Ce samedi après-midi, une nouvelle réunion était organisée en Rani Assaf et les groupes de supporters. Si ces derniers refusent toujours de signer la charte qu'il leur a présenté, ils ont mieux accueilli certaines offres formulées par le président du Nîmes Olympique. 

Jeudi ça avait chauffé. Cette fois, c'est dans un climat bien plus serein que se sont déroulés les échanges entre supporters et direction. D'emblée, Rani Assaf a formulé plusieurs offres sans condition. La première est la création très prochaine d'un pack famille en tribune Nord. Si le tarif n'a pas été arrêté, "l'idée est qu'un parent puisse venir avec ses enfants à un tarif abordable, détaille le référent supporters, Fabien Ordoñez. Un pack similaire sera également mis en place pour que les personnes handicapées puissent venir avec un accompagnant." 

Avec cette formule, Rani Assaf entend faire d'une pierre, deux coups : répondre à une attente forte du public et remplir la tribune la plus exposée aux caméras, évitant ainsi au club de trop lourdes pénalités au moment de la répartition des droits télévisés. "Ça va dans le bon sens, reconnaît le président des Gladiators, Dimitri Pialat. Mais je regrette que l'offre ne soit pas généralisée à toutes les tribunes, car certains supporters sont attachés à celle où ils ont leurs habitudes."

Par ailleurs, Rani Assaf a réaffirmé son intention de remettre en place un centre de formation agréé. "Il est à la recherche d'un terrain à Garons permettant de créer les infrastructures d'entraînement pour les professionnels mais aussi pour les jeunes", indique Fabien Ordoñez. Mais cela pourrait prendre du temps. "Il nous a parlé d'environ six ans, une fois que le club gagnera de l'argent avec son stade", résume, sceptique, Dimitri Pialat.

Le pesage Est fermé contre Nancy ?

Pour le reste, ça coince toujours sur les fumigènes. Le président du Nîmes Olympique refuse de rouvrir la tribune Est tant que les Gladiators n'ont pas signé la charte les engageant à ne plus utiliser d'engins pyrotechniques non déclarés. "On va en discuter entre nous et faire un retour à Rani Assaf en début de semaine. Mais on est très défavorables à cette charte", avance leur président.

Sans leur tribune historique, les Gladiators devront faire le choix entre une place en tribune Sud ou se contenter des déplacements. "En cas de signature de la charte, l'Est réouvrira à 10€, rappelle quant à lui Fabien Ordoñez. Des baisses de tarifs seront également envisagées en tribune Sud en cas de signature des Nemausus 2013 et du Club central. Le N.O. s'engagera également à faciliter la mise en place de leurs animations et à tenir des réunions informatives tous les trimestres avec les groupes et des supporters indépendants." 

"On se rangera à l'avis des Gladiators mais nous sommes aussi défavorables à cette charte, fait savoir Cyril Roure, président des Nemausus 2013. Je ne comprends pas pourquoi nous ne pourrions pas mettre en place des protocoles sans qu'il y ait une signature par écrit." 

La supra association : mode d'emploi

En revanche, les groupes se sont montrés plus favorables à la proposition de supra association formulée par la direction. "Tout le monde pourra y adhérer : supporters, dirigeants, joueurs, dévoile Fabien Ordoñez. L'idée est de regrouper toute la grande famille du Nîmes Olympique." Alors que le retour des abonnements n'est pas envisagé pour la saison prochaine, les "socios" bénéficieront d'une place réservée sur la boutique en ligne. "Il y aura aussi un tarif préférentiel pour reprendre les avantages de l'abonnement, mais en plus souple, puisqu'un spectateur qui rate un match ne payera pas sa place, dévoile le référent supporters. Il y aura aussi des réductions sur la boutique du club." 

Comme évoqué, la supra association aura un bureau dont seront exclus les membres de la SASP Nîmes Olympique. Son président pourra siéger au conseil d'administration du club, avec droit de vote. Quant à l'argent des cotisions annuelles - qui devraient tourner entre 10 et 20 € - il sera entièrement géré par la supra association et devrait servir à l'achat de places qui seront distribuées à des enfants malades, handicapés, défavorisés ou plus largement des scolaires et des licenciés du coin.

"L'idée est de les regrouper à chaque match autour d'un groupe d'enfants supporters, complète Fabien Ordoñez. Ils seront placés alternativement sous la vigilance des groupes, qui tiennent beaucoup à la transmission des valeurs nîmoises et pourront les leur inculquer. Le président Rani Assaf aura également des échanges avec les enfants pour leur expliquer sa charte et l'importance de supporter son équipe dans le respect de la loi et de l'adversaire." Le temps que tout soit mis en place, cette supra association pourrait voir le jour au début de la prochaine saison. Avec cette mesure, la direction du club espère impliquer plus largement les amoureux du Nîmes Olympique. Et balayer un peu les difficiles échanges entre supporters et direction.

Boris Boutet - 04/12/2021

Ce jeudi, Rani Assaf a rencontré les Gladiators, les Nemausus 2013 et le Club central en présence du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier. Les échanges ont débuté dans une ambiance très tendue, avant de s'achever, une heure et demie plus tard, dans un climat plus serein mais sans réelle avancée. Groupes de supporters et direction du Nîmes Olympique doivent se retrouver ce samedi à 15 heures pour une nouvelle réunion. Cette fois, les élus de la Ville de Nîmes ne seront pas de la partie.  

D'emblée, les choses partaient mal. À l'invitation du maire, les groupes de supporters étaient invités à faire par de leurs griefs à Rani Assaf. Parmi ceux-là, les inquiétudes liées à l'avenir de la formation ont occupé une large place dans les débats. De quoi braquer le président du Nîmes Olympique, pas vraiment décidé à discuter de ses choix en la matière.

"Ça partait dans un très mauvais sens, tout a failli s'arrêter au bout de trois minutes, explique Cyril Roure, le président des Nemausus 2013. Finalement, il nous a expliqué qu'il n'envisageait pas le retour de l'agrément pour le centre de formation avant quatre ou cinq ans. Il veut d'abord délocaliser les installations." Au milieu de ces échanges tendus, le premier adjoint, Julien Plantier, et le référent supporters, Fabien Ordoñez ont joué les médiateurs.

En fin de réunion les débats ont été réorientés autour de la politique supportériale, un sujet pour lequel Rani Assaf est davantage ouvert aux concessions. Le président des Crocos s'est notamment montré ouvert à un retour des tarifs réduits pour les plus jeunes et à des places à 10 € en tribune Est. Mais en contrepartie, il exige la signature par l'ensemble des groupes de supporters d'une charte évoquée sur Objectif Gard à la veille du rassemblement à la Maison carrée et présentée ce jeudi*.

Pas de réouverture du pesage Est sans charte

Celle-ci réaffirme "l'interdiction d'introduire ou d'utiliser dans l'enceinte du stade des engins pyrotechniques ou tout objet pouvant servir d'arme par destination" et engage les supporters à "respecter l'ensemble des acteurs du jeu". Une prochaine réunion, prévue ce samedi à 15 heures au stade des Costières, devrait permettre à la direction du club de présenter plus en détails son projet de création d'une association - censée regrouper des supporters indépendants et des personnes encartées dans les groupes existants - inhérente à cette charte.

Celle-ci a pour objectif d'impliquer davantage les supporters et engage le Nîmes Olympique à proposer "des avantages tarifaires et exclusifs aux adhérents" de cette dernière. Elle garanti aussi par convention un siège au conseil d'administration du club pour le représentant de cette association.

De leur côté, les Gladiators sont loin d'être emballés. "On a deux visions du football opposées, reconnait leur président, Dimitri Pialat. Rani Assaf veut un spectacle aseptisé, nous voulons des tribunes populaires et festives. Nous sommes toujours ouverts au dialogue donc nous essayerons d'échanger à nouveau, mais cette fois, c'est la réunion de la dernière chance. D'autant qu'on nous a fait comprendre que sans charte le pesage Est ne sera pas rouvert." Samedi en fin d'après-midi, les deux camps tenteront une nouvelle fois de s'entendre. En cas d'échec, les positions pourraient bien être figées pour très longtemps.

Boris Boutet - 02/12/2021

Rencontre en terrain neutre. Lors du rassemblement des supporters samedi sur le parvis de la Maison carrée, Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, a pris la parole, en versant sa petite larme et a annoncé : "je convoquerai M. Assaf la semaine prochaine pour lui dire ce que je pense de sa démarche que je trouve scandaleuse." Dimanche après-midi, c'est le président du Nîmes Olympique qui a téléphoné au premier édile nîmois lui faisant comprendre qu'il n'était pas un enfant et qu'on ne le convoquait pas de la sorte. Néanmoins, cette réaction de mâle passée, Rani Assaf est d'accord pour rencontrer le maire mais pas dans son bureau, en terrain neutre. Le rendez-vous devrait avoir lieu en début de semaine en compagnie de Julien Plantier, premier adjoint. Au téléphone, l'actionnaire majoritaire du NO a menacé son interlocuteur de publier un communiqué annonçant l'arrêt total du nouveau projet et nouveau stade si la municipalité mettait à exécution ses volontés révélées hier. En effet, la Ville souhaite contraindre Rani Assaf d'intégrer dans son projet des logements sociaux, de mettre deux places de parking par logement au lieu d'une et de signer le permis de construire après le 31 décembre 2021, ce qui entraîne la mise en place de nouvelles normes environnementales concernant la construction. Enfin, messieurs Fournier et Plantier veulent intégrer de nouveaux actionnaires au sein du club en accord avec le président afin qu'il se désengage de manière progressive. À suivre... 22/11/2021

Larmes de crocodiles. L'émotion de Jean-Paul Fournier en ce samedi d'automne au pied de la Maison Carrée devant plusieurs centaines de supporters est celle d’un maire impuissant, désarmé, face aux relations orageuses entre des supporters et le président du club de foot de sa ville. Comme si finalement, ce samedi, il avait pris conscience de son erreur d'avoir fait confiance à Rani Assaf. Cet ex-directeur de Free, reconverti en jeune président de football, ne fait pas de sentiment dans son entreprise de construction. Certains diraient même de destruction. Mais revenons à la construction car il s'agit-là probablement du seul problème, et peut-être aussi de la solution pour sortir Nîmes Olympique par le haut, avec ou sans Rani Assaf. C'est quand même la mairie de Nîmes qui a choisi de lui vendre le stade des Costières. C'est toujours elle qui a accepté d'accompagner le projet de construction du nouveau stade. Un projet entièrement financé par le dirigeant du club, à quelques fouilles près. Et c'est parce qu'elle a accepté tout cela qu'elle se retrouve aujourd'hui quelque peu piégée et bénéficie d'assez peu de solutions pour s’en sortir. Depuis plusieurs semaines, Jean-Paul Fournier et son premier adjoint, Julien Plantier, qui ont décidé de reprendre le dossier à zéro, ont demandé aux services techniques de travailler d'arrache-pied pour trouver des leviers de pressions. Et il y en a. D'abord, une révision du permis de construire est à l'étude pour contraindre Rani Assaf à intégrer dans son projet des logements sociaux. Ensuite, il serait question de lui imposer de mettre deux places de parking au lieu d'une par logement. Il va falloir trouver du m2 en plus... Enfin, si Rani Assaf veut s'éviter des contraintes trop lourdes liées à la RT 2020 entrée en vigueur le 31 juillet dernier, le permis de construire du stade définitif doit être signé avant le 31 décembre 2021. En effet, certaines applications effectives au 1er janvier 2022 vont imposer l’optimisation de la conception énergétique des bâtiments, la limitation de la consommation d’énergie, la limitation de l’impact sur le changement climatique en particulier des composants du bâtiment, la limitation des situations d’inconfort durant les canicules. Nîmes est donc particulièrement concernée. Et Rani Assaf n’a pas du tout, mais alors pas du tout envie de repenser tout son projet même s'il se targuait d'en faire in fine un ensemble dans un éco-quartier. Reste enfin une dernière cartouche qui pourrait changer définitivement la donne et redonner le sourire aux supporters. Deux acteurs sont particulièrement intéressés pour reprendre le club. L'homme d'affaires parisien, Michel Parmentier, propriétaire d'une grosse vingtaine de franchises de McDonald's en Île-de-France. Son profil aurait toujours les faveurs de la ville de Nîmes et les contacts n'ont pas cessé depuis mai dernier. Et un deuxième homme bien connu dans la cité des Antonin, David Tebib, qui n’est autre que le président de l’USAM. Le chef d'entreprise, présent à la manifestation ce samedi, s'est entretenu avec Jean-Paul Fournier et serait prêt à reprendre les rênes avec un consortium d'entreprises locales, dont Bastide Médical, le sponsor actuel du Nîmes Olympique. Autant de solutions qui pourraient laisser Rani complètement free.

L’offre de Rani Assaf aux supporters 

Dans le but de renouer le dialogue avec les supporters, Rani Assaf s'apprête à officialiser une offre à ces derniers, leur proposant un droit regard sur l'administration du club et des places à partir de 10 €. En contrepartie, il exige la signature d'une charte les engageant à stopper l'utilisation illégale des fumigènes. 

Cette proposition émane du travail du nouveau référent supporters, Fabien Ordoñez. "Notre but est de répondre aux attentes de tout le monde. En échange, on demande simplement un respect de la loi", explique-t-il. Le président du Nîmes Olympique souhaite ainsi de mettre sur la table une offre comprenant notamment la réouverture du pesage Est avec des places à 10 € dès le match contre Nancy.

Par ailleurs, le club prévoit la création d'une association regroupant supporters indépendants et représentants des Gladiators, des Nemausus et du Club central. Ces derniers éliront un représentant qui siégera de droit au conseil d'administration de la SASP Nîmes Olympique. "Nous prévoyons par ailleurs d'organiser des réunions tous les deux mois avec six supporters indépendants et deux représentants de chacun des trois groupes", détaille Fabien Ordoñez.

En contrepartie, le Nîmes Olympique demandera aux associations de supporters de signer une charte les engageant à ne pas enfreindre la loi dans le stade. "Aujourd'hui, le club ne peut pas se permettre de balancer de l'argent par les fenêtres, estime Fabien Ordoñez. Les fumigènes illégaux, c'est terminé. En revanche, on est ouvert aux expérimentations légales. Rani Assaf propose même de donner un coup de main financier aux groupes pour cela." Reste désormais à savoir si les supporters accepteront le deal.

Boris Boutet

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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