Présentation des adjoints du coach Mickaël Gas.
Ils n’avaient rien demandé. Alors, ils ont tout donné, sans se poser de questions. Pour le pire (quand ils ont été appelés au chevet de l’équipe première, elle était exclue des championnats nationaux) et le meilleur : les Crocodiles, toujours dans le top 5 cette saison, sont à la lutte pour la montée.
L’été dernier, la nouvelle direction de Nîmes Olympique a décidé de faire du neuf avec du jeune dans son staff. Mickaël Gas (33 ans), Morgan Puel (34 ans le 25 mai), Jérémy Struffaldi (37, l’aîné) et Antonin Deniaud (37 aussi) ont fait le taf. Tels D’Artagnan et les trois mousquetaires. Après le long format consacré au coach principal, voici le parcours de ses adjoints, que Gas a lui-même choisis.
Morgan Puel, entraîneur adjoint : le jour et la nuit…
Le jour, il travaille. Football. La nuit, il travaille. Transport, agent de production à Dachser, Garons, 2 h du mat – 7 h 30. Et toute la journée, il sourit.
Morgan Puel est un enfant de la Petite Camargue, du Cailar, où il a appris à jouer au foot et à entraîner. Il a été un couteau suisse sur le terrain jusqu’à 27 ans, milieu très polyvalent (à Aimargues, R2). Il n’en a pas encore 34, mais il a passé la moitié de sa vie à coacher. Un jeune expérimenté, donc, du Cailar (emploi jeune) à NO via Vergèze et Alès. Diplômé, BMF, BEF, DES espéré en 2027, le Nîmois de naissance se forme et forme.
En 2020, il dépose un CV à la Bastide, poussé par Aurélien Boche. "Le 27 juillet, jour de la Saint-Nathalie, le prénom de ma maman décédée, je vais me recueillir sur sa tombe, confie-t-il. Le club m’appelle. Et je prends les U14."
Les U16 suivront. Et les… U30, les seniors, moyenne d’âge 28 ans, en 2025. "Là, je rentrais de voyage de noces. On était à l’aéroport, le tel sonne, c’est Micka (Gas), qui me dit : “on reprend l’équipe première !” C’est ma première fois en tant qu’adjoint. On a eu un soutien énorme. On ne s’est jamais fait tabasser (sic). Mon rôle, c’est de coordonner, ajuster, individualiser. En fin de match contre Cannes, à 3-0, je voyais le public sauter, et j’ai pensé : “C’est un peu grâce à nous” !" Son papa, également disparu, et ses deux enfants peuvent être fiers.
Les stats’ : 14, le nombre de buts inscrits par les Crocodiles sur coup de pied arrêté, soit 35 %. Une satisfaction pour Puel, en charge des CPA offensifs. Et 16, le nombre de victoires gardoises. Personne n’a fait autant dans la poule C de N2. "Evrald Loubacky m’avait dit au départ qu’il en fallait 18 pour monter. Il reste deux matches… Ce serait la cerise sur le gâteau, le tiramisu pour moi qui adore ça !"
Le staff avec ses joueurs, mardi au centre d’entraînement de la Bastide. MIDI LIBRE - E. DZ.
Jérémy Struffaldi, entraîneur des gardiens : le divin pas chauve…
"Je n’aimais pas courir et j’aimais avoir un maillot différent, être important et décisif." Voilà comment Struffaldi, né à Aix, est devenu gardien, à Vitrolles puis en U18 nationaux à NO, n°5 dans la hiérarchie. Il sera aussi de l’ascension d’Uzès jusqu’en National, poursuivra sa carrière en CFA2, jusqu’à Lunel (R2) avec Anthony Babikian comme coach.
"Quand il a rejoint les pros de Nîmes en 2022, il m’a recommandé pour le centre de formation. J’avais déjà entraîné des jeunes. J’adore transmettre, je ressens plus d’émotions qu’en jouant. Quand mon gardien fait un arrêt, j’ai l’impression que c’est moi qui le fais. Notre entente est top dans le staff, on se complète. Avec Antonin (Deniaud), on se connaît depuis vingt ans, on a dormi ensemble dans la salle vidéo de la Bastide la semaine de notre bac. Les chambres étaient en travaux !", raconte le désormais titulaire du CEGB niveau 2 (certificat entraîneur gardien de but), passé à Clairefontaine.
La stat’ : 16. Comme le nombre de clean sheet pour Nîmes et Salamone. 16 journées sur 28 sans prendre de but. "C’est monstrueux et c’est mon chiffre porte-bonheur : c’était le numéro de mon idole, Fabien Barthez. Mais j’espère que l’on ne va pas s’arrêter à 16 et finir à 18", sourit le divin pas chauve. Le surnom de Barthez… sans le “pas”.
Antonin Deniaud, préparateur physique : l’athlète a rebondi
Le préparateur physique sait rebondir, comme sur les pistes d’athlétisme où il a un temps sévi, couvé par son père Olivier, entraîneur national spécialisé dans le handisport et qui est de tous les Jeux paralympiques.
Né à Paris, Antonin a grandi dans le Gard, footballeur en herbe à Uzès repéré par NO, où il animera le couloir gauche chez les jeunes en compagnie d’un certain Pablo Martinez…
U16 nationaux, CFA2 et puis les croisés, tu connais : trois ruptures. Place aux études, licence d’éco, boulot dans l’audiovisuel à Paris. Puis la préparation athlétique (BPJEPS, BMF, diplôme fédéral CFPA, DU Staps), à Uchaud (R2) et à NO depuis fin 2022, recruté par le directeur sportif Sébastien Larcier pour la formation. Et la N2 l’été passé : "Tout est allé très vite. En termes émotionnel, d’aventure et d’expérience, c’est tellement intense… Je crois que la qualité première de notre équipe, c’est la force. L’impact et l’intensité fortes que l’on met dès l’entame".
La stat’ : 7. Comme le (petit) nombre de buts pris dans le dernier quart d’heure. Pour comparer, le PSG en est à 6 en L1, l’OM à 14. "Ça fait plaisir, apprécie Deniaud. D’autant qu’on en a mis 11 dans le même temps…"
La compo complète du staff… et l’avenir
Médical. Kinés : Alain Ratat, Ludovic Guerrero, Naël Idrissi. Ostéopathe : Sylvain Brun. Docteur : Yvan Milla.
Analyste vidéo. Hugo Bourel.
Préparateur mental. Fabien Bréard.
Intendant. Fadil Mohamedi.
Sportif. Anthony Dupré, également vice-président, est le responsable du sportif, avec Mickaël Gas comme entraîneur principal. Pour le recrutement, il est assisté du scout Hugo Blundo.
Avenir. Le trio Puel – Struffaldi – Deniaud est en fin de contrat au 30 juin. Il est dans l’attente d’une prolongation. Quant à Gas, son contrat sera automatiquement reconduit pour un an en cas de maintien (ça, c’est fait), et pour deux saisons en cas de montée.