Nîmes Olympique RC Lens

Les lensois, forts de deux succès d’affilée à l’extérieur, ont remporté leur troisième victoire sur la pelouse des Costières. Les nîmois auraient pu arracher le point du match nul après une fin de match complètement survoltée. C’est sûr, les spectateurs se sont régalés. Seulement, sur un plan comptable, ce sont les sangs et or qui rentrent dans le nord avec les trois points.

Les nîmois entrent bien dans cette rencontre. Ils s’illustrent sur un coup de pied arrêté dès la troisième minute. Gragnic est au coup-franc, Riou à la parade. Il enlève la balle de sa lucarne droite. Superbe. Sur le corner qui suit, l’arbitre, M. Guillard, oublie un pénalty flagrant pour une faute sur Robail accroché dans la surface. Ce premier quart d’heure est nîmois si l’on en juge par les hésitations, les confusions et les situations dangereuses dans la défense nordiste. Hélas, les lensois vont faire preuve d’un réalisme incroyable dès la 14eme minute. Sur la première véritable percée lensoise, Nomenjanahary, sur le flanc gauche, centre. A la récupération, la défense nîmoise n’est pas impeccable et Boche remet involontairement le ballon dans les pieds de Nomenjanahary qui a bien suivi et qui se retrouve seul aux six mètres. Il fusille Merville d’une bonne frappe croisée. 0-1. Coup dur.

La suite aussi est dure. On assiste à un match haché, avec beaucoup d’accrochages, beaucoup de fautes. Lens prend le jeu à son compte et Merville doit réaliser une superbe parade sur sa ligne après une bonne tête de Lemoigne pour empêcher le deuxième but (26’). Une grosse bataille au milieu de terrain s’engage sur l’air des Corons chanté par la centaine de supporters lensois qui a fait le déplacement. En fin de première mi-temps, Nîmes sort la tête de l’eau sur une frappe enveloppée de Koné que Rudy Riou capte (44’) et sur une tentative de Robail, qui plonge bien à la réception d’un centre, mais dont le tir n’est pas assez appuyé pour inquiéter le portier lensois (45’).

La seconde période commence par un but de la tête refusé aux lensois en raison d’un hors jeu (51’). Puis un raid magnifique de Nomenjanahar, parti du milieu de terrain, se conclut par une frappe qui frôle la barre transversale de Merville (59’). A la 63eme, Lens marque à nouveau après une belle combinaison sur coup-franc. L’arbitre de touche lève son drapeau pour un nouveau hors-jeu. Pas évident. Et puis, alors que les lensois auraient pu tuer le match, Nîmes égalise. Seydou Koné est à la tête sur un centre de Gragnic. D’une main, Riou réalise un superbe arrêt. Seulement, le ballon revient dans les pieds de Koné qui frappe à ras de terre dans le petit filet lensois. 1-1.

Les crocos se reprennent. Haguy est accroché dans la surface. Le stade gronde. L’arbitre ne siffle pas. Puis, Gragnic décoche une puissante frappe déviée par le gardien nordiste (71’). Vient cette 76eme minute et le deuxième but lensois. Aux vingt mètres, Valdivia arme une frappe du gauche à ras de terre qui trompe Merville. 1-2. On entre alors dans une fin de match qui sent le KO. C’est d’abord Pollet, côté lensois, qui tire sur la barre transversale de Merville. Puis, côté gardois, une jolie tentative de Nicolas Benezet est repoussée sur la ligne par la défense (88’). Thibault ne parvient pas à pousser au fond un centre de Gragnic qui flotte dans la surface (90’). Enfin, une grosse frappe de Koné est parfaitement repoussée par Riou. Au mental, les lensois arrachent la victoire. Les 6 000 spectateurs du stade des Costières repartent déçus. Au classement, Nîmes, qui concède sa deuxième défaite d’affilée, se rapproche de la zone rouge. Quatorzièmes, les nîmois ne sont plus qu’à un point d’Arles Avignon, le premier reléguable. Dangereux…

Les réactions :

Eric Sikora, entraîneur du RC Lens

Eric Sikora (entraîneur lensois) : « Après une bonne entame de match, on s’est mis le feu tout seul en commettant des fautes inhabituelles. On perd des ballons qui nous mettent en difficulté. La première mi-temps est la pire qu’on ait pu faire pourtant on rentre aux vestiaires en menant au score. Après, on peut tuer ce match avec les deux buts refusés ou la barre transversale. Mais, avec notre état d’esprit, on n’a pas lâché. C’est une belle victoire ».

Victor Zvunka : « Je trouve que ça a été un beau match de football. Mais l’arbitre a pourri le match en laissant jouer. Des deux côtés d’ailleurs. Il oublie les deux attentats de Bergdich et je vous passe les pénaltys non sifflés. Sinon, c’était un match ouvert. On a des situations pour égaliser et ça aurait fait du bien. Lens a été plus réaliste que nous, ils voulaient cette victoire. A nous de rebondir la semaine prochaine à Angers ».

Pierrick Valdivia (milieu de terrain lensois) : « C’était un match compliqué, surtout à la fin. On est tombé sur une bonne équipe de Nîmes. On a bien répondu présent physiquement. On a un état d’esprit solidaire et irréprochable. Côté nîmois, ça poussait, ça poussait. Il ne fallait pas cinq minutes de plus ».

Nicolas Benezet : « C’est rageant parce qu’on fait un bon match. C’est vraiment frustrant. On ne mérite pas de perdre aujourd’hui. On connaît un petit manque de réalisme. On va essayer de se reprendre pour ramener les trois points d’Angers ».

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

 

Interview du Président de MadeInLens.com, l’un des principaux sites web consacrés à l’actualité du Racing Club de Lens.( http://www.madeinlens.com/)

 

Vous êtes en Ligue 2 pour la deuxième année. Quelle est votre ambition pour cette saison ?

Après la saison dernière, les matchs médiocres, les résultats peu glorieux…, l’ambition pour cette saison est mesurée. Le début de saison était dans la droite ligne de la précédente et l’éviction de Jean-Louis Garcia a permis un redressement de la situation grâce au souffle nouveau apporté par Eric Sikora. Si les supporters espèrent toujours remonter rapidement en Ligue 1, il me semble difficile d’y prétendre dès cette saison, d’autant plus que des équipes comme Monaco, Nantes et Caen me semblent mieux armées en matière d’effectif pour y parvenir. Finir dans les cinq premiers serait une bonne chose, un bon tremplin pour la saison prochaine.

 

Comment avez-vous vécu le départ de Gervais Martel ?

C’est difficile de tourner la page. Gervais Martel reste le président qui a relevé le club en 1988, qui lui a donné les fondations et les structures qui ont permis au RC Lens de conquérir le titre de 1998, la Coupe de la Ligue en 1999, de jouer une demi-finale de Coupe de l’UEFA au printemps 2000 et de disputer la Ligue des Champions à plusieurs reprises… Mais Gervais Martel est également à l’origine de la situation actuelle, avec de mauvais choix stratégiques (choix de Guy Roux, Laszlo Bölöni, Jean-Louis Garcia…) et financiers. Pour moi, et vu comment ces dernières saisons se sont déroulées, il était temps de tourner la page. Je regrette seulement que ça se soit passé alors que le club est en Ligue 2, à la fin d’une saison lamentable.

 

Cette année, avez-vous connu une baisse d'affluence ?

La réponse est oui, sans aucun doute. Deux facteurs en sont responsables. Le premier est la situation du RC Lens, en Ligue 2 pour une deuxième saison. De nombreux supporters ne se sont pas réabonnés en raison de la déception des saisons précédentes, du peu de spectacle proposé au stade Bollaert-Delelis par l’équipe de Jean-Louis Garcia. Mais, même si cela va mieux depuis l’arrivée d’Eric Sikora, l’affluence reste moyenne. Le deuxième facteur réside dans l’horaire des matchs. A 18h45, de nombreux supporters sont encore au travail ou ne peuvent se libérer à temps, car ils résident loin. Là-dessus, BeIn Sport et la LFP ont une bonne part de responsabilité.

 

Quels sont les points forts et faibles de votre équipe ?

Il y a quelques semaines, je n’aurais pu détailler que les points faibles mais, désormais, je peux évoquer quelques points forts. Depuis l’arrivée d’Eric Sikora, le groupe respire mieux, semble plus serein et les résultats sont au rendez-vous. L’équipe est davantage tournée vers l’avant et, mentalement, apparaît moins friable que par le passé. Le milieu de terrain apparaît plus solide, avec un Samba Sow presque retrouvé. L’aile gauche, composée de Zakarya Bergdich et Lalaïna Nomenjanahary, se révèle assez complémentaire et apporte le danger par leur vitesse. A droite, Ange-Freddy Plumain apporte son culot et sa jeunesse.

Ensuite, concernant les faiblesses. J’en évoquerais deux. La première est le manque de réalisme en attaque. Par moment, comme contre Caen à domicile, les joueurs n’ont pas réussi à trouver la clé pour se créer des occasions. Et, quand on s’en crée, David Pollet et Yohan Touzghar ont souvent du mal à les concrétiser. Et ensuite, il y a la défense. Certes, elle est plus solide depuis quelques semaines mais elle reste parfois passive et capable de donner des occasions.

 

Comment percevez-vous le déplacement du RC Lens à Nîmes ?

Ce sera un déplacement difficile car, contre Lens ou un « gros » du championnat, chaque équipe veut briller. Avant la défaite à Dijon, Nîmes restait sur une série intéressante et a remporté ses trois derniers matchs à domicile. Nul doute que Nîmes voudra prendre des points pour s’éloigner des relégables. Mais le RC Lens a également besoin de points, pour continuer sa bonne série et regarder vers l’avant. Je suis persuadé que nous pouvons faire un coup au stade des Costières et repartir avec les trois points.

 

Quel sera votre message final ?

J’espère une victoire lensoise mais, surtout, un bon match de football ! 

 

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes