Délégué de la Ligue de football professionnel lors de rencontres de Ligue 1 et secrétaire général du district Gard-Lozère, Guillaume Dathueyt est décédé à l’âge de 37 ans des suites d’une longue maladie.
Le Gardois, qui habitait Montfrin, a œuvré en tant que speaker au stade des Costières ou webmaster du site officiel. Humble, passionné bienveillant et professionnel, il était l’homme indispensable des finales de coupes Gard-Lozère. Enseignant, Guillaume était également un grand passionné de culture. Il adorait la scène et le théâtre d’improvisation avec ses amis du groupe les SPAMs.  18/01/2021

Le Gardois Guillaume Dathueyt est le plus jeune délégué de la Ligue de football professionnel.

À 37 ans, Guillaume Dathueyt a plus mis des costumes que des maillots et des crampons. Le Gardois, qui habite à Montfrin mais a grandi à Marguerittes, a choisi d’assouvir sa passion du football d’une autre façon. " J’ai commencé à regarder les matches avec mon grand-père maternel, se rappelle-t-il. Mais je n’ai jamais joué en club. Avec une bande d’amis, j’ai créé un club, l’Élan nîmois, en 2004 avant de rejoindre l’ES Marguerittes en 2010 comme dirigeant. "

Son profil a été vite repéré par les instances du football gardois. "Lionel Rochette et Patrick Champ m’ont beaucoup appris et le président du District Francis Anjolras m’a fait rapidement confiance. Du coup, ma licence universitaire en droit du sport m’a beaucoup plus servi que ma licence de mathématiques ", explique le professeur des écoles.

Il passe ainsi des commissions jeunes à celle des statuts et règlements, puis par le football d’animation avant d’intégrer le comité directeur pour finalement être secrétaire général depuis 2012.

Avant cela, Guillaume s’est aussi occupé du site internet de Nîmes Olympique et a même été speaker au stade des Costières pendant trois saisons. Il a accompagné également les équipes de jeunes et la feue deuxième réserve du club…

Toutes ses expériences et rencontres l’ont amené à s’intéresser – grâce à l’appui de Patrick Hève - au rôle de délégué. "Mon premier match, c’était entre les réserves de Milhaud et Manduel en Promotion de 2e division (13e échelon national). Cela a été très compliqué puisque la rencontre n’est pas allée à son terme et s’est poursuivie au tribunal administratif…"

La suite sera plus tranquille et, grâce aux conseils de Maurice Martin et Bernard Plombat, il gravit les échelons passant du District à la Ligue puis à la Fédération. "Quand je m’implique dans quelque chose, je ne le fais pas à moitié", assure le Montfrinois, qui termine son parcours chez les amateurs par un match houleux. "À Grenoble, en National, les supporters ont envahi le terrain !"

Cela ne le décourage pas de passer un concours pour officier au niveau professionnel. " J’ai eu la réponse positive le 1er juillet 2018, le jour de la naissance de mon fils Raphaël. J’ai fini 2e sur 7. Tout cela est possible grâce à la compréhension et aux sacrifices de ma famille mais aussi des inspecteurs de l’Éducation nationale. "

Cela fait de lui le délégué le plus jeune de la LFP et il ne s’interdit pas de viser plus haut. "Je suis ambitieux mais il y a beaucoup de chemin à faire, j’ai toujours fonctionné par palier." Guillaume vit à fond sa passion et retourne même sur les stades de District, sans costume.

Si le Covid a quelque peu modifié les choses puisque maintenant un seul délégué gère les rencontres de Ligue 2 et Ligue 1, le travail à faire est conséquent. "J’y passe deux à trois jours avant le match. Il y a un gros boulot administratif. Le jour du match, il y a deux réunions, celle quatre heures avant le match, puis celle deux heures avant, avec les médias notamment. Il faut également gérer la feuille de match", détaille Guillaume. Une tâche lourde qui n’est pas payée, les délégués à tous les niveaux sont bénévoles et sont défrayés de leurs déplacements, du logement éventuel et des repas. Un rôle pas toujours évident qui demande "psychologie, pédagogie, sens de l’organisation. Il faut être autoritaire sans autoritarisme. Il faut savoir canaliser les excès. Moi, j’essaie de désamorcer les tensions avec le sourire. Il faut être très humble et ne pas donner de mauvaises informations aux clubs."En temps normal, ils sont 55 délégués principaux et adjoints à parcourir la France tous les week-ends. "On est quatre dans le Gard avec Guy Camus et Rachid Sidi Yakoub, dont deux à Montfrin avec Bernard Bergen !" 

Le 07/11/2020  FRANÇOIS RIVIER

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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