Gêné ces derniers temps par une blessure au mollet, Lucas Deaux, joueur le plus expérimenté de l'équipe avec 178 matches en Ligue 1, évoque sa découverte de Peralada et ce par quoi passera le maintien du Nîmes Olympique dans l'élite. 

Objectif Gard : Comment s'est passé votre premier stage avec le Nîmes Olympique du côté de la Catalogne ?

C'est hyper sympa ! On a un cadre agréable avec de bonnes infrastructures, un hôtel de qualité et un temps parfait pour pouvoir bien se préparer pour la deuxième partie de saison. Après peu importe les conditions, c'est ce qu'on met dans le stage qui fait que c'est positif ou pas. Tout le monde a été à l'écoute, motivé et persuadé que l'on peut avoir une meilleure dynamique en 2020. Ça va être à nous de le montrer sur le terrain.

 

Vous étiez en délicatesse avec votre mollet avant la trêve. Êtes-vous libéré de ce problème ?

Je touche du bois pour que ça continue comme ça. J'ai des douleurs de reprise qui sont complètement normales. Je ne suis jamais resté inactif très longtemps parce que je suis revenu et j'ai rechuté plusieurs fois. Avec du recul, peut-être que j'aurais dû prendre plus le temps sur la première alerte que j'ai eu parce que j'ai voulu revenir trop vite. Au final, ça m'a desservi ainsi qu'à l'équipe.

 

Vous avez joué que trois des neuf derniers matches de Ligue 1. Un Deaux à 100% ne vaut-il pas une recrue ?

C'est sûr qu'un joueur blessé est inutile et peu importe la place qu'il a dans un groupe, que ce soit un vieux, un jeune, un titulaire ou un remplaçant. C'est toujours un choix de moins pour le coach à faire. Je pense que ce n'est pas la bonne solution. C'est toujours mieux d'avoir toutes les armes à disposition pour pouvoir avoir la possibilité de faire les meilleurs choix sur le terrain. Donc une recrue non car je suis là depuis quelques mois mais si je peux jouer tous les matches, on peut parler d'un joueur supplémentaire, c'est sûr.

 

Vous devez ressentir une certaine frustration de ne pas pouvoir exprimer pleinement vos qualités ?

J'avais effectué un bon début de championnat mais ce qui est frustrant c'est d'être gêné par les blessures. Quand on ne joue pas parce que l'on est pas bon, on peut faire quelque chose pour inverser la tendance. Là on est obligé d'attendre. On voit les copains qui s'arrachent sur le terrain pour essayer d'obtenir des résultats positifs et que parfois ça ne veut pas tourner dans le bon sens.

 

L'année dernière vous avez lutté pour le maintien avec Guingamp (finalement descendu en Ligue 2). Quels signes positifs voyez-vous dans ce groupe nîmois ?

L'état d'esprit et ce noyau de joueurs nîmois présents au sein du club. C'est toujours rare dans une équipe d'avoir beaucoup de joueurs du cru. C'est important pour l'identité de l'équipe et ça donne toujours un supplément d'âme pour se battre pour le maintien, étant donné que l'on se bat pour la ville dans laquelle on a été formé et parfois où on est né. En général, il y a plus de motivation à vouloir sauver l'équipe dont on est supporter.

 

Pensez-vous que c'est la différence d'avec Guingamp par rapport à la saison dernière ?

Même si le nombre de points à la trêve est semblable, chaque saison est incomparable. Les équipes, les entraîneurs et les façons de jouer des équipes ne sont pas les mêmes. Il y a tellement de choses qui rentrent en ligne de compte. Après ce qu'il faut se dire c'est qu'il reste beaucoup de matches. Malgré la saison catastrophique que l'on avait réalisée avec Guingamp, à trois journées de la fin je me souviens qu'à Rennes quand on descend, à la 92e, on a un penalty avec la balle de la gagne. Si on s'imposait, il nous restait encore deux matches pour se sauver. Quand tous les éléments sont contraires, les décisions arbitrales et que l'on prend des buts contre notre camp, le plus dur c'est de rester positif.

 

La série de quatre matches sur cinq à disputer à domicile, dès la reprise, aura son importance...  

Tout est question de dynamique, il suffit que l'on gagne les deux premiers matches de janvier, on n'est plus relégable. C'est des choses à avoir en tête. Après quand on n'a gagné que deux matches depuis le début de la saison et qu'on se dit qu'il faut en gagner deux d'affilée... Mais bon rien n'est impossible ! Une année, Nantes (19e après 16 journées) était au bord du précipice quand Sérgio Conceição est arrivé. Ils ont fini septième. Ce sont des matches importants mais pas décisifs.

 

Pour se maintenir, le Nîmes Olympique a-t-il besoin d'un déclic particulier ?

Même si le foot est un sport collectif, c'est un travail individuel. C'est se regarder dans un miroir, être capable de se dire les choses et se remettre en question. C'est un travail quotidien et difficile de s'avouer à soi-même : "là, tu as déconné" ou "là, tu n'as pas été bon". Mais je ne sens pas de résignation. Je sens une envie de se battre. Moi ça me plaît. Ça veut dire qu'il reste 20 finales à aller chercher. Il faut que ce soit la guerre à chaque fois.

 

Vous y croyez dur comme fer ?

Si j'y crois pas, je vais voir le président, je lui dis que j'annule le contrat et puis je rentre chez moi.

 

De Peralada (Espagne), propos recueillis par Corentin Corger

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes