal quitter le navire à cette période. Sur les mois de janvier et février, j’ai montré que j’avais bien fait de rester (...) Dallas est revenu à la charge cet été, j'ai refusé une nouvelle belle offre. Elle était encore plus intéressante que la première. J’avais des engagements du club mais j’ai fait le choix de rester. Je crois au projet nîmois, j'y suis bien humainement et sportivement.
 

Vous avez évoqué votre rêve de MLS mais aussi le souhait de terminer votre carrière à Nîmes…
Le coach Arpinon m’a fait venir dans son bureau quand il a pris connaissance de l’offre de Dallas. Il m’a fait part de son envie que je reste à Nîmes, qu’il me trouvait important dans l’effectif. C’était quelque chose d’important pour moi, d’avoir cette confiance. Mon objectif est de finir ma carrière à Nîmes (Il a 32 ans NDLR). Les dirigeants le savent. On a eu cette discussion. La balle est dans leur camp.
Justement, un nouvel entraîneur est en place, qu’est-ce que cela change au quotidien ? 
On est dans la continuité du coach Blaquart. Jérôme faisait déjà beaucoup de choses lorsqu’il était adjoint. Il prenait beaucoup de décisions et s’occupait des entraînements. Le coach a l’ADN du club. C’est un entraîneur qui aime Nîmes. C’est typiquement les valeurs nîmoises. Il a été transparent et très droit. Il a beaucoup pesé dans la balance lors de mon arrivée à Nîmes.
Vous n’avez pas vécu les mêmes émotions que certains joueurs avec Bernard Blaquart mais quelle image gardez-vous de lui ?
C’est un coach marquant. Il a une très belle analyse avec des interventions toujours pertinentes. Quand j’ai eu toutes ces tractations avec Dallas, il a toujours été très humain, à l’écoute et bienveillant. Il m’a fait confiance. Je l'en remercie et je lui souhaite vraiment le meilleur. Il a fait des choses extraordinaires. 
Pendant le confinement, il fallait se brancher sur 
Radio Philippe. D’où est venue cette idée d’animer les réseaux sociaux par des discussions entre joueurs ? 
Je ne suis pas trop réseaux sociaux. Deux semaines après le début du confinement, je commençais à tourner en rond. Je me suis dit je vais me mettre au live en appelant des collègues footballeurs ou non pour prendre des nouvelles et livrer quelques anecdotes (Mokhtar de TMP, Karim Bennai Canal+ ou John Ferreira Beinsports, etc.). Les gens ont accroché mais m’ont demandé de faire d’autres directs. Certains me disaient que j’étais devenu leur radio numéro une (sourire). Bon, après, j’ai arrêté parce que j’avais plus de vie, à faire des live toute la journée. Mais je suis content d’avoir pu montrer la richesse du football.
Et vous serez plutôt consultant ou entraîneur à la fin de votre carrière ?
Les deux métiers me plaisent car j’adore le foot. On m’a dit « tu mériterais d’animer quelque chose » ou de faire consultant après ces live. J’aime bien débattre. Mon père était entraîneur, j’ai passé mes diplômes. Je me vois bien aussi intégrer un staff ou entraîner des jeunes ou des seniors. J’espère avoir quelques belles années de footballeur avant ça, surtout que j’ai attaqué sur le tard (sourire). 
Dans moins d’un mois, vous allez entamer votre deuxième saison au club. Est-ce que Nîmes peut viser autre chose que le maintien ?
On a gardé l’ossature du groupe. On part avec des acquis. Ils sont solides pas comme l’an dernier où tout avait été chamboulé. On est en avance pour nos automatismes ou dans la qualité de jeu. Les recrues sont bien intégrées. Il n'y a que les résultats qui pourront nous dire si on est mieux que la saison dernière. J’ai de réels espoirs et j'ai confiance en ce groupe pour faire une belle année. Maintenant, on ne va pas se mentir, la Ligue 1 est très belle et se maintenir sera déjà une bonne chose. Le reste sera du bonus.
Vous avez une relation à parfaire avec Birger Meling sur le côté gauche…
J’ai appris le Norvégien (rires). On s’est bien entendu lors du match contre Strasbourg. Il parle très bien français. On a quatre semaines pour peaufiner nos automatismes. Il est très offensif. Des fois, il est devant moi, je dois le calmer (rires). Birger va m’apporter des solutions sur le côté, c’est une arme de plus. 

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes