"Le timing ne pouvait pas être pire" Blaquart

Le directeur sportif des Crocos, en poste depuis plus de trois ans, a annoncé ce mercredi en fin de matinée sa démission. Cela ne va pas empêcher Nîmes de poursuivre son recrutement.

"C'est une décision qui n'est pas tombée de l'arbre. Elle est clairement, nettement et mûrement réfléchie." Assis à la terrasse d'un café nîmois, devant un Perrier, Laurent Boissier explique sa décision de démissionner de son poste de directeur sportif, qu'il occupait depuis 2016. Démission qu'il a annoncée lundi au président Rani Assaf et ce mercredi matin après l'entraînement aux joueurs.

"Depuis un an, le football ne me fait plus "bander", déroule Laurent Boissier, salarié de Nîmes Olympique depuis 2006. Ce qui me fait plaisir, c'est le match mais ce n'est qu'une heure et demie de bonheur par semaine pour cent heures de choses qui me gonflent. C'est le football que je n'aime plus, ce n'est pas Nîmes Olympique. C'est le métier qui ne me plaît plus. Le président a l'habitude de me dire qu'un boulot, c'est 80 % d'emmerdements et 20 % de bonheur. Moi, de bonheur, il n'y en avait plus que 5 %..."

Laurent Boissier, qui faisait le tampon entre le président Assaf et l'entraîneur Bernard Blaquart, l'assure, ce n'est rien en particulier qui l'a poussé à dire stop. "C'est un ensemble de choses. J'ai un trop-plein de football. Depuis quatre ans, je suis sous pression. Depuis quatre ans, je consacre ma vie à Nîmes Olympique, je pense aux autres avant de penser à moi. Je me suis un peu oublié, j'ai envie de me reposer, d'être tranquille avec les miens."

Son départ intervient en plein mercato estival. "Le timing ne pouvait pas être pire", a juste lâché ce mercredi Bernard Blaquart, qui n'a pas voulu aller plus avant. "Je m'exprimerai demain (jeudi)", a annoncé le technicien croco. "Oui, on peut se passer d'un directeur sportif à ce moment de la saison, assure de son côté Laurent Boissier. Si j'avais pensé que mon départ mettrait le club en péril, j'aurais encore pris sur moi. Ce n’est pas le cas. J'ai passé les dossiers dont certains sont bien avancés au président qui est capable de les mener à bien. Je vous rassure, d'autres recrues vont arriver."

Nîmes Olympique, dont la priorité ne va pas être de se mettre en quête d'un nouveau directeur sportif, compte recruter encore deux milieux défensifs et un ou deux attaquants. Les dossiers étudiés, alors que le départ de Thioub vers le SCO serait bien avancé de source angevine, sont ceux, entre autres, du Sénégalais Sidy Sarr (milieu défensif de Châteauroux), du Rennais Romain Del Castillo (milieu offensif), du Serbe de l'Etoile de Belgrade Branko Jovicic (milieu défensif), du Bosnien Haris Duljevic (milieu offensif). Le jeune milieu algérien Hichem Boudaoui serait également suivi par le club croco. 

 

THIERRY ALBENQUE

Objectif Gard : Comment qualifiez-vous ce début de mercato du Nîmes Olympique ?

Laurent Boissier : On avance ! Chaque jour, ce n'est pas facile mais les premiers recrutements correspondent à nos envies premières. Regardez pour Paul Bernardoni. Le dossier n'était pas simple. Il a fallu que le joueur s'arrange d'abord avec Bordeaux. On a patienté mais le résultat est là, nous conservons Paul avec nous pour une saison de plus. Quand tu mets des noms sur une liste, tu n'es jamais sûr de rien. Mais aujourd'hui, je peux dire que les priorités de Bernard Blaquart, de Rani Assaf et les miennes se concrétisent.

 

Et le recrutement est loin d'être fini, non ?

Je peux vous confirmer que nous avons d'autres arrivées au programme dans les prochains jours. Nous avons une annonce qui va arriver très rapidement. Il s'agit d'un attaquant étranger qui devrait plaire aux supporters.

Les joueurs ont débuté ce lundi le traditionnel stage d'avant-saison en Espagne. Un lieu qui vous réussit depuis quelques années...

Effectivement, cela fait maintenant quatre ans que nous allons à Peralada (Espagne). C'est un super endroit, avec des installations parfaites. Il faut savoir que l'équipe de Barcelone s'est entraîné à cet endroit pendant 15 ans. En plus, le coach se sent bien, les joueurs ont maintenant leurs habitudes. J'ai envie de dire : tout va bien. Maintenant, l'équipe est en stage de préparation. Moi, je dois souffrir pour faire une bonne équipe. À eux de souffrir pendant un mois pour bien attaquer le championnat.

Un mot sur la concrétisation de l'accord la semaine dernière entre votre président et la mairie de Nîmes au sujet du stade des Costières. Vous êtes heureux de cette vente ?

Bien entendu que je suis content pour la ville, le club, les supporters. Et mon président, qui s'est battu depuis des mois et des mois pour voir se concrétiser ce projet exceptionnel. C'est quelque chose qui va faire grandir le club, indéniablement. On va bénéficier d'installations et de conditions de travail digne de ce nom. C'est la meilleure nouvelle pour le Nîmes Olympique depuis la montée.

 

Propos recueillis par Abdel Samari

Le directeur sportif du Nîmes Olympique évoque le mercato qui débute le 11 juin.

Chargé entre autres du recrutement au Nîmes Olympique, le directeur sportif des Crocos, Laurent Boissier fait le point sur les dossiers Savanier, Ripart, Bernardoni et consorts.

Objectif Gard : Le mercato débute le 11 juin mais on imagine que votre portable doit sonner souvent en ce moment ?

Laurent Boissier : S’il ne sonnait pas faudrait que je change de métier. Un recrutement ça ne commence pas au mois de mai, mais 5, 6 mois à l’avance. Nous avons bien sur ciblé quelques joueurs.

La belle saison que Nîmes a réalisée en Ligue 1 facilite-t-elle la tâche du recruteur que vous êtes ?

Il y a plus de joueurs susceptibles de venir jouer chez nous. Mais les gens ont tendance à oublier que ça fait 4 ans que l’on a une belle image. Il ne faut pas fixer notre travail sur l’année de Ligue 1. Les gens de l’extérieur s’en rendent beaucoup plus compte. Les gens du football savent la difficulté de travailler dans ce milieu avec les moyens qui sont les nôtres. Les Nîmois oublient et pensent que c’est normal que l’on ait fini neuvième. Je sais d’où l’on vient. Les vrais supporters n’oublient pas.

Où en est le dossier Teji Savanier ?

Il a fait une saison exceptionnelle et faut être conscient que ces joueurs sont rares, c’est merveilleux. On a énormément envie de le conserver mais il pourrait avoir des envies d’ailleurs à 28 ans, de goûter à la Coupe d’Europe et de gagner de l’argent. Je serais fier pour lui. Le joueur a trois ans de contrat. On ajustera son prix. Si tu n’as pas d’offre, tu ne peux pas donner de prix. La seule chose dont j’ai envie c’est qu’il reste avec nous. Mais je ne fixe pas le prix des joueurs. C’est le président qui s’en occupe.

À quel moment estimerez-vous que ce dossier est clos ?

Il n’y a pas de date limite.

Ce ne sera pas facile de trouver un joueur de son niveau...

Des joueurs comme ça il n’en existe pas. Je l’ai trouvé il y a quatre ans quand il était au chômage et que personne ne le voulait. C’est une vraie réussite.

Que souhaitez-vous pour ce mercato ?

Garder tous nos joueurs et ne recevoir aucune offre. Je serais le plus heureux.

Pour garder tout le monde, il faut augmenter la masse salariale. Avez-vous eu des garanties de la part du président Assaf ?

Moi je n’ai jamais eu de doute avec Rani Assaf. Il a su répondre présent et il a déjà refusé des offres pour des joueurs.

Le nom de Renaud Ripart est aussi évoqué à Rennes et Strasbourg...

Aujourd’hui c’est un joueur du Nîmes Olympique. On veut le conserver. J’espère qu’on y parviendra.

Un échange avec le Rennais Romain Del Castillo est-il envisageable ?

Non, c’est des conneries.

Umut Bozok n’a pas trop joué cette saison. Un départ est-il possible ?

Pour une saison compliquée, il a quand même fait 14 matches titulaires. Après heureusement qu’il veut jouer plus, sinon ça voudrait dire que ce n’est pas un compétiteur. Il est arrivé en tant que meilleur buteur de Ligue 2 dans un championnat où il a 22 ans. Il a été plus surveillé que les autres. Je ne suis pas inquiet pour Umut.

Allez-vous vous faire prêter des joueurs ?

Bien sûr, il y aura deux ou trois prêts qui sont en discussion. On essayera d’avoir notre effectif avant la reprise (le 25 juin, NDLR).

Justement Paul Bernardoni et Jordan Ferri, qui vous ont été prêtés la saison dernière, ont-ils une chance de revenir à Nîmes ?

Bernardoni et Ferri sont deux joueurs qu’on veut conserver. Mais ce sont des dossiers compliqués, car ils ne seront pas prêtés et donc il faut les acheter. C’est réalisable mais c'est du domaine du rêve.

Panagiotis Vlachodimos ne rentre pas dans les plans de l’entraîneur. Qu’allez-vous faire avec lui ?

Avec Pana on va essayer de se séparer tranquillement. Il ne rentre pas dans les plans de Bernard Blaquart. Tout le monde le sait (Il s’allume une cigarette). Avec le travail que fait notre entraîneur depuis quatre ans, ses choix ne sont pas discutables.

Quels postes ciblez-vous ?

Un latéral gauche en prêt et sur l’achat d’un attaquant. Un en ligue 1 et l’autre à l’étranger. Le reste se fera uniquement en fonction des départs. Mais il n'y aura pratiquement que des Français.

L’ancien Croco Olivier Boscagli peut-il être ce latéral gauche ?

Pour nous ce n’est pas un joueur qui peut jouer latéral gauche, c’est un stoppeur.

Vous avez rencontré l'ancien Croco Benoît Poulain il y a quelques jours. Faut-il en déduire qu’il revient au club ?

C’est mon ami, déjà. C’est quelque chose qui est évoqué mais l’axe de la défense n’est une priorité. Je serais le plus heureux des hommes s’il venait, mais encore une fois, ce n’est pas notre priorité et il a des offres de beaucoup de clubs en Europe.

Bernard Blaquart reste un peu flou sur son avenir à Nîmes. Sera-t-il l’entraîneur du club la saison prochaine ?

Bernard Blaquart sera l’entraîneur du Nîmes Olympique la saison prochaine. Nous avons eu une réunion avec le président et Bernard. Ça a duré 5 heures. Cela s’est très bien passé et on est très content de continuer l’aventure au Nîmes Olympique. Les réponses du président ont donné à Bernard l’envie de continuer.

Ne craignez-vous pas de perdre vos meilleurs joueurs ?

Non parce que le président ne laissera pas faire ça. Maintenant, s’il arrive des offres de fou, je serai le premier à dire au président « allez-y ».

Le club aimerait travailler avec un groupe de combien de joueurs ?

On aimerait avoir 19 joueurs de champs et trois gardiens de buts.

On dit souvent que la deuxième année est la plus compliquée, c’est aussi votre avis ?

Pas du tout, c’est des conneries. Ça fait un an qu’on confirme. Si on a le même effectif avec quelques retouches, pourquoi cela ne marcherait-il pas ? La confirmation ça serait de faire de 17e. Si les gens pensent qu’on est devenus bourgeois (sic) et qu’on va faire l’Europe, ils sont fous.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant d’attaquer la saison 2019-20 ?

Je vis des moments de rêve. Je pars avec la gnaque. Je suis toujours serein et calme. Le mercato c’est un marathon. Je me dis qu’il n’y a rien de grave mais il faut faire les choses le plus intelligemment possible. Le but est de réussir les dossiers que l’on suit.

Il y a-t-il eu des offres pour le directeur sportif que vous êtes ?

Je n’ai pas à me cacher. J’en ai reçu des offres. Mon président le sait très bien. Je serai peut-être le con de l’histoire, mais je suis trop attaché à Nîmes. C’est ma ville et mon club. C’est viscéral.

 

Propos recueillis par Norman Jardin et Corentin Corger

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes