La saison 2025-26 n’est pas encore terminée qu’il faut déjà penser au passage devant la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion). C’est cette semaine que les dirigeants nîmois enverront tous les documents nécessaires à l’étude de leur dossier. Il faut que le gendarme financier du football français ait tout reçu avant la date butoir du 15 mai. « Nous devons leur transmettre une situation réelle au 30 mars et des commencements de projection sur la saison 2026-27. Je suis carrément serein », précise Thierry Cenatiempo, le président de Nîmes Olympique Ensemble. Quant au passage devant la DNCG, il se fera au début du mois de juin.
« Pour moi, on est très bien au stade des Antonins au niveau où on joue aujourd’hui. C’est un beau stade pour accueillir 8 000 à 9 000 personnes. Je suis impatient de retourner au stade des Costières, car si on est en Ligue 2, il serait nécessaire de changer de stade. » Thierry Cenatiempo, président de Nîmes Olympique - 15 03 2026
Le président du Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo, annonce ce vendredi 10 avril qu'il restera à la tête du club la saison prochaine. Actuel leader de son groupe de National 2, le Nîmes Olympique a "besoin de stabilité", ajoute Thierry Cenatiempo, invité d'ICI Gard Lozère.
Le président du Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo, a assuré sur Ici Gard Lozère, ce vendredi 10 avril, qu’il resterait à la tête du club la saison prochaine.
Invité d’Ici Gard Lozère, Thierry Cenatiempo a tenu à clarifier son avenir à la tête du club. Selon lui, la stabilité est indispensable, surtout après une saison dernière marquée par les turbulences sportives et institutionnelles : "Je serai là, je serai bien là. Il faut qu'on construise et qu'on s'appuie sur des règles, sur des cadres, qu'on normalise un certain nombre de choses, pour les deux-trois saisons qui viennent."
La fierté de voir les supporters revenir
Au-delà de l’enjeu sportif, Thierry Cenatiempo a insisté sur un point qui lui tient particulièrement à cœur : le retour du public au stade. Après une période compliquée l’an dernier, le président se dit "fier" de voir les tribunes se remplir à nouveau et l’ambiance redevenir positive.
Pour lui, la fête est déjà là, indépendamment du verdict final :"Quels que soient les résultats, on va vivre des moments passionnés, passionnants. C'est pour ça qu'on aime le football tous, et on est particulièrement heureux que l'Olympique puisse vivre ces moments-là."
Il ne reste plus que six matchs pour faire la différence. "Voir que les gens ont envie de revenir au stade encourager le Nîmes Olympique, ce sera de toute façon la réussite de la saison." Reste désormais à savoir si cette stabilité annoncée s’accompagnera d’une montée en Ligue 3, objectif majeur d’une fin de saison qui s’annonce haletante.
Le président Thierry Cenatiempo fait un bilan de ses premiers mois à la tête de Nîmes Olympique.
Objectif Gard : Quel bilan faites-vous de cette première partie de saison ?
Thierry Cenatiempo : C'est un bilan globalement positif. Dans un contexte compliqué, on a constitué un joli groupe et humainement remarquable. Au niveau sportif, c’est la traduction de l’humain, le groupe gagne en ambition match après match.
Avec une troisième place et 24 points en 13 journées, le compte y est ou il en manque un peu ?
On fera les comptes après les deux dernières rencontres des matchs aller. Il reste deux matchs contre Andrézieux et Istres. Si on fait deux très bons résultats, ça lancera nos ambitions.
Quand on a que quatre points de retard sur le leader (Rumilly) et que l’on cherche à se renforcer au mercato, c’est qu’on vise la montée ?
On va se renforcer avec des joueurs qui vont nous tirer vers le haut, sachant que l’on a déjà un très bon effectif. En quelque sorte, on a déjà une recrue avec Bissourou Touré, qui reviendra de blessure au mois de janvier. L’ambition, ça ne se décrète pas, elle vient avec les performances et comme les performances sont bonnes, on a envie de tirer encore plus vers le haut, dans le secteur du milieu de terrain et de l’attaque. Le directeur sportif à la carte blanche et moi la carte bancaire (rires). Je lui fixe une contrainte budgétaire et après c’est lui qui décide.
Votre équipe présente un visage très performant à domicile, mais c’est plus compliqué en déplacement. Quelle est votre analyse à ce sujet ?
Les équipes adverses sont impressionnées quand elles viennent au stade des Antonins. Les supporters transcendent nos joueurs et ils perturbent les adversaires. À l’extérieur, les conditions de jeu ne sont pas les mêmes avec des pelouses de moins bonne qualité. Je pense qu’en déplacement, le groupe se forge davantage. Qu’il aille chercher son mode haut niveau à l’intérieur de chacun. Sans l’appui du public. À ce sujet, je trouve qu’il y a eu des signes positifs lors du dernier déplacement à Cannes (0-0). C’est peut-être un peu plus long à construire qu’à domicile.
Au stade des Antonins, le seul accroc est la défaite en Coupe de France face à Beaucaire (0-2 au quatrième tour). Cette élimination vous laisse-t-elle des regrets ?
Notre équipe n’était pas prête et on a été obligés de faire tourner ce soir-là. Ce n’était pas évident pour ceux qui ont joué et à qui il manquait du temps de jeu. Ce n’est pas anecdotique car on a horreur de perdre, mais tout le monde a vu que c’était un mal pour un bien. C’est un mauvais souvenir, mais ensuite avec un match tous les quinze jours, ça a permis aux joueurs de travailler et de se reposer.
Le retour des supporters au stade des Antonins, c’est une première victoire ?
Je ne m’attendais pas à avoir près de 5 000 personnes pour le premier match contre Limonest. C’était incroyable mais quand on prend un peu de recul ce n’est pas très surprenant. À Nîmes, dans le Gard et même au-delà, il y a tellement de monde qui aime ce club.
Parmi vos objectifs, il y a l’intégration des équipes féminines. C’est toujours d’actualité ?
Je souffre de voir dans quelles conditions elles travaillent. Le 15 décembre, elles ont participé à notre arbre de Noël, c’était très sympa. Ce que je veux, c'est que les joueuses qui représentent Nîmes aient accès à des conditions de jeu identiques aux garçons.
Pour Nîmes Olympique, l’année 2026 sera-t-elle celle de l’enracinement ?
Nîmes repartira par ses racines et son ADN. Ce n’est pas de l’esbroufe. C’est pour cela qu’il est important d’y associer les anciens joueurs, les quartiers, les villages autour de Nîmes. On est en train de travailler sur la création de groupes de supporters dans des communes du Gard. Ça commence à prendre et ça va continuer.
Dans un autre contexte, Jean-Louis Gazeau (président du NO de 2002 à 2014, NDLR) avait déclaré : « Être président, c’est 20 % de plaisir et 80 % d'emmerdements. » Confirmez-vous ces chiffres ?
En fait on prend du plaisir à résoudre les emmerdes. C’est surtout du plaisir et de l’envie, même s’il y a des choses à gérer.
Les six mois qui viennent de passer ressemblent-ils à ce que vous imaginiez ?
Je n’ai pas eu le temps d’imaginer grand-chose. Ça a été une tornade au départ. Nous n’avions pas le temps de réfléchir, il fallait apporter des garanties à la DNCG, on devait constituer une équipe et un staff. Je découvre au fur et à mesure.
On a l’impression que vous vous prenez au jeu...
C'est parce que c’est très plaisant. Je suis un passionné de football. J'aime ce sport parce qu’il est collectif et je m’y retrouve.
Propos recueillis par Norman Jardin - 20 12 2025
« Voir Nîmes Olympique perdre son âme, c’était douloureux »
Thierry Cenatiempo.
Président, vous avez fondé en 1996 l’entreprise GT Formation (GT pour Gilbert et Thierry), et avant cela, que faisiez-vous ?
J’ai bossé une dizaine d’années dans la banque. J’ai été directeur d’une agence bancaire en montagne, à la Banque Populaire, aux Gets (Haute-Savoie) puis ensuite j’ai travaillé dans le secteur du marketing, toujours dans le domaine de la banque. En parallèle, j’ai aussi créé « Zero to One », une entreprise spécialisée dans l’IA (Intelligence artificielle) mais je ne suis pas un spécialiste dans le domaine. Je suis surtout un spécialiste de la pédagogie : j’adore transmettre, j’adore former, c’est d’ailleurs un sujet en soi dans le foot.
Pour vous avoir rencontré à Grasse et ici, à Nîmes, vous semblez calme, mesuré, réfléchi, naturel, placide, sympathique et proche : est-ce un bon portrait ?
Il me semble que ça me correspond, oui. J’aime bien les gens. J’aime bien le contact humain.
Depuis votre arrivée au club en juillet dernier, vous avez donné beaucoup d’interviews : c’est quelque chose qui vous plaît ?
Pas particulièrement. Je ne suis pas en recherche de ça. Mais j’aime bien l’échange, ça relève de bien aimer l’humain. Et à partir du moment où l’on doit communiquer, échanger, je le fais sans déplaisir.
Et être mis sur le devant de la scène, cela ne vous gêne pas ?
Je me dis qu’il faut que je sois à ma place, c’est tout. Il ne faut pas que j’en fasse de trop, mais il ne faut pas que je me cache non plus. Je suis quelqu’un d’assez pudique, pas très démonstratif. Mais si c’est ma place, il faut que je l’assume. J’avais vécu un peu ça, mais dans une autre mesure, quand j’ai été maire (à Saint-Hilaire-d’Ozilhan, près d’Uzès, entre 2014 et 2020), mais c’était à l’échelle d’un village de 1200 habitants où là, d’un coup, on devient une personnalité dans sa commune et un petit peu autour.
C’est plus dur d’être maire d’un village, chef d’entreprise ou président du Nîmes Olympique ?
Je suis très content de vivre ces trois expériences. Je ne sais pas quel est le niveau de difficulté de chacune des trois fonctions mais je dirais que, de par mon naturel, mon côté « automatique », j’ai l’impression que c’est beaucoup plus facile d’être chef d’entreprise où de diriger un club de foot, que d’être maire. Maire, j’étais en mode « manuel », parfois en souffrance. Juste avant, je vous parlais d’échanges : quand j’étais maire, les échanges étaient plus politisés et c’est moins mon truc sans doute. Là, je me sens plus à l’aise, ce qui ne veut pas dire que je suis meilleur.
Maire, vous étiez donc moins à l’aise ?
Non, au niveau de la commune, je me suis toujours senti à l’aise, ça allait, mais c’est quand je sortais de la commune que cela devenait plus compliqué pour moi. Parce qu’on est obligé, quand est on maire, de traiter avec le Département, la Région, la Communauté de communes, etc., et là, il y a avait des clivages politiques, des clans. Ce rapport-là, sans doute que je n’avais pas toutes les capacités à le gérer, en tout cas, je l’ai géré comme j’ai pu, mais j’étais en mode « manuel », pas en mode « automatique ».
Votre mandat de maire s’est arrêté en 2020 : est-ce vous qui ne vous êtes pas représenté ?
Je me suis représenté mais en tant que conseiller municipal sur la liste de ma première adjointe, Liliane Ozenda, qui a été élue. Et à ce jour, je suis toujours conseiller municipal de Saint-Hilaire, un joli petit village assez touristique, qui est connu pour sa viticulture, qui a une appellation « Côtes-du-Rhône ». Beaucoup de gens ont choisi de venir y habiter : parce que ce n’est pas un endroit où l’on vient habiter par défaut. Il est super-bien situé, très vivant. Il est passé de 700 à 1200 habitants en une douzaine d’années, c’est énorme, la population est assez jeune, assez dynamique.
Y a-t-il des similitudes entre la fonction de maire, la fonction de chef d’entreprise et celle de président du NO ?
Je m’amuse beaucoup à comparer les fonctions de maire et de président, et il y a vraiment quelque chose de marquant, c’est le temps. On a un rapport avec le temps qui est très différent. Maire, les prises de décision sont lentes, le rapport au temps est long : quand vous avez une idée pour faire aboutir un projet, ça peut prendre des années, c’est très long. Alors qu’au foot, on a une idée le lundi, si elle n’est pas concrétisée le samedi, elle ne verra peut-être pas le jour : là, on est sur un rapport au temps très accéléré. Et dans une entreprise, je dirais qu’on est entre les deux, mais plus proche du foot quand même.
Est-ce que votre passage d’élu à la commune de Saint-Hilaire vous a appris quelque chose d’utile dans le foot ?
Oui. L’anticipation. Dans le foot, quand le match est fini, on se laisse un peu embarquer et on se projette immédiatement sur le suivant, et en même temps, il faut aussi penser à ce que l’on veut faire en 2026 et en 2027. Voilà pourquoi, avec mon directeur sportif, Anthony Dupré, on parle déjà de la saison prochaine. L’expérience de maire m’a appris à anticiper, à voir plus loin, à préparer… J’aime bien parler de « mèches courtes » et de « mèches longues ». Les « mèches courtes », c’est bien, OK, mais il faut aussi penser aux « mèches longues ».
Sur le média « Ici Gard Lozère », vous avez dit en début de saison, je cite, « Après 7 ou 8 matchs, on regardera où on est et à partir de là, on aura un objectif un peu plus chiffré » : on y est là…
L’objectif, là, c’est de gagner le prochain match !
Nîmes Olympique est un projet local, avec des dirigeants du cru, et aussi familial, avec vos deux filles, Laura et Marie, qui sont partie prenante, l’une à la billetterie, l’autre à la communication : c’est important pour vous ?
C’est très-très important. C’est essentiel. On a rajouté, pour des raisons juridiques, le mot « ensemble » derrière la SAS « Nîmes Olympique » (Nîmes Olympique Ensemble), parce que, justement, ce projet, on le fait « ensemble ». Et mon premier « ensemble’, c’est ça, c’est ma famille, parce que si je n’ai pas mon épouse, si je n’ai pas mon fils, même s’il est loin (il est 3e gardien de l’équipe de l’US Concarneau en National) et si je n’ai pas mes deux filles qui me disent « Banco, papa, vas-y, tu as toujours rêvé de ça, on sera avec toi », alors je n’y vais pas.
Quel est le budget de fonctionnement du club et la masse salariale de l’équipe de N2 ?
Le budget, c’est 3,2 millions d’euros. Le budget de la SAS, qui gère uniquement l’équipe de N2, c’est à peu près la moitié, quant à la masse salariale, elle est environ de 800 000 euros et quelque.
Savez-vous combien de fois Nîmes Olympique a joué au 4e échelon dans son histoire ?
En 4e division ? C’est la première année. Je dis parfois « Il a fallu que ça tombe sur moi ! ». Après, je sais que le club a joué 36 ou 37 saisons en première division (36, Ndlr), et autant en 2e division (36 également). Et une quinzaine d’années en National (11 précisément, ndlr).
N’avez-vous pas peur de la traversée du désert, si le club végète en N2 ?
Non et à vrai dire, je ne m’étais jamais posé cette question. C’est même la première fois qu’on me la pose. J’essaie de réfléchir … mais non, je n’ai pas peur.
Êtes-vous condamné à réussir ?
En tout cas, on va mettre le maximum d’ingrédients de notre côté. Je me suis fixé une mission, mais pas tout seul. Ensemble. Et c’est celle de ramener le club à sa place, qui est entre la 10e et la 30e place française. Je n’invente rien : 36 ans en Division 1, 36 ans en Division 2… Donc ramener le club à sa place, c’est là. Frédéric Antonetti a dit la même chose au sujet de Bastia.
Vous parlez de Bastia, mais j’ai vu que Rodez était un club qui vous « parlait » et qu’une visite y était prévue…
La visite n’a pas encore eu lieu. Clément (Dépres, l’attaquant, auteur de 4 buts déjà cette saison) a joué là-bas en Ligue 2. Il fait l’interface. On a effectivement prévu d’y aller une journée, dès qu’ils seront disponibles, parce que ce que fait ce club est très inspirant.
Un modèle de gouvernance plutôt que de présidence
Vous diriez que vous être un président comment ?
Inexpérimenté, déterminé, humain, humble et assez enthousiaste !
Un modèle de président ?
Je m’intéresse depuis toujours à la gouvernance des clubs, à la façon de se comporter des présidents, mais je n’ai pas vraiment de modèle. J’ai plus un modèle de gouvernance. Par exemple, à Nîmes, un facteur de réussite indispensable, c’est que le coach Mickaël Gas, le directeur sportif et moi, on soit vraiment ensemble. Je redis le mot « ensemble » volontairement. Il faut que cela soit du papier à musique entre nous. Je me souviens de la grande époque de Saint-Etienne, avec ce trio Roger Rocher – Robert Herbin – Pierre Garonnaire, qui avait construit toute une époque. C’est pour ça que je pense plus à un modèle de gouvernance qu’à un modèle de président en particulier.
Parfois, même si c’est rare dans le foot, des équipes descendent mais conservent leur coach : cela n’a pas été le cas d’Adil Hermach. Y a-t-il eu une réflexion à son sujet ?
Je ne me suis pas posé la question. En fait, tout est allé très-très vite, tout a basculé en 48 heures. Comme je vous l’ai dit, j’avais d’abord besoin de l’aval de ma famille et ensuite, deuxième chose, j’avais aussi besoin de l’aval d’Anthony (Dupré) pour le poste de directeur sportif. J’ai tout de suite su que c’était lui pour ce poste. Je le connaissais. Je l’avais rencontré au bord des terrains. Il y a quelques années, il s’était intéressé à mon fils Valentin, on avait discuté, sympathisé. On a un rapport un peu père-fils tous les deux. Je vous parlais tout à l’heure de temps court et de temps long. Dans le foot, on est sur des temps courts et ma conviction, c’est qu’il vous faut des gens qui vous permettent de gagner du temps. Et Anthony, c’est quelqu’un qui vous permet de gagner du temps : il est direct, ça va vite, c’est du parler vrai, ça ne prend pas de détour, voilà. C’est celui dont j’avais besoin pour faire un bon complément avec moi. Il me le fallait. Et à partir du moment où il m’a dit « oui », c’était à lui de choisir le coach, pas à moi. Donc je ne me suis pas posé la question pour Adil.
Il y a quelques années, vous aviez déjà été manifesté un certain intérêt pour Nîmes Olympique : pourquoi est-ce que cela n’avait pas abouti ?
Je ne sais plus quand c’était, vers 2017 peut-être. En fait, j’avais été approché pour un projet de reprise dans lequel il avait été imaginé que je puisse avoir un rôle de président délégué. Mais je n’avais pas rencontré Rani Assaf. Avec lui, il y a seulement eu des échanges de SMS.
Comment, de l’extérieur, avez-vous vécu ces neuf années de présidence Assaf, l’homme qui a cristallisé le désamour autour du club ?
Dans le règne de Rani Assaf, il faut se souvenir qu’au début, tout était beau. C’était l’euphorie. Il y a eu la montée en Ligue 1 (en 2018). Donc il n’y a pas eu 9 ans de difficultés mais c’est vrai que l’on se souvient plus des dernières années, douloureuses. C’était douloureux de voir ce club perdre son âme. On avait l’impression que son coeur battait de plus en plus faiblement : on sait maintenant que, malgré ces dernières années, il est bien vivant ! C’est le moins que l’on puisse dire.
Du coup, avez-vous rencontré Rani Assaf ?
Non, je ne l’ai pas rencontré. Je le rencontrerai peut-être un jour, si c’est nécessaire, je ne sais pas… Vous savez, je vous l’ai dit, j’aime beaucoup « l’humain », je n’ai pas de problème avec ça, mais je sais que c’est quelqu’un de distant et et je respecte ça. Il n’était pas incontournable que l’on se rencontre.
Le public revient au stade où l’on sent un nouvel engouement, une nouvelle ferveur : ça, c’est quelque chose qui, forcément, est nouveau aux Antonins, et fait plaisir…
Oui, on a retrouvé le public, ce public chaud, qui fait la force du club. L’histoire s’écrit aux Antonins, et doit s’écrire aux Antonins.
Pourtant, ce n’était pas gagné dans ce stade provisoire étiqueté « Assaf », construit par l’ancien président : l’objectif n’est-il pas, à long terme, de retourner un jour aux Costières ?
Vous savez, j’ai vécu de supers moments aux Costières, maintenant, ce n’est pas mon sujet. Mon sujet, c’est de ramener le club à sa place, et je le ferai aux Antonins. On a la chance de disposer d’un outil quand même très fonctionnel, c’est un petit stade quasi à l’Anglaise où, dès que l’on a 5 000 personnes, c’est le feu. On va faire en sorte que les gens aiment les Antonins; ce ne sont que les succès, les performances, qui feront que ce stade correspondra à une époque heureuse. Après, si un jour on retourne aux Costières, ce sera top, mais ce n’est pas mon sujet.
Mais jouer « Chez Rani Assaf », c’est bizarre, non ?
On est dans une situation transitoire par rapport aux infrastructures, et pas seulement sur les Antonins, sur la Bastide aussi. Je vous parlais tout à l’heure de 2026 ou 2027, en vous disant que je me projetais déjà là, parce que justement, sur La Bastide, on a vraiment l’ambition d’améliorer l’infrastructure, d’améliorer les pelouses, d’avoir un outil qui favorise au maximum la performance des joueurs. Mais pour cela, il faut que le changement de propriétaire ait lieu et que les partenaires nous accompagnent. Après, on paiera un loyer, comme cela se fait dans les autres clubs.
Racheter un jour le stade des Antonins, c’est quelque chose auquel vous pensez ?
Là pour le coup, c’est une mèche très-très-très longue (rire) ! On peut se poser la question sur le domaine de la Bastide. Ce ne serait pas inintéressant que la Bastide … (il coupe) Mais ce n’est pas notre sujet pour le moment. Aujourd’hui, normalement, si tout est conforme à ce qui est prévu, on change de propriétaire au 31 janvier et le stade des Costières ne sera plus la propriété de monsieur Assaf. Et à partir de là…
Fin décembre, cela fera 3 ans que Nîmes joue aux Antonins. Vous avez prévu un anniversaire ?
Pas du tout ! On prévoir d’autres festivités, mais pas celles-là (rires) !
Étiez-vous déjà venu voir des matchs de Ligue 2 ou de National aux Antonins ?
Je vais vous faire un aveu : je n’avais jamais mis les pieds aux Antonins avant cette saison. J’étais présent au dernier match de Nîmes Olympique au stade des Costières, contre les Girondins de Bordeaux, en Ligue 2, pour la symbolique, mais je n’avais jamais vu un match aux Antonins. Je n’avais pas le coeur. Mais je n’ai jamais non plus été animé d’un sentiment d’animosité. En fait, c’était plus de la frustration, de la tristesse. Aller voir un match aux Antonins, devant 1 000 personnes comme c’est arrivé la saison passée en National, cela aurait été un supplice. Non, impossible.
Vous êtes très attaché à la couleur rouge…
Vous savez, le public de Nîmes, c’est le foot que j’aime. J’aime aussi Saint-Etienne, Lens, Sochaux, Bastia, Marseille, parce que, tout de suite, quand on parle de ces clubs, on voit une couleur, les Sang et Or pour Lens, les Verts pour Saint-Etienne, etc. Et Nîmes, c’est les Rouges. Il y a une quinzaine de clubs comme ça en France où l’on voit les gens venir au stade avec les couleurs du club. Là, on est assailli de demandes pour les maillots, parce que tout le monde le veut ! C’est trop beau quand on arrive au stade, avec tous ces gens, au bord de l’autoroute, habillés en rouge. C’est une chance, et pour les joueurs, c’est le kiffe total ! Je le dis souvent, chez nous, il n’y a aucun joueur qui soit venu pour l’argent. Ils ont tous fait des sacrifices. On leur a vendu de la passion et du monde au stade.
Ce championnat de National 2, vous le trouvez comment ?
J’ai juste raté le déplacement à Toulon mais j’ai vu le match sur internet. On voit que ça va être chaud dans notre poule, tous les matchs sont compliqués. Quand je fais référence au dernier match de championnat contre Créteil, mais aussi au match contre Fréjus, je trouve qu’il y a de la qualité, de l’intensité, ça joue bien, franchement. Là, c’est l’amoureux du foot qui parle : j’ai pris du plaisir sur ces matchs. Il y a vraiment un bon niveau. Je pense qu’il faudra être très compétitif, match après match. Il n’y a aucun match facile où on arrive en se disant « Là, c’est bon… » Non, pas dans cette poule. Et c’est vrai pour toutes les équipes. Je suis amateur de foot mais pas un spécialiste, ce n’est pas mon métier, et c’est très bien comme ça. Moi, ce que j’entends, c’est que l’équipe qui va sortir de cette poule pourra tout de suite être performante à l’étage supérieur. C’est l’impression que j’ai, car je regarde beaucoup de matchs de National, comme Concarneau forcément, et franchement, notre dernier match de championnat contre Créteil, ça valait bien des matchs de National.
Content de ce début de saison tout de même ?
C’est vrai que là, on est gâté, on est content de ce que l’on est en train de faire, de produire, mais cela ne veut pas dire que l’on est satisfait, parce que si on était satisfait, cela voudrait dire que l’on y est arrivé or ce n’est du tout le cas. Mais content, oui, on peut le dire.
Votre nom de famille, « Cenatiempo », c’est d’origine espagnole ?
Oui mais pour autant mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et mes arrière-arrière-grands-parents étaient italiens. Il y avait des Cenatiempo sur des bateaux italiens à l’époque de Garibaldi, qui sont arrivés au sud de l’Italie au XVIIe siècle je crois, et qui se sont installés au nord de Naples. Il y a beaucoup de Cenatiempo là-bas. Mais avec la consonance espagnole. Parce qu’il y a aussi des « Cena – Tempo », mais nous, c’est bien « tiempo ». https://13heuresfoot.fr/
En place depuis un peu plus d'un mois, le président du Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo fixe le cap pour la première saison des Crocodiles en N2.
Thierry Cenatiempo est le nouvel homme fort du Nîmes Olympique. A 62 ans, le chef d'entreprises et ancien maire de Saint-Hilaire d'Ozilhan n'a pas hésité à balayer différents sujets à quelques heures de la reprise du championnat de France de N2.
ICI Gard Lozère : Quel est l'objectif du Nîmes Olympique cette saison en National 2 ?
Thierry Cenatiempo : Sur le premier match face à Limonest, c'est de prendre et de donner du plaisir, mais aussi, de transmettre de l'énergie, de la vitalité et de l'envie. Au bout de sept ou huit matchs, on fera un point, on regardera où on en est. A partir de là, on aura un objectif, peut-être un petit peu plus chiffré.
ICI Gard Lozère : La montée en National n’est pas un objectif ?
Thierry Cenatiempo : On en rêve tous. On en a tous envie. L'objectif à terme, c'est de ramener le club à sa place. Il n'a rien à faire en National 2. Si on n'est pas en National dans deux ans, je serai déçu.
ICI Gard Lozère : Qui sera votre sponsor maillot cette saison ?
Thierry Cenatiempo : On va commencer la saison avec GT Formation, la société que je dirige. On a fixé un seuil minimal pour être sur le maillot. On n'a pas trouvé à cette date un partenaire pour ce seuil minimal. On a eu des candidats, mais qui proposaient des sommes inférieures. Je me suis donc engagé avec GT Formation à honorer ce seuil.
ICI Gard Lozère : Etes-vous favorable au retour des Gladiators, principal groupe de supporters du Nîmes Olympique, en sommeil depuis des semaines ?
Thierry Cenatiempo : La porte est grande ouverte. J'ai déjà discuté avec eux à plusieurs reprises. Ils sont en phase de réflexion pour revenir au stade. La décision leur appartient. S'ils le font, on fera tout pour travailler avec eux en bonne intelligence.
ICI Gard Lozère : Quel style de président serez-vous ?
Thierry Cenatiempo : J'espère que je vais être un président à sa place. Je serai peut-être parfois sur le banc ou dans les vestiaires s'il est utile que je le sois. Ou en tribune avec les partenaires, Je ne suis pas certain d'être là à tous les matchs, parce que je dirige aussi une entreprise. Puis, j'ai aussi mon fils qui joue au football en Bretagne. Et je veux aussi suivre certains de ses matchs. Mais je pense que je serai présent régulièrement.
ICI Gard Lozère : Comptez-vous récupérer l'agrément du centre de formation ?
Thierry Cenatiempo : C’est un objectif à moyen terme parce qu'il faut d'abord qu'on remonte en National et qu'on récupère le statut pro. Il y a un travail à faire aussi sur les infrastructures. C’est un objectif qu’on se fixe d’ici deux ans ou trois ans parce que réglementairement en National 2 on ne peut pas le récupérer.
ICI Gard Lozère : Un partenariat avec un club de L1 est-il possible ?
Thierry Cenatiempo : C'est une des solutions possibles pour pallier le fait que nous n'ayons pas d'agrément pendant les deux ou trois années qui viennent. On est rentré en discussion avec un club de Ligue 1. Nos très bons jeunes rejoindraient ce club. En retour, il nous enverrait des joueurs qui sont peut-être un petit peu trop limites pour jouer en Ligue 1, mais qui peuvent être très performants en National 2
ICI Gard Lozère : Etes-vous favorable à la création d’un comité des sages au Nîmes Olympique ?
Thierry Cenatiempo : Oui. On a besoin de tout le monde et notamment des anciens joueurs. Cela devrait se concrétiser début septembre. Il faut que ce comité soit multigénérationnel. Avec Michel Mézy, René Girard, etc... ? Pourquoi pas. Personnellement, je suis aussi assez proche de Johnny Ecker.
ICI Gard Lozère : Jean-Jacques Bourdin est-il toujours président d’honneur du Nîmes Olympique ?
Thierry Cenatiempo : Oui. Monsieur Bourdin sera présent samedi au stade face à Limonest. Il est le bienvenu. Monsieur Bourdin m'a dit lorsque je l’ai rencontré qu'il était au service du club et qu'il avait envie de contribuer.
ICI Gard Lozère : Souhaitez-vous baptiser certaines tribunes du stade des Antonins du nom d'anciens joueurs du Nîmes Olympique ?
Thierry Cenatiempo : Cela m'a été suggéré. J'avoue que j'ai pas beaucoup eu le temps d'y penser, mais pourquoi pas. Le Naming pour le stade, c'est autre chose. Je suis ouvert aux bonnes idées, mais je n'y ai pas réfléchi. Je suis conscient aussi qu'il faut du renouveau et du changement dans ce club, tout en s’appuyant sur l’histoire.
ICI Gard Lozère : Vous êtes le président d'un Nîmes Olympique pour une saison ou beaucoup plus ?
Thierry Cenatiempo : Si ce n’était que pour une saison, c'est que les choses ne se passeraient pas très bien. Je me projette sur le long terme. Je veux être le président qui ramène le Nîmes Olympique en Ligue 2. Je veux aussi une équipe réserve en Nationale 3 et une équipe U19 nationaux.
ICI Gard Lozère : Combien avez-vous investi cette saison à Nîmes ?
Thierry Cenatiempo : Tout compris, ca doit tourner autour de 500.000 euros, sachant que nous avons un budget de 3.1 millions d’euros.
ICI Gard Lozère : Le recrutement est-il terminé ?
Thierry Cenatiempo : Il faut demander au directeur sportif. S’il y a une opportunité de recruter un vrai renfort, on le fera. On cherche un attaquant.