Ce week-end, le Nîmes Olympique aurait dû accueillir Montpellier pour le derby retour au stade des Costières (32e journée de Ligue 1). Reporté à cause de l'épidémie de coronavirus, nous vous proposons, en guise de maigre consolation, de revivre cinq derbys marquants surtout côté nîmois. De quoi rappeler de bons souvenirs aux supporters des Crocos. 

Le dernier match du Nîmes Olympique remonte au 7 mars et une défaite à Metz (2-1, 28e journée). Depuis l'arrêt des championnats liée à la crise sanitaire, le barragiste aurait dû jouer à Nantes (14 mars, 29e journée), recevoir Bordeaux (21 mars, 30e journée) se déplacer à Lyon (5 avril, 31e journée) et surtout affronter ce week-end, Montpellier pour le derby retour.

Un affrontement qui dans le contexte rappelle celui de 2009 où les Nîmois se battaient pour leur maintien en Ligue 2, et un succès face à Montpellier en fin de saison les avait relancés pour se sauver in extremis. Nous vous proposons justement de revenir sur cinq derbys marquants entre Nîmes et Montpellier.

Déjà en demi-finale !

Jamais, les deux villes ne s’étaient affrontées dans un match aussi important. D’un côté, Nîmes Olympique qui est un des meilleurs clubs français du moment, de l'autre le Stade Olympique Montpelliérain qui sera quelques semaines plus tard, champion de D2. Devant les 41 494 spectateurs du stade Vélodrome de Marseille, c’est le Crocodile Constantino Pires qui ouvre le score dès la 14e minute. En seconde période, Pierre Barlaguet (66e) donne une double avance aux joueurs de Kader Firoud et c’est le futur Nîmois Sekou Touré (1964) qui sauve l’honneur des Montpelliérains à la 70e.

Voici la photo de l'équipe qui a joué le derby en 1961 (France-Football du 18 avril 1961)

Parmi les joueurs de l’infortunée formation du SOM se trouve également le jeune Henri Augé (19 ans), qui portera le maillot nîmois de 1968 à 1975. Trois ans après (la première finale Reims – Nîmes 3-1), le club gardois retourne à Colombes. Ce 16 avril 1961 est une grande date pour le NO puisqu’en lever de rideau de cette demi-finale de Coupe de France, les juniors nîmois de Marcel Rouvière écrasent l’Olympique Lyonnais (5-1), en quart de finale de la coupe Gambardella. Une compétition qu'ils remporteront en lever de rideau de la finale de la Coupe de France où en revanche les seniors perdront 3-1 face à Sedan.

Le onze nîmois : Roszak – Bettache, Charles-Alfred, Bandera – Barlaguet, Oliver – Chillan, Constantino, Akesbi, Cassar, Rahis. Entraîneur : Kader Firoud.

Le derby le plus fou

Lors de la saison 1985-1986 les deux équipes évoluent en 2e division et tentent de jouer les premiers rôles pour retrouver l'élite. Elles luttent notamment avec Alès, Sète, Lyon ou encore Saint-Étienne. Le 21 mars 1986, les Crocos se déplacent à la Mosson devant seulement 4 249 spectateurs. Les absents ont bien eu tort, car le match est devenu le plus spectaculaire de tous les affrontements entre les deux rivaux.

Les visiteurs dominent outrageusement la première période et mènent 3-0 cinq minutes avant la pause, grâce à des buts de Orts (1e), Espeisse (28e) et Perez (32e) avant de se faire remonter. "On avait reculé et on finit à 4-4. Je crois qu'Alain Lopez en dévie au moins trois dans nos buts"se souvient Franck Lucchesi.

Seul le quatrième but héraultais, qui répond au deuxième but de Perez (55e), est officiellement attribué au défenseur nîmois. Valadier (39e), Blanc (43e) et Kiss (51e) sont les autres buteurs du MPSC. Le Hongrois qui a d'ailleurs eu droit à une boutade de Franck Lucchesi, joueur qui a disputé le plus de derbys : neuf au total, sans jamais en gagner un.

"Je m'infiltre dans la surface et Laszlo Kiss me retient par le maillot. Je l'ai enlevé et je lui ai tendu comme si je voulais lui donner. Le public de la Mosson m'avait sifflé", raconte celui qui a joué dans les deux camps. Ce soir-là, les Crocos sont passés tout près de s'imposer sur la terre des Pailladins où le dernier succès date de 1977. Au terme de la saison, Montpellier termine cinquième et Nîmes, sixième.

Le onze nîmois : Morisseau – Mc Donagh (Place, 25e), Poortvliet, Devot, Lucchesi – Lopez, Herrero (Carrot, 72e), Perez, Espeisse – Goudard, Orts. Entraîneur : Marcel Domingo.

L'exploit de 1996

Trois ans après leur dernier affrontement en Division 1, les trajectoires des deux formations sont totalement opposées. Le Nîmes Olympique vient de chuter en National et est englué dans la deuxième partie de tableau alors que Montpellier s'est installé durablement au premier échelon du foot français et joue même cette année-là les premiers rôles.

Les deux équipes se retrouvent en demi-finale de la Coupe de France pour un remake de l'édition de 1961. Avec la "Vieille Dame" les Gardois vivent une parenthèse enchantée après avoir déjà éliminé deux clubs de D1 : Saint-Étienne et Strasbourg. Sur le papier, les joueurs de Michel Mézy, alors coach de Montpellier, sont largement favoris. 

À tel point que l'illustre président "Loulou" Nicollin chambre déjà et annonce rentrer en cheval à la Paillade en cas de défaite. Mais devant 21 366 spectateurs massés dans les Costières et bouillants, le rêve devient réalité ce 14 avril 1996. Un succès historique qui prend forme dès la 9e minute, avec le but d'Abder Ramdane, le seul de la rencontre, qui fait chavirer le peuple rouge. Comme 35 ans auparavant, les Nîmois accèdent à nouveau en finale de la Coupe de France et s'inclinent cette fois-ci face à Auxerre (2-1).

Le onze nîmois : Sence - Bochu, Ecker, Préget, Touron, Zugna - Belbey (Gros, 83e), Jeunechamp, Perez (Gervais, 82e) - Marx, Ramdane (Sabin, 48e). Entraîneur : Pierre Barlaguet. 

Mandrichi, le sauveur

Après six ans en National, le NO renoue avec la Ligue 2 lors de l'exercice 2008/2009. Après avoir ramené un point à l'aller (1-1), les Rouges reçoivent leur pire ennemi au stade des Costières lors de la 31e journée. Lanterne rouge avec six points de retard sur le 17e, les locaux jouent leur survie. La victoire est impérative.

Montpellier, quatrième, cherche à rattraper son retard sur Lens. Menés 1-0 à la pause, les Crocos de Jean-Michel Cavalli renversent la situation. À la 53e minute, Jonathan Ayité égalise avant de laisser sa place à la légende Robert Malm. À dix minutes du terme, le Togolais lance Jean-Jacques Mandrichi au but qui trompe Carrasso. 

"Ce but permet d'espérer pour le maintien. Si on fait match nul, c'est sûr qu'on descend à la fin"commente celui que les supporters appelaient "Mandrique" à l'époque. Un but que ces derniers n'ont pas oublié. "Quand je viens à Nîmes, on m'en parle tout le temps. Cela fait plaisir de voir que dans la vie quand on fait ce qu'il faut et que l'on donne tout, les gens sont toujours reconnaissants", conclut le natif de Bastia. Au final, Nîmes se sauve in extremis lors de l'ultime journée et Montpellier accède à la Ligue 1.

Le onze nîmois : Puydebois - Liron, Roumégous, Zarabi, Sidibé - Bayod, Ech-Chergui (Cavalli, 78e) Keita, Mostefa - Ayité (Malm, 70e), Mandrichi (Collorédo, 82e). Entraîneur : Jean-Michel Cavalli. 

Le retour en Ligue 1

Même si ce derby n'est pas le plus marquant en termes de spectacle et de résultat, il est très symbolique. Plus de 26 ans après, le stade des Costières accueille de nouveau un derby en Ligue 1 puisque le NO est de retour dans l'élite du football hexagonal.

Sévèrement battus 3-0 au match aller, les hommes de Bernard Blaquart veulent afficher un autre visage dans leur antre. Ce dimanche 3 février 2019, exactement 18 045 spectateurs sont acquis à la cause du Nîmes Olympique, puisque les fans Héraultais sont interdits de déplacement. 

Sous un vent terrible, le public nîmois exulte dès la 2e minute de jeu lorsque Loïck Landre marque d'un coup de casque à la suite d'un corner de Téji Savanier. Les minutes s'égrènent, les Nîmois reculent et le couperet tombe. Ce diable d'Andy Delort, passé par Nîmes en 2009/2010, égalise à un quart d'heure du terme. Bernardoni sort plusieurs parades pour conserver le point du nul. Ce succès, si précieux, dans un derby se rapproche. On attendait impatiemment ce week-end du 11 avril mais le plaisir est repoussé. Il n'en sera peut-être que meilleur ! 

Le onze nîmois : Bernardoni - Alakouch, Landre, Briançon, Maouassa - Ferri, Savanier, Valls (Bobichon, 88e) - Thioub (Bouanga, 70e), Alioui (Guillaume, 79e), Ripart. Entraîneur : Bernard Blaquart. 

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes