Le Nîmes Olympique ne semble pas préparer la nouvelle saison de la meilleure des façons. 13 joueurs sont partis et ce n’est pas terminé. Seulement quatre nouveaux sont arrivés. Pour le coach des Crocos, le compte n’y est pas et le temps presse.

Objectif Gard : Quel constat faites-vous à ce stade de la préparation ?

Bernard Blaquart : On a beaucoup de départs et peu d’arrivées pour l’instant. Ce mercredi, nous avions à l’entraînement 16 joueurs de champs dont deux amateurs. C’est un effectif beaucoup trop réduit.

On imagine que ce n’est pas la meilleure façon de préparer la saison...

Nous prenons du retard. Ce n’est pas problématique sur le plan athlétique, à condition que les recrues que l’on espère aient déjà repris l’entraînement. Mais c’est surtout le travail collectif qui en pâtit. On a l’impression de travailler à moitié. Malheureusement, nous n’avons pas toutes nos forces, donc c’est très difficile de travailler collectivement. Et puis, il faut du temps pour intégrer les nouveaux, mais du temps, on a de moins en moins.

Pour quelle raison le recrutement n’avance-t-il pas ?

Je l’ignore. Peut-être que nous ne sommes pas bien organisés. Je rappelle que le Nîmes Olympique est le seul club, L1 et L2 comprises et peut-être même National, à ne pas avoir de cellule de recrutement.

Cela vous inquiète-t-il ?

C’est comme ça et je ne peux pas m’en réjouir. Moi, je suis toujours inquiet. Un entraîneur qui ne doute pas, ce n’est pas une bonne chose. On prend beaucoup de retard, et quand on prend beaucoup de retard… Nous sommes à trois semaines et demie du premier match de championnat. Il nous manque trois ou quatre joueurs. Ça va être très difficile de les intégrer en 15 jours. S’ils arrivent... On a perdu deux joueurs importants dans l’entre-jeu et peut-être un troisième prochainement.

Qui est le troisième ?

Je ne dirais pas le nom, mais c’est vite fait de trouver, il n’en a pas 50. Mais il ne partira pas.

Le nom de l'attaquant stéphanois Loïs Diony (26 ans) est évoqué comme recrue potentielle à Nîmes. Fait-il partie des noms que vous avez soumis à Rani Assaf ?

C’est un garçon qui n’est pas très bien à Saint-Etienne et qui souhaite quitter l’ASSE, si j’ai bien compris. Oui, c’est un profil qui peut nous intéresser. Mais il y a plein de choses que l’on ne maîtrise pas.

Et Sada Thioub qui risque de partir à Angers...

Thioub c’est quasiment acté, je crois. Et il y en aura peut-être d’autres. Pour Sada, il y a la volonté du joueur, et ce que les autres clubs lui proposent, c’est difficile à refuser.

Dans quel état d’esprit sont vos joueurs ?

Ils ont un état d’esprit remarquable mais ils ont envie de voir arriver de nouveaux joueurs.

La démission de Laurent Boissier se fait-elle sentir ?

Le départ de Laurent à ce moment de la saison est terrible. On sait tout ce qu’il a apporté au niveau du recrutement. Aujourd’hui, c’est un grand vide pour nous. C’était la pierre angulaire du recrutement. C’est lui qui a fait venir Bozok, Thioub, Bouanga et plein d’autres. Il a aussi fait confiance à Savanier, quand celui-ci était en difficulté. On a perdu de la compétence et déjà que l’on n’est pas très nombreux.

Quel est désormais le fonctionnement du recrutement au Nîmes Olympique ?

Le staff soumet des noms au président. Mais un bon joueur dans nos prix et où l’on serait les seuls dessus, ça n’existe pas. Il faut chercher loin et différent.

Justement, Vlatko Stojanovski, arrivé cet été, ne semble pas être encore à 100% physiquement.

Il est blessé. Est-il arrivé blesser ? Ou pas ? je n’en sais rien. Mais nous savions que c’était un pari. Le garçon est sérieux et il tente de s’intégrer.

Savez-vous si des nouveaux joueurs vont arriver prochainement ? 

(Rire) j’espère tous les matins avoir une bonne surprise. Mais je n’en sais rien. Je ne suis pas amer, mais c’est un constat. On ne prépare pas cette saison dans les meilleures conditions.   Propos recueillis par Norman Jardin (19/07/2019)

L'entraîneur croco s'inquiète de ne pas voir arriver de nouvelles recrues et de ne pas pouvoir préparer la saison dans des conditions optimales.  

"Notre effectif est réduit, trop réduit." Ce mercredi matin, Bernard Blaquart a tiré la sonnette d'alarme. "Même si je souhaite avoir un groupe limité en nombre, là, on peut juste faire du foot à sept", appuie l'entraîneur de Nîmes Olympique. Une dizaine de joueurs sont partis, cinq ont été recrutés (Bernardoni, Martinez, Philippoteaux, Ferhat et Jovanovski), le compte n'y est donc pas. "On ne prépare pas cette saison dans les meilleures conditions. On prend du retard, beaucoup de retard", insiste Bernard Blaquart qui précise : "On n'a pas toutes nos forces, c'est donc difficile de travailler, surtout collectivement. On ne travaille pas pour rien mais on a l'impression de ne le faire qu'à moitié. Pour que les nouveaux intègrent nos principes de jeu, il faut du temps et on en a de moins en moins."

Le technicien croco espère deux éléments offensifs - "Le Stéphanois Diony a un profil qui peut nous intéresser, oui," - et il attend surtout l'arrivée de deux milieux défensifs pour compenser les départs de Savanier et Ferri. Peut-être trois, même, puisqu'il a laissé entendre, sans le nommer, que Bobichon pourrait également s'en aller... Interrogé sur le sujet, le joueur a fait une réponse de Normand : "Je suis sous contrat à Nîmes Olympique... " Contrat qui court jusqu'en juin 2020. Auteur de 7 buts et 2 passes décisives l'an passé, Bobichon reconnaît tout de même être en discussion pour une prolongation. "Il y a longtemps que cela aurait dû être réglé", déplore Blaquart.      

THIERRY ALBENQUE

24h après la démission de l'emblématique Laurent Boissier, l’entraîneur du Nîmes Olympique, Bernard Blaquart, réagit au départ de son ex-directeur sportif.

Objectif Gard : Que vous inspire la démission de Laurent Boissier ?

Bernard Blaquart : La vie au Nîmes Olympique n’est pas un long fleuve tranquille. J’étais au courant depuis trois jours. Je savais aussi qu’il n’était pas bien. Il en avait ras-le-bol. Il n’était pas heureux. Ça peut arriver. C’est comme ça quand on est passionné par son travail. De là à s’arrêter maintenant, je n’y pensais pas. Mais c’est son choix.

Comment les joueurs ont-ils réagi ?

Il y en a à qui ça n’a rien fait et d’autres qui sont très touchés. Après, je me mets à la place des nouveaux, cela ne doit pas être évident pour eux. Mais ce sont de jeunes joueurs qui passent très vite à autre chose.

Êtes-vous inquiet pour la suite de la saison ?

Inquiet ce n’est pas le mot. Je m’interroge parce qu’on est peu nombreux dans le club. La perte de Laurent va laisser un grand vide. On a perdu 13, et bientôt 14 joueurs, avec le possible départ de Thioub, qui nous a fait part de sa volonté de partir et on n'en a recruté que quatre. Aujourd’hui, on n’a pas d’équipe. Il y a urgence. En sachant qu’on n’a pas les moyens de recruter en ligue 1 ou alors uniquement sous forme de prêt.

Et le temps presse...

Ce n’est pas parce que l'on doit faire vite, qu’il faut faire n’importe quoi. Nous avons une compétence en moins avec le départ de Laurent. C’est plus de risques de se tromper, et ça on ne peut pas se le permettre.

Le président Rani Assaf vous a-t-il rassuré à ce sujet ?

Moi, je ne crois que ce que je vois. Depuis longtemps on parle d’améliorer les structures et le centre d’entraînement. Ça se fait trop doucement à mon goût, mais ça se fait. Pour l’avenir à court terme, on a besoin de quatre ou cinq joueurs très rapidement.  On ne peut pas aligner une équipe compétitive en ce moment.

Que se passera-t-il si vous n’obtenez pas ces recrues ?

Alors on va se préparer à une saison très compliquée. Elle le sera de toutes les façons, mais que l’on nous donne au moins une chance de pouvoir lutter. J’espère que d’ici un mois, l’effectif aura un peu gonflé.

Dans le cas contraire, envisagez-vous de quitter le Nîmes Olympique ?

Je suis sous contrat et je n’ai jamais arrêté une saison en cours. Si je dois stopper, ce sera plutôt à la fin d’une saison. Aujourd’hui, il y a des joueurs qui sont restés, d’autres qui sont arrivés. Par respect pour eux, c’est difficile de tout laisser tomber. À partir du moment où tout le monde est prêt à travailler, ça ne me fait pas peur.

Vous êtes-vous posé la question d’un départ à la fin de la saison dernière ?

Oui

Pour aller à Dijon ?

Oui, c’était un projet qui pouvait m’intéresser. Le président a mis très vite son veto. C’était peut-être trop tard pour tout le monde. C’était précipité peut-être aussi.

Regrettez-vous d’être resté ?

Non, sinon je ne serais pas là en ce moment.

Savez-vous s’il y aura un autre directeur sportif ?

Je ne crois pas. Le président m’a dit qu’il ne cherchait pas.

Comment va se dérouler le recrutement des joueurs dans ces conditions ?

C’est un travail qui se fait avec le staff. C’est très long. On soumettra des profils au président et c’est lui qui validera. Comme on n’est pas les plus riches du monde, ça limite les choix. À nous de proposer des joueurs "réalisables". »

 

Propos recueillis par Norman Jardin

L’entraîneur du Nîmes Olympique attaque une nouvelle saison avec les Crocos. Il évoque la préparation, les recrues et ses espérances.

Objectif Gard : Quel bilan tirez-vous de cette semaine de stage à Peralada ?

Bernard Blaquart : Le bilan est bon. Nous avons bien travaillé et dans des très bonnes conditions. Il est capital que tout démarre bien car le début de saison est très important. C’est là que le groupe se soude. C’est aussi important en termes de charge de travail.

Que regardez-vous dans ces premiers jours de la saison ?

La forme physique de certains, les attitudes, l’état d’esprit et comment se comportent les nouveaux.

Cela fait plusieurs saisons que vous faites des stages à Peralada. N’avez-vous pas envie de changer de lieu ?

On est très bien où on est. L’avantage à Peralada, c’est que les conditions sont parfaites. Il n’y a peut-être que la chaleur, mais on travaille tôt le matin. Au Chambon-sur-Lignon, on est plus au frais. Il y a aussi des avantages. Dans ces deux lieux, nous avons nos marques. C’est vrai qu’il ne faut pas tomber dans une routine, mais à partir du moment où vous êtes très bien quelque part, il n’y pas de raison de changer.

Vous n’avez pas la totalité de votre effectif. C’est un regret ?

Oui. Jusqu’à présent, nous avions pu faire nos préparations avec tout le monde. Cette année, ce n’est pas le cas. C’est dommage, mais c'est comme ça et c’est le lot de la plupart des clubs.

Justement, deux nouveaux joueurs viennent de vous rejoindre. Que pouvez-vous nous en dire ?

Ferhat, on le connaît depuis longtemps. C’est un bon joueur de ligue 2. C’est un joueur de côté droit et ça reste un joueur offensif. Pour lui, ce sera la découverte de la ligue 1. On espère qu’il s’adaptera vite. Zlatko est un garçon qui a fait une très bonne saison en Macédoine. Il est jeune, c’est un pari que l’on tente. Il ne parle pas français mais il a énormément envie de s’intégrer et de jouer à Nîmes. Il a marqué dans un championnat mineur. C’est comme si vous preniez un bon joueur de Nationale 2. Nous sommes allés le voir jouer. Il est jeune et athlétique.

Avant eux, Martinez et Philippoteaux ont signés...

Ce sont des valeurs un peu plus sûres. Martinez a joué en ligue 1 et c'est un garçon d’expérience. Il a un état d’esprit remarquable. Philippoteaux a aussi l’expérience de la L1. Ce sont deux garçons qui ont énormément d’envie.

Quels sont les secteurs dans lequel vous souhaitez recruter ?

S’il y a des départs, il faudra les compenser. On a besoin de se renforcer au milieu de terrain car on a perdu deux joueurs que nous n’avons pas encore remplacé.

Vous voulez travailler avec un groupe de combien de joueurs ?

On souhaite avoir entre 15 et 16 joueurs d’expérience, plus les jeunes derrière. On veut aussi réduire l’effectif par rapport à la saison dernière.

Avez-vous moins d’incertitudes que la saison dernière avant d’attaquer la saison en L1 ?

Il y en a moins sur le niveau de certains joueurs. De là que l’on soit complètement rassuré, non. On a perdu des joueurs importants. Il faudra compenser. La logique en football n’est pas toujours respectée. Mais si on garde notre état d’esprit et notre générosité, il n’y a pas de raisons pour que l’on ne fasse pas une bonne saison.

 

Propos recueillis par Norman Jardin à Peralada (Espagne)

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes