Irrésistibles Nîmois qui s'imposent 3-1 sur la pelouse de Nice et qui enchaînent un troisième succès en autant de matches. Cette première victoire à l'extérieur en Ligue 1 depuis dix mois permet au Nîmes Olympique de consolider sa place de barragiste. 

Avant ce déplacement à Nice, le toujours très mesuré Bernard Blaquart se permettait un écart à ses principes en déclarant que pour une fois "ses joueurs n'avaient pas grand-chose à perdre." Le message est visiblement bien passé puisque les Crocos ont entamé la partie avec beaucoup d'appétit. Dès la 20e seconde, Benitez, le gardien niçois, devait se coucher en panique devant son but pour empêcher l'ouverture du score à la suite d'un tir de Philippoteaux (1e).

Pourtant, ce début prometteur était vite terni par Claude-Maurice qui trouvait la faille sur le premier tir des Azuréens (1-0, 6e). L'ancien Lorientais crochetait trop facilement Martinez dans la surface avant d'ajuster du droit Bernardoni, impuissant. Mais libérés comme aux Costières, les visiteurs continuaient de se créer des situations. À l'image de Benrahou qui butait en angle fermé sur Benitez (10e) puis sur coup-franc, il expédiait le ballon un bon mètre à côté du cadre (17e).

La possession était nîmoise, mais les Aiglons étaient plus incisifs, tout près d'assommer leur proie sur une nouvelle passe de Maolida. Au second poteau, Boudaoui reprenait de la tête, mais le dernier rempart gardois s'interposait sur sa ligne (23e). Le ballon n'était pas totalement entré. Pendant 15 minutes, l'intensité diminuait et cette période était contrôlée par les locaux. Il fallait une retournée acrobatique de Roux pour réanimer les 15 000 spectateurs parsemés de l'Allianz Riviera. Sur une remise de Ferhat, l'ancien Guingampais était à quelques centimètres d'inscrire certainement le plus beau but de sa carrière mais le ballon mourait à côté du montant droit (38e).

Romain Philippoteaux a de nouveau été décisif côté gardois [Photo via MaxPPP]Le clin d’œil aurait été sympa trois jours après avoir marqué un but peu élégant. Cette action motivait les Blancs d'un soir à finir ce premier acte avec les crocs. Sur corner, Benrahou déposait le ballon sur la tête de Landre, plus vif que Dante, qui propulsait le cuir au fond des filets (1-1, 43e). Contrairement à Saint-Étienne, le coup de casque du défenseur central était bien validé. Pas rassasiés, les Crocos prenaient l'avantage dans la foulée. Sur un centre de Ferhat, Philippoteaux contrôlait du gauche et armait une superbe reprise. Le ballon terminait entre les jambes de Benitez.

Mais encore une fois la VAR rattrapait les hommes de Bernard Blaquart pour une main de Benrahou avérée au départ de l'action et M. Gautier annulait ce but. Cruel ! Mais dès la reprise, les Nîmois bénéficiaient d'un petit coup de pouce avec l'exclusion indiscutable de Boudaoui. Le milieu de 20 ans essuyait grossièrement ses crampons sur la cheville de Philippoteaux (49e). L'arbitre ne tergiversait pas. Touché, mais encore debout, l'ancien auxerrois se vengeait pour le but refusé et la faute, en reprenant du droit le ballon à la suite d'un coup franc mal repoussé (1-2, 53e).

Masqué par une forêt de joueurs, Benitez devait s'incliner. Un dernier baroud d'honneur pour Philippoteaux avant de sortir sur civière et de laisser sa place à Koné qui fêtait sa première apparition sous le maillot nîmois (58e). La première victoire à l'extérieur du Nîmes Olympique depuis 10 mois et un succès 3-0 à Reims (4 mai 2019, 35e journée), n'avait jamais été aussi proche. En prolongeant du crâne le ballon sur un coup franc lointain, Roux faisait une frayeur en Bernardoni qui sauvait sous sa barre (67e).

Bousculés en fin de rencontre, les Gardois résistaient pour s'imposer enfin loin de leurs bases. Pour sa première cape, comme Benrahou, Koné se payait le luxe de parachever le succès nîmois en partant à la limite du hors-jeu battre Benitez (1-3, 90e+2). Grâce à ce troisième succès consécutif, le NO consolide sa place de barragiste en prenant quatre unités d'avance sur Amiens, défait par Monaco (1-2) et revient respectivement à un et trois points de Dijon et Metz. Une soirée parfaite pour les Crocos qui, ce soir, sur la Côte s'en sont payés une bonne tranche.

De Nice, Corentin Corger

24e journée de Ligue 1. OGC Nice - Nîmes Olympique 1-3 (mi-temps : 1-1). Stade Allianz Riviera. Spectateurs : 15 603. Arbitre : Antony Gautier. But pour Nice : Claude-Maurice (6e). Buts pour Nîmes : Landre (43e), Philippoteaux (53e), Koné (90e+2). Avertissements à Nice : Nsoki (33e), Barbosa (53e). Avertissements à Nîmes : Martinez (31e), Benrahou (65e), Paquiez (66e), Sarr (75e). Exclusion à Nice : Boudaoui (49e). 

Nice : Benitez - Burner (Herelle, 58e), Barbosa, Dante (cap.), Nsoki - Lees-Melou, Thuram (Ganago, 64e), Boudaoui - Maolida (Lusamba, 77e), Dolberg, Claude-Maurice. Remplaçants non utilisés : Clementia, Wague, Sarr, Durmisi. Entraîneur : Patrick Vieira.  

Nîmes : Bernardoni - Paquiez, Landre, Martinez (cap.) Miguel - Sarr, Fomba - Ferhat, Benrahou (Buades, 89e), Philippoteaux (Koné, 58e) - Roux (Briançon, 76e). Remplaçants non utilisés : Dias, Alakouch, Valerio, Duljevic. Entraîneur : Bernard Blaquart.

Bernard Blaquart : « Malgré le but encaissé, on a fait une heure de qualité. Après on a beaucoup subi. Cela m'a moins plu. On avait pas mal de peps au niveau athlétique. Les victoires donnent de l'allant. Il fallait que les joueurs tentent. Si l'on doit perdre, ce doit être contre plus fort. En fin de match, c'est aussi normal que les joueurs soient fébriles. Cela nous laisse des choses à corriger. Philippoteaux a été courageux.

Mais les joueurs nîmois sont vaillants. En revanche, je suis très inquiet pour sa cheville. J'espère que ce n'est qu'une entorse. On a pris 12 points sur les matches aller. On vient d'en prendre 12 en six matches, dont trois victoires consécutives. Mais on est toujours barragistes. Le chemin est encore long. Il ne faut pas s'arrêter. C'est une bonne passe, il y en aura de plus compliquées. Les joueurs s'accrochent et ne lâchent pas. »

 

Romain Philippoteaux : « J'ai eu très, très peur sur le tacle. J'ai cru à une fracture de la cheville. J'étais en panique et j'avais mal. J'ai vu que je pouvais poser le pied et j'ai essayé de marcher. La douleur était là mais je suis resté. J'ai eu la chance d'avoir le ballon qui est tombé sur moi. Et j'ai marqué. Après, je suis sorti en raison de la douleur. 

Je vais passer des examens avec l'espoir que le ligament n'est pas touché. Ce soir à Nice, je suis passé par tous les états d'âme. J'ai vraiment eu une belle étoile. Je marque un but refusé par le VAR pour une main. Je suis blessé et j'inscris notre deuxième but ».

 

Patrick Vieira (entraîneur de Nice) : « Il y a beaucoup de déception. Dans beaucoup de domaines, Nîmes a été meilleur que nous. Leur victoire est méritée. On a fait preuve de suffisance dès la 1re minute. On n'a pas été très dangereux, en dehors du but. On a manqué de rythme et de fraîcheur. Certains ont souffert physiquement. C'était un non-match. Les joueurs étaient conscients du bond qu'on pouvait faire au classement. Ils étaient concentrés mais il faut donner du crédit à cette équipe de Nîmes. C'est un problème collectif. Il faut travailler plus pour parvenir à avoir plus de continuité dans la performance. »

Ce vendredi 7 février, à la veille de la rencontre de Ligue 1 entre Nice et Nîmes, le préfet des Alpes-Maritimes a décidé de prendre un arrêté limitant le déplacement des supporters des Crocos.

Une décision très tardive qui restreint le déplacement des supporters nîmois à seulement 300 d'entre eux sous encadrement des forces de l'ordre, par bus de moins de 13 mètres ou minibus.

Le préfet justifie cet arrêté préfectoral de deux pages par "le caractère répété d'évènements de nature à l'ordre public tant lors des rencontres l'OGC Nice ou celles de Nîmes Olympique (...) Les très violents incidents lors des matchs entre Nice et Nîmes lors de la saison 2018/2019".

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes