Maintenant qu'il a signé un compromis de vente avec la ville de Nîmes, Rani Assaf peut présenter son projet baptisé "Stade Nemausus", qui comprend le nouveau stade ainsi que 800 logements, 20 000 m2 de bureaux, une école supérieure, des commerces de proximité, une boutique et un musée du Nîmes Olympique. Présentation de ce nouveau quartier de Nîmes qui va sortir de terre en 2025 pour un coût estimé à un peu plus de 200 M€. 

"C'est une aventure un peu folle. Pas beaucoup de gens y croyaient au début !", résume Rani Assaf lui-même pour décrire son projet faramineux qu'il va financer à hauteur de plus de 200 M€ et qui devrait voir le jour en 2025. Au cœur de cet investissement, le stade Nemausus, qui est simplement pour l'instant le nom du projet. Un nom de stade sera trouvé au moment voulu. Pour l'instant le président nîmois a d'autres chats à fouetter.

Il en est pour l’heure à finaliser ce projet hors norme qui semble déjà bien ficelé : "Il est abouti d'un point de vue économique, sportif, de l'ingénierie et commercial", explique Rani Assaf. Une des premières caractéristiques du concept est que l'aménagement annexe et immobilier va permettre de financer le stade dont le coût s'élève à 55 M€ HT. "C'est plein de petites choses pour dégager suffisamment de bénéfices pour payer le stade", explique l'homme d'affaires.

Avant de les développer, place au stade et sa capacité maximale de 15 100 places. Une volonté de conserver le même site d'implantation afin, "de garder le stade en cœur de ville pour que les gens continuent de venir." Face au manque de surface et au coût colossal que cela entraînerait, Rani Assaf a expliqué l'impossibilité de rénover les Costières.

L'équipement va être rasé puis reconstruit avec une rotation à 90 degrés, c'est à dire dans le sens Nord-Sud. "L'UEFA ne veut plus que les stades soient orientés Est-Ouest, à cause du soleil qui peut gêner les gardiens", explique Jean-Jacques Bourdin, président d'honneur du Nîmes Olympique et animateur de la conférence de presse.

Une enceinte qui prévoit d'être moderne, dans l'ère du temps. "Ce sera l'autre arène vivante", compare Benoit Rivet, du cabinet d'architecte Valode et Pistre. Plus que l'amphithéâtre romain déjà bien exploité, ce nouvel espace sera utilisé 365 jours par an. "C’est un stade de foot polyvalent avec d’autres activités sur du réceptif (mariage, séminaires ...) et des événements d’entreprise mais pas dans l’optique de concert. Pour l'instant on ne va pas s’en servir de salle de spectacle. On n'est pas là pour concurrencer les arènes", détaille Rani Assaf.

Le businessman avait même pensé à couvrir le stade mais il a abandonné en raison d'un coût trop onéreux. Un équipement multifonction qui aura pour but de générer près de 10 M€ de revenus annuels supplémentaires en dehors du foot grâce à des salles de réception qui se trouveront en tribune présidentielle située en Est.

Elle sera la seule à avoir un accès dédié comme le parcage visiteur qui se trouvera à l'angle sud-est, près de l'autoroute. Les accès aux trois autres tribunes (Nord, Sud et Ouest) se feront par la partie Ouest devant l'actuelle polyclinique. À cet endroit sera créée une grande place où tous les supporters se rassembleront avant la rencontre au pied des commerces.

Des escaliers et escalators amèneront les spectateurs sur la toiture avec une vue panoramique sur tout le stade. Un grand espace "Bodega" a été conçu avec différents lieux de restauration, où tout le monde sera obligé de passer, qui fera tout le tour de l'enceinte avec une totale circulation quel que soit son emplacement.

Il faudra ensuite descendre pour regagner sa place. Chaque siège a été étudié pour proposer une vision parfaite du terrain et des écrans géants qui seront installés. "L'idée est de créer un chaudron à l'italienne et que les spectateurs soient le plus près possible de la pelouse en construisant des tribunes les plus verticales possibles", précise Benoit Rivet. La distance sera entre 8 et 10 mètres pour les fans les plus proches.

Concernant les loges, président et architecte réfléchissent à une idée unique et inédite. Incruster un hôtel dans la tribune présidentielle avec des chambres qui seraient en fait des loges et qui permettraient de voir le match. On comprendrait que certains s'endorment vraiment devant une rencontre.

À la vue des visages des décideurs, ce projet est plus qu'envisageable et Rani Assaf a affirmé que des contacts étaient en cours avec le groupe AccorHotels. On vous laisse imaginer le tarif de la location si une telle réalisation devait voir le jour.

Concernant les accès au stade, le parking existant va être évidemment modifié mais conservé. Des parkings souterrains verront le jour mais seront réservés aux résidents annuels et pour la partie bureau. Enfin, le projet d'un parking sur l'îlot sept Mas de Vignolles et un passage du public sous l'autoroute via le cadereau semble toujours d'actualité. "Pour l’instant personne n’a dit que ce n'était pas envisageable", assure le porteur du projet.

Une parcelle qui accueillera également la future Maison des associations financée par la ville de Nîmes et le stade provisoire du Nîmes Olympique qui devrait rester deux saisons (2021/2022 et 2022/2023). Cette enceinte temporaire devrait néanmoins coûter entre 8 et 10 M€ pour une capacité de 10 000 à 12 000 places avec des tribunes entièrement couvertes. "Là-dessus, j'ai écouté le coach qui m'a dit que de jouer dans une autre ville, le club ne survivrait pas", avoue Rani Assaf.

Si vous suivez et que tout se passe bien, l'actuel stade des Costières n'a plus que deux saisons encore à vivre. Le nouveau stade devrait être opérationnel au cours de la saison 2023/2024. Un investissement global de 200 M€ HT pour un projet qui doit être achevé en 2025 que le porteur espère rembourser en 25 ans.

Pour y parvenir, 800 logements vont sortir de terre. Des résidences classiques mais aussi seniors et étudiantes. Le projet comprend également une école supérieure d'enseignement, 20 000 mètres carrés de bureaux et des commerces de proximité. "Ne me parlez pas de concurrence avec le centre-ville, le stade est en centre-ville", anticipe déjà de répondre le président aux sceptiques. Pour les fans des Crocos, un musée et une vraie boutique sont prévus.

Ce nouveau quartier qui va modifier en partie la vie des Nîmois verra la création d'un millier d'emplois, en plus des 1 500 qui seront proposés pendant les travaux. Le président a également confié une précision juridique d'importance : "Si je me sépare du Nîmes Olympique, le club sera totalement protégé et pourra utiliser le stade."

Même si ce rendez-vous portait sur la présentation du nouveau projet, le patron du NO a fait le point sur le sportif et la situation financière actuelle du club : "On n’a pas aujourd’hui les structures ni les finances pour rester en Ligue 1. On y est et on va se battre mais on risque de redescendre. Ne vous inquiétez pas, il y a encore des joueurs qui arrivent. On ne va pas jouer à sept !" Un franc parler qu'il faut néanmoins souligner et une vision des choses très économique : "Normalement c’est le stade d’abord, la Ligue 1 après. Nous on a fait l’inverse. C'est comme ça."

Car même si ce n'est pas une condition première pour la viabilité du projet, il paraît essentiel que le Nîmes Olympique évolue dans l'élite au moment d'inaugurer son nouveau jardin. Un tel équipement fait déjà saliver, surtout qu'il sera le plus beau de la région. N'est-ce pas Jean-Jacques Bourdin, à qui on laisse le mot de la fin : "À Montpellier on nous parle d'un nouveau stade mais on ne le voit pas sortir de terre. On perd Savanier mais on aura un stade !" 

 

Corentin Corger

CONFERENCE DE PRESSE DU 25/07/2019

R. ASSAF :

 "L'aventure de départ semblait folle. Il y aura 15.000 places, près des 800 logements, une école supérieure d'enseignement, 20.000m2 de bureaux, des commerces de proximité... "

"On jouera jusqu'en 2021 aux Costières. On reviendra dans le nouveau stade en 2023."

"L'investissement sera d'un peu plus de 200 millions d'euros HT. C'est un projet de mixité sociale et urbaine."

"Le club sera l'exploitant 365 jours de l'année de son stade. Il pourra ainsi générer des revenus toute l'année. L'objectif c'est d'aller chercher 10 millions d'euros de revenus annuels pour le Nîmes Olympique"

"@AccorHotels_FR devrait gérer l'hôtellerie du nouveau stade."

"À terme c'est 1.000 emplois permanents sur le site, et 1.500 à 2.000 emplois sur la phase de construction."

"Le nom de code #StadeNemausus c'est provisoire, on fera appel aux supporters pour trouver le nom mais j'insiste, il n'y aura pas de naming."

"Il y aura un bail commercial entre le Nîmes Olympique et la holding. C'est très important car on ne peut pas sortir les gens avec un bail commercial. Quand je quitterai le Club, le Nîmes Olympique restera dans son stade."

"Le Stade Kader Firoud est envisageable. Mais ce sera peut-être Renaud Ripart car il aura inscrit 40 buts cette saison."

 

J.-J. BOURDIN :

"StadeNemausus c'est uniquement le nom du projet. Le nom du stade sera dévoilé plus tard. Mais il n'y aura pas de naming , Rani déteste ça."

"Le projet de Jean-Michel Aulas a inspiré Rani Assaf."

"C'est une promenade sécurisée pour permettre au père et son fils d'assister à un match dans les meilleures conditions."

 

BENOIT RIVET (Valode et Pistre) :

"Ce stade ce sont les nouvelles Arènes. La découverte se fera grâce à une grande place urbains au centre du projet. Ce sera un lieu de rencontre pour les supporters."

"On a voulu créer un quartier, avec en son cœur le stade. Ce n'est pas un stade à l'anglaise, mais plutôt un style latin. Avec des tribunes très verticales et proches de la pelouse. On a également intégré les problématiques inondations et vent. "

 

"Il y aura un musée pour retracer l'Histoire du Nîmes Olympique depuis 1937 et l'Histoire du site."

Conférence de presse sur la vente du stade :

R.A : "Je m'engage, il n'y aura pas de naming. J'ai horreur de ça. Un Stade n'est pas une marque."

R.A : "J'espère qu'on jouera fin 2024 début 2025 dans notre nouveau stade. On construira un stade provisoire Mas de Vignolles."

R.A : "Le football professionnel est devenu un football de spectacle. On travaille depuis presque 2 ans avec des architectes. Aujourd'hui on a un projet qui tient la route, entièrement financé avec les deniers propres."

J-Paul Fournier : "Je suis heureux de vous annoncer que nous avons trouvé un accord pour vendre le Stade des Costières au Nîmes Olympique pour un coût de 8 millions d'euros. Ce stade aura une capacité de 15.100 places"

Jean-Paul Fournier : "Le Stade des Costières n'est plus adapté au développement du Nîmes Olympique."

R.A : "Le Club sera l'exploitant du stade, le but c'est qu'il puisse tirer des revenus de l'événementiel, des séminaires, de la restauration. Le Club aura l'exploitation du nouveau stade 365 jours par an."

R.A : "Il y aura une présentation précise du projet mi-juillet."

R.A : "La conception du Stade depuis le début était de 15.000. Il n'a jamais été question de 12.000 places."

R.A : "Il y aura des parkings souterrains et un parking côté Mas de Vignolles avec passage du Cadereau sous l'autoroute."

R.A : "Le Stade va arriver en 2025, est-ce que le Club restera en L1 jusque là? Je l'espère. On va tout faire pour."

R.A : "Le stade modulable devrait avoir une capacité de 10.000 places, toutes couvertes."

R.A : "Je n'investis pas plusieurs millions d'euros pour laisser le Club après."

R.A : "Il faut revenir de la folie des grandeurs, on a construit des stades immenses et on n'arrive pas à les rentabiliser."   (26/06/2019)

Futur stade des Costières : la ville en veut plus !

 Jeudi en fin de journée, une réunion discrète s'est déroulée au sein de la mairie de Nîmes. À la table, Rani Assaf, le patron du Nîmes Olympique, accompagné de son ami Fabien Bonicel, promoteur immobilier bien connu. De l'autre côté, on retrouvait l'équipe municipale nîmoise en charge des premières négociations, Julien Plantier, adjoint au sport, Pascal Gourdel, adjoint délégué aux finances, aux commerces, aux foires et marchés, et le directeur général des services, Christophe Madalle. À noter une absence de marque, celle du maire Jean-Paul Fournier.

Selon nos informations exclusives, les échanges ont porté sur le prix de vente de l'enceinte sportive où évoluent les Crocos. Alors qu'elle est estimée à 5 millions par les Domaines, la Ville souhaite en obtenir un million de plus lors de la transaction, soit 6 millions. La capacité d'accueil de l'enceinte sportive fait elle aussi débat. La mairie de Nîmes souhaite absolument une jauge à 15 000 places pour le futur stade. Loin des 12 000 prévues par Rani Assaf dans son projet initial.

Enfin, en ce qui concerne la réalisation d'une enceinte provisoire où pourraient jouer les Nîmois - à proximité du stade actuel - durant les travaux de démolition et de reconstruction, là aussi, les avis divergent... La municipalité aurait l'intention de construire à cet endroit précis un futur gymnase accueillant une partie des associations sportives amateurs qui sont aujourd'hui hébergées sur le site de l'actuel stade et qui pourraient se retrouver sans local après la destruction des Costières.

À la fin de l'entrevue, les protagonistes se sont donc donnés rendez-vous dans les prochaines semaines pour avancer sur les solutions possibles. Pour autant, selon une source très proche du dossier, "Rani Assaf ne cachait pas sa déception."

 

Au-delà de la lenteur administrative, le président du Nîmes Olympique devra aussi faire face aux interrogations soulevées par son projet très ambitieux. À quelques mois d'une campagne municipale haletante, Jean-Paul Fournier n'a pas le droit à l'erreur et, tel un fin bâtisseur, il veut s'assurer que c'est avant tout le projet sportif de l'équipe préférée des Nîmois qui dictera les choix autour de ce nouvel équipement exceptionnel.

OBJECTIF GARD (20/04/2019)

Les Domaines ont donné leur estimation : 5 millions d’euros. Un montant étonnamment faible mais qui fait écho à un ambitieux projet de reconstruction porté par Rani Assaf, le président du Nîmes Olympique.

Cette demande d'estimation par la ville de Nîmes faisait suite à la proposition de rachat de l'enceinte sportive par Rani Assaf, le président du Nîmes Olympique, en vue de démolir l'actuel enceinte nîmoise devenue obsolète pour la Ligue 1 pour faire place à un stade moderne flambant neuf.

Le montant estimé que le journal Objectif Gard est en mesure de révéler est de 5 millions d'euros. Une valeur vénale qui paraît étonnante au regard du montant de la construction de ce stade qui avait coûté aux Nîmois il y a tout juste 30 ans, 160 millions de francs soit environ 24 millions d'euros.

Par ailleurs, cette vente permettrait à la ville de Nîmes de récupérer immédiatement en cash cette somme mais, en contrepartie, elle devrait s’asseoir sur un loyer de 350 000 euros à 400 000 euros chaque année, une manne correspondant au montant des loyers dont s'acquitte le club pour les 19 matches à domicile (*). Sans compter le coût de l'occupation permanente des services de direction et administratifs du club sur le site des Costières...À présent les négociations vont pouvoir démarrer entre le club et la Ville pour l'acquisition du stade des Costières mais aussi sur l'ensemble des aspects techniques de ce projet. En particulier sur la jauge du futur stade (moins de 15 000 places, NDLR) que le maire, Jean-Paul Fournier, considère comme faiblarde mais aussi sur le projet immobilier dans son ensemble.

Dans une interview récente accordée à notre rédaction, le premier édile de Nîmes rappelait que "le plus important c'est que nous avons la main sur le PLU (plan local d'urbanisme, NDLR). Il ne se fera pas n'importe quoi sur le site. Et puis, pour le moment, le projet n'est pas bouclé. En fonction de l'estimation des Domaines, il y aura discussions. Tout cela n'est pas pour demain. Pas avant quelques années." Attendre et voir.

Abdel Samari

 

* La convention liant le NO et la Ville prévoyait un montant de 12 000 euros en ligue 2 et de 18 000 euros en Ligue 1.

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes