Le Nîmes Olympique a été tenu en échec aux Costières par Montpellier 1-1 après avoir longtemps mené au score et dans le jeu.

Les Costières étaient combles jusqu'aux limbes pour ce derby, considéré comme le match de l’année. 18 000 personnes, toute acquise à la cause du Nîmes Olympique. Une après-midi rouge malgré le vent et le froid. Le plaisir ne tardait pas à inonder les lieux. Dès la 50e seconde, un centre de Maouassa était repoussé en corner. Savanier se chargeait de le déposer sur la tête de Landre, qui d’une terrible coup de casque, ouvrait le score (1-0, 2e) en prenant le meilleur sur Le Tallec. Impossible de mieux débuter ce genre de combat.

Les Nîmois pouvaient savourer. Mais cette ouverture du score rapide, les incitait logiquement à un peu de prudence. De leur côté, les Montpelliérains ne produisaient pas grand-chose et les occasions de but étaient rares. Les Crocos attendaient de voir le MSHC sortir un peu de son camp pour planter quelques piques. C’était le cas, à la 26e, quand un ballon contré par Ripart se transformait en contre-attaque. Malheureusement, Alioui dosait mal sa dernière passe à destination de Ripart.

Les Crocos faisaient subir un fort pressing au milieu de terrain visiteurs qui avait bien du mal à proposer du jeu. Les hommes de Michel Der Zakarian se manifestaient surtout avec de trop nombreuses fautes, que monsieur Gautier refusait jusque-là à sanctionner par un carton jaune.

À la demi-heure, Delort, l’ancien Croco faisait peur au public en reprenant un ballon au second poteau. Mais le tir n’était pas cadré, et l’attaquant héraultais était signalé en position de hors-jeu (32e). À la pause, Nîmes, plus agressif, imaginatif et cohérent, menait 1-0 sans qu’il n’y ait rien à redire.

De retour des vestiaires, 47e dans un angle très fermé, Ripart cadrait et Lecomte repoussait. Dix secondes plus tard c’est Savanier qui mettait le portier adverse à contribution. Sur un beau service de Thioub, Ferri mettait un plat du pied que Lecomte repoussait (53e). 

Montpellier passait en 4-4-2 et la physionomie changeait complètement. Les Héraultais prenaient les choses en mains et Nîmes soufrait mille maux. Constamment sur la défensive, les Crocos qui avaient laissé des forces dans la bataille tentaient de résister aux assauts de visiteurs déjà plus pressants que lors du premier acte. Dans les dix dernières minutes on assistait à une attaque-défense de part et d'autre et le match risquait à chaque instant de basculer.

Bernardoni sauvait la maison nîmoise à de nombreuses reprises. Deux fois (65e et 73e) face à Skuletic, le gardien du Nîmes Olympique faisait des miracles. La défense des Crocos cédait tout de même face à Delort bien lancé par Laborde (1-1, 75e). Un temps invalidé pour un hors-jeu, le lob astucieux du l'attaquant visiteur déclenché à l'entrée de la surface nîmoise était finalement accordé par l'arbitre après consultation du VAR.

En souffrance, les joueurs de Bernard Blaquart résistaient jusqu’au bout pour ne pas laisser échapper le point du match nul. Ils le devaient en grande partie à Bernardoni qui d’une superbe horizontale repoussait (90e+1) un but tout fait de Le Tallec. Nîmes n’a pas eu sa revanche mais a montré tout de même un beau visage et a mérité le respect de ses supporters et de ceux de Montpellier...

Norman Jardin

FICHE TECHNIQUE

23e journée de ligue 1. NÎMES OLYMPIQUE – MONTPELLIER 1-1. Stade des Costières. Mi-temps : 1-0. Spectateurs : 18 045.  Arbitre : M. Gauthier. But pour Nîmes : Landre (1e). But pour Montpellier : Delort (75e). Avertissement à Nîmes : Alioui (66e) et Briançon (77e). Avertissement à Montpellier : Mollet (45e).  

 

Nîmes : Bernardoni – Alakouch, Briançon (cap), Landre, Maouassa – Ferri, Savanier, Valls (Bobichon, 88e) – Thioub (Bouanga, 71e), Alioui (Guillaume, 79e), Ripart. Remplaçants non utilisés : Valette, Paquiez, Harek et Bozok. Entraîneur : Bernard Blaquart.

Montpellier : Lecomte - Congré, Hilton (cap), Mendes, Le Tallec, Suarez (Sambia, 45e) – Lasne, Skhiri, Mollet (Skuletic, 58e) – Laborde, Delort (Ristic, 88e). Remplaçants non utilisés : Bertaud, Cozza, Oyongo et Gonzales. Entraîneur : Michel Der Zakarian. 

Anthony Briançon : « On a des regrets parce qu'on tenait un match à notre portée, mais dans l'état d'esprit il n'y a pas grand-chose à dire. C'était un derby, on a vu beaucoup d'intensité dans les duels, et on joue au foot pour ces ambiances, ça fait plaisir de voir autant de gens. À l'aller on avait été ridicules (0-3), on s'est fait humilier, aujourd'hui on a montré le vrai visage du Nîmes Olympique, on peut sortir la tête haute. »

 

Bernard Blaquart : « C'est un résultat logique. On a deux ballons pour enfoncer le clou, Nîmes a mieux commencé, mais Montpellier a mieux fini. Il y a un peu de frustration, c'est normal, on a toujours envie d'emporter un derby. Ce match a été défensif, cela a été très difficile de s'exprimer pour les joueurs offensifs. On a peut-être baissé physiquement au cours de ce match. Je regrette de ne pas avoir été au bout de nos quelques bons ballons de contre-attaques. Pour sa rentrée, Petar Skuletic nous a fait du mal. Aujourd'hui, il nous manque encore 10 points pour décrocher notre maintien. »

 

 

Michel Der Zakarian : « On prend un but sur le premier corner du match... On a été punis parce qu'on n'a pas été attentifs, on n'était pas au marquage. Après, dans le jeu, on ne fait pas non plus une grande première période. Et puis, c'est compliqué aussi de pratiquer un bon football sur ce terrain, très sableux. Après la pause, on a changé de système de jeu, mais on a surtout mis plus de vitesse, plus d'animation dans notre jeu, et on a réussi à marquer au bon moment. De là-haut, Loulou (Louis Nicollin) nous a donné un petit coup de main (Andy Delort a égalisé à la 74e minute, 74 comme l'âge auquel est décédé le président historique de Montpellier Louis Nicollin) ... Sur la fin, on aurait même pu gagner ce match, dommage. L'objectif est de rester dans les cinq premiers. »

 

Andy Delort : « Marquer à la 74e (l'âge auquel est décédé le président historique de Montpellier Louis Nicollin), c'est un signe, pour moi, enfant de la région ! Tous les supporters savaient que j'allais marquer. On fait preuve de force mentale, on prend ce but d'entrée, tout le public pousse, c'était un match compliqué. Ils nous ont bouffés d'entrée, dans les duels, sur les seconds ballons, et après le coach a bien parlé, on est passés dans un autre système et on les a bousculés à notre tour. Petar (Skuletic) commençait à gagner des duels, des longs ballons, son entrée nous a fait du bien, celle de Junior Sambia aussi. Moi je ne cogitais pas, j'étais persuadé que ça allait revenir, je faisais des bons matches. La semaine dernière contre Caen (2-0) j'aurais pu jouer six jours d'affilée sans marquer un but, ça arrive. Mais je suis quelqu'un qui ne doute pas. » 

La particularité de ce derby du Languedoc, c'est sa rareté. Depuis 1974 et la fondation du club actuel de Montpellier, 22 affrontements se sont déroulés. Dimanche ce sera seulement le 12e qui sera joué à Nîmes. Retour sur ces différents matches. 

Les premiers clubs qui représentent Montpellier et Nîmes ne sont pas connus sous les noms actuels. Le SOM (Sport Olympiques Montpelliérains) et le SCN (Sporting Club Nîmois) s'affrontent déjà en Première division lors de la saison 1933/1934. Les deux formations sont d'ailleurs toutes les deux reléguées, la saison suivante. Le premier club nîmois décline et disparaît pour laisser place dès 1937 au Nîmes Olympique.

Le SOM, lui, poursuit sa route jusqu'en 1970 et change de nom pour se nommer Montpellier Littoral Sport Club. Jusqu'en 1974, date de la fusion avec l'Association Sportive de la Paillade qui donne naissance au club actuel, qui s’appelle le Montpellier Hérault Sport Club depuis 1989. Voilà pour le point historique. C'est donc naturellement que l'historique des confrontations débute à cette période. Le premier de cette ère a lieu en Coupe de France. À l'époque la compétition se déroule en match aller-retour. Après une facile victoire 3-0 des Crocos, alors pensionnaires de Division 1 face à des Héraultais qui évoluent au troisième échelon, les hommes de Firoud encaissent rapidement deux buts au retour. Un but de Daniel Sanlanville et un doublé de Gilbert Marguerite permettent aux Nîmois de se qualifier pour les 8es de finale.

En 1982, les trajectoires des deux clubs commencent à s'inverser. Montpellier continue de gravir les échelons et reviennent d'une première expérience dans l'élite. Nîmes enchaîne une deuxième saison en Division 2. Pour la première fois que les deux formations se retrouvent dans le même championnat, les joueurs de Pierre Barlaguet s'imposent 2-0 avec un but de Cubaynes. Après avoir fait l'ascenseur, les deux équipes bataillent pendant trois saisons consécutives pour retourner en Division 1. Le spectacle est terne puisque les trois affiches offrent seulement des matches nuls : 1-1 lors des saisons 1984/1985 (but du Danois Nygaard) et 1986/1987, 0-0 en 1985/1986 devant 10 000 spectateurs au stade Jean-Bouin. À la fin, ce sont les Montpelliérains qui retrouvent la première division, les Gardois finissent sixièmes.

Après quelques années à rester englués à l'échelon inférieur, les Crocos retournent en D1 lors de la saison 1991/1992. En termes de résultats, le rival a pris le dessus mais pour le premier derby aux Costières, l'équipe entraînée par René Girard gagne 2-1 grâce à un doublé de Philippe Vercruysse. Un succès acquis devant 19 965 spectateurs, sixième affluence de l'histoire de l'antre nîmoise. La saison suivante, c'est un piètre nul 0-0 qui attend le public, au terme de laquelle le Nîmes Olympique quittera la Division 1 et devra attendre 25 ans avant d'y revenir.

Le club gardois chute jusqu'en National, alors que le MHSC empile les saisons dans l'élite. Les chances de se rencontrer s'amenuisent. En difficulté dans son groupe B, Nîmes va souffler grâce à la Coupe de France et vit une épopée qui mène le club jusqu'en finale au Parc des Princes. Pour que l'histoire soit encore plus belle, après avoir éliminés Strasbourg et Saint-Étienne, les Rouge accueillent leur voisin en demi-finale. Pour les joueurs de Michel Mézy, coach de Montpellier, qui joue les premières places en D1, ce match ne semble qu'une formalité.

L'illustre président "Loulou" Nicollin chambre déjà et annonce rentrer en cheval à la Paillade en cas de défaite. Devant 21 366 spectateurs, les supporters nîmois enragés voient l'improbable se produire. Dès la 9e minute, Abder Ramdane fait chavirer le peuple rouge. La génération des Ecker, Jeunechamp, Belbey réalise le plus gros exploit des Nîmois et grave ce derby dans l'histoire. La saison suivante Montpellier revient aux Costières, pour un 8e de finale de la Coupe de la Ligue. La ferveur est moindre et les Crocos s'inclinent 1-0.

Après 13 saisons consécutives au premier niveau, les Héraultais rechutent en deuxième division où les Nîmois végètent depuis cinq saisons. Les deux formations s'affrontent lors de la saison 2000/2001. Rui Pataca et Maoulida, qui a porté les deux maillots, offrent une nette victoire 2-0 aux Pailladins qui remontent immédiatement. Nîmes descendra en National, en fin de saison.

Le dernier affrontement date de la saison 2008/2009, qui entérine la dernière apparition du MHSC en Ligue 2. Ce 10 avril 2009, pour la 31e journée, le promu Nîmois alors lanterne rouge joue sa survie. Comptant six points de retard sur le 17e, la victoire est obligatoire. Montpellier, 4e, cherche à rattraper son retard sur Lens. Menés 1-0 à la pause, les Crocos de Jean-Michel Cavalli renversent la situation. À la 53e minute, Jonathan Ayité égalise avant de laisser sa place à la légende Robert Malm. À dix minutes du terme, le Togolais lance Jean-Jacques Mandrichi au but qui trompe Carrasso. Au final, Nîmes se sauvera in extremis et Montpellier retournera en Ligue 1.

Dimanche, place au 12e derby disputé à Nîmes, pour peut-être une sixième victoire nîmoise à domicile contre quatre nuls et deux défaites.

 

Corentin Corger

Jean-Jacques Mandrichi, prononcé "Mandrique", à l'époque par les supporters, a joué au Nîmes Olympique de janvier 2009 à août 2010. L'attaquant de 34 ans, qui évolue désormais à Istres (N3) a marqué 18 buts en 62 apparitions sous le maillot rouge. Le plus marquant reste celui contre Montpellier, le 10 avril 2009, remporté 2-1 par Nîmes. Dernier buteur nîmois dans un derby aux Costières, il donnera le coup d'envoi fictif dimanche et revient pour nous sur ce match à part. 

Objectif Gard : Lors du dernier derby, 31e journée de Ligue 2 saison 2008/2009, Nîmes est dernier avant la rencontre. Pouvez-vous raconter dans quel contexte vous aviez préparé ce match ? 

C'était un peu particulier dans notre position et la leur (4e). C'était complètement l'opposé. On savait que malheureusement, on n’avait pas le droit à l'erreur. Encore plus dans un derby. C'avait été une semaine assez particulière avec des intimidations d'un côté et de l'autre. Les gens en parlaient quinze jours, trois semaines avant. On était parti en mise au vert plusieurs jours. La veille du match, toute la nuit, j'avais eu des petits soucis aux dents. Je n'avais pas dormi, j'avais fait nuit blanche. Ça m'avait marqué parce que quand j'ai joué le match, j'étais en sur-régime par rapport aux cachets. Si j'avais été dans un jour normal, on aurait écrasé le match. Je me rappelle que j'avais eu plusieurs opportunités. Déjà, d'être debout sur le terrain c'était un miracle pour moi. Je ne baisse pas les bras comme ça, faut vraiment que j'ai plus de jambes pour ne pas jouer. J'ai pris mes responsabilités et ça a payé. Tu oublies tout, c'est à vivre. C'est pour ça que les joueurs doivent savoir la chance qu'ils ont de jouer ce genre de matches.

À la mi-temps, vous êtes menés 1-0, vous vous souvenez de l'état d'esprit dans le vestiaire ? 

Malgré ça, on faisait un très bon match dans l'engagement, le monopole du ballon. On avait eu beaucoup d'occasions. L'entraîneur (Jean-Michel Cavalli) était serein. Il savait qu'on pouvait faire pencher la balance de notre côté. C'est ce qui a été fait en deuxième mi-temps. On aurait pu l'emporter plus facilement. Tu avais Montpellier en face, les noms qui avaient, c'était une sacrée équipe, puis il monte en fin de saison. Nous on est 37 fois relégables, on s'en sort une fois sur la dernière journée avec douze points à la trêve, c'est miraculeux. 

Ce but 2-1 à la 80e, vous vous en souvenez ? 

Oui (il marque un temps d'arrêt), après toutes ces occasions que j'avais eues. Là, j'étais obligé de marquer. Après le but, tu ne réfléchis plus, tu te laisses aller. Les dix dernières minutes étaient longues. On attendait que le coup de sifflet final. Un match et la soirée avec les supporters en ville, c'était fantastique et inoubliable. Ce but permet d'espérer pour le maintien. Si on fait match nul, sûr qu'on descend à la fin. On avait un groupe hyper solidaire. Cette année-là on ne pouvait que s'en sortir. Un maintien comme ça, de nos jours on n'en verra plus. Ça vaut plus que des montées. J'ai mis quelques buts importants mais celui-là, dans un derby... On voit encore aujourd'hui dix ans après que les gens n'oublient pas. Quand je viens à Nîmes, on m'en parle tout le temps. Cela fait plaisir de voir que dans la vie quand on fait ce qu'il faut et que l'on donne tout, les gens sont toujours reconnaissants.

Ça fait quoi de se dire qu'à partir de dimanche vous ne serez peut-être plus le dernier buteur nîmois dans un derby aux Costières ?

Ce n'est pas grave ! Quoi qu'il arrive, je resterai toujours ancré dans l'histoire des derbies. J'espère qu'il y aura un nouveau buteur ce week-end et que ça portera chance à l'équipe. Au vu du match aller, c'est sûr qu'ils ont une revanche à prendre. Après les derbies, je sais comment c'est, surtout ici. Peu importe la manière, il faut gagner.

Nîmes est vraiment un club qui a marqué votre carrière ?

Je suis au quotidien le club. Quand je peux regarder les matches, je regarde. Les résultats pareils. C'est un club qui a énormément compté pour moi et qui a été une très bonne expérience pour ma carrière. Je ne peux pas oublier ce qu'on a fait, ce que le club a fait pour moi, les supporters. J'ai toujours été bien accueilli. C'est un club qui comptera toujours.

Ça vous fait quoi de donner le coup d'envoi fictif dimanche ?

C'est une fierté. Il n’y a rien en ce moment qui pouvait plus me faire plaisir. Je suis très content, surtout pour un derby. Venir ici et rentrer en plein milieu du terrain, ça va être un moment très émouvant pour moi. Je suis parti en très bons termes. Je pense que je suis apprécié. C'est à moi de leur rendre maintenant !

Quels conseils pourrais-tu donner aux joueurs pour ne pas se laisser submerger par l'émotion ? 

Ce n'est pas évident mais faut arriver à occulter tout ça. Se servir du contexte comme une force. Il ne faut pas faire n'importe quoi et ne pas croire qu'en mettant des coups... Au contraire, ça sera l'équipe la plus intelligente sur cet aspect qui l'emportera. Ce n'est pas ce qui me fait un peu peur mais Montpellier a beaucoup plus d'expérience. Donc ils ont plus l'habitude de jouer ce genre de matches. Nîmes ça va être un peu plus foufou avec des jeunes. Mais je fais confiance aux gens d'expérience présents dans le club. Le plus difficile c'est de ne pas déjouer, de garder la tête froide et de ne pas perdre ses nerfs. Si tu commences à prendre un (carton) rouge, ça peut devenir très compliqué. Le public ne mérite pas de perdre et de voir l'équipe faire n'importe quoi.

Propos recueillis par Corentin Corger

 

Le souvenir de Laurent Tourreau, directeur des opérations du Nîmes Olympique : "Je n'ai jamais vu une telle explosion de joie aux Costières depuis le but de Mandrichi. D'habitude la célébration dure cinq secondes, là pendant 40 secondes les gens criaient. C'est un souvenir incroyable." 

Comment ne pas évoquer un derby Nîmes-Montpellier, sans profiter du sourire et du franc-parler d'un pur nîmois, Laurent Boissier, le directeur sportif du Nîmes Olympique. Plongé dans le club par son père Bernard, celui qui au club a occupé quasiment tous les postes évoque la fin du mercato et la rencontre de dimanche à travers ses souvenirs. 

Objectif Gard : Le mercato hivernal se termine demain soir à minuit. Peut-il y avoir des transferts dans ces dernières heures ?

Laurent Boissier : Tant que ce n'est pas terminé, tu ne peux pas dire que c'est fini parce que tu ne sais pas ce qui peut se passer. Il s'en passe tellement dans le football ! Ce que je peux dire, c'est que je pense que l'on va rester comme on est.

On a vu Olivier Boscagli, samedi lors du match à Nice (2-0), encore très proche de ses anciens coéquipiers. Pourquoi son retour ne s'est-il pas fait ?

C'est quelqu'un qui a passé de très bons moments ici. C'est une opportunité qui était réalisable pour nous. On pensait qu'elle pourrait l'être. Maintenant, la situation de Nice fait que pas grand monde prend de décisions là-bas. Les dirigeants actuels s'en vont le 31, les autres arrivent le 1er. Donc tu ne sais pas trop qui décide et ça dessert dans ce dossier. Apparemment, aujourd'hui il n'entre pas dans les plans de jeu de l'entraîneur (Patrick Viera). Le gamin a besoin de temps de jeu. Nous c'est quelque chose qui peut nous intéresser, peut-être pas pour cette année parce que l’on n’en a pas spécialement besoin. On est paré dans l'axe. Ce n'est pas une urgence mais c'était en prévision des saisons futures. On a essayé de le tenter. Olivier sera toujours un joueur sur qui on aura un œil.

Même avec une offre de 10 millions posée sur la table, pas de départ côté nîmois ?

Ce n'est même pas une question de montant. C'est la volonté des uns et des autres. On cherche le maintien. On ne veut pas mettre le groupe en péril pour trois, quatre mois. Tout le monde est concerné, concentré sur les matches. Je pense que l'on va finir comme ça et tant mieux. Je suis super content de garder tous mes joueurs. C'est une preuve de solidité de ce club et de se dire qu'aujourd'hui on n’est pas obligé de faire des choses pour exister.

Laurent, on est à quatre jours du derby, (son visage s'illumine). As-tu le souvenir d'un derby qui t'as marqué ?

J'en ai plein parce que j'ai joué tous les derbies chez les minimes et les cadets. Mais sinon j'ai une anecdote lorsque Jean-Jacques Mandrichi marque à la 80e minute en 2009. J'étais responsable de la panneautique des roulantes donc j'étais sur le terrain. Quand il a marqué, j'ai sauté de joie et je me suis claqué le mollet en retombant. Je me suis déchiré sur huit centimètres. Je saignais. Je ne pouvais plus marcher. J'ai marché avec des béquilles pendant un mois. Cette affiche c'est la récompense d'un investissement au quotidien pour le club ?

Tu joues, tu vis, tu fais le football pour vivre des matches comme ça. Dans des carrières de joueurs, de dirigeants c'est sûr que ce sont des matches super intéressants et motivants à jouer. Effectivement, ça doit te mettre du baume au cœur toute la semaine. C'est un match dont tout le monde parle, que tout le monde veut voir et dont on a envie de discuter. C'est génial, c'est que des bons moments. Il revêt un caractère particulier parce que c'est une notion de derby régional et qu'il est important pour nos supporters. Après, comptablement, le derby ne vaut que trois points.

Justement on voit que la pression monte. L'attente des supporters n'est-elle pas trop forte ? 

Non, il faut se remettre dans le contexte. Ça fait trente ans qui l'attendent. C'est pour eux un moment merveilleux de joie et de passion. Il y avait autant d'attente contre Marseille ou Paris. C'est juste que ce sont des matches particuliers. Il faut le comprendre et l'accepter. On fait ce métier pour ça.

À l'aller, Nîmes a été un peu dépassé par les événements. On a l'impression que cette équipe a du mal à répondre présente lorsqu'elle est attendue... 

Il faut que ce soit une bonne pression, sympathique et pas négative. Il faut que nous, toute la semaine, on transmette ce message aux joueurs. On l'aura tous le stress et moi le premier. À un moment donné, ce stress doit nous tirer vers le haut. Il n'est pas question de mettre une saison en l'air pour un derby. On aura l'air fin de se retrouver avec des bêtises ou des cartons pour un match alors que la saison n'est pas finie. On a d'autres chats à fouetter que de s'énerver sur ce match. Ça ne doit pas devenir un truc de débile. Quand tu es footballeur tu dois avoir envie de jouer des matches comme ça. Si tu n'es pas capable de les jouer, c'est que tu n'es pas un grand footballeur. Les mecs qui jouent à Paris, à Madrid ou au Milan AC, des matches comme ça, ils en jouent tous les week-ends. Si nous on n'est pas capable d'avoir la lucidité d'aborder ces matches, ça veut dire que l’on n’est pas des grands.

La fête a été gâchée à l'aller avec de nombreux incidents. Est-ce que tu es inquiet pour dimanche ? 

Ce n'est pas quelque chose qui me concerne et qui me regarde. Je ne suis pas compétent pour juger ces choses. Aujourd'hui il y a des gens dont c'est le métier et j'ai une énorme confiance en eux. À un moment donné, ils prennent des décisions. S'ils les prennent c'est qu'ils ont pensé que c'étaient les bonnes. Je ne donne pas mon avis parce qu'un jour ce sera peut-être les supporters du Nîmes Olympique qui seront obligés de ne pas aller à Montpellier ou ailleurs. La seule chose que je souhaite c'est que dimanche ça soit la fête du football régional sans débordements. Que tous les gens qui viennent au stade, se disent : "J'ai passé un super après-midi et j'ai envie de revenir aux Costières !". Tout simplement.

 

Propos recueillis par Corentin Corger

Plan de circulation (routes interdites en rouge)
Plan de circulation (routes interdites en rouge)

Dimanche 3 février, à 15 heures, la rencontre de football de Ligue 1 entre Nîmois et Montpelliérains est classée à haut risque. Les supporters pailladins sont interdits de déplacement.

Le record d'affluence de la saison sera battu au stade des Costières, dimanche 3 février, à 15 heures, pour le derby entre Nîmes et Montpellier. En effet, 18 400 spectateurs vont prendre place dans les gradins avec, en pesage Ouest, 3 646 jeunes footballeurs gardois invités par le club nîmois. Ils seront installés en partie là où les supporters de Montpellier devaient assister au match.

Sauf que le préfet du Gard Didier Lauga a sollicité le Ministre de l'Intérieur qui va prendre un arrêté d'ici le 31 janvier ou 1er février pour interdire tout déplacement de supporters montpelliérains : "J'ai en ma possession deux pages entières d'historiques d'incidents lors de derbies et notamment ceux du match aller."

Contrôles routiers par les gendarmes

Pour ce match de dimanche 3 février, ce sera le plus gros dispositif de sécurité jamais employé depuis le début de la saison pour un match à Nîmes. La gendarmerie du Gard va opérer des contrôles sur l'autoroute et le réseau routier pour les véhicules en provenance de l'Hérault. Du côté de la police nationale, l'intégralité des effectifs sera mobilisée.

Le commissaire Delannoy a indiqué que "des renforts des forces mobiles ont été demandés alors que les effectifs de police d'autres départements viendront pour une surveillance avant, pendant et après le déroulement du match".

 

En cas de non-respect à cette interdiction de déplacement, les supporters de Montpellier pourraient être sanctionnés de six mois de prison, 30 000 euros d'amende et une interdiction de stade pour toute la saison.

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes