Au parc des sports de Millau (Aveyron), les Crocodiles affrontent Rodez (Ligue 2) pour leur deuxième match de préparation. Ce sera l’occasion pour Sory Doumbouya de peut-être marquer son premier but avec Nîmes Olympique. L’attaquant franco-guinéen, qui a beaucoup voyagé et qui n’a pas été épargné par les blessures, veut monter en Ligue 3 avec le NO et il souhaite poser durablement ses valises dans le Gard.

Nîmes Olympique joue son deuxième match amical à Millau face à Rodez (Ligue 2). Qu'attendez-vous de cette rencontre ?

Sory Doumbouya : Déjà l'entraîneur attend de nous que nous passions un cap sur le plan physique, tactique et technique. Nous devrons être solides, puis commencer à trouver des automatismes offensifs. Le plus important, c’est d’être tous au top le 22 août pour le premier match de championnat au Canet-en-Roussillon.

Votre père, Mohamed Ali Doublouya, était footballeur professionnel et international guinéen. À quoi a ressemblé votre enfance dans cet environnement ?

J’ai souvent déménagé, 13 ou 14 fois, quand j’étais jeune et j'ai habité beaucoup de villes comme Orléans, Rouen, Libourne et Gueugnon.

Où avez-vous fait vos classes ?

Quand mon père est parti jouer à l’étranger, je suis rentré au FC Gueugnon des moins de 14 ans aux moins de 17 ans, puis je suis allé au centre de formation de Dijon. Au DFCO, j’ai été convoqué quatre fois avec le groupe de Ligue 1 et je suis devenu international moins de 23 ans avec la Guinée.

Que vous a-t-il manqué pour signer professionnel à Dijon ?

Nous étions trois joueurs de la réserve à avoir des propositions de contrat professionnel. Mais une nouvelle direction est arrivée, le directeur sportif est parti et l’entraîneur a été remplacé. Alors nous n’étions plus la priorité et ça ne s’est pas fait.

Qui était votre entraîneur au DFCO ?

Je pense qu’avec Olivier Dall’Oglio j’aurais eu ma chance, mais il a été limogé au bout de six mois. Puis, il a été remplacé par Antoine Kombouaré qui est parti en fin de saison.

Que s’est-il passé ensuite ?

Je suis passé par Saint-Priest la première année du Covid, avec pas beaucoup de matchs. Puis, j’ai joué avec la réserve de Rodez mais après six mois, j’ai pris la direction de GOAL FC en N2. Arrivée à la visite médicale, ils ont décelé qu’il me manquait un ligament croisé à gauche et trois mois après c’est le droit qui a pété et je me suis fait opérer les deux en même temps.

Comment avez-vous vécu cette période ?

J’ai passé un mois et demi en fauteuil roulant et j’ai repris avec le groupe au bout de huit mois et demi. Ce n’était pas facile, d’autant que je suis parti dans un centre de rééducation et on sortait du Covid, donc je n’avais pas le droit aux visites. Je suis resté là-bas tout seul dans ma chambre et dans la salle du kiné. Je n’ai pas mis le pied dehors pendant trois semaines.

À cette époque, avez-vous pensé à arrêter le football ?

Non, je savais que ça allait être long et difficile mais qu’il fallait s’accrocher. Cela fait partie du métier. Mon père a été blessé aux deux tendons d'Achille, ce qui l’a privé de la Coupe d’Afrique des nations en 2008. Les blessures, ça rend plus fort et la négativité, ça n’apporte pas grand-chose.

Dans l’effectif de Nîmes Olympique, connaissez-vous certains joueurs ?

J’ai connu Diaby Doucouré au GOAL FC et il y a Othmane Benhamza que j’ai souvent affronté quand il était à Louhans-Cuiseaux.

Après GOAL FC, qu’avez-vous fait ?

Je suis parti à Limonest et sur les 18 mois où j’y suis resté, j’ai mis 18 buts en N3. Après, j’ai pris la direction de Rumilly où l’on a fait une belle saison avec un maintien. J’ai participé à 29 matchs sur 30 avec neuf buts et neuf passes décisives. C’est ce qui m’a permis de signer à Cannes.

Accordez-vous beaucoup d’importance aux statistiques ?

Oui. C’est malheureux, mais les attaquants sont beaucoup jugés sur les statistiques. Je n’en fais pas une fixation non-plus et je suis altruiste. Si l’équipe tourne bien, les stats viendront toutes seules.

Cette saison, vous êtes-vous fixé un objectif en termes de buts et de passes décisives ?

Oui, être le plus souvent possible titulaire et, au niveau des stats, faire mieux que ma saison à Rumilly, c’est-à-dire passer la barre des 10 buts et 10 passes décisives.

Quel regard portez-vous sur votre saison cannoise ?

J’ai commencé titulaire mais je me suis blessé à la cuisse gauche. J’ai mis trois ou quatre semaines pour revenir et à ce moment, en raison des mauvais résultats, le staff s’est fait limoger et la direction a changé. Puis, pour le premier match du nouvel entraîneur, je me suis reblessé à la cuisse. J’ai perdu du temps et à la trêve j’avais des premiers contacts avec Nîmes Olympique, mais Cannes ne souhaitait pas me libérer.

Quel souvenir gardez-vous du match aux Antonins, en fin de saison, et de la victoire nîmoise ?

C’est là que j’ai compris l’engouement autour de Nîmes Olympique. Je retiens l’ambiance. C’est le genre de match qui marque, car ce n’est pas tous les jours que l’on joue devant 8 000 personnes. Il y avait la ferveur et les fumigènes. Si on pouvait jouer des matchs pareils toutes les semaines, ça serait top. 

Quoi qu’il arrive, il faut rester soudés et que le public reste derrière nous. Quelquefois ça ne sera pas joli et on remportera des matchs et parfois ça sera plus joli mais on se fera accrocher.

Votre venue s’est finalement concrétisée cet été. Aviez-vous d’autres prétendants ?

Dans notre poule, il y a quatre ou cinq clubs qui m’ont appelé, dont Créteil, mais ma décision était déjà prise. Nîmes est un club qui me correspond par rapport à mes valeurs. Les gens de mon entourage disent que je suis un soldat et je pense qu’ici, si tu es un soldat, tu pars avec un peu d’avance.

Connaissiez-vous la région nîmoise ?

C’est une belle région et quand j’étais enfant, je venais souvent en vacances au Grau-du-Roi, ce n’est pas très loin.

Quel est votre objectif avec Nîmes Olympique ?

J’ai signé pour deux saisons. Le but est de monter en Ligue 3 et de m’inscrire sur un projet à long terme. J’ai deux enfants (Khal 17 mois et Lamine 7 mois) et j'aimerais leur éviter de déménager autant que moi.

Pourquoi avoir choisi de porter le numéro 12 ?

Parce que mes deux fils sont nés au mois de décembre et que c’est le douzième mois.

Quelles sont vos qualités d’attaquant ?

Je suis puissant et j’aime le duel. Je suis également fin techniquement car je suis gaucher. J’ai un bon jeu dos au but et dans le domaine aérien. Je sais aussi prendre la profondeur.

Avez-vous des points à améliorer ?

Défensivement, il faut plus aider l’équipe et faire encore plus d’effort.

Vous êtes international moins de 23 ans avec la Guinée, pensez-vous toujours à pouvoir évoluer avec cette sélection ?

Quand on est en N2, on sort un peu du circuit. C’est compliqué et en Ligue 2 ça ouvre plus de possibilités mais la sélection guinéenne, j’y pense encore.

Qui est le joueur de football que vous admirez le plus ?

Pour sa longévité, pour son éthique de travail, c’est le Portugais Ronaldo. Mais je peux aussi regarder pendant des heures des vidéos de l’autre Ronaldo, le Brésilien. En plus, il a eu deux opération aux genoux comme moi. Je sais ce qu’il a vécu.

Vous avez de nombreux tatouages sur le corps, quelle en est la signification ?

Par exemple, 1978 est l’année de naissance de mes parents et 1999, c’est la mienne. Il y a des tatouages qui symbolisent des personnes de ma famille, notamment mes grands-parents paternels qui sont décédés. Il y a aussi mon frère, ma sœur et mes parents. Puis sur mon cou, est inscrit le mot famille en chinois. Mais maintenant j’arrête les tatouages, ça fait trop mal.

Quelles sont vos activités en dehors du football

J’aime jouer en réseau à la console avec des jeux comme Call of Duty et FIFA. Je regarde la Formule 1. J’aime bien aussi jouer au basket car ma femme est une ancienne basketteuse. Il a été formé à Chalon, puis elle est passée par l’ASVEL. Désormais elle est aide-soignante. Mais depuis l’arrivée des enfants, on fait des promenades et on m’a conseillé d’aller aux Jardins de la Fontaine.

Quel métier auriez-vous exercé si vous n’aviez pas été footballeur ?

J’aime la mécanique et les voitures, surtout les grosses. J’aurais mis les mains dans le cambouis. Mon grand-père maternel retape des vieilles motos et quand j’étais petit je passais beaucoup de temps avec lui.

Qu’avez-vous comme voiture ?

Un Ford Kuga, c’est familial et pratique pour les enfants (rires).

Norman Jardin

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16/03/2025

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes