Pour "Midi Libre", le directeur sportif Reda Hammache dévoile et détaille sa méthode.

C’’est le résultat de quinze ans d’expérience de scouting, dans quatre clubs pros. Reda Hammache n’avait pas 23 ans quand il est devenu recruteur pour le Stade Rennais. Il en avait tout juste 37 quand Rani Assaf est allé le débaucher au Losc, à l’automne dernier.

Entre les deux, le Francilien du "9-3" (il a grandi à Saint-Denis) avait œuvré pour Lens et Monaco. Quinze ans qui ont permis à Hammache d’élaborer et d’affiner une méthode de travail, qu’il a accepté de détailler pour "Midi Libre". Une méthode dite "comparative".

1. Trois axes et une philosophie

"Le premier axe de recrutement, c’est le pragmatisme : être dans la préparation du mercato à venir, en déterminant les besoins immédiats et les profils souhaités. C’est du classique. Le deuxième, c’est l’anticipation : là, c’est du travail à moyen et long terme, les mercatos d’après, on est sur du suivi longitudinal.

"Enfin, le troisième axe, ce sont les opportunités : pas forcément prévues, mais qui peuvent avoir un intérêt sportif et/ou financier. Sur ce mercato, on a la volonté de continuer à se renforcer. Construire une équipe, c’est un travail d’orfèvre. Pièce par pièce, on assemble le puzzle. Je l’ai dit au président : il nous faudra plusieurs mercatos pour y arriver."

2. Trois scouts et quatre catégories

Bernard Pascual est le recruteur en chef depuis juillet. Il occupait la même fonction au Havre, où il a été un défenseur pro de devoir dans les années 90. Deux autres (jeunes et inconnus du grand public) scouts officient pour NO depuis l’hiver dernier. Tous choisis par Reda Hammache.

"Je ne suis pas adepte des cellules pléthoriques. Mais je voulais des personnes avec une ouverture d’esprit internationale, qui sorte des carcans habituels du scouting français. On ne va pas "faire" que des étrangers (comme Cubas et Meling, NDLR), mais le rapport qualité-prix est souvent plus favorable en dehors de nos frontières. Le très bon joueur émerge en France, il est déjà trop cher pour nous."

Ailleurs, il est "prenable". Enfin, dans certains pays. "On découpe les pays que l’on souhaite couvrir en quatre catégories : majeurs, mineurs, prioritaires et secondaires. L’Allemagne et la Bulgarie, par exemple, ne seront pas scrutés de la même manière. Chaque scout prend alors en main pendant trois mois une zone de 8 à 10 pays de différentes catégories : chacun aura des mineurs, des prioritaires, etc.

"Au bout de trois mois, ils s’échangent les zones. Ce qui leur permet de comparer les dossiers observés et de découvrir d’autres joueurs. De là émergent des short-lists, avec une dizaine de noms par poste. Il en faut autant car quand on est Nîmes, on n’est pas sûr d’avoir le n°1, le n°2, etc. Donc le n°6 ou le n°10 de la liste doivent être aussi bons. Notre base de données sera intéressante au bout d’une à trois années."

Les secteurs géographiques ciblés par le club gardois ? Toute l’Europe (France L1, L2 et un peu de National), une partie de l’Afrique, et "d’autres actions ponctuelles comme des matches et compétitions internationales, précise Hammache. En Amérique du Sud, on fera des passages, mais que sur des éléments bien précis.

"Cubas, je l’avais sur mes listes à Lille, j’ai mis mes trois scouts dessus, et il a fait l’unanimité. Quand je vais voir le coach, avec qui on a défini la feuille de route, je suis quasi sûr de ce que j’amène".

Le scouting se fait sur place, et sur vidéo. "Quand j’étais à Lille, je voyais 300 matches par an au stade. Aujourd’hui, j’essaie d’être sur un match le vendredi, rejoindre l’équipe samedi, repartir dimanche sur un autre, lundi aussi, et revenir à la Bastide en milieu de semaine pour mes autres activités de directeur sportif…"

3. Se montrer convaincant 

"Après, il faut convaincre. Quand on arrive à montrer au joueur qu’on le connaît par cœur et qu’on le convainc que son profil est le mieux adapté au projet de jeu de notre équipe, une bonne partie du travail est faite. Le joueur doit savoir pourquoi il vient. Je suis fier quand des recrues viennent me remercier et me dire que je ne leur ai pas menti. Je ne suis pas là pour survendre mon club. À certains, je peux vendre la notion de tremplin. Que le joueur considère Nîmes comme un tremplin, je le perçois comme une forme d’ambition de sa part, pas comme quelque chose de dévalorisant pour le club."

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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