France Football du 07/04/2015
France Football du 07/04/2015

Jean-Marc Conrad (président du Nîmes Olympique): « Je n’ai jamais joué le maintien. Je joue pour gagner ! »

Jean-Marc Conrad est le nouveau président du Nîmes Olympique, fraîchement maintenu en Ligue 2. Depuis longtemps, l’entrepreneur passé notamment par Arles-Avignon souhaitait arriver à la tête des Crocos. Où l’on parle de rêve, de Jean-Jacques Bourdin et de Patrick Bruel. 

 

Crédit photo: William Truffy (Midi Libre)

Crédit photo: William Truffy (Midi Libre)

Jean-Marc Conrad, vous êtes arrivé au Nîmes Olympique il y a peu de temps. Pouvez-vous nous raconter comment ?

Cela remonte à 4 ans. J’avais eu des contacts avec Jean-Louis Gazeau quand j’ai quitté Arles-Avignon. J’avais une tendresse particulière pour le club de Nîmes. On s’est rencontré plusieurs fois, on a eu des échanges mais l’affaire ne s’est pas faite à cette époque-là. Derrière, on a justement réussi à mettre en place une collaboration qui s’est faite d’une manière un peu informelle. Au fil des années, des possibilités se sont créées. Il voulait vendre, je voulais acheter. Les conditions ont été réunies pour le faire. Ça a mis 4 ans !

Après votre départ d’Arles-Avignon, vous aviez été aperçus dans les tribunes des Costières avec Michel Estevan (entraîneur d’Arles lors de l’ascension de la CFA2 à la L1). Les supporters acéistes avaient l’habitude de dire que reprendre le NO était votre rêve commun.

C’est vrai ! C’est la vérité ! Le rêve s’est réalisé, au moins pour Jean-Marc Conrad.

Est-ce que Michel Estevan pourrait venir sur le banc du NO ?

Tout de suite, ça me semble compliqué (ndlr: l’entraîneur actuel est René Marsiglia). Après, dans le football, s’il y a bien des mots qu’il ne faut jamais employer ce sont « jamais » et « toujours ». Je ne dis pas que ça ne se fera jamais et je ne dis pas que ça se fera non plus. On verra. Aujourd’hui, on est maintenu, on savoure un peu. On avait comme objectif de nous maintenir lors de la dernière journée, on avait ça en ligne de mire. On a la chance d’y être arrivé avant, c’est tant mieux. On va savourer quelques jours.

Au Nîmes Olympique, on avait l’habitude de ne pas prendre de gamins dans le Vaucluse. Maintenant, c’est nous qui allons les prendre. C’est plutôt positif.

Vous avez été à la tête de nombreux clubs dans la région entre le Vaucluse, les Bouches du Rhône et le Gard à présent. C’est un itinéraire particulier.

C’est la preuve que j’ai la passion. Après mon aventure chez les professionnels, je me suis retrouvé au Pontet car j’avais des liens avec le maire de l’époque (ndlr: Alain Cortade). Le club était en grandes difficultés l’année dernière. Il allait couler, il fallait un investissement car il manquait de l’argent. Il m’a demandé de venir donner un coup de main et Le Pontet est monté en CFA. J’ai remis le club d’aplomb, je l’ai remis sur les rails. La réserve va monter, les 19 ans aussi. Je céderai le club dans quelques jours à quelqu’un de très bien, que je connaissais et que j’ai fait venir. Le Pontet restera un club partenaire parce qu’au Nîmes Olympique, on avait l’habitude de ne pas prendre de gamins dans le Vaucluse. C’est Montpellier qui prenait les Belhanda ou Monaco les Muratori. Le Vaucluse a eu beaucoup de joueurs comme Rocchi aussi. Maintenant, c’est nous qui allons les prendre. C’est plutôt positif.

Est-ce que le récent changement de municipalité au Pontet (ndlr: le nouveau maire est le Front National Joris Hebrard) est à l’origine de votre départ ou vous pensiez que votre mission était achevée ?

Le rachat du Nîmes Olympique était acté avant ce changement. Il n’y a pas de cause à effet.

Je pose la question car vous avez été engagé en politique (ndlr: tendance centre-droit).

Ça, c’est quand j’étais jeune !

Il y avait des galéjades qui disaient que, quand vous preniez un club, c’était pour in fine prendre la mairie. On parlait surtout d’Avignon.

Non, ce n’est pas vrai. Quand j’étais à Arles-Avignon, je me suis présenté à l’Isle-sur-la-Sorgue, donc ça n’a rien à voir. Je ne me suis pas présenté au Pontet. Et actuellement, je ne vis pas dans le département dans lequel est mon club. La politique, c’est quelque chose que j’ai essayé mais je ne suis pas fait pour ça. Je sais très bien manager les clubs de football. Et en plus, j’ai maintenant le bonheur de diriger le club que j’ai toujours voulu diriger. Je suis loin de tout ça. Si je m’étais intéressé à Avignon, c’était le moment où jamais: la droite cherchait un homme, entrepreneur, de 50 ans. Ça ne m’a même pas effleuré l’esprit.

Pour le grand public, du moins celui qui s’intéresse au football, vous êtes l’homme qui a réussi de très belles choses avec Arles (ndlr: 2 montées consécutives, du National à la Ligue 1)

C’est vrai, c’est vrai. J’ai fait aussi des montées quand j’étais à l’Isle-sur-la-Sorgue, avec Le Pontet, à Arles. J’en ai fait dans tous les clubs où je suis passé. J’ai quand même une recette qui semble fonctionner. Maintenant, ça doit se faire à une plus grande échelle parce que le Nîmes Olympique, c’est un club majeur. Le NO fait partie des 15 plus grands clubs de France.

A l’époque de sa montée en L2 puis en L1, on disait qu’Arles avait une équipe et pas de stade et Nîmes un stade et pas de club.

(Rires) J’espère que dans quelques mois, on dira qu’à Nîmes, on a un stade et une équipe !

Pour en revenir à votre parcours avec Arles-Avignon, ça s’est mal fini.

Non, ça ne s’est pas bien fini. Parce que je n’ai pas voulu que ça se finisse bien, c’est tout. J’ai fait un choix, j’ai renoncé.

En gardez-vous une rancœur à l’égard de Marcel Salerno ?

Une rancœur non. Mais il y a évidemment de l’amertume. Après, quand je vois le niveau du mode opératoire… je n’ai même pas de mots pour qualifier les choses !

Ils sont où les Drucker, les Renaud, les Bruel ? Tous ces gens qui venaient au club (à Arles-Avignon), qui avaient du bonheur avec les joueurs ?

Au moment où vous étiez actionnaire du club à hauteur de 5%, il se murmurait que vous étiez prêt à céder une partie de vos actions à des membres des « Suportaïre Arlaten » (ndlr: principal groupe de supporters de l’ACA créé en 2008). C’était vrai ?

Non, c’est faux ! A un certain moment, il y a eu une certaine volonté du club de céder des actions aux supporters. J’en avais parlé avec des dirigeants du groupe. Et puis les Suportaïre Arlaten et moi, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour ! Je ne sais pas pourquoi il y a tant de haine parce que, finalement, je n’ai donné que du bonheur à Arles. Si Arles-Avignon est ce qu’il est, c’est grâce à Jean-Marc Conrad ! Pas grâce à Salerno ! Si Jean-Marc Conrad n’était pas venu à Arles, Arles serait encore à Arles. Tant pis pour les Arlésiens d’ailleurs ! On n’aurait jamais fait cette aventure-là ! Si je n’avais pas eu l’ingéniosité d’aller à Avignon, on n’aurait pas eu de stade du tout et Arles ne serait pas monté ! Grand bien leur fasse ! La page est tournée. Ce n’est plus mon histoire. Ce club ne me ressemble plus.

Revenons au NO. Vous venez de prendre à la cellule recrutement Sébastien Piocelle qui a joué à Arles, à Nîmes et au Pontet. Mais ce qui a surtout étonné, c’est que vous avez ramené Jean-Jacques Bourdin !

Tout à fait ! Il sera vendredi au match à Créteil. C’est un Gardois, il aime le Nîmes Olympique, il est Croco de coeur. Il connaît le sport. Je lui ai proposé d’être des nôtres. On présentera notre projet le 7 juin prochain. J’ai su le convaincre comme j’avais su convaincre Michel Drucker à l’époque avec Arles-Avignon. Bon, il a oublié depuis… Ils sont où les Drucker, les Renaud, les Bruel ? Tous ces gens qui venaient au club, qui avaient du bonheur avec les joueurs ? Ils auront des souvenirs, c’est bien…

Popopopopopopopololo ! Olé !

Popopopopopopopololo ! Olé !

Avec Arles-Avignon, vous aviez aussi eu des projets de maillots dessiné par Christian Audigier (ndlr: créateur notamment de la marque Ed Hardy). Rassurez-nous, vous n’envisagiez pas de les porter sérieusement ?

Peut-être pas dans l’état mais dans l’esprit oui.

A présent que vous vous êtes maintenus avec le NO, c’est quoi l’objectif pour la saison prochaine: le maintien ou la montée ?

Je n’ai jamais joué pour le maintien ! Jamais ! Ce n’est pas dans ma nature. Je joue pour gagner !

On peut s’attendre à un gros recrutement dans ce cas ?

Il faudra de la cohérence dans notre recrutement pour avoir une équipe équilibrée qui soit percutante, performante, avec des valeurs qui me caractérisent comme la volonté, la combativité, la bravoure, l’envie, l’abnégation. Ce sera une équipe qui me ressemblera.

François Miguel Boudet
@fmboudet

http://www.outsider-mag.fr/

"La Provence" 13/04/2014
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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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