Le développement numérique est certainement le chantier le plus important du Nîmes Olympique »

 

 

Ecofoot.fr a eu la chance cette semaine de s’entretenir avec Jordan Isen, Chargé de Communication au sein du Nîmes Olympique. Depuis son arrivée au N.O., les différents canaux numériques du club connaissent un véritable renouveau avec des hausses impressionnantes d’engagement mesurées sur les réseaux sociaux. Lors de cet entretien, nous avons abordé la manière dont Jordan aborde son métier tout en revenant plus globalement sur la stratégie numérique mise en place par le club gardois.

 

Jordan, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs d’Ecofoot.fr ? Quelles études avez-vous réalisé pour intégrer le poste de Chargé de Communication dans un club de football professionnel ?

 

J’ai 22 ans et je suis Chargé de Communication au Nîmes Olympique depuis octobre 2015. J’ai un parcours atypique, je n’ai pas suivi un cursus scolaire « normal ». Je suis titulaire d’un bac S, puis d’un BTS en Management.

En 2010, j’ai créé le premier site de supporters de l’AC Arles-Avignon que j’animais à mon niveau et avec passion. Lors de la saison 2012/13, le club souhaitait que je rejoigne ses rangs mais j’ai longtemps refusé. Je ne souhaitais pas que ma passion devienne une obligation, sur mon petit site j’étais libre et sans contrainte. Mais à l’été 2013 j’ai finalement cédé et j’ai repris toute la partie numérique (site internet, réseaux sociaux) du club en tant que bénévole. Un an après j’ai pu intégrer le club en tant que Chargé de Communication dans le cadre d’une licence en Communication. Après le dépôt de bilan de l’ACAA en juillet dernier je me suis retrouvé au chômage mais j’ai eu l’occasion de trouver très rapidement un poste similaire au sein du N.O.

 

Pouvez-vous nous préciser quelles sont vos missions au sein du club du Nîmes Olympique ?

 

J’ai un large éventail de tâches au sein du club. Tout d’abord, je gère toute la partie numérique, qui concentre la majorité de mon temps de travail. Cela concerne surtout le contenu rédactionnel du site internet et l’animation/modération des réseaux sociaux. Il faut savoir être disponible et avenant pour répondre aux attentes de nos communautés. Pour pouvoir animer au mieux les réseaux sociaux, j’ai également un rôle de capteur d’images (photos & vidéos) lors des entraînements, des événements ou à l’occasion de journées spécifiques.

Je gère également une partie création avec la conception et la réalisation de spots LED, d’affiches et de visuels. Le tout en fonction de l’actualité sportive et extra-sportive du club.

Avec l’ensemble du Service Communication nous organisons des événements sociaux en lien avec la LFP : Supporters de l’emploi, Mercredis du Respect ….

Pour finir, je coordonne avec notre Media Manager le Service Presse : demandes d’interview, de tournage, de photos ou d’éléments en tout genre.

 

Quelle est l’importance accordée au développement numérique au sein du N.O. ?

 

C’est certainement le chantier le plus important du Nîmes Olympique. Face à une clientèle vieillissante, il fallait pour le club conquérir une nouvelle cible à savoir les jeunes adultes. Cette stratégie correspond aux préconisations formulées par la société G2 Strategic dans le cadre de la Stratégie Nationale de Ventes. Les jeunes adultes n’ont pas d’obligations financières (famille, crédit) et ils consacrent donc une part assez importante de leur budget dans les loisirs.

Comme l’évoque souvent le Président, cette saison est l’année 0. On teste des choses, on fait, on défait. Le but étant de repartir sur de nouvelles bases saines et pérennes. Le club doit apprendre à se transformer. Il doit cesser d’être exclusivement une entreprise de football mais devenir une réelle entreprise de loisirs et de divertissement. Ce développement passera obligatoirement par une présence massive sur les médias sociaux afin d’assurer une transformation en adéquation avec l’air du temps.

Pour cela, nous pouvons définir 3 objectifs hiérarchisés :

Cognitif : Faire connaitre le club, informer, gagner de la notoriété

Affectif : Faire aimer, apprécier, émouvoir

Conatif : Faire agir, pousser à l’acte d’achat

Pour le moment, nous n’en sommes qu’aux deux premières phases. Le but étant de faire connaitre le club au plus grand nombre, puis de le faire aimer. L’objectif conatif interviendra en dernier, avec le retour en masse des supporters au Stade des Costières à partir de la saison prochaine.

 

Quels sont les réseaux sociaux travaillés par le N.O. et quels sont les objectifs sur chacun d’entre eux ?

 

Nous sommes présents sur les trois principaux réseaux sociaux que sont Facebook, Twitter et Instagram. Nous avons également un compte sur l’application Snapchat.

Notre communauté Facebook est la plus importante du club sur internet. C’est par conséquent la plus engagée. Nous avons pour objectif principal d’informer nos supporters, sans perdre de vue une possible transformation avec une visite sur notre site ou l’achat de billets en ligne par exemple.

Sur Twitter les objectifs sont les mêmes, mais la démarche est totalement différente. Quand Facebook est un réseau social « généraliste », plus informatif, le ton employé sur Twitter permet en règle générale de proposer une autre expérience. Ce canal permet construire une relation de proximité entre les marques et les consommateurs. C’est pour cela que je n’hésite pas à employer un ton très décalé pour nouer une vraie relation avec les utilisateurs. Je reçois d’ailleurs beaucoup de messages de sympathie de supporters d’autres clubs de Ligue 2: Lens, Nancy, Le Havre … Une supportrice de l’OGC Nice m’envoie aussi régulièrement des messages et interagit avec le compte du club.

Dans une moindre mesure, nous sommes également présents sur Instagram et Snapchat afin de faire vivre le club depuis les coulisses en montrant des photos exclusives et des lieux habituellement interdits au public.

 

Depuis votre arrivée, le club connaît une envolée de son taux d’engagement sur les différents réseaux sociaux. Quel est votre secret ? Qu’avez-vous changé dans l’animation des communautés sociales ?

 

Pour être tout à fait honnête il y avait tout à refaire. Le club avait pris tellement de retard sur ses concurrents qu’on ne pouvait pas continuer comme ça. J’ai strictement tout changé, des noms aux URLs en passant par l’animation et les graphismes. L’avantage d’être un passionné de football à la base permet de savoir ce qu’on attend d’un club sur les réseaux sociaux. Il ne faut plus seulement faire ce que l’on souhaite, il faut surtout écouter ses communautés, penser pour elles et avec elles. Ce sont nos fans les consommateurs, pas nous.

 

Ce fort engagement sur les réseaux sociaux se traduit-il par une hausse d’audience sur le site officiel ?

 

C’est très difficile à dire pour plusieurs raisons. Au mois d’octobre nous avons enregistré un peu moins de 20 000 visiteurs sur notre site. Le club travaillait déjà sur une nouvelle version, l’ancienne étant obsolète, peu mise à jour, lente et dépassée. Comme évoqué ci-dessus, cet exercice 2015-16 est une saison de transition, avec l’écriture d’une nouvelle histoire. Nous souhaitions donc pouvoir offrir à nos supporters un outil pratique pour être plus proche d’eux. Le 3 novembre dernier nous avons donc mis en ligne une toute nouvelle version. Et depuis nous ne cessons de voir notre fréquentation augmenter pour arriver à ce jour à plus de 50 000 visiteurs par mois. Nous constatons bien évidemment des pics de fréquentation lors de certains matchs en particulier (Nîmes – Clermont, Nîmes – Metz, Nîmes – Dijon). Je pense donc que la hausse d’audience du site s’explique par plusieurs facteurs dont notre nouveau site, l’engagement sur les réseaux sociaux et notre très belle année 2016 sur le plan sportif.

 

Les joueurs se rendent-ils disponibles facilement pour optimiser votre communication sur les réseaux sociaux ?

 

Bien sûr, mais je pense qu’il y a la place d’exploiter davantage cette ressource. Récemment une interview croisée et décalée réalisée avec le site PizzaSocialFootballClub.com a généré plus de 12 000 impressions sur Facebook et 2 700 vues sur notre site. Nos supporters sont friands de ce genre d’actualités. Ça leur fait vivre le football de l’autre côté, un peu comme s’ils y étaient. Une utilisation plus importante du format vidéo pourrait booster considérablement nos résultats en ligne.

 

Utilisez-vous des outils spécifiques dans l’animation des communautés sociales du club ?

 

Nous utilisons exclusivement des outils natifs des réseaux sociaux. Sur Facebook j’utilise régulièrement les publications sponsorisées, les appels au like, les événements ou depuis peu la vidéo. Je peux d’ailleurs vous annoncer en exclusivité que nous organiserons très bientôt un live questions/réponses de 20 minutes de notre Président sur notre page Facebook. Sur Twitter, l’utilisation des sondages permet d’avoir de bons retours mais dans tous les cas la seule clé de la réussite c’est l’interactivité.

 

Avez-vous un club modèle en matière d’animation des communautés sociales ?

 

Le Toulouse Football Club est bien évidemment un club modèle pour tout le monde car ils sont un peu précurseurs en la matière. On s’inspire forcément de tout ce qui se fait dans les autres clubs, mais il faut savoir proposer quelque chose de différent qui transforme le consommateur de football en véritable supporter.

 

Prodiguez-vous des conseils aux joueurs en matière de gestion de leurs propres réseaux sociaux ? Redoublez-vous de vigilance depuis les récents scandales liés à l’utilisation de Periscope ?

 

Pas vraiment. Ils savent que nous sommes à leurs côtés s’ils ont la moindre question mais nous n’intervenons pas directement dans la gestion de leurs réseaux sociaux. On est forcément plus attentif après la sortie de Serge Aurier, mais il n’y a pas vraiment de vigilance supplémentaire. En début de saison une note de service a été adressée à tous les employés du club, qu’ils travaillent dans le secteur sportif ou administratif. Ils représentent indirectement l’image du club sur internet et ils se doivent de respecter un devoir de réserve.

 

 

 

Nous tenons à remercier Jordan pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Si vous souhaitez prolonger la discussion, n’hésitez pas à suivre son compte Twitter 

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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