Réduits à neuf à la pause, les Nîmois ont un temps résisté avant de sombrer en fin de rencontre. Battus 4-0 par Lyon, ils reprennent leur place de lanterne rouge et atteignent la barre fatidique des dix matches sans victoire. 

 

Les Nîmois étaient fermement attendus par leurs supporters pour afficher un autre visage après la déroute de Bordeaux (6-0). Mais l'opération rédemption ne pouvait pas plus mal démarrer pour les Crocos. Dès la 5e minute de jeu, Théo Valls était expulsé. Un carton rouge direct pour avoir essuyé ses crampons sur la cuisse de Caqueret. Un geste qui semblait impressionnant à vitesse réelle mais finalement moins dangereux au ralenti. Le lyonnais se relevait immédiatement. On aurait pu souhaiter davantage d'indulgence de la part de M. Thual dans cette entame, qui ne prenait même pas le temps de consulter la VAR.

Un premier coup qui plombait forcément l'allant nîmois. Après une reprise de Briançon détournée par Lopes (11e), le deuxième coup de massue arrivait dans la foulée. Traoré réalisait un festival côté droit, éliminant Miguel et Philippoteaux avant de buter sur Martinez puis de s'écrouler dans la surface. Penalty pour Lyon, là aussi l'arbitre était sûr de sa décision. Le défenseur central commettait une légère obstruction amplifiée par la chute du Burkinabais. Un penalty plutôt généreux que Depay transformait en réalisant une panenka (0-1, 16e).

Mené, à dix contre onze, on se disait que la soirée pouvait à nouveau mal tourner. Le traumatisme de Bordeaux rejaillissant certainement dans les têtes nîmoises, la mission était désormais de résister. La frappe de Depay fracassait le poteau droit (21e) de Bernardoni puis le portier gardois s'interposait sur le tir d'Aouar (31e). Nîmes faisait le dos rond et était conquérant dans l'engagement. À l'image d'un Fomba plus mordant, bien loin de la tendresse aperçue en Gironde.

De l'impact dans les duels, mais peut-être un peu trop ? En à peine deux minutes, Paquiez recevait deux avertissements (38e et 40e). D'abord pour un grossier tirage de maillot, ensuite pour un tacle non maîtrisé même si le latéral prend en premier le ballon. Cruel pour des Nîmois, abandonnés par ce brin de réussite indispensable pour que le scénario bascule du bon côté. Une première période cauchemardesque pour les hommes de Blaquart, qui allaient devoir cravacher en double infériorité numérique en deuxième période. Le couteau-suisse Ripart reculait au poste d'arrière droit.

Sans suspense, la possession était largement à l'avantage des Rhodaniens (70%) face à huit Crocos recroquevillés dans leurs 30 derniers mètres. Mais au niveau des occasions, la domination n'était pas outrageuse comme on aurait pu le craindre. Seuls Andersen (59e) et Tete (60e) tentaient leur chance, mais sans cadrer. C'es finalement Depay qui doublait la mise sur une frappe lointaine, prenant Bernardoni à contre-pied (0-2, 65e).

Juste avant, on assistait à un moment de résistance. Seul, à grandes enjambées, Ferhat défiait la défense lyonnaise et parvenait à frapper au but (61e). Une action qui avait don de réveiller les Costières qui se remettaient à chanter pour soutenir les siens. Les chants s'arrêtaient vite après le but du break et un troisième signé Aouar (0-3, 72e) dont la tentative était déviée par Briançon.

Le cauchemar avait bien lieu, Andersen ajoutait un dernier but sur un tir lointain (0-4, 80e). Avec ces quatre buts encaissés, Nîmes enchaîne une deuxième lourde défaite et atteint la barre fatidique des dix matches sans succès. Surtout, les Nîmois repassent lanterne rouge avec la plus mauvaise différence de buts du championnat. Quelques jours de repos vont faire du bien avant d'affronter Nantes, samedi prochain aux Costières.

Corentin Corger

17e journée de Ligue 1. NÎMES OLYMPIQUE – OLYMPIQUE LYONNAIS 0-4. Stade des Costières. Mi-temps : 0-1. Spectateurs : 12 801 . Arbitre : M. Thual. Buts pour Lyon : Depay (16e, 65e), Aouar (72e), Andersen (80e).   Avertissements à Nîmes : Paquiez (38e, 40e). Avertissements à Lyon : Caqueret (17e), Traoré (50e). Exclusions à Nîmes : Valls (5e), Paquiez (40e). 

Nîmes : Bernardoni - Paquiez, Briançon (cap.), Martinez, Miguel (L. Valls, 81e) - Buades (Sainte-Luce, 72e), Fomba, Valls, Philippoteaux - Ripart, Ferhat (Valério, 87e). Remplaçants non utilisés : Dias, Duljevic, Ben Amar, Denkey. Entraîneur : Bernard Blaquart.

 

Lyon : Lopes - Tete, Andersen, Denayer, Rafael (Bard, 45e) - Thiago Mendes, Caqueret (Tousart, 69e) - Traoré, Depay, Aouar - Dembele. Remplaçants non utilisés : Racioppi, Marcelo, Reine Adélaïde, Jean Lucas, Terrier. Entraîneur : Rudi Garcia. 

Rudi Garcia (entraîneur de Lyon) : « On a été très sérieux, c'est vrai en double supériorité numérique, mais on a fait un match intelligent, peu coûteux en énergie en vue de Leipzig (rencontre décisive pour la qualification en huitièmes de finale de la Ligue des champions mardi). On n'est pas tombés dans l'excès d'engagement et la provocation, qui a pénalisé Nîmes. J'espère que Rafael n'est pas blessé (il a subi un gros tacle de Gaëtan Paquiez). Il a dû sortir à la pause. Il est touché à la cheville et au tibia, on a craint le pire, on verra demain (samedi). Maintenant, on a enfin trois jours pleins entre deux matches, on va pouvoir préparer mardi tranquillement. Leipzig (victoire 5-2 avec Marseille en quart de finale retour de la Ligue Europa en 2017) est certainement un de mes meilleurs souvenirs européens, c'était un grand moment, espérons pouvoir revivre ça avec Lyon. »

 

Bernard Blaquart : « Au bout de quelques minutes à dix contre onze contre Lyon, c'est compliqué. Puis un penalty derrière, une deuxième exclusion : c'est fini. Le rouge (le premier, infligé à Théo Valls dès la 5e minute), il peut le mettre. Mais, au bout de quelques minutes, il peut aussi mettre un jaune parce que le joueur se relève, il n'y a pas de blessure. Mais le penalty... Regardez les images, il n'y a jamais penalty. 

Nous étions l'équipe qui avait pris le moins de cartons jaunes en Championnat, on n'est pas du tout une équipe méchante. Aujourd'hui mes joueurs sont abattus, mais on s'en fout, ça ne sert à rien d'être prêt à un combat dès ce soir. On essaiera de se préparer du mieux possible, on jouera avec notre cœur et nos atouts la semaine prochaine, si je suis encore en charge de l'équipe. Je ne me pose pas cette question, pour moi je serai là, mais je suis entraîneur d'une équipe dernière du championnat qui vient de prendre 10-0 et n'a plus gagné depuis dix matches... »

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes