Installé à Tarascon, Michel Estevan, 63 ans, est le directeur sportif de Fréjus Saint-Raphaël, qui affrontera ce samedi 30 août 2025 le Nîmes Olympique pour le compte de la 3e journée de National 2.
Michel Estevan est un personnage incontournable du football dans le Gard, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Il a notamment joué au Nîmes Olympique (1980-1982), puis entraîné Beaucaire (1991-2002) et Arles-Avignon (2005-2010). Depuis 2024, il est à Fréjus Saint-Raphaël. Après avoir maintenu le club varois en N2 la saison passée, il est cette saison son directeur sportif. Son club défie ce samedi 30 août 2025 le Nîmes Olympique aux Antonin.
ICI Gard Lozère : Avez-vous été sollicité cet été pour donner un coup de main au Nîmes Olympique ?
Michel Estevan : Non, et j'ai été surpris que mon téléphone ne sonne pas. Je pensais que Yannick Liron, le président de l'association du Nîmes Olympique allait me passer un coup de fil pour me demander mon avis. J'aurais pu lui donner quelques conseils pour constituer une équipe en N2. J'ai été très proche de Yannick à une période. Il a joué à Beaucaire avec moi. Il est expert-comptable. Tout le mérite lui revient. Mais je l'ai aidé à lui trouver une structure pour son alternance. Je suis déçu qu'il n'ait pas appelé.
Si votre téléphone avait sonné, auriez- vous quitté Fréjus pour rejoindre le Nîmes Olympique
Cela m'aurait titillé même si je suis pris contractuellement avec Fréjus Saint-Raphaël. Mais Nîmes, c'est Nîmes. Qui arrive à avoir 1.800 abonnés en N2 ? Qui arrive à attirer plus de 5.000 spectateurs pour un match à domicile en N2 ? Après personne ne m'a appelé, j'ai pris mes boules et je suis parti jouer. Certains ont peut-être cru que j'allais demander une fortune.
Étiez-vous prêt à entrainer le Nîmes Olympique en N2 ?
Entraîner ? Non. Je ne veux plus entraîner. J'ai encore le feu, mais je n'ai plus l'âge. C'est un travail 24 heures sur 24. Je n'ai plus la force physique. Il me faut trois jours pour récupérer après un match. En revanche, aider un coach en place ou aider un directeur sportif, j'aurais pu le faire. Cela m'aurait fait plaisir d'aider le Nîmes Olympique. Pour le club et vu mon expérience, il y avait plus d'avantages que je vienne, que l'inverse.
Malgré cela, êtes-vous toujours supporter du Nîmes Olympique ?
Je suis supporter d'un seul club en France, c'est le Nîmes Olympique. J'aime bien Marseille. C'est le club qui me fait vibrer ou pleurer, mais Nîmes, c'est différent. J'y ai joué. C'est à 30 minutes de chez moi à Tarascon. Je revois toujours Cubaynes, Champ, Morisseau et Herrero avec plaisir.
Que peut viser le Nîmes Olympique cette saison en N2 ?
Si les Crocodiles finissent dans les trois premiers avec le temps qu'ils ont eu pour faire leur recrutement et pour passer à la DNCG, ce sont des magiciens. Si eux terminent dans les trois premiers et que Fréjus Saint-Raphaël termine derrière, on n'aura vraiment pas été bon. Il faut du temps pour que la mayonnaise prenne, il faut du temps pour qu'un entraîneur découvre ses joueurs. Un miracle, ça peut arriver, mais il leur manque du temps. Le staff a de la qualité. Després et Orinel, c'est bien, mais il manque du monde autour d'eux.
Que souhaitez-vous pour le Nîmes Olympique cette saison ?
Je souhaite que les Crocodiles terminent derrière nous au classement. Maintenant, je leur souhaite le meilleur. Nîmes ne mérite pas la N2. Ce club s'est laissé couler, c'est lamentable. Aujourd'hui, il y a un brin de lueur pour qu'il s'en sorte, qu'il en profite.