Réélu président de l’association Nîmes Olympique malgré les critiques et les divisions internes, Yannick Liron évoque les tensions autour de la gouvernance du club et promet « des décisions » pour l’avenir.

Réélu président de l’association Nîmes Olympique après une réunion particulièrement tendue mardi soir, Yannick Liron revient longuement sur les fractures internes du club, sa démission avortée, les critiques visant sa gouvernance et l’avenir des relations avec la SAS.

Objectif Gard : Vous avez vécu une soirée très agitée. Dans quel état d’esprit étiez-vous en arrivant devant le conseil d’administration ? Et comment avez-vous vécu cette réélection ?

Yannick Liron : Honnêtement, moralement, j’étais très touché. Je suis arrivé devant le conseil d’administration avec le sentiment d’avoir besoin de m’expliquer. Ces derniers jours, j’ai eu l’impression que tout ce qui avait été fait cette saison était remis en cause, parfois de manière extrêmement brutale. Pas seulement certaines décisions précises, mais quasiment l’ensemble du travail accompli. Je suis venu pour expliquer pourquoi j’avais présenté ma démission. Je voulais que les gens comprennent ce qui m’avait poussé à cette décision. Et je vais être honnête : pour la première fois depuis que je suis engagé au club, j’ai pensé à moi avant de penser au Nîmes Olympique. Parce qu’humainement, ça devenait très lourd. Quand vous avez le sentiment d’être constamment attaqué, d’être devenu la cible, forcément ça vous atteint. À certains moments de la soirée, j’ai même eu l’impression d’être dans un tribunal. J’ai dit aux membres du conseil : “Je suis là, posez-moi toutes les questions que vous voulez.” Je n’ai jamais fui mes responsabilités. Et malgré tout ça, le conseil d’administration m’a renouvelé sa confiance. Donc forcément, ça touche. Mais je tiens à le dire très clairement : je ne considère pas cette réélection comme une victoire personnelle. Je suis surtout triste de voir le club traverser ce genre de tensions internes.

Vous avez senti une fracture au sein même de votre comité ?

Oui, clairement. J’ai senti depuis plusieurs semaines qu’une partie des personnes avec lesquelles je travaillais n'était plus du tout dans la même logique que moi. Certaines critiques étaient politiques, d’autres plus personnelles. Et puis il y avait aussi beaucoup de non-dits. Moi, ce qui m’a blessé, c’est de voir que des décisions votées plusieurs fois collectivement pouvaient ensuite être présentées comme des erreurs uniquement parce que le contexte avait changé. Les budgets ont été votés. Les orientations sportives ont été votées. Beaucoup de choses ont été validées collectivement. À un moment donné, soit on assume ensemble, soit on dit les choses plus tôt. Mais on ne peut pas refaire l’histoire après coup.

Vous avez le sentiment d’avoir été trahi ?

Oui, forcément. Quand des gens que vous considérez comme des proches ou des amis vous tournent le dos dans certains moments, ça marque profondément. Ça fait réfléchir aussi sur la nature humaine. Aujourd’hui, cette séquence m’a permis de voir beaucoup plus clairement certaines positions et certains rapports de force dans le club. Mais malgré ça, je ne suis pas dans une logique de revanche. Moi, mon objectif maintenant, c’est de calmer le jeu et de recréer du dialogue. Parce qu’il faut être lucide : les problématiques de fond ne sont pas réglées.

Les relations avec la SAS et certains dirigeants ont été au cœur des débats. Craignez-vous désormais une rupture ?

Non, justement. Je pense même que ce serait catastrophique pour le club. Le Nîmes Olympique n’a aucun intérêt à entrer dans une guerre permanente entre l’association et la SAS. Bien sûr qu’il y a eu des désaccords, des tensions, des incompréhensions. Mais aujourd’hui, la priorité doit être de continuer à travailler ensemble. Sinon, on fragilise encore davantage un club qui sort déjà d’une période extrêmement compliquée économiquement et sportivement. Moi, depuis le début, j’ai toujours défendu l’idée qu’il fallait avancer collectivement et dans la concertation.

Beaucoup de débats ont porté sur la gouvernance et la transparence… Comprenez-vous ces critiques ?

Je peux entendre qu’il y ait eu des ressentis chez certaines personnes. Et probablement qu’on doit progresser sur la communication et la pédagogie. Mais je refuse qu’on laisse penser qu’il y aurait eu une gestion opaque. Les budgets ont été présentés. Les comptes sont contrôlés. Les commissaires aux comptes sont là pour vérifier les procédures. Tout n’a pas été improvisé dans un coin de table. Après, oui, on a vécu une saison de sauvetage. Tout est allé très vite. Peut-être qu’à certains moments, on a été tellement concentrés sur l’urgence sportive et structurelle qu’on a délaissé un peu la forme. Je peux l’entendre. Mais il faut aussi remettre les choses dans leur contexte.

Vous semblez très affecté personnellement par cette crise…

Oui, parce que je suis quelqu’un d’entier. Quand je m’engage, je le fais sincèrement. Et peut-être même parfois trop sincèrement. Je ne vais pas le cacher : cette période m’a profondément atteint. Je suis en plein doute sur beaucoup de choses. Mais en même temps, le vote de mardi m’a aussi montré qu’il y avait encore des gens qui me faisaient confiance et qui croyaient en ma sincérité. C’est ce qui me donne la force de continuer aujourd’hui.

Quelle est votre priorité pour les prochaines semaines ?

Retrouver de la sérénité et remettre tout le monde autour de la table. Il faut expliquer clairement les projets, les orientations, les décisions. Les bénévoles, les éducateurs, les familles, les supporters… tout le monde a besoin de stabilité et de transparence. Et puis il faudra aussi prendre certaines décisions importantes pour l’avenir du club. Mais elles devront être prises dans le dialogue. Moi, je veux avancer dans l’intérêt du Nîmes Olympique. C’est la seule chose qui compte vraiment.

Propos recueillis par Abdel Samari - 28 05 2026

Yannick Liron : « Rani Assaf a sauvé le club deux fois » 

L’ancien joueur, aujourd’hui président de l’Association Nîmes Olympique, revient sans détours sur son parcours, son engagement, ses désillusions et son espoir d’un meilleur avenir pour son club formateur. Interview.

Objectif Gard : On parle régulièrement de vous dans les colonnes d’Objectif Gard, mais il est possible qu’une partie de nos lecteurs ne vous connaisse pas. Quel est votre parcours personnel ?

Yannick Liron : Je suis né à Béziers, mais j’ai grandi à Bédarieux, au cœur de l’Hérault. Mon père, rugbyman à Bédarieux, était un ami d’enfance d’Olivier Saisset. Mon frère, Ludovic Liron, et moi, avons tous deux été footballeurs professionnels. J’ai été formé à l’US Bédarieux et mes parents ont choisi Nîmes pour la qualité du sport-études au lycée Daudet. J’ai gravi les échelons jusqu’en 1994 où Michel Mézy m’intègre à l’équipe première. Je suis remplaçant à Auxerre et contre Lille, puis titulaire contre Le Havre. La saison suivante, je suis dans le groupe pro avec René Exbrayat. On pourrait parler de Beaucaire avec Michel Estevan, Alès, Sète puis de nouveau Nîmes avec Didier Ollé-Nicolle. Une dernière saison marquée par un beau parcours en Coupe de France. J’ai mis fin à ma carrière sportive pour me consacrer à mon métier : expert-comptable.

Comment êtes-vous devenu président de l’Association ?

J’ai rejoint l’Association dans un contexte de crise. Le président Gérard Di Dominico m’a sollicité en tant qu’expert-comptable pour finaliser la convention avec la SASP, indispensable pour éviter la rétrogradation. J’ai convoqué une réunion de crise. Tous les politiques ont été appelés. Seul Yvan Lachaud est venu. L’accord a été trouvé tard dans la soirée, et le lendemain, la convention a été signée. Ensuite, le président Di Dominico m’a accompagné pour constituer une nouvelle équipe.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur Rani Assaf ?

Je ne vais peut-être pas me faire des copains, mais je pense que Rani Assaf a sauvé le club deux fois. D’abord en le reprenant, à un moment où plus personne ne voulait s’en occuper. Puis aujourd’hui, en le laissant avec la possibilité d’un redémarrage. Il a été dur avec moi, mais je respecte son engagement. Son projet était bon. Mon plus grand regret, c’est qu’il n’ait pas vu le jour.

Le futur président était dans les colonnes d’Objectif Gard hier soir. Que pouvez-vous nous en dire ?

Aujourd’hui, une solution est sur la table : un projet porté par Thierry Cenatiempo et c’est mon choix, je l’assume. Je valide à 200 % ce qu’il vous a dit hier dans votre interview. C’est un passionné, un chef d’entreprise avec son style de management participatif, mais directif. Il est enraciné dans le Gard et il porte un projet sérieux pour notre club. Il faut maintenant que les egos s’effacent. Le club doit passer avant tout.

Aujourd’hui, vous devez composer aussi avec le personnel politique. Un monde auquel vous avez goûté en 2020…

La politique a été un échec pour moi. J’étais élu, avec une belle délégation : sport, santé, handisport. L’affaire du centre de formation a été un déclencheur. Mais je garde un profond respect pour Jean-Paul Fournier. Il travaille sans relâche pour Nîmes. J’ai aussi appris à respecter le statut d’élu. Ce sont des gens engagés. Dans le dossier du club, ils ont su mettre les rivalités de côté. Jean-Paul Fournier et Franck Proust ont débloqué le dossier des installations sportives. On verra si le Conseil municipal valide.

Quels sont les projets de l’Association ?

Nous allons signer une nouvelle convention avec la future société et son président, Thierry. Son projet correspond à ce que nous avions proposé à Rani Assaf. Avec Thierry, il y a de la complicité. Ce que nous vivons, c’est une finale. Et une finale, ça se gagne à la préparation. Pour cela, il manque encore un geste de Rani Assaf pour que tout soit prêt.

Le passage devant la DNCG est programmé pour le 15 juillet. Vous êtes confiant ?

Moi, j’ai terminé ma mission. J’ai fait ce que j’ai pu. Demain, je pars au championnat de France avec ma fille, championne en titre en saut d’obstacles l’an dernier dans sa catégorie. Le dossier est entre les mains de maître Olivier Martin et de Laurent Désoli. Tous les éléments sont là. Rani Assaf doit juste me répondre à ma lettre de résiliation de la convention. La collectivité doit maintenant tenir ses engagements, et le faire dans les règles, par la voie démocratique : le Conseil municipal. Rendez-vous la saison prochaine aux Antonins. Pas pour revivre le passé. Mais pour construire un avenir, ensemble. Objectif Gard 04 07 2025

Après la décision du gendarme financier du football français, le président de l'Association Nîmes Olympique donne son avis sur les recours possibles. Interview.

Objectif Gard : Quelle est votre réaction à la décision de la DNCG ?

Yannick Liron : Avant qu'on arrive, ils avaient déjà décidé de notre sort. À chaque argumentation, ils avaient quelque chose à redire. Ils n'y croyaient pas, dès le départ. Pour eux, c'était l'actionnaire qui allait représenter son budget. Et à mon avis, ils ont considéré que la piste de l'Association n’était pas crédible.

Pourquoi le gendarme financier du football a pris cette décision radicale ?

Parce que c'est un cas inédit en France. Ils ne savent pas comment faire juridiquement. Comment expliquer que la SAPS n'est pas au bord du dépôt du bilan, mais veut s’arrêter ? C’était impossible donc d’avoir une bonne nouvelle aujourd’hui. Car les juristes n’ont pas eu suffisamment de temps pour étudier le dossier, effectuer des recherches plus approfondies.

C'est-à-dire ?

On ne comprend pas parce qu’on a présenté le budget sans dépasser les seuils. 1,2 million de recettes commerciales, et 800 000 euros de masse salariale. Le budget est dans les clous.

Allez-vous faire appel de cette décision ?

On attend de connaître les motivations précises de la décision. Après, c'est une instance d'appel avec des membres indépendants de la première commission. On va donc travailler le cadre. C'est l'essentiel. Après, bien sûr, il faut qu'on améliore notre budget pour que l’on s'assure du coût, car j'ai des marges de manœuvre aussi sur mes charges. Sans altérer le fonctionnement de la formation.

À la fin, la principale crainte de la DNCG n’est-elle pas de confier les clés à une association ?

En Nationale 2, il y a déjà des clubs gérés par des associations. Le problème, c’est de passer du statut professionnel à une gestion associative. Mais franchement, le budget qu'on a présenté était sérieux. Les collectivités ont fait le job. Maintenant, on va retravailler tout ça. Ce n’est pas fini. On va se battre. Même si c'est la solution juridique qui m'inquiète. Parce que s'ils valident cette transition de la SASP vers l’Association, c'est un cas de jurisprudence.

Et si la DNCG ne veulent pas prendre le risque ?

Le sujet peut finir au tribunal administratif. Après l'appel, c'est le CNOSF qui confirme ou pas la position qui ne nous conviendrait pas. Ensuite, une fois que le Comité a donné son avis, il y a le recours possible devant le tribunal administratif.

D'ici là, le championnat de N2 aura peut-être démarré…

Exactement.

24 06 2025

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16/03/2025

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes