ovid-19 : « Finalement, on n’est pas grand-chose », constate l’entraîneur de Nîmes Bernard Blaquart

L’entraîneur de Nîmes, dans l’attente d’un rendez-vous pour statuer sur son avenir, revisite la saison passée et distille au passage quelques messages. Cet amoureux de lecture et de musique pose un regard lucide sur la situation actuelle.

Par Harold Marchetti - Le Parisien 14/05/2020

Il a vécu son confinement avec son épouse dans le petit village héraultais de Saint-Just, à 200 m des vignes et des pommiers. Bernard Blaquart, l'entraîneur de Nîmes, a mis a profit cette période singulière pour s'adonner à certaines de ses passions. Heureux du maintien de son club dans l'élite, il s'est confié n'éludant aucun sujet d'actualité à l'exception de son avenir. « J'attends de rencontrer mon président avant de m'exprimer », note sobrement le technicien de 62 ans encore sous contrat pour trois ans.

Que vous aura apporté le confinement ?

BERNARD BLAQUART. J'ai pu m'occuper un peu plus de moi, faire du sport, à mon rythme. C'est le bon côté des choses. J'ai ressorti ma trompette. J'avais pris des cours, j'avais laissé tomber et, là, j'ai repris… C'est un bon passe-temps. J'aime bien ça. Ma femme, moins… J'ai pas mal lu également. Je me suis plongé dans la vie de Napoléon, à travers le prisme de l'un de ses descendants (NDLR : « Napoléon mon aïeul, cet inconnu », de Charles Napoléon, XO Editions, 411 p.). Plus que le récit de ses conquêtes, c'est une immersion dans l'intimité de l'empereur.

Comment avez-vous accueilli le maintien de votre club ?

Je suis satisfait, bien sûr, même si cette situation se révèle un peu particulière pour tous les clubs, à l'exception, peut-être, de ceux situés dans le ventre-mou. Il y a un goût d'inachevé. C'est dommage de ne pas aller au bout. Le sprint final est le moment le plus excitant d'une saison. Il paraissait trop compliqué de reprendre la compétition, même si on aurait pu attendre un peu avant d'acter son arrêt définitif. Il me semblait un peu irréel de continuer à parler de football dans ces moments-là. Une fois cette décision prise, il y a eu beaucoup de palabres. On n'a pas donné une très bonne image. Ces batailles, par médias interposés, n'étaient pas nécessaires. On aurait pu régler tout ça entre nous sans exposer ces divisions au grand jour. Après, c'est votre rôle de les relater. On vous a donné du grain à moudre.

Nîmes méritait-il de demeurer dans l’élite ?

C'est toujours discutable. La meilleure solution a été retenue. Ou la moins mauvaise. Sur les matchs retour, on présente le cinquième meilleur bilan (NDLR : 15 points en 9 matchs contre 12 sur la phase aller). Notre maintien, on est allés le chercher sur le terrain. Après, je me mets à la place d'autres clubs. Certains s'estiment lésés.

Amiens, 19e de Ligue 1 à quatre points de Nîmes, a d'ailleurs décidé de saisir la justice...

Chacun défend son intérêt. Je le comprends. On parle d'Amiens. Si je regarde de plus près le classement en L2, Ajaccio avait seulement 1 point de retard sur Lens, promu en L1, Troyes avait 2 points de retard, et Clermont, 3. Il y a des heureux et des déçus à tous les niveaux. Certains, comme nous, comme Saint-Etienne ou Dijon, mais aussi les promus Lorient et Lens, peuvent considérer très bien s'en sortir. D'autres moins.

Que répondez-vous à Antoine Kombouaré qui suggèrent aux joueurs et aux entraîneurs de faire grève si la Ligue 1 n'est pas élargie à 22 clubs ?

Une Ligue 1 à 22 je veux bien, mais pourquoi pas alors à 23 ou 24 ? Antoine a dirigé Toulouse. Mais pourquoi sauver ce club ou Amiens et pas accueillir Ajaccio, Clermont ou Troyes en L1 ? Ajaccio, par exemple, était plus proche de la Ligue 1 que Toulouse relégué à 14 points du barragiste. Il en va de même pour Clermont ou Troyes.

Avez-vous été près de jeter l'éponge cet automne, quand vous étiez sous le feu des critiques et en crise de résultats ?

Il y a eu des tempêtes. A certains moments, j'ai pu être envahi par une forme de découragement. Le soutien de mon staff et des joueurs m'a alors aidé à affronter ces vents contraires. J'ai toujours eu, au fond de moi, la conviction qu'on allait s'en sortir à condition de compter uniquement sur nous-mêmes. Mes garçons n'ont jamais rien lâché. Ils sont les grands artisans de notre maintien. Je suis fier d'eux.

Avez-vous compris les critiques de Laurent Boissier, l'ancien directeur sportif, qui a affirmé, sans vous citer, qu'il n'y avait pas d'entraîneur à Nîmes ?

Il faut prendre en compte les critiques pour avancer. Je n'ai pas envie d'en parler. C'est inutile. Cela ne m'a pas fait plaisir car on a passé plusieurs saisons ensemble. Mais je ne tiens pas à polémiquer.

En Ligue 1, Paris était encore injouable cette saison ?

Quand le PSG perd un match, c'est un accident. Si on regarde bien, il ne s'incline jamais ou presque face aux autres grosses écuries de la L1. On est fiers d'affronter ce club car, dans une carrière, il est un privilège de se mesurer à de telles stars. Je n'ai de cesse de le répéter à mes joueurs. Mais c'est aussi frustrant car, si Paris est à son niveau, il est injouable. Tu peux alors t'attendre à en prendre quatre, cinq ou six. C'est un peu dommage pour le championnat, mais il s'agit de la réalité. Paris est vraiment beaucoup trop fort pour le monde.

Vous êtes-vous résolu à ne pas revoir de sitôt des spectateurs dans des stades ?

J'en ai bien peur. L'histoire des pandémies montre qu'un retour à la normale nécessite entre un et deux ans. Le sport est quand même en danger, même si le football survivra. Il n'est pas le plus populaire au monde pour rien. Mais de quelle manière. Une saison sans spectateurs, ce ne serait pas du tout la même chose. Sans nul doute plus insipide.

Quels sont les enseignements à tirer de la période actuelle pour préparer l'avenir ? 

Je n'ai pas la prétention de donner des leçons. On mesure mieux la fragilité de l'existence. On entend tout maîtriser, mais, finalement, on n'est pas grand-chose. Comme individu, on est remis à notre place. Dans les périodes difficiles, la France sait en tout cas s'unir et manifester beaucoup de solidarité. Elle l'a encore prouvé. Cela peut sembler un peu étonnant pour un pays de râleurs, mais on sait se serrer les coudes. A l'avenir, j'espère qu'on s'apercevra des dangers représentés par la mondialisation et qu'on profitera davantage des moments présents en changeant ses priorités.

Nîmes Olympique disputera une troisième année en Ligue 1 après avoir obtenu son maintien suite à la décision de la LFP d'arrêter la saison 2019/2020. Pour Gazette Live, son entraîneur Bernard Blaquart, confiné dans son petit village de l'Hérault, revient sur ce maintien, cette décision, la période de confinement et son futur. 
Comment vivez-vous cette période de confinement ? 
Pas trop mal, je ne peux pas me plaindre. Je suis entouré de vignes et de pommiers. Je profite pour faire des choses comme de la musique ou du jardinage. C'est dur car on nous prive de liberté, de voir sa famille et ses amis mais c’est pour tout le monde pareil.
Le football vous manque-t-il ?
Le foot en lui-même non. Le fait de ne pas voir mes joueurs, mon staff oui. Il y a un manque au niveau du quotidien, des contacts physiques, de me rendre à la Bastide, d’être aux entraînements.
Comment gardez-vous le contact avec eux ? 
On garde un lien par le téléphone mais je ne souhaite pas trop les embêter. Pour la plupart, ils ont bien suivi le programme d’entretien et ils étaient prêts pour la reprise. On échange davantage avec le staff. 
Trouvez-vous logique la décision d’arrêter la saison ? 
J’ai rapidement exprimé mes réticences. Il était impossible d’appliquer le protocole sanitaire évoqué. On ne pouvait pas reprendre le football dans ces conditions-là et aussi par rapport aux gens.
Et le choix de ce classement définitif ? 
Il faut souligner la rapidité de ce choix d’entériner les classements pour mettre fin à toute la cacophonie des dernières semaines. C’est bien, on est fixé tôt. Oui, Amiens, Ajaccio, Troyes ou Clermont peuvent se sentir lésés tout comme Dijon, Saint-Etienne, Nîmes, Lorient ou Lens heureux. 
Ce nouveau maintien, c’est une réelle satisfaction ?
C’est une satisfaction car on a vécu des moments difficiles. On était à 12 points à l’issue de la phase aller. Même si la fin de championnat est tronquée, un seul club a réussi à se maintenir dans ces conditions sur les 30 dernières années. On a su redresser la barre à partir de janvier. On termine quand même 5e sur la phase retour (15 points sur 27). Notre regard était plus porté sur "devant" que "derrière". On était prêt à reprendre et aller chercher ce maintien. 
Allez-vous fêter ce maintien avec tout le groupe ?
Les joueurs ont prévu de se revoir après le confinement. On va fêter le maintien avec humilité car on connaît les circonstances dans lequel il a été acquis. Mais on peut fêter ce retour sur Amiens et ces quatre points d’avance.
Et maintenant que se passe-t-il ?
On va attendre les dates officielles de la reprise pour établir un calendrier en espérant que le virus nous laisse tranquille. On attend le top départ de la Ligue et du président pour lancer les mouvements.
Justement, serez-vous encore l’entraîneur de Nîmes Olympique à la reprise ?
Il faut poser cette question au président. Attendez quelques jours pour avoir la réponse. Oui, j'ai vécu une saison très éprouvante surtout la première partie de championnat. Il faut que je rencontre mon président avant vous répondre. Et bien entendu, mes joueurs et mon staff auront la primeur de ma décision.
Il y a deux ans jour pour jour, vous fêtiez l’accession en Ligue 1 dans un stade des Costières plein à craquer…
Deux ans déjà, le temps passe, très, très vite. On a atteint le graal et derrière on a réussi à se maintenir en L1. C’est un groupe qui a progressé ensemble, un noyau de joueurs du club qui a grandi. Ce sont des moments forts, extraordinaires. 
Un redressement de situation inespéré, une montée, deux maintiens, Bernard Blaquart à Nîmes, c’est une réussite…
On va dire que mon bilan est pas mal…
 

LA GAZETTE DE NIMES – COLIN DELPRAT

"Finir le championnat coûte que coûte, je ne vois pas l’intérêt" (Blaquart)

Par Laurent Blanchard - La Provence 

Comme l’ensemble des clubs, voici trois semaines que le Nîmes Olympique est à l’arrêt en cette période de confinement sans connaître une hypothétique date de reprise de la saison en cours. Dans le flou le plus total, Bernard Blaquart, le coach des Crocos, s’interroge.

"En l’état actuel des choses, c’est très difficile de se projeter, peine à évaluer Bernard Blaquart. Déjà, on ne sait pas quand le confinement prendra fin, quand nous serons autorisés à renouer avec l’entraînement collectif et dans quelles conditions. Et puis, comment se déroulera le déconfinement ? Comment va-t-on en sortir ? Nul ne le sait, à cette heure. Il y a beaucoup trop de questions sans réponses formelles. Alors, reprendre le championnat pour le terminer fin juin, pourquoi pas. Mais au-delà, ça me paraît compliqué. Finir coûte que coûte, quelle que soit la date de clôture, début août comme je l’ai entendu notamment, je ne vois pas l’intérêt. Si c’est pour enchaîner de suite sur la saison prochaine, ça ne veut plus dire grand-chose. D’autant plus que le calendrier d’une année n’est pas extensible à l’infini : il y a 52 semaines, point. On ne peut pas repousser l’ouverture de la prochaine saison début novembre. C’est impossible."

En attendant d’y voir nettement plus clair, le Nîmes Olympique, comme le dit son entraîneur, "subit""Tout le monde est dans le même cas", prolonge Bernard Blaquart. Ce dernier se pose également des questions à propos d’une nouvelle phase de préparation "de 3 à 4 semaines" qui serait à programmer assez précipitamment dans l’optique d’une éventuelle reprise de l’actuelle saison. Pour le moment, en tout cas, ses joueurs, confinés à leur domicile, conservent un lien avec le sport de haut niveau comme ils peuvent. 

"Avec mon staff, on fait en sorte d’avoir des relations au quotidien avec les joueurs (via le système de messagerie collective instantanée WhatsApp, Ndlr), indique Bernard Blaquart. On leur transmet quotidiennement un programme. On a des retours. Mais il s’agit juste d’entretien athlétique. C’est tout. Techniquement, il n’y a pas de vrais ateliers spécifiques. Les séances avec ballon n’existent plus. Ce n’est vraiment pas évident."

À quelques jours d’attaquer une nouvelle saison en ligue 1, l’entraîneur du Nîmes Olympique évoque le déplacement à Paris et ses impressions sur la préparation des Crocos.

Objectif Gard : Commencer le championnat de ligue 1 par Paris, c’est le pire des calendriers ?

Bernard Blaquart : De toute façon, il faut les jouer.

Est-il plus facile de les affronter au début de la compétition ?

Dire qu’il vaut mieux les prendre au début, c’est une ânerie, car l’année dernière ils ont gagné les quinze premiers matches.

Du coup vous aborderez cette rencontre sans pression...

Il y a toujours de la pression. Ceux qui disent que l’on n’a rien à perdre à Paris se trompent. Si vous en prenez sept ou huit, vous perdez quelque chose. Il peut aussi il y avoir des cartons rouges. On veut se rassurer et montrer que l’on n’est pas des tocards.

Dans quel d’état d’esprit attaquez-vous cette saison ?

On est à la fois content de démarrer, parce que la préparation a été longue, mais on est aussi dans l’expectative car nous avons perdu beaucoup de joueurs et que notre recrutement, s’il avait bien démarré, a stagné pendant longtemps. On a perdu de très bons joueurs, mais a-t-on recruté des très bons joueurs ? Je n’en sais rien. S’il n’y a pas des bons résultats, c’est à l’entraîneur que l’on demande des comptes, et je sais tout ce que l’on a perdu. Alors, on s’accrochera avec nos armes et nos atouts.

Avez-vous des certitudes cette saison ?

L’année dernière, nous rentrions dans un championnat que nous ne connaissions pas. La question se posait sur notre niveau, mais on était très bien préparé. Cette année, on connaît mieux la ligue 1, mais on a pris beaucoup de retard dans la préparation.

Que peut vous apporter l’expérience de la saison dernière ?

Il y a eu le plaisir, les liens forts avec notre public, l’estime que générait notre jeu. Ce sont des éléments forts, mais il faut arriver à confirmer tout cela. Comme je le dis depuis quatre ans, le club doit grandir à tous les niveaux.

L’ambiance a changé ?

L’année dernière nous foncions. Là il y a moins d’insouciance, et puis la préparation n’a pas été idéale.

Sentez-vous que la dynamique est cassée ?

Quand il y a quelques ratés, ça casse forcement la dynamique. Après elle peut repartir car il ne faut pas grand-chose parfois. La motivation de tout le monde dans le club s’entretient au quotidien.

 

Propos recueillis par Norman Jardin

Le Nîmes Olympique ne semble pas préparer la nouvelle saison de la meilleure des façons. 13 joueurs sont partis et ce n’est pas terminé. Seulement quatre nouveaux sont arrivés. Pour le coach des Crocos, le compte n’y est pas et le temps presse.

Objectif Gard : Quel constat faites-vous à ce stade de la préparation ?

Bernard Blaquart : On a beaucoup de départs et peu d’arrivées pour l’instant. Ce mercredi, nous avions à l’entraînement 16 joueurs de champs dont deux amateurs. C’est un effectif beaucoup trop réduit.

On imagine que ce n’est pas la meilleure façon de préparer la saison...

Nous prenons du retard. Ce n’est pas problématique sur le plan athlétique, à condition que les recrues que l’on espère aient déjà repris l’entraînement. Mais c’est surtout le travail collectif qui en pâtit. On a l’impression de travailler à moitié. Malheureusement, nous n’avons pas toutes nos forces, donc c’est très difficile de travailler collectivement. Et puis, il faut du temps pour intégrer les nouveaux, mais du temps, on a de moins en moins.

Pour quelle raison le recrutement n’avance-t-il pas ?

Je l’ignore. Peut-être que nous ne sommes pas bien organisés. Je rappelle que le Nîmes Olympique est le seul club, L1 et L2 comprises et peut-être même National, à ne pas avoir de cellule de recrutement.

Cela vous inquiète-t-il ?

C’est comme ça et je ne peux pas m’en réjouir. Moi, je suis toujours inquiet. Un entraîneur qui ne doute pas, ce n’est pas une bonne chose. On prend beaucoup de retard, et quand on prend beaucoup de retard… Nous sommes à trois semaines et demie du premier match de championnat. Il nous manque trois ou quatre joueurs. Ça va être très difficile de les intégrer en 15 jours. S’ils arrivent... On a perdu deux joueurs importants dans l’entre-jeu et peut-être un troisième prochainement.

Qui est le troisième ?

Je ne dirais pas le nom, mais c’est vite fait de trouver, il n’en a pas 50. Mais il ne partira pas.

Le nom de l'attaquant stéphanois Loïs Diony (26 ans) est évoqué comme recrue potentielle à Nîmes. Fait-il partie des noms que vous avez soumis à Rani Assaf ?

C’est un garçon qui n’est pas très bien à Saint-Etienne et qui souhaite quitter l’ASSE, si j’ai bien compris. Oui, c’est un profil qui peut nous intéresser. Mais il y a plein de choses que l’on ne maîtrise pas.

Et Sada Thioub qui risque de partir à Angers...

Thioub c’est quasiment acté, je crois. Et il y en aura peut-être d’autres. Pour Sada, il y a la volonté du joueur, et ce que les autres clubs lui proposent, c’est difficile à refuser.

Dans quel état d’esprit sont vos joueurs ?

Ils ont un état d’esprit remarquable mais ils ont envie de voir arriver de nouveaux joueurs.

La démission de Laurent Boissier se fait-elle sentir ?

Le départ de Laurent à ce moment de la saison est terrible. On sait tout ce qu’il a apporté au niveau du recrutement. Aujourd’hui, c’est un grand vide pour nous. C’était la pierre angulaire du recrutement. C’est lui qui a fait venir Bozok, Thioub, Bouanga et plein d’autres. Il a aussi fait confiance à Savanier, quand celui-ci était en difficulté. On a perdu de la compétence et déjà que l’on n’est pas très nombreux.

Quel est désormais le fonctionnement du recrutement au Nîmes Olympique ?

Le staff soumet des noms au président. Mais un bon joueur dans nos prix et où l’on serait les seuls dessus, ça n’existe pas. Il faut chercher loin et différent.

Justement, Vlatko Stojanovski, arrivé cet été, ne semble pas être encore à 100% physiquement.

Il est blessé. Est-il arrivé blesser ? Ou pas ? je n’en sais rien. Mais nous savions que c’était un pari. Le garçon est sérieux et il tente de s’intégrer.

Savez-vous si des nouveaux joueurs vont arriver prochainement ? 

(Rire) j’espère tous les matins avoir une bonne surprise. Mais je n’en sais rien. Je ne suis pas amer, mais c’est un constat. On ne prépare pas cette saison dans les meilleures conditions.   Propos recueillis par Norman Jardin (19/07/2019)

L'entraîneur croco s'inquiète de ne pas voir arriver de nouvelles recrues et de ne pas pouvoir préparer la saison dans des conditions optimales.  

"Notre effectif est réduit, trop réduit." Ce mercredi matin, Bernard Blaquart a tiré la sonnette d'alarme. "Même si je souhaite avoir un groupe limité en nombre, là, on peut juste faire du foot à sept", appuie l'entraîneur de Nîmes Olympique. Une dizaine de joueurs sont partis, cinq ont été recrutés (Bernardoni, Martinez, Philippoteaux, Ferhat et Jovanovski), le compte n'y est donc pas. "On ne prépare pas cette saison dans les meilleures conditions. On prend du retard, beaucoup de retard", insiste Bernard Blaquart qui précise : "On n'a pas toutes nos forces, c'est donc difficile de travailler, surtout collectivement. On ne travaille pas pour rien mais on a l'impression de ne le faire qu'à moitié. Pour que les nouveaux intègrent nos principes de jeu, il faut du temps et on en a de moins en moins."

Le technicien croco espère deux éléments offensifs - "Le Stéphanois Diony a un profil qui peut nous intéresser, oui," - et il attend surtout l'arrivée de deux milieux défensifs pour compenser les départs de Savanier et Ferri. Peut-être trois, même, puisqu'il a laissé entendre, sans le nommer, que Bobichon pourrait également s'en aller... Interrogé sur le sujet, le joueur a fait une réponse de Normand : "Je suis sous contrat à Nîmes Olympique... " Contrat qui court jusqu'en juin 2020. Auteur de 7 buts et 2 passes décisives l'an passé, Bobichon reconnaît tout de même être en discussion pour une prolongation. "Il y a longtemps que cela aurait dû être réglé", déplore Blaquart.      

THIERRY ALBENQUE

24h après la démission de l'emblématique Laurent Boissier, l’entraîneur du Nîmes Olympique, Bernard Blaquart, réagit au départ de son ex-directeur sportif.

Objectif Gard : Que vous inspire la démission de Laurent Boissier ?

Bernard Blaquart : La vie au Nîmes Olympique n’est pas un long fleuve tranquille. J’étais au courant depuis trois jours. Je savais aussi qu’il n’était pas bien. Il en avait ras-le-bol. Il n’était pas heureux. Ça peut arriver. C’est comme ça quand on est passionné par son travail. De là à s’arrêter maintenant, je n’y pensais pas. Mais c’est son choix.

Comment les joueurs ont-ils réagi ?

Il y en a à qui ça n’a rien fait et d’autres qui sont très touchés. Après, je me mets à la place des nouveaux, cela ne doit pas être évident pour eux. Mais ce sont de jeunes joueurs qui passent très vite à autre chose.

Êtes-vous inquiet pour la suite de la saison ?

Inquiet ce n’est pas le mot. Je m’interroge parce qu’on est peu nombreux dans le club. La perte de Laurent va laisser un grand vide. On a perdu 13, et bientôt 14 joueurs, avec le possible départ de Thioub, qui nous a fait part de sa volonté de partir et on n'en a recruté que quatre. Aujourd’hui, on n’a pas d’équipe. Il y a urgence. En sachant qu’on n’a pas les moyens de recruter en ligue 1 ou alors uniquement sous forme de prêt.

Et le temps presse...

Ce n’est pas parce que l'on doit faire vite, qu’il faut faire n’importe quoi. Nous avons une compétence en moins avec le départ de Laurent. C’est plus de risques de se tromper, et ça on ne peut pas se le permettre.

Le président Rani Assaf vous a-t-il rassuré à ce sujet ?

Moi, je ne crois que ce que je vois. Depuis longtemps on parle d’améliorer les structures et le centre d’entraînement. Ça se fait trop doucement à mon goût, mais ça se fait. Pour l’avenir à court terme, on a besoin de quatre ou cinq joueurs très rapidement.  On ne peut pas aligner une équipe compétitive en ce moment.

Que se passera-t-il si vous n’obtenez pas ces recrues ?

Alors on va se préparer à une saison très compliquée. Elle le sera de toutes les façons, mais que l’on nous donne au moins une chance de pouvoir lutter. J’espère que d’ici un mois, l’effectif aura un peu gonflé.

Dans le cas contraire, envisagez-vous de quitter le Nîmes Olympique ?

Je suis sous contrat et je n’ai jamais arrêté une saison en cours. Si je dois stopper, ce sera plutôt à la fin d’une saison. Aujourd’hui, il y a des joueurs qui sont restés, d’autres qui sont arrivés. Par respect pour eux, c’est difficile de tout laisser tomber. À partir du moment où tout le monde est prêt à travailler, ça ne me fait pas peur.

Vous êtes-vous posé la question d’un départ à la fin de la saison dernière ?

Oui

Pour aller à Dijon ?

Oui, c’était un projet qui pouvait m’intéresser. Le président a mis très vite son veto. C’était peut-être trop tard pour tout le monde. C’était précipité peut-être aussi.

Regrettez-vous d’être resté ?

Non, sinon je ne serais pas là en ce moment.

Savez-vous s’il y aura un autre directeur sportif ?

Je ne crois pas. Le président m’a dit qu’il ne cherchait pas.

Comment va se dérouler le recrutement des joueurs dans ces conditions ?

C’est un travail qui se fait avec le staff. C’est très long. On soumettra des profils au président et c’est lui qui validera. Comme on n’est pas les plus riches du monde, ça limite les choix. À nous de proposer des joueurs "réalisables". »

 

Propos recueillis par Norman Jardin

L’entraîneur du Nîmes Olympique attaque une nouvelle saison avec les Crocos. Il évoque la préparation, les recrues et ses espérances.

Objectif Gard : Quel bilan tirez-vous de cette semaine de stage à Peralada ?

Bernard Blaquart : Le bilan est bon. Nous avons bien travaillé et dans des très bonnes conditions. Il est capital que tout démarre bien car le début de saison est très important. C’est là que le groupe se soude. C’est aussi important en termes de charge de travail.

Que regardez-vous dans ces premiers jours de la saison ?

La forme physique de certains, les attitudes, l’état d’esprit et comment se comportent les nouveaux.

Cela fait plusieurs saisons que vous faites des stages à Peralada. N’avez-vous pas envie de changer de lieu ?

On est très bien où on est. L’avantage à Peralada, c’est que les conditions sont parfaites. Il n’y a peut-être que la chaleur, mais on travaille tôt le matin. Au Chambon-sur-Lignon, on est plus au frais. Il y a aussi des avantages. Dans ces deux lieux, nous avons nos marques. C’est vrai qu’il ne faut pas tomber dans une routine, mais à partir du moment où vous êtes très bien quelque part, il n’y pas de raison de changer.

Vous n’avez pas la totalité de votre effectif. C’est un regret ?

Oui. Jusqu’à présent, nous avions pu faire nos préparations avec tout le monde. Cette année, ce n’est pas le cas. C’est dommage, mais c'est comme ça et c’est le lot de la plupart des clubs.

Justement, deux nouveaux joueurs viennent de vous rejoindre. Que pouvez-vous nous en dire ?

Ferhat, on le connaît depuis longtemps. C’est un bon joueur de ligue 2. C’est un joueur de côté droit et ça reste un joueur offensif. Pour lui, ce sera la découverte de la ligue 1. On espère qu’il s’adaptera vite. Zlatko est un garçon qui a fait une très bonne saison en Macédoine. Il est jeune, c’est un pari que l’on tente. Il ne parle pas français mais il a énormément envie de s’intégrer et de jouer à Nîmes. Il a marqué dans un championnat mineur. C’est comme si vous preniez un bon joueur de Nationale 2. Nous sommes allés le voir jouer. Il est jeune et athlétique.

Avant eux, Martinez et Philippoteaux ont signés...

Ce sont des valeurs un peu plus sûres. Martinez a joué en ligue 1 et c'est un garçon d’expérience. Il a un état d’esprit remarquable. Philippoteaux a aussi l’expérience de la L1. Ce sont deux garçons qui ont énormément d’envie.

Quels sont les secteurs dans lequel vous souhaitez recruter ?

S’il y a des départs, il faudra les compenser. On a besoin de se renforcer au milieu de terrain car on a perdu deux joueurs que nous n’avons pas encore remplacé.

Vous voulez travailler avec un groupe de combien de joueurs ?

On souhaite avoir entre 15 et 16 joueurs d’expérience, plus les jeunes derrière. On veut aussi réduire l’effectif par rapport à la saison dernière.

Avez-vous moins d’incertitudes que la saison dernière avant d’attaquer la saison en L1 ?

Il y en a moins sur le niveau de certains joueurs. De là que l’on soit complètement rassuré, non. On a perdu des joueurs importants. Il faudra compenser. La logique en football n’est pas toujours respectée. Mais si on garde notre état d’esprit et notre générosité, il n’y a pas de raisons pour que l’on ne fasse pas une bonne saison.

 

Propos recueillis par Norman Jardin à Peralada (Espagne)

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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