Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, et son frère Bernard Blaquart, entraîneur du Nîmes Olympique, ont comparé leurs univers, en exclusivité pour « La Croix ».

ZOOM 

La Croix : Chez vous, le football est une histoire familiale : votre grand-père a fondé le club de Roumazières (Charente), votre père en a été dirigeant et toute la fratrie y a joué

Mgr Jacques Blaquart : Nous avons grandi dans un village de 3 000 habitants à l’époque du baby-boom. Une petite cité industrielle, avec des familles venant de partout, où il n’y avait que le football. Tous les gamins y jouaient.

Bernard Blaquart : Ce n’était pas un football de rue, mais un football de champs… On jouait tout le temps et n’importe où : derrière l’église en attentant le catéchisme, dans la cour d’école…

Mgr J. B. : Notre frère aîné, Jean-Pierre, le plus passionné, nous a poussés. À la maison, je nous revois avec mes frères nettoyer nos chaussures le dimanche soir à la buanderie quand on rentrait du foot.

Voyez-vous aujourd’hui des similitudes entre vos fonctions respectives d’évêque et d’entraîneur ?

Mgr J. B. : On peut faire des parallèles : le sens du collectif, le don de soi. Ce que le football m’a appris me sert aujourd’hui. Chacun doit y donner le meilleur pour le bien de l’ensemble. Il faut « mouiller le maillot » comme on dit. On ne réussit que si on est vraiment en communion les uns avec les autres. Si dans une équipe chacun joue « perso », ça ne marche pas.

 

Mondial 2018 : le football, une passion mondiale

 

B. B. : Oui, on retrouve aussi certaines valeurs : l’humilité, la tolérance. Au football, on s’adresse à des publics extrêmement divers, que ce soit chez les professionnels ou chez les jeunes. On transmet aussi des valeurs éducatives, dans les centres de formation notamment.

Bernard, vous êtes-vous toujours senti une vocation d’entraîneur ?

B. B. : J’ai arrêté ma carrière de joueur après un accident qui m’a obligé à arrêter et très vite, j’ai commencé à entraîner. J’ai toujours eu ce désir d’être éducateur pour transmettre à des enfants.

Et vous, Monseigneur, auriez-vous pu entraîner ?

Mgr J. B. : Je voulais être éducateur pour m’occuper des autres. Je le suis autrement aujourd’hui. C’est quelque chose que nous partageons avec Bernard mais aussi avec notre frère François (1). Avoir grandi dans une famille nombreuse où chacun doit prendre sa part et l’exemple de notre grand-père et de nos parents doit expliquer ce souci des autres. Notre chance, c’est aussi d’avoir grandi dans un village avec des gens qui viennent d’un peu partout. On retrouve cela dans le sport comme dans l’Église. Par nos racines, nous ne sommes pas dans l’entre-soi.

Et vous Bernard, vous êtes-vous déjà imaginé prêtre ? Et quel regard vous portez sur la fonction de votre frère ?

B. B. : Je ne me suis jamais posé cette question (rires). Moi, je me suis très vite orienté vers le football avant de devenir éducateur. Mais la fonction de mon frère m’interpelle. J’ai beaucoup d’admiration. J’aimerais davantage échanger avec lui. J’ai toujours envie de lui poser des tas de questions, ce que je ne fais jamais. Je constate son rayonnement. On sent quelqu’un qui est heureux. Je suis venu le voir pour son installation ici, c’est toujours très impressionnant.

Mgr J. B. : Je suis aussi fier de mon frère. Il a connu quelques galères, mais je suis heureux de voir qu’il arrive finalement à atteindre une plénitude et une belle réussite.

Bernard, vous avez dirigé des centres de formation, le football est-il toujours un lieu d’éducation ?

B. B. : Dans les centres de formation, nos responsabilités sont très grandes car certains jeunes sont parfois déracinés, loin de leurs familles, en pleine adolescence, une période compliquée. Je me souviendrai toujours d’un gamin qui m’a dit : « Si je n’avais pas eu le foot, j’aurais été délinquant. » Ils sont venus pour jouer au football, mais ils poursuivent leur scolarité et apprennent aussi à respecter des règles de vie communes. Le but, c’est aussi de les former à devenir des hommes, de les préparer à la vie, car peu deviendront professionnels.

 

Mondial 2018 : conjuguer amour de Dieu et amour du foot

 

Mgr J. B. : Jean-Paul II, lui-même grand sportif, disait que le sport, c’est une école de vie. L’Église a créé les patronages parce qu’elle mesurait la force de l’adage “un esprit sain dans un corps sain”. Dans le sport et dans l’Église, nous travaillons pour la construction de l’homme. Toi, tu es heureux quand un jeune est bien dans sa peau, qu’il a acquis des règles, qu’il a appris à se dépasser et à vivre avec les autres. Nous avons le même but.

Ce qui vous anime tous les deux, c’est l’esprit d’équipe ?

B. B. : Au foot, le joueur aime se mettre en avant alors que la star, c’est l’équipe. Il faut réussir à les faire vivre ensemble, qu’ils s’acceptent malgré leurs différences. Pour bien jouer avec son partenaire, il faut aussi bien le connaître. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Un entraîneur est attentif à ça car on n’apprend plus à un joueur professionnel à taper dans un ballon. Cette aventure humaine, c’est ce qui reste finalement. Quand je suis distingué meilleur entraîneur de Ligue 2, je le vis comme une récompense pour tout le club.

Mgr J. B. : Je ne suis rien non plus sans ceux qui travaillent avec moi. Je dirige plus que onze joueurs. Mon rôle, c’est de favoriser les liens, entre les prêtres notamment pour qu’ils prennent soin les uns des autres. L’important, ce sont les relations. Moi, je ne suis pas là pour des résultats, même si, bien sûr, je me donne des objectifs et je lance de nouveaux projets. Mais ce qui me rend heureux, c’est lorsque je sens une communion entre les gens et qu’ils forment un même corps, pour reprendre saint Paul.

Le football est un sport où la foi s’affiche souvent sans complexe, qu’en pensez-vous ?

B. B. : Il faut faire attention. Il m’est déjà arrivé de recadrer certains joueurs qui faisaient la prière dans le vestiaire. Je pense que la foi doit rester à la porte. Cela ne doit pas être une source de conflits. En revanche, il m’est arrivé d’en discuter par curiosité. Parce que je n’y connaissais rien, j’ai échangé avec des joueurs musulmans.

Mgr J. B. : Moi aussi, j’ai envie de parler de ma foi, mais je dois le faire dans le respect de l’autre, sinon le dialogue n’est pas possible. Pendant les matchs, on aperçoit parfois un joueur en train de se signer, je me méfie de ce type de manifestation extérieure dans le football. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se vit après, comment la foi est vécue concrètement.

Quel message, au-delà du football, peut délivrer le Mondial qui vient de s’ouvrir ?

Mgr J. B. : Lorsqu’on parle du foot, il est rapidement question de corruption, de dopage, d’argent. Cela existe, mais ces dérives ne sont que le reflet de ce qui se passe dans la société. Mais n’oublions pas la dimension fédératrice de cet événement planétaire, regardé par des milliards de téléspectateurs. En 1998, j’étais curé de campagne et aumônier d’une communauté de l’Arche. Nous étions 60 à regarder la finale France-Brésil dans une ambiance extraordinaire. J’avais dit à mon sacristain qu’il pouvait sonner les cloches pendant un quart d’heure si la France gagnait.

B. B. : Je me souviens qu’en 1998, nous étions dans la rue avec un monde fou. Si on a sans doute exagéré avec la France « black-blanc-beur », il est vrai qu’à ce moment, tout le monde était rassemblé. Sans tout gommer évidemment, le sport peut aussi apaiser, au moins momentanément, les tensions entre certains pays.

Comment allez-vous suivre la compétition ?

B. B. : Je vais regarder un grand nombre de matchs. Je veux voir du bon football et d’un point de vue professionnel, examiner les enseignements qu’il est possible de tirer. Je pense que toi, Jacques, tu en regarderas plus que deux ou trois…

Mgr J. B. : Pas sûr, mais j’ai pris le temps de noter l’heure des matchs et de prévenir ma secrétaire de ne pas prévoir de réunion tel ou tel jour (rires). Si la France va loin, il est certain que je vais regarder les derniers matchs.

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Deux frères, une même passion

La rencontre a eu lieu à l’évêché, le mardi de Pentecôte. C’est à domicile que Mgr Jacques Blaquart a reçu son frère Bernard venu passer le week-end à Orléans avant de rentrer à Nîmes en voiture. Visiblement heureux de saisir l’occasion offerte par La Croix d’échanger sur leur passion commune, les deux hommes, détendus, affichent une belle complicité. Volubile, l’évêque écoute avec un plaisir non dissimulé son frère cadet. Pudique, ce dernier n’hésite toutefois pas à taquiner un peu son aîné.

Qui sont-ils ?

Mgr Jacques Blaquart, 66 ans, est évêque d’Orléans depuis 2010. Ordonné prêtre en 1982, il a été évêque auxiliaire de Bordeaux de 2006 à 2010. Mgr Jacques Blaquart est président du Conseil pour la solidarité de la Conférence des évêques de France. En décembre, il a lancé un synode diocésain qui doit s’achever à la Pentecôte 2019 sur le thème « Porter la joie de l’Évangile ».

Bernard Blaquart, 60 ans, est, depuis novembre 2015, entraîneur du Nîmes Olympique qui va retrouver l’élite la saison prochaine pour la première fois depuis vingt-cinq ans. Il a d’abord connu une carrière de joueur professionnel, évoluant en première division à Bordeaux entre 1976 et 1981. Comme entraîneur, il a exercé au niveau amateur avant de s’occuper de l’équipe réserve de Grenoble puis du centre de formation du FC Tours. En 2013, il rejoint celui de Nîmes avant de devenir entraîneur des « Crocodiles » fin novembre 2015. Il a reçu le Trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 2 en 2017.

 

Recueilli par Arnaud Bevilacqua (à Orléans)

NO : Bernard Blaquart « Ce public avait besoin d’une revanche » 

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Intronisé entraineur principal du Nîmes Olympique en lieu et place de José Pasqualetti après quatorze journées, Bernard Blaquart prend les rênes d’une équipe à l’agonie, qui pointe alors à dix unités du premier non relégable, et dont le Président prépare déjà en coulisse la descente en National. Pourtant, trois mois plus tard, grâce à un parcours à domicile impérial, Nîmes est devenue l’équipe la plus efficace de l’année 2016. De quoi parler d’un « effet Blaquart » ? Pour l’intéressé, il n’en est rien. 

Vous étiez responsable du centre de formation de Nîmes depuis Juin 2013, et vous avez donc vécu de l’intérieur les remous qui ont secoué le club l’année dernière. Comment les joueurs et le staff ont-ils digéré tout ça dans les mois qui ont suivi ? 

Quand l’histoire est sortie, je n’étais pas avec les joueurs professionnels, je les côtoyais un petit peu mais je n’étais pas avec eux au quotidien. Mais je sais que toutes les personnes, salariées ou bénévoles autour du club, ont très mal vécu cet épisode là, évidemment. Ça a été un choc terrible, personne ne s’y attendait. Moi qui étais quand même assez proche de l’entraineur de l’époque, René Marsiglia, à aucun moment je n’ai pu penser qu’un truc comme ça allait sortir. Jamais, jamais, jamais. 
Tout le monde était très surpris, très choqué. Ça a été long, parce que d’abord il y a eu cette histoire de match arrangé, après ça a été la rétrogradation. Puis on a été en attente de l’appel, ensuite il y a eu huit points de moins. Donc ça a été huit mois très durs à vivre, la gouvernance du club était un peu floue, donc ça a été très compliqué à tous les niveaux, pour tous le monde.

Comment ont-réagi les joueurs, après les révélations de la presse ? Pas trop secoués ? 

Ça a été compliqué pour eux. il y a eu une période de doute, puis une bonne période au creux de l’hiver. À un moment donné, les joueurs réagissent et essaient de sauver ce qui peut être sauvé. Il y a eu une prise de conscience, les gens se sont serrés les coudes, mais on a été très mal. Je crois qu’il y a même des joueurs qui sont allés en appel défendre la cause des salariés du club. Si le club avait été rétrogradé en National à ce moment là, sans repreneur très clair, je pense que le club aujourd’hui… Ça a été une période très difficile à vivre. J’étais au centre de formation et même là c’était compliqué. Déjà parce qu’avec les équipes de jeunes, lorsqu’on se déplaçait, on trouvait toujours quelques idiots pour nous insulter et nous traiter de voleurs. Tout le monde voyait bien que le club partait en vrille complètement, donc ça a été une période très difficile. 

Comme lors de vos expérience à Grenoble en 2006 et à Tours en 2013, vous avez troqué votre costume de directeur du centre de formation de Nîmes pour celui d’entraineur de l’équipe première au moment ou le club se retrouve dans une situation critique au classement.

Bon, à Grenoble, c’était juste l’histoire de quelques matchs. À Tours, ça n’avait rien à voir, c’était presque pour une saison. Et puis c’était beaucoup plus facile qu’à Nîmes, j’avais pris l’équipe au cinquième match. Après quatre matchs, il reste beaucoup de temps, et l’équipe a le temps d’exprimer son véritable niveau. 

Dans le cas de votre prise de fonction à la tête de l’équipe première de Nîmes, pourquoi vous et pas un autre ? C’est votre expérience de directeur de centre de formation qui parle, ou c’est juste parce que vous connaissez la maison ? 

Je pense que quand M. Perdrier est venu me chercher, c’était d’abord pour faire un intérim, pour lui laisser le temps de réfléchir, il y avait cette idée là. L’avantage, quand on est déjà à l’intérieur du club, c’est qu’on en connait le fonctionnement, on connait un peu les joueurs, même si on ne les connait pas autant que lorsque l’on vit avec eux. Mais on perd moins de temps, on est plus rapidement dedans que quelqu’un qui vient de l’extérieur. 
Et ça laissait au Président le temps de réfléchir, moi je n’étais pas demandeur. J’ai accepté dans l’intérêt du club à ce moment là, je pense que c’était ce qu’il fallait faire, même si je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps. Aider le club, et sauver ce qui pouvait encore l’être, c’était l’objectif. 

Vous partiez de très loin… 

Oui, on ne parlait pas de maintien à ce moment là. Ce que souhaitait M. Perdrier, c’était surtout préparer l’avenir. Il m’a dit que l’idée, c’était de se projeter sur un retour en Ligue 2 vingt mois après, en remontant juste après la descente en National. Mais aujourd’hui, si on peut éviter de descendre, ça peut être pas mal ! 

Il y a un mois, interrogé par So Foot, Larry Azouni déclarait vouloir « s’arracher jusqu’au bout pour prendre le maximum de points, jusqu’à la dernière journée même si c’est en principe mort pour le maintien ». Cinq matchs plus tard, la donne a changé, c’est plus du tout la même équipe ni la même dynamique. 

Oui, les quatre victoires de rang en Janvier ont changé la donne. Quand on est reparti début janvier, on était toujours à 10 points du premier non relégable, on pensait à tout sauf au maintien à ce moment là. C’est un mot qu’on avait banni ici. On s’était donné des objectifs intermédiaires, plus atteignables pour les joueurs, et on s’est concentré sur ces objectifs là. 
Mais c’est vrai que le fait de remporter quatre matchs d’affilés nous a fait basculer tout de suite au dessus de la « ligne de flottaison », comme on dit. À partir de là, on n’avait plus le droit de se cacher, le maintien est devenu l’objectif de cette fin de saison. 

Et comment on fait, justement, pour arriver à remobiliser un groupe dans une situation aussi chaude ? 

Je sais pas si le groupe avait besoin d’être remobilisé. Je pense que José Pasqualetti était fatigué et un petit peu las, à cause des événements des derniers mois, et ça se ressentait au niveau des joueurs. Mais je pense qu’il y a eu une prise de conscience de la part des joueurs aussi. Le stage entre les fêtes a été très très important, les joueurs se sont parlés. L’idée, c’était que, perdu pour perdu, il fallait se lâcher. Et ça, les joueurs ont su le faire. On a joué sans calcul pendant tout le mois de Janvier et ça nous a réussi, c’est ce qui nous a permis de revenir dans la course. On a tous énormément travaillé pour ça, ils se sont remis en cause. C’est un groupe qui vit bien, qui bosse bien, et même si on a des petits soucis en ce moment, on peut espérer le maintien. 

Justement, depuis le départ de José Pasqualetti, vous êtes la troisième meilleure équipe du championnat, la meilleure équipe de Ligue 2 en 2016, et à la fin du mois, trois de vos joueurs étaient présélectionnés pour le titre de meilleur joueur de Ligue 2 du mois de Janvier. Certains pourraient commencer à parler d’un « effet Blaquart » ! 

Déjà, je suis mal placé pour en parler, et de deux, ce sont mes joueurs qui sont sur le terrain. Moi je suis juste là pour les entrainer et essayer de les mettre dans les meilleures conditions possibles. Je suis pas un grand entraineur, je suis avant tout un formateur. Donc non, il n’y a pas d’effet Blaquart, il fallait surtout leur parler beaucoup, les remettre en confiance et leur donner l’envie de se lâcher entièrement pour atteindre nos objectifs intermédiaires. 
Maintenant, la réalité c’est qu’on travaille beaucoup, peut être un peu plus qu’avant, parce que c’est un groupe qui est jeune, qui est demandeur. C’est un groupe qui a envie. Moi je ne crois pas à l’effet de qui que ce soit, ce sont les joueurs qui fournissent les efforts, ils en fournissent énormément, et ils sont récompensés. 

Mais votre discours et votre expérience en tant que formateur, ça doit aider dans des moments comme ceux là, non ? Pour manager les hommes, leur insuffler de la confiance… 

Oui, ça fait quand même plus de trente ans que j’entraine. Manager des hommes, c’est mon métier depuis trente ans, que ce soit des jeunes ou des moins jeunes. Je pense que d’une manière générale, je communique beaucoup avec les joueurs, collectivement ou individuellement. J’essaie de les comprendre et de les mettre dans les meilleures conditions. Et honnêtement, je pense qu’ils ont repris confiance. C’est là ou avec le staff, on a beaucoup travaillé, sur la confiance des joueurs. Ils ne sont pas plus faibles que les autres, loin de là, ils ont du talent comme les autres, et le potentiel pour se maintenir existe. 

Depuis votre arrivée, Nîmes est redevenu intraitable à la maison. Aucune équipe n’a fait mieux, vous êtes à 2.7 points de moyenne par match à domicile. 

Six victoires et un nul depuis mon arrivée, je crois oui. L’objectif en arrivant, c’était celui là : gagner un match à domicile. On n’avait pas gagné depuis neuf mois lorsqu’on a reçu Tours, et j’étais persuadé qu’il fallait absolument gagner un match à la maison pour que le public, le maigre public qui restait, continue de nous soutenir. Ce public, il avait besoin d’une revanche, quelque part. Le club était discrédité, la ville était déshonorée par les histoires, le public se sentait complètement lésé, et il était primordial pour nous de les retrouver. 
Les 3700 ou 4000 personnes qui étaient présentes contre Tours, je m’en rappelle très bien, parce que c’est sans doute de là que tout est parti. On était mené 1-0 pendant quatre-vingt cinq minutes, et le public nous a soutenu tout le match. Ils auraient pu nous siffler, on était derniers du championnat et menés à la maison, et le public nous a soutenu tout le match. Pourquoi ? Parce qu’il a vu des joueurs qui se sont défoncés. Les joueurs ont été récompensés en fin de match. C’est ce qui m’a frappé, ce soutien du public alors qu’on était menés tout au long du match. Depuis, on essaie de continuer dans cet esprit là, et ça a commencé à s’enclencher à la maison. 

Cette série à domicile, elle est assez incroyable. Vous avez refait des Costières une forteresse ! 

C’est primordial pour le maintien, ça passe avant tout par des victoires à domicile. Et on va essayer de continuer encore un peu sur cette voie. 

Il y a les victoires à domicile, et puis il y a ce match charnière où vous allez gagner à Nancy avec ce petit bijou d’Azouni à dix minutes de la fin…

Oui, ce sont des moments où on a l’impression d’être sur un petit nuage, où tout nous réussit. Et ce même si on a pas volé le match à Nancy, ça a été un match très ouvert avec des occasions de part et d’autre. Mais ça se termine bien pour nous, et c’est la cerise sur le gâteau, c’est ce match là qui nous permet aujourd’hui d’avoir trois points d’avance sur les premiers relégables. 
Mais là encore, il fallait que les joueurs sachent qu’ils pouvaient le faire. On restait sur de bons matchs à domicile, et on est allé à Nancy à un moment où on se sentait fort. Bon, pas au point de mettre quatre buts à Nancy à l’extérieur, mais quand même. 

Sur ce match, au delà du dernier but il y a des gestes qui ne trompent pas. On sentait une équipe en confiance.

Oui, les joueur ont tenté des choses, je veux voir mon équipe prendre des risques. Bon, ça n’a pas été le cas au Red Star pour le dernier match, mais je veux voir mon équipe tenter des choses, jouer avec enthousiasme, et c’est le cas jusqu’à présent. 

Depuis cette victoire, on sent que la passion revient à Nîmes, ou l’affluence a doublé sur les derniers matchs. Plus de 10 000 personnes aux Costières qui hurlent après le but de Cissokho contre Metz, le Président Perdrier qui tombe dans les bras des joueurs sur la pelouse après le match, ce sont des images fortes, ça doit vous toucher, non ?

C’est essentiel, c’était d’abord l’objectif : reconquérir notre public. Aujourd’hui, le public s’identifie un peu plus à l’équipe parce qu’il voit des garçons qui donnent le meilleur d’eux même. On n’est pas toujours géniaux, loin de là, mais le public voit des joueurs qui ne lâchent rien et qui poussent avec toutes leurs forces pendant quatre-vingt dix, quatre-vingt quinze minutes avec passion. À Nîmes, on aime ça, et les gens sont en train de se rendre compte qu’une bande de jeunes joueurs est peut être en train de sauver le club. Et avec pas mal de joueurs du cru. 

Et les Nîmois en général ne demandent qu’à s’emballer. C’est une ville avec une vraie culture foot !

C’est d’abord une ville de passion, la passion du taureau, la passion du foot. C’est une ville pleine d’Histoire, et j’espère qu’on est en train d’écrire une belle histoire de notre coté aussi. 

Vous avez affronté plusieurs fois Nîmes en D1 lorsque vous étiez joueur, puis vous avez entrainé le Galia à Lunel, à 30 km d’ici. L’ambiance aux Costières, sur les derniers matchs, ça vous rappelle un peu le Nîmes de Kader Firoud à Jean Bouin, avec les Michel Mezy, René Girard, Gilbert Marguerite ?

Jean Bouin, Jean Bouin, moi j’ai connu en tant que joueur. Et contre Nîmes, c’était quelque chose. On n’était pas… On était dans nos petits souliers comme on dit. Il y avait une ambiance forte, un stade où les gens étaient proches, c’était quelque chose. 

C’est vrai que l’ambiance qu’on retrouve en ce moment… même si les époques ont changé, les conditions de confort ne sont pas les mêmes, mais oui, on retrouve la même passion brulante du public, le même soutien à son équipe. C’est important, on en a besoin. En vivant des moments difficiles, sur les derniers matchs de l’année qui peuvent être décisifs, on aura besoin de notre public. 

Il y a une certaine crainte aujourd’hui, chez les équipes qui se déplacent aux Costières ?

Je pense que, quand on voit certains commentaires des entraineurs après les matchs, oui, il y a un gros respect vis à vis de ce qu’on fait aux Costières. 

…des entraineurs et même du milieu du foot en général. On a vu Hervé Mathoux saluer sur Twitter votre sortie de la zone rouge fin janvier, notamment. Partir d’aussi loin, avec autant de retard, et réussir à sortir la tête de l’eau, c’était loin d’être évident.

Oui, sans doute. Personne à Noël ne pensait que l’on avait la moindre chance de s’en sortir, peut être même pas nous. Mais ça c’est la magie du foot, c’est la magie du sport en général. Tant que c’est pas fini… Le foot, ça va très vite, dans les deux sens d’ailleurs. Maintenant, on a fait une partie du chemin, on va essayer de ne pas s’arrêter là.

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Bernard Blaquart, qui occupait le rôle d’entraîneur par intérim après la démission de José Pasqualetti, a accepté le poste jusqu’à la fin de la saison.
Son objectif principal sera le maintien de l’Equipe Professionnelle en Ligue 2.

Pour se mettre en conformité avec la règlementation en vigueur, le Club s’engage à faire en sorte que Bernard Blaquart finalise l’obtention du BEPF.

La Direction du Nîmes Olympique estime qu’il a les compétences nécessaires par son expérience dans la Formation et dans le football professionnel.

Il a donc semblé évident à Christian Perdrier de nommer Bernard Blaquart à ce poste et, ainsi, renforcer le lien indéfectible entre le Centre de Formation et l’Equipe Professionnelle.

Nîmes Olympique (10/12/2015)

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes