En s'imposant 2-0 face à Bordeaux grâce à des buts de Meling et Ripart, les Nîmois enchainent une seconde victoire consécutive qui leur permet de revenir à deux points des barragistes. Mais le NO a payé le prix fort avec les blessures de Deaux, Cubas, Briançon, Alakouch et Aribi. 

Une semaine après la victoire à Dijon, les Crocodiles avaient l’occasion d’enchainer, pour la première fois de la saison, une seconde victoire consécutive. Pour cela, il fallait venir à bout d’une équipe girondine restée sur quatre matches sans victoire. L’affaire semblait jouable pour les Nîmois, surtout pour ceux qui ont pu voir la prestation bordelaise face à neuf Marseillais, dimanche dernier.

Malgré ce qui était indiqué sur la feuille de match communiqué par la LFP, le onze de départ Nîmois comportait quelques changements. Deaux qui ressentait une douleur à l’échauffement, a laissé sa place à Fomba et Cubas a été remplacé par Guessoum. Les deux formations ont débuté bien en place, les occasions étaient rares. Et quand l’on croyait s’enthousiasmer, les opportunités étaient effacées par des positions de hors-jeu comme pour le Nîmois Koné (9e) et le Bordelais Hwang (10e).

Mais la première vraie occasion était la bonne pour le NO. Depuis leur défense, les Crocodiles sont partis à l’offensive par l’intermédiaire de Meling. Ce dernier a remonté une grande partie de la moitié de terrain visiteuse avant de passer le ballon coté gauche pour Ferhat puis transmis au Norvégien qui du plat du pied gauche a trompé la vigilance de Costil (1-0, 14e).

Le défenseur scandinave n’avait plus marqué depuis le 23 août et l’ouverture du championnat qui avait vu le NO remporter sa seule victoire de la saison à domicile. On pouvait légitimement y voir un heureux présage. Mais alors que tout se présentait bien, sur une course anodine, Briançon s’est écroulé sur la pelouse se plaignant de son genou droit. Après Deaux et Cubas touchés à l’échauffement, c’est le capitaine qui a dû quitter le terrain sur une civière. Eliasson a pris la place de Briançon, Guessoum a reculé en défense centrale tandis que Fomba glissait en sentinelle.

Avec ces ajustements, Nîmes a souffert et un ballon repoussé par Meling a été repris par Adli. Une frappe surpuissante que Reynet a trouvé le moyen de repousser (37e). Les Crocodiles ont eu le mérite de se battre sur chaque duel. Ils ont mieux fini la première période. Après un centre en retrait de Ripart, les Bordelais ont eu du mal à se dégager et le cuir est revenu des pieds de Meling. Il a fallu que Costil se couche pour éviter le second but gardois (44e). Un premier acte lors duquel les Crocodiles ont montré des qualités propres aux équipes qui se maintiennent en Ligue 1.

Au retour des vestiaires, les joueurs de Jean-Louis Gasset sont revenus avec des intentions plus offensives. Sur le terrain, la rencontre s'est transformée en une attaque (FCGB)-défense (NO). L’arrière garde nîmoise pliait dangereusement et sur un ballon perdu devant la surface par Benrahou, il a fallu une double parade magistrale de Reynet pour repousser les tentatives de Oudin et Hwang (51e). L’infirmerie gardoise se remplissait encore avec les blessures d’Alakouch (58e) et Aribi (68e). Dans l’intervalle, Reynet a encore sauvé la barraque sur une tête plongeante de Hwang (66e).

C’est dans cette période pourtant compliquée que la rencontre allait choisir son vainqueur. Alors que Bordeaux faisait le siège du camp nîmois, sur un ballon récupéré par le NO, Fomba a parfaitement servi Aribi, parti seul au but…avant que Benito ne le fasse tomber. L’arbitre n’a pas hésité et il a expulsé le Girondin (68e). Quelques secondes plus tard, sur une coup-franc tiré par Eliasson, Ripart a sauté plus haut que tout le monde et de la tête (et avec l’aide d’un poteau) a doublé l’écart (2-0, 70e). La fin du match s'est résumé en attaques désordonnées des Bordelais qui n'ont pas trouvé la faille dans la défense nîmoise.

Pour la première fois de la saison, Nîmes Olympique a remporté un second succès consécutif et il revient à deux points des 17e et 18e que sont Nantes et Lorient ses deux prochains adversaires. Peut-être que mercredi, après la réception des Merlus, les Nîmois ne seront plus relégables.

Norman Jardin

26e journée de Ligue 1. NÎMES OLYMPIQUE – FC GIRONDINS DE BORDEAUX 2-0
Stade des Costières. Mi-temps : 1-0. Rencontre disputée à huis-clos. Arbitre : M. Delajod. Buts : Meling (14e) et Ripart (70e) Avertissements à Bordeaux : Kalou (50e), Adli (53e) et Zerkane (87e). Expulsion à Bordeaux : Benito (68e).

Nîmes : Reynet – Alakouch, (Burner, 58e) Briançon (cap) (Eliasson, 35e), Miguel, Meling – Guessoum – Ferhat, Fomba, Ripart, Benrahou (Ahlinvi, 77e) – Koné (Aribi, 58e puis Duljevic 77e). Remplaçants non utilisés : Nazih et Ueda. Entraîneur : Pascal Plancque. 

Bordeaux : Costil – Kwateng (Traoré, 62e), Mexer, Koscielny (cap), Benito – Seri, Adli (Poundje, 77e) – Kalu (De Preville, 62e), Ben Arfa (Zerkane, 77e), Oudin – Hwang (Briand, 77e). Remplaçants non utilisés : Poussin, Jovanovic, Lacoux, et Bakwa. Entraîneur : Jean-Louis Gasset.

Pascal Plancque (entraîneur de Nîmes) : « C'est le second match où l'on ne concède pas de but. C'est bien. Cela montre que l'on peut être efficace à domicile. On a été formidables de courage et d'abnégation avec un état d'esprit exceptionnel malgré les coups du sort et les blessures.

Ce succès n'est pas un hold-up. On a beaucoup couru après le ballon, mais c'était le prix à payer pour emporter ce match. On s'est donné les moyens de s'en sortir. C'est vrai que nous n'avons pas été flamboyants. On n'a pas tout réussi mais on a mis beaucoup de cœur. On est contents d'avoir montré ce réalisme sans concéder beaucoup d'occasions à notre adversaire et cela est très intéressant ».

 

Jean-Louis Gasset (entraîneur de Bordeaux) : « Je ressens un peu de colère et de la déception et cela fait un moment que ce sentiment dure. On a bien maîtrisé le mois de janvier, mais depuis le but de Lyon (Léo Dubois dans le temps additionnel pour une défaite 2-1 le 29 janvier), on a perdu de la générosité et notre technique. Là, on perd des ballons incroyables.

 

On n'a plus de percussions, ni de jeu sur les côtés. On est dans le dur. Il faut trouver la solution pour finir cette saison pénible et gagner ces trois ou quatre matches qui nous manquent. Après avoir pris un point sur quinze possibles, on ne peut pas parler d'ambition. Il faut déjà enrayer notre spirale négative et avoir la force mentale nécessaire pour inverser cela ».

Maxime Poundjé : « Nîmes m’a vu naître comme footballeur »

 

Passé par le Nîmes Olympique lors de la saison 2011-12, Maxime Poundjé est retourné à Bordeaux à l'issue de son prêt. Un club qu'il n'a plus quitté depuis. À 29 ans, l'ancien latéral gauche des Crocos peine à s'imposer en Ligue 1 et s'apprête à retrouver les Costières sur le banc. 

Objectif Gard : Dans quel contexte êtes-vous arrivé à Nîmes pour la saison 2011/2012 ? 

Maxime Poundjé : J'avais 19 ans et je jouais avec la réserve de Bordeaux. Le club voulait me prêter. Plusieurs équipes de Ligue 2 étaient intéressées par mon profil mais Thierry Froger m'a convaincu de choisir Nîmes. J'ai apprécié son discours direct et transparent. Il m'a dit que si je travaillais bien il me donnerait du temps de jeu. Bordeaux m'a proposé de signer un contrat pro avant de partir mais j'ai préféré aller à Nîmes en tant que stagiaire tout en leur donnant ma parole qu'ils auraient la priorité en fin de saison.

Que connaissiez-vous de Nîmes ?

On m'avait parlé d'un public fervent et j'ai été heureux de constater que l'on ne m'avait pas menti. Je me souviens d'un match crucial de fin de saison contre le Paris FC. Sur une action dans les arrêts de jeu,  je me sacrifie en accrochant un attaquant qui partait au but. Je suis logiquement expulsé et le public m'ovationne. Ce n'est pas habituel pour un joueur d'être applaudi après un carton rouge, mais les supporters avaient compris mon geste.

Que retenez-vous de votre passage dans le Gard ? 

Je garde de très bons souvenirs autant sur le plan sportif que sur le plan humain. J'avais été très bien accueilli par Aurélien Boche qui m'avait pris sous son aile et facilité mon intégration. Ce n'était pas évident car je suis arrivé à la 3e journée après avoir démarré la saison avec la réserve de Bordeaux. Ma première entrée en jeu, je l'ai faite comme milieu gauche avant de m'imposer un cran plus bas. Commencer sa carrière par une montée, forcément, ça marque. Au coup de sifflet final contre le Poirée-sur-Vie, quand les supporters ont envahi le stade, c'était dingue !

Avez-vous noué des affinités particulières avec certains de vos coéquipiers de l'époque ? 

Oui, surtout avec les jeunes. Il y avait un super groupe et on délirait bien. Je me souviens de Renaud Ripart qui n'était pas encore professionnel mais montrait déjà des qualités énormes de générosité. C'était un attaquant déterminé qui défendait beaucoup. Je ne suis absolument pas surpris par son parcours. Je m'entendais aussi très bien avec Yassine Haddou, Jonathan Parpeix, Nicolas Bénézet, Malik Hsissane, Gaëtan Paquiez et Anthony Briançon. J'échange encore souvent avec plusieurs d'entre eux, par téléphone ou sur les réseaux. En dehors de l'effectif, Ali Saidi (ancien directeur de la sécurité, ndlr) ainsi que Bernard et Laurent Boissier m'ont beaucoup aidé. Quand j'avais des coups de mou, ils étaient là pour moi et trouvaient les mots pour me rebooster.

De quoi vous donner envie de rester à Nîmes ?

Très franchement, ma priorité c'était de jouer pour mon club formateur. Je suis né à Bordeaux, mais Nîmes m'a vu naître comme footballeur. J'ai fini dans l'équipe type du National et ça a lancé ma carrière de la plus belle des manières. Mais je reste un pur Girondin et je voulais porter le maillot de cette ville.

 Comment s'est passé votre retour à Bordeaux ?

J'ai eu de la chance d'avoir Francis Gillot comme entraîneur. Il m'a toujours encouragé. Pourtant, à mon poste, il y avait Florian Marange et Benoit Trémoulinas et ce n'était pas évident que je puisse avoir du temps de jeu. Mais il m'a fait confiance à plusieurs reprises. Je me souviens encore de ma première sélection en équipe de France espoir. J'ai vu Francis Gillot aussi heureux que si j'étais son propre fils. Cette première année m'a conforté dans l'idée que j'avais fait le bon choix.

Depuis, en neuf saisons, vous ne vous êtes pas réellement imposé comme un titulaire indiscutable à Bordeaux. Quel bilan tirez-vous de votre première partie de carrière ? 

On veut forcément toujours faire plus mais je sais que j'ai tout donné pour être le plus professionnel possible. Je peux me regarder dans une glace : je n'ai jamais triché. J'ai vécu des périodes compliquées mais aussi beaucoup de bons moments. Aujourd'hui encore, je crois que je peux me perfectionner.

Vous arrivez en fin de contrat en juin. À 29 ans, est-ce le moment pour vous de quitter Bordeaux ? 

Je suis un pur Bordelais. Depuis que j'ai débuté, il y en a eu des rumeurs lors des mercatos, mais j'ai toujours gardé la même ligne de conduite. Je reste focus sur le terrain et j'essaye de ne pas trop me projeter. Dans la vie, il y a beaucoup de choses imprévisibles. L'homme propose, Dieu dispose. 

Propos recueillis par Boris Boutet

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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