Nous donnons la parole à des joueurs qui ont porté le maillot du Nîmes Olympique une seule fois en professionnel. Qu’ils soient connus, méconnus ou oubliés, ils nous livrent leur vie au NO et ils se souviennent de ce match qui les a fait entrer dans l’histoire du club. Découvrez, avec nous, ces Crocodiles pas comme les autres. Cette semaine, la rubrique est consacrée à Yannick Dumas qui, le 31 août 2002, a participé à un naufrage nîmois à Pau lors d’un match de National. Si sa carrière de joueur de l’équipe première n’a duré qu’une grosse demi-heure, le Cévenol est depuis resté lié au NO à travers les équipes jeunes. Depuis un an, il est directeur du centre de formation. 

Objectif Gard : Comment le Cévenol que vous êtes a atterri à Nîmes Olympique ?

Yannick Dumas : J’avais 15 ans et je jouais à Rochefort-du-Gard. J’ai participé à des détections à Méjannes-le-Clap, au niveau régional où j’ai terminé premier. Cela m’a permis de monter à Clairefontaine et là-bas, j’ai gagné le challenge Adidas-Coca Cola. Monsieur Barlaguet me suivait depuis un moment et je suis venu à Nîmes. À cette époque, j’évoluais au poste de numéro 10. J’ai ensuite joué dans les catégories de jeunes jusqu’en équipe réserve.

Quels étaient vos coéquipiers à cette époque ?

J’ai tellement eu de coéquipiers à Nîmes ! Une année j’étais avec De Palmas, Benyachou, Grau, Bresson et Demel. Peut-être que je mélange un peu les époques. Fabien Andrès était mon pote de promo dans ces années-là.

Puis vous débutez en équipe première, l’avez-vous vu venir ?

J’avais fait pas mal de séances aux Courbiers avec le groupe professionnel. François Brisson était le coach et Armand Sène le préparateur physique. Porter le maillot des Crocos était une joie. C’était plus difficile d’accéder au groupe pro à mon époque. C’était l’aboutissement de l’investissement de mes parents.

Quelles images gardez-vous de ce match face à Pau ?

J’entre en seconde période, au poste de milieu défensif, et sur mon premier ballon, je prends un carton jaune et je saigne du nez. Je suis pris dans une certaine euphorie. C’était devant le banc de touche, j’ai eu un excès d’engagement et j’ai frôlé le rouge.

Cette entrée en matière vous a-t-elle perturbé ?

Je me suis dit « aie, aie, aie ! ». Il n’y avait pas beaucoup de monde dans le stade, mais c’était beaucoup plus que d’habitude avec la réserve.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de suite vous concernant ?

Je m’aperçois aujourd’hui de mon niveau à cette époque. C’était quelque chose entre la réserve et l’équipe première, maintenant on dirait N2. Si j’avais continué ma carrière, j’aurais pu jouer en National à travers la France.

Que vous a-t-il manqué pour passer le pallier de l’équipe première ?

Souvent quand ma mère me ramenait des matchs ou des entraînements, j’étais tout le temps dans l’analyse du jeu et probablement trop. Je voulais tout savoir sur les décisions du coach et les organisations de jeu. J’avais peut-être trop les pieds sur terre et je manquais de confiance en moi.

À cette époque envisagiez-vous de devenir formateur ?

Il y avait déjà cette fibre d’éducateur. Je voulais déjà être directeur de centre de formation.

Avez-vous un regret sur votre carrière de footballeur ?

Aucun. Je n’ai jamais triché et j’étais toujours sérieux.

Un an après la perte de l’agrément, comment se porte la formation au Nîmes Olympique ?

Ce qui peut être frustrant c’est de ne pas avoir toutes les ressources nécessaires pour permettre aux jeunes d’évoluer plus vite. Il faudrait un interlocuteur qui fasse le lien entre la formation et le président parce qu’aujourd’hui, j’ai du mal à avoir certaines validations.

Les chutes au niveau régional de la réserve et des U19, est-ce que c’est si grave que cela ?

Les deux oui. C’est très embêtant mais c’était inévitable. Il y a quatre ans, au mois de février, on été premiers en N2 et aujourd’hui on est en R1. Par exemple, j’avais proposé Romain Faivre (NDLR : vendu 15 millions d’euros par Brest à Lyon en janvier dernier) qui était à Monaco et disponible. Je n’ai pas été écouté, il n’y avait pas d’interlocuteur. Maintenant il est à Lyon et on voit ce qu’il aurait pu apporter au club.

Comment faire survivre la formation à Nîmes ?

Cela passe par la revente des joueurs qui ont évolué chez nous et il faut réinjecter cet argent dans le centre de formation.

Propos recueillis par Norman Jardin

5e journée du championnat National (Samedi 31 Août 2002 à 20h). PAU FC (4e) – NIMES OLYMPIQUE (5e) 4-2. Mi-temps : 0-2 Stade du Hameau.

Spectateurs : 1 839. Arbitre : M. Chat. Buts pour Pau : Demirdjian (56e), Moffi (85e), Moussoreau (89e sp) et Szlykowicz (90e +2). Buts pour Nîmes : Andenas (24e et 35e). Avertissements à Pau : Moffi (6e), Cami (38e), Demirdjian (45e) et Baylac (70e). Avertissements à Nîmes : De Palmas (14e), Leclerc (53e), Sissoko (55e), Dumas (67e) et Vannuchi (90e +2). Expulsion à Pau : Labat (55e). Expulsions à Nimes : De Palmas (49e) et Duchesne (86e).

PAU : Sykora – Labat, Opanga, Demirdjian (cap), Kajima – Moffi, Guerri (Laclau, 16e), Cami, Moussoro – Jean-Elie (Baylac, 46e), Szlykowics.  

NÎMES : Duchesne – Alemany, De Palmas, Leclerc, Vannuchi (cap) – Cohade, Boulebda, Himmer, Jouffre (Dumas, 64e) – Andenas (Nicot, 77e), Sissoko. Entraineur : François Brisson.

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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