Le directeur sportif et vice-président du club Anthony Dupré s’est longuement confié à Midi Libre.
Cela faisait un moment que celui qui est l’un des personnages principaux du nouveau Nîmes Olympique ne s’était pas exprimé longuement. Anthony Dupré, 31 ans, est le directeur sportif et le vice-président de la société Nîmes Olympique, mais aussi le manager général de l’Association (catégories jeunes).
Il est surtout le véritable bras droit, à tous les sens du terme, du président Thierry Cenatiempo. Où en sont le club et l’équipe, huit mois après être repartis de zéro ? L’ancien gardien de but (qui a joué à tous les niveaux, de L2 à R1) était le mieux placé pour nous répondre.
L’interview que vous nous aviez accordée mi-août, avant le début du championnat, a été lue 125 000 fois sur le web. C’est énorme à l’échelle d’un club de N2. Qu’en pensez-vous ?
Ça veut dire que même en N2, les gens suivent et aiment ce club. Vous aviez titré sur le fait que j’avais recruté 20 joueurs en 26 jours, il y avait une attente et une envie que ce nouveau projet marche et monte. Ça veut dire qu’il y a beaucoup d’engouement autour de Nîmes Olympique, de la part des supporters, des partenaires, de la municipalité…
Vous êtes Parisien d’origine, vous étiez basé dans l’Ouest de la France, vous connaissiez Nîmes Olympique de loin. Cela vous surprend ?
Le paradoxe, c’est qu’il n’y en avait plus, d’engouement, ces dernières années. Mais je l’avais dit aux potentielles recrues : nouveau projet = des gens qui réadhèrent. Je ne suis pas étonné qu’il y ait des milliers de spectateurs au stade, je l’avais annoncé. Mais plus de 5 000, oui, je suis un peu surpris. On a un projet qui parle aux gens car il est à taille humaine et avec des valeurs. C’est ce qu’il manquait ces derniers temps au club.
En août, quand vous nous aviez présenté votre effectif, vous nous aviez dit, entre autres, que Salamone faisait beaucoup de clean-sheet et que Dramé était le plus gros potentiel du groupe. Deux symboles d’un recrutement réussi…
Le recrutement, c’est toujours une gymnastique assez fine. Je pense connaître les aptitudes qu’il faut pour ce niveau. Micka Salamone, je le connaissais du PSG (ils y étaient tous deux gardiens chez les jeunes, NDLR), il est déjà à11 clean sheet ici !
Isma Dramé, quand je vais le chercher, il voulait arrêter le foot ! Il a du potentiel, mais il y en a beaucoup qui en ont dans ce groupe. Le mercato d’été, j’y suis allé avec mes convictions, et mon retard (sourire). J’ai une phrase clé : pour être convaincant, il faut être convaincu.
Il a été réussi, et je suis satisfait aussi des retouches à l’automne et cet hiver, qui ont amené de la plus-value et de la concurrence. En N2, on a l’avantage de pouvoir recruter quand on veut jusqu’au 31 janvier.
Le prochain mercato d’été sera forcément moins animé…
Déjà, sans vous révéler les noms, j’ai prolongé 11 joueurs jusqu’en 2028. Car l’objectif est de garder une grosse ossature, car c’est un groupe qui vit bien et dont on connaît les qualités et les faiblesses. On va y ajouter 5 ou 6 joueurs de champ de grande qualité. J’ai un principe : aucune recrue ne touchera plus que le joueur le mieux payé au même poste, pour l’équité et l’équilibre de l’équipe. Enfin, j’ai aussi des accords avec certains comme quoi on les libérera en cas de proposition d’un club de division supérieure. Mais pas gratuitement, contre une indemnité.
En tout cas, c’est plus facile de recruter quand on est Nîmes Olympique aujourd’hui que le 15 juillet dernier… On est beaucoup plus attrayant et excitant. Le plus dur, ce sera l’aspect humain, de devoir se séparer de certains…
La crise de janvier, son caractère : Anthony Dupré en dit plus
Polémique. La mi-janvier et l’avant-match à Istres ont été marqués par des remous autour de la composition d’équipe, et un désaccord entre l’entraîneur Mickaël Gas et le directeur sportif. Que s’est-il passé ? "Ce qui s’est passé, c’est comme depuis le début de saison, en fait, répond Anthony Dupré. On a des débats sur des joueurs, et des désaccords. Je l’ai dit à mon staff : je ne suis pas un DS qui amène les joueurs, et terminé. Je suis interventionniste, mais c’est ma façon de travailler. Je suis très présent, plus que prévu, et je donne mon avis parce que je pense être à même de le donner. J’ai plus d’expérience que mon staff, je connais par cœur tous les joueurs que j’ai ramenés.
Le but est de plus commettre les erreurs de la 1re partie de saison, d’élever le curseur, car on voit que l’on peut jouer plus que le maintien. Mais c’est un débat ouvert, pas une imposition. Si tout le staff me dit que tel joueur ne mérite pas de jouer, je me range à la majorité. Et je n’imposerai jamais à mon coach de faire jouer tel ou tel joueur pour sa valeur marchande, ce qui peut arriver ailleurs…."
Cette mini-crise et le désamorçage par le président Thierry Cenatiempo ont permis d’aplanir le conflit. "Après ce qui est sorti dans la presse, on a remis les choses au clair avec les joueurs. Ce n’est pas untel contre untel, c’est un groupe et un club ensemble", précise celui qui s’est accroché avec pas mal de monde (arbitre, dirigeant adverse, journalistes…) depuis qu’il est à Nîmes.
À cause de son caractère, entier ? Alors, qualité ou défaut ? "C’est une bonne question. Oui, c’est mon caractère, et pour moi c’est une qualité. L’été dernier, quand on est arrivé, des gens pensaient être chez eux. Mais c’est fini, il n’y a plus de passe-droits. J’ai voulu remettre un cadre, et ça a fait bizarre à certains. Car sans cadre dans la vie, tu ne vas nulle part.
Quand on ne me connaît pas, on peut penser que je suis hautain, dur, mais quand tu apprends à me connaître, c’est tout le contraire. Oui, je suis clivant. Je n’ai pas besoin d’être aimé par tout le monde. Je suis moi-même. Ça ne veut pas dire que je ne me remets pas en question. Le but, c’est d’être demain meilleur qu’hier."
L’été dernier justement, votre objectif était d’être dans les 6-7 premiers à Noël. Vous avez basculé 3e à la trêve. Pour rester dans les fêtes religieuses, quels sont vos objectifs pour Pâques (5 avril) et l’Ascension, qui tombe juste avant la dernière journée (14-16 mai) ?
Pour Pâques, c’est d’être à 3 points du premier, à peu près comme aujourd’hui (actuellement à 4, NDLR), car on recevra Saint-Maur (le leader) le 11 avril. Et il y a un Cannes – Saint-Maur lors de la dernière journée… Après notre défaite là-bas puis celle contre Rumilly (2e), tout le monde nous avait enterrés. Personne ne nous a vus revenir (sourire). Mieux vaut être chasseur que chassé, à part si je suis chassé avec 10 points d’avance…
"La montée en Ligue 3, c’est une envie, pas un objectif"
Pour l’Ascension, mon envie, et celle de tout le monde, c’est d’être premier. C’est une envie, pas un objectif. L’été passé, mon président m’a fixé 36 points comme objectif. Je lui ai répondu que je ne venais pas pour ça, que l’on ferait plus (NO est à 34, il reste 11 journées, NDLR). Si l’on finit dans le top 3, ce sera une très belle saison. Dans le process que l’on a vendu aux joueurs, si l’on monte en un an, c’est très bien, mais ce n’est pas une obligation. Ça ne mettra pas en péril le club.
Vous êtes à 4 points de la 1re place, la seule synonyme d’accession, mais à un seul de la 2e qui pourrait valoir un repêchage en Ligue 3. Que savez-vous à ce sujet ?
De ce que j’en sais, dans notre poule, il n’y a que 4 clubs qui ont les prérequis pour monter : Cannes, nous, Créteil et Toulon. Car il y a une double équation à remplir : un stade de 5 000 places homologué Ligue 2 et un budget de 3 M€ minimum. Et des clubs de National peuvent tomber s’ils ne répondent pas aux critères. Donc, cette 2e place est aussi très intéressante. D’ailleurs, certains nous ont demandé de venir visiter les Antonins pour faire un stade similaire pour la Ligue 3.
Pour finir, Nîmes Olympique, c’est kiffant ?
C’est énergivore – j’arrive à 8 h à la Bastide et je pars à 20 h 30 – 21 h – mais hyper plaisant. Mon plaisir, c’est de retrouver le groupe le matin. C’est un peu une ambiance colonie de vacances. Un groupe aussi sain et bienveillant, peu en ont connu. Orinel me disait que ça ressemblait au Martigues qui est monté en L2.
Il y a deux semaines, j’ai reçu une offre d’un club de Ligue 2. C’est la quatrième proposition que je reçois depuis que je suis ici, dont une autre d’un gros club de National qui triplait ma rémunération. J’en ai parlé à mon président, j’ai fermé la porte, je serai à Nîmes la saison prochaine. Je vais vous dire ce que je lui ai dit : “j’ai mis trop de mon cœur et de mon âme pour constituer ce groupe et partir comme ça, que l’on monte ou pas”. Par contre, je ne ferai pas 10 ans en N2 à Nîmes. J’ai recruté 100 % de l’effectif, et je sais que je vais monter avec lui.
Les coulisses des Crocos : contrats, salaires, formation à restructurer
L’effectif : 25 joueurs dont 17 contrats fédéraux, un salaire moyen de 2100 € brut.
L’effectif qui va finir la saison compte 21joueurs de champ et 4 gardiens, auquel se greffent parfois des jeunes de la réserve à l’entraînement et sur les feuilles de match. Dix-sept sur les 25 ont un contrat fédéral (l’équivalent, en N2, d’un contrat pro), 4 un amateur (Khalid et les trois gardiens remplaçants) et 4 un d’apprentissage (Loubacky, Doucouré, Benhamza et Alberto).
Les 17 sous contrat fédéral ont une clause de prolongation pour 20 titularisations. Le tout pour une masse salariale annuelle de 750 000 € chargée pour 30 personnes, joueurs + staff. "On a regardé, c’est la 10e masse salariale de notre poule. Mon budget, je l’ai respecté, je l’ai même sous-respecté", assure Dupré. On a calculé : cela fait un salaire mensuel de 2100 € brut. Sans les primes.
Vice-présidence, binôme et formation.
Anthony Dupré est aussi vice-président du club… et manager général des catégories de jeunes. Sa vision est donc très large : "Je prends part à toutes les discussions stratégiques, billetterie, communication, boutique… J’ai la chance d’avoir un président qui partage avec moi, tout en n’empiétant pas sur le sportif, et ça, c’est inestimable. Je lui ai dit : désormais, ce n’est pas Nîmes Olympique qui joue contre tel ou tel club, c’est Thierry Cenatiempo et NO contre tel ou tel club. On travaille en binôme.
Concernant la formation, je prends le temps de regarder, des U16 à la R1, physiquement ou en vidéo. Les résultats ne sont pas terribles. Il y a besoin de restructurer. Je pense qu’il y a trop eu de laisser-aller pendant des années. On va resserrer la vis la saison prochaine. Concernant la réserve, j’ai changé de coach car pour moi, ça n’allait pas dans le bon sens : pas de caractère, pas d’âme, pas de remise en question. Il y a du mieux. Et si l’équipe première marche aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une âme." - Midi Libre - 06 03 2026
Anthony Dupré, 30 ans, ancien gardien passé par Bordeaux et Valenciennes, a mis un terme prématuré à sa carrière de joueur après plusieurs blessures au genou. Devenu superviseur pour plusieurs clubs professionnels, il est aujourd’hui le nouveau directeur sportif du Nîmes Olympique. Il revient sur son arrivée, ses méthodes et sur l’importance de rassembler tout un club autour du même objectif.
Qu’est-ce qui vous a amené à Nîmes Olympique et à ce poste de directeur sportif ?
C’est une rencontre avec Thierry Cenatiempo au bord des terrains il y a quelque temps. On avait des connaissances en commun, notamment à l’AS Saint-Etienne et l’Olympique de Marseille, clubs pour lesquels je faisais du consulting. En parallèle du scouting qu’ils réalisent, je leur faisais aussi des rapports sur des joueurs Il a eu vent de mon travail. On a beaucoup discuté. Et quand le projet de reprise de Nîmes s’est mis en place, il m’a proposé un poste. J’ai accepté car j’étais sûr de la personne avec qui j’allais travailler. J’avais des propositions de clubs de National que j’ai décliné. Il n’y avait pas le même engouement.
Que représente pour vous Nîmes Olympique ?
C’est un club historique, même en N2. Il représente vraiment quelque chose. Et j’ai pu le voir au moment du recrutement. Tous les jours qui se sont engagés avec nous l’ont fait avant notre passage à la DNCG, preuve de son attrait. Pour ma part, je me suis renseigné aussi sur le contexte, la place des supporters. J’ai aussi regardé tous les résultats des jeunes. J’avais aussi vu l’équipe à plusieurs reprises en National la saison dernière. Je me suis imprégné de tout ce qui m’a été dit. Je sais que beaucoup de gens se sont éloignés du club ces dernières années Avec mon président, l’objectif est de fédérer tout le monde autour du nouveau projet.
C’est un sacré défi, non ?
Oui, bien sûr. Mais je préfère toujours voir un verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. On repart d’une feuille blanche.
« On aura un groupe de 23 joueurs dont 22 recrues »
Quelle est votre relation avec Mickaël Gas, l’entraîneur ?
Il est jeune, je suis jeune aussi. On a la même vision des choses. Il a joué, j’ai joué. On a donc quelques points en commun. Ce sera une force. Il y aura peut-être de temps en temps des erreurs commises, le moins possible je l’espère. Mais on va travailler dur. On fera tout pour remettre Nîmes Olympique là où il doit être et certainement pas en N2.
Quelle est votre méthode de travail ?
C’est une méthode classique. Je vais voir le plus de matches possible. Et quand je ne peux pas y assister, je les regarde sur mon ordinateur. Du vendredi au dimanche, je peux voir une dizaine de matches, des jeunes aux seniors. J’ai des sensibilités footballistiques qui me sont propres et qui sont d’ailleurs aussi celles de l’entraîneur. Il y a des types de joueurs que je vais aimer et que d’autres ne vont pas aimer du tout. Quand je recrute, je prends en compte les attitudes et compétences sportives, mais je suis aussi très sensible aux qualités humaines.
Qu’est-ce qui a guidé vos choix dans le recrutement ?
J’avais une liste de 50 joueurs que j’avais préparés. J’ai cherché à allier la jeunesse et l’expérience. Les deux sont complémentaires. J’ai aussi insisté sur l’état d’esprit et la touche sudiste.
Combien y’aura-t-il de recrues ?
Vingt-deux ! De l’effectif de la saison dernière, il ne reste que Lucas Dias. Il sera un des trois gardiens. On aura ainsi un groupe de 23 joueurs.
Seront-ils tous présents ce vendredi à la reprise de l’entraînement ?
Non. Ce vendredi, il devrait y avoir dix-neuf joueurs. Le recrutement n’est pas totalement terminé. Avec Mickaël, on doit faire encore quelques ajustements. A la reprise, l’objectif était d’avoir 70 % de l’effectif. Ce sera bien puisqu’il y aura seize joueurs et trois gardiens.
« Qu’on se prépare bien et qu’arrivent vite les matches, notamment aux Antonins »
Nîmes reprend plusieurs semaines après les autres. Quand l’équipe sera pleinement opérationnelle ?
Compte tenu du contexte, on n’avait pas le choix de travailler différemment. On n’est pas dans le même timing que les autres, mais on va tout faire pour que le groupe vive bien et qu’on soit prêt le 16 août. Alors là, on aura besoin de tout le monde, des joueurs mais aussi des supporters. Tout ne sera peut-être pas parfait sur le terrain, mais l’état d’esprit sera là.
Avez-vous des craintes ?
Non, aucunement. Je suis quelqu’un de nature ambitieuse. Et je sais que les joueurs qu’on a recrutés le sont aussi. La seule crainte, ce sont les blessures car le temps de travail que l’on a est court et que l’on va devoir charger un peu. Mais je fais confiance au staff pour gérer.
Les supporters, dont beaucoup ne sont plus allés au stade ces derniers mois, sont dans l’attente et l’espoir. Qu’avez-vous envie de leur dire ?
De nous supporter et d’être derrière nous. On va avoir besoin de tout le monde. La réussite ne sera pas celle d’une seule personne mais de tout le monde. Je vois cet élan qui se manifeste notamment dans la campagne de pré-abonnement et que certains clubs, même de Ligue 2, aimeraient bien connaître. Et quand j’appelle les joueurs pour recruter, ça joue. Qu’on se prépare bien et qu’arrivent vite les matches, notamment aux Antonins.
Propos recueillis par Frédéric Prades 17 07 2025
Anthony Dupré attaque sa nouvelle fonction avec envie et ambition. Il évoque la préparation, l’effectif, le staff et les objectifs. Le nouveau directeur sportif du Nîmes Olympique, spécialiste du scooting qui était en sous-traitance pour repérer des joueurs, veut redorer l’image du club en comptant sur des anciens Crocodiles et sur les supporters.
Objectif Gard : Comment prépare-t-on une saison avec les incertitudes inhérentes au passage en appel de la DNCG le 15 juillet ?
Anthony Dupré : On va se cacher derrière aucune excuse. Il faut arrêter avec le négatif. Nous savons qu’il y a du retard dans la préparation. On ne peut rien y faire, mais on va travailler d’arrache-pied. On travaille main dans la main avec l’association, la SASP et le coach pour tirer dans le même sens.
Vous devez partir d'une page blanche puisque tout l’effectif est à construire. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?
Je vois toujours le verre à moitié plein. Mickaël Gas, le coach, a été adoubé par tout le monde et nous travaillons bien ensemble. L’avantage de la page blanche, c'est que nous pouvons mettre notre empreinte. Tous les joueurs seront désirés par le coach et par moi.
Où en êtes-vous du recrutement ?
Aujourd’hui, le staff était réuni au sein du club pour bosser sur le programme de reprise. Avec le coach, nous bossons sur le recrutement et douze joueurs qui sont d’accord pour nous rejoindre, sachant que cela ne fait que cinq jours que nous travaillons sur le recrutement. L’effectif sera constitué de 20 joueurs dont trois gardiens de but. Peut-être que tout le monde ne sera pas là à la reprise, mais nous ne voulons pas faire des choix par défaut.
Des anciens Crocodiles feront-ils leur retour ?
Nous avons contacté Clément Depres et j’étais encore au téléphone avec lui ce lundi. J’ai eu Renaud Ripart au téléphone dimanche pour une prise de contact et évoquer notre projet. J’avais aussi sur ma liste Mathieu Michel, mais il s’est engagé avec Montpellier.
Des joueurs de l’effectif de l’année dernière seront-ils conservés ?
On garde Gauthier Laurens, nous aimerions conserver Lucas Dias mais sur reclassement amateur, et nous avons ouvert la porte à Waly Diouf. Nous attendons son retour. On veut s’acheter le luxe d’avoir un bon groupe et nous voulons des bons mecs avant tout. En revanche, je ne prendrai pas un bon mec qui n’est pas bon sur le terrain.
Comment sera constitué le staff ?
Mickaël Gas sera l’entraîneur principal, Morgan Puel sera son adjoint, qui était l’entraîneur des U16 la saison dernière. L'entraîneur des gardiens de but restera Jérémy Struffaldi et le préparateur physique sera Antonin Deniaud qui était avec la réserve l’année dernière. Nous avons choisi de faire appel à des personnes qui étaient au club et qui ont la mentalité nîmoise. C’est le coach qui les a choisi.
Quel est le programme de la reprise ?
Nous allons reprendre l’entraînement entre le 17 et le 19 juillet. Les matchs amicaux sont calés et nous les communiquerons bientôt par souci de certitude. Pour l’instant, on en a trois et ont réfléchi à une autre date pour en placer un quatrième.
À quoi ressemblera le Nîmes Olympique version 2025-26 ?
On veut une équipe compétitive. Être ambitieux, ça ne veut pas dire être imprudent. Nous allons ramener des joueurs sur lesquels nous avons des convictions et qui collent à l’esprit nîmois et sudiste. C’est-à-dire des guerriers qui se battent jusqu’à la fin, et quel que soit le résultat. Des bons joueurs, il y en a partout, mais des bons mecs, c'est plus difficile à trouver. Il y aura également des jeunes du club à la reprise.
Comment faire pour que l’équipe soit compétitive dès la reprise du championnat de N2, le 16 août ?
On arrivera avec deux semaines de retard dans la préparation, mais on gommera ça en travaillant beaucoup entre nous. On veut fédérer tout de suite les joueurs pour gagner du temps. Nous ne ferons pas une préparation lambda. Nous travaillerons plus avec moins de temps de repos, mais sans cramer les joueurs, car il fait chaud à Nîmes et c’est à prendre en compte. Tout ne sera pas parfait le 16 août, mais je peux garantir que l’état d’esprit y sera.
L’objectif sportif sera, on l’imagine, de se maintenir en National 2, dans le cas où la DNCG accepterait le nouveau budget nîmois, n'est-ce pas ?
L’objectif est déjà de passer la DNCG. Aujourd'hui, la place de Nîmes Olympique n’est pas en N2. Cependant, cela prendra peut-être un ou deux ans pour le remettre à un niveau un peu plus convenable, même si le National n’est pas non plus la place du NO. On arrive avec l’effectif à construire et c’est à la fin du bal que l'on paie les musiciens.
Le nom de Nîmes Olympique attire-t-il toujours les joueurs ?
Bien entendu. Ce nom me fait gagner du temps pour convaincre les joueurs, car nous ne sommes pas un club lambda de N2. Nous ne serons pas la plus grosse masse salariale, mais je veux compenser par des idées. C’est quand on a moins d’argent que l’on est le meilleur et le plus inventif.
Vous êtes un jeune directeur sportif (30 ans), de la même génération que l’entraîneur Mickaël Gas (32 ans). Cela est-il un avantage ?
Je vois tout ça d’un très bon œil. Mickaël a été lancé plus vite que les autres et je vais le soutenir. Pour moi, c'est positif d’avoir un jeune staff parce que nous allons insuffler un air nouveau et un regain d’énergie. On a les dents longues qui rayent le parquet et nous avons faim de montrer aux gens que l’on veut redorer l’image du club. On parle beaucoup de mon âge, mais ce qui compte, c'est que je serai jugé sur mes résultats.
Comment allez-vous convaincre les supporters d’adhérer au projet ?
Je compte beaucoup sur eux, car quand je recrute un joueur, je lui vends une ferveur qui va être retrouvée. C’est très important pour les joueurs et pour moi. Nous allons recevoir les groupes de supporters et leur parler les yeux dans les yeux. Sans eux, nous ne pourrons rien faire. S’il y a 1-1 à la 85e minute et que derrière, on a 5 000 ou 6 000 personnes au stade, le score va se transformer en 2-1. Norman Jardin 07/07/2025