En pliant l'affaire à la pause (2-0), Nîmes a facilement dominé Angers 3-1 grâce à un coup de tête de Landre et un but de Depres. Seul point noir, l'attaquant est sorti sur la civière, touché au genou. 

Quatre jours après la défaite (1-0) face à Toulouse, les Crocos terminaient cette série de trois matches consécutifs à domicile en affrontant Angers, en match en retard de la 20e journée de Ligue 1. La mission était de terminer la mission avec six points dans les bagages. Pour y parvenir, Bernard Blaquart conservait son 4-4-2 avec la présence de Bobichon, Valls était remplaçant, sur la gauche et de Thioub sur la droite. Le duo d'attaque était issu de la formation nîmoise avec Ripart associé à Depres. Un turnover qui s'est avéré payant.

Les Nîmois prenaient le match par le bon bout avec beaucoup d'intentions offensives. Une domination - 64% de possession du ballon après 20 minutes - qui était cependant stérile en début de match. Néanmoins, Thioub semait la panique en centrant devant le but. e gardien angevin, Butelle, repoussait le cuir du bout des gants et Savanier ne pouvait conclure (12e). À la 29e, les rôles s'inversaient. Le milieu de terrain croco reprenait d'une volée du gauche une passe de l'attaquant mais le gardien visiteur détournait en corner.

Angers semblait venu pour jouer le nul et s'approchait très peu de la surface de Bernardoni, surtout occupé à faire quelques longueurs pour se réchauffer. Passée la demi-heure de jeu, les Nîmois décidaient de passer la vitesse supérieure. Toujours aussi provocateur, Thioub slalomait dans la surface et centrait pour Depres qui reprenait instantanément du gauche. Un tir un peu écrasé mais suffisant pour battre Butelle (1-0, 32e). Une ouverture du score logique qui plombait les visiteurs.

Dans la foulée, nouvelle attaque des Crocos qui entraînait un corner. Le coach évoquait cette semaine son souhait de voir ses joueurs progresser en justesse technique dans la dernière passe. Message reçu. Le ballon travaillé avec amour par Savanier était déposé sur la tête de Landre, qui, esseulé au 2e poteau, avait fait le déplacement juste pour doubler la mise face à une défense aux abois d'un coup de bouc bien ajusté (2-0, 34e).

En deux minutes, les Crocos avaient plié l'affaire face à un adversaire apathique. Une efficacité retrouvée comme un pied de nez au match de Toulouse où cette satanée réussite avait fui les Nîmois. À la pause, sur neuf tentatives, trois étaient cadrés et deux terminaient au fond des filets alors que les Angevins n'avaient pas frappé au but.

Avec deux unités d'avance à la pause, les Crocos n'était pas rassasiés. Dès la reprise, lancé plein axe par Ripart qui récupérait un ballon au milieu de terrain, Depres filait au but et portait le coup de massue aux Angevins (3-0, 49e). Butelle touchait le ballon mais en vain. Cette fois-ci, Clément Depres pouvait savourer son premier doublé en Ligue 1.

À l'aller contre Angers, son deuxième but avait été mis au (dis)crédit de Thomas (49e), buteur involontaire contre son camp. Angers est décidément l'équipe qui lui réussit. Malheureusement, pour l'attaquant nîmois, il ne terminait pas cette rencontre. Sur une action anodine, il s'écroulait après avoir ressenti une douleur au genou gauche, certainement une entorse ou, pire, une rupture des ligaments croisés.... Il quittait ses partenaires à la 65e minute sur la civière, remplacé par Alioui.

À 3-0, le rideau était tiré. Les Angevins réagissaient malgré tout avec Lopez qui trouvait la barre de Bernardoni (56e) et Tait qui butait sur le portier nîmois prêté par Bordeaux (62e). Ce soir, mis à part la blessure de Depres, tout a souri aux Crocos, qui avaient une bonne étoile.

Ripart voulait y aller aussi de son petit but mais son tir du gauche ne faisait que frôler le montant droit du portique. Maouassa avait la balle de 4-0 mais Butelle ne se laissait pas surprendre (84e). C'est finalement Angers qui réduisait le score grâce à un but de Bahoken sur penalty après une faute de Briançon sur Thomas (3-1, 93e) que l'arbitre gratifiait en sus d'un carton jaune.

Avec ce succès et ses six points glanés en trois matches, Nîmes Olympique grimpe à la 10e place de la Ligue 1 et revient à trois points de Montpellier. Avant le derby à domicile, le 3 février, il y a un déplacement à Nice, samedi. Même si le ton est déjà donné du côté des supporters et sur les banderoles on pouvait déjà lire : "J-11 : victoire obligatoire".

Corentin Corger 

20e journée de Ligue 1. Stade des Costières. Nîmes Olympique - SCO Angers 3-1. (Mi-temps : 2-0). Spectateurs : 12 015. Arbitre : Olivier Thual. Buts à Nîmes : Depres (32e, 49e), Landre (34e). But à Angers : Bahoken (93e). Avertissement à Nîmes : Briançon (93e). Avertissement à Angers : Bamba (42e), Tait (58e). 

 Nîmes : Bernardoni – Alakouch, Briançon (cap.), Landre, Maouassa - Thioub, Savanier (Valls, 76e), Ferri, Bobichon (Bouanga, 84e) - Ripart, Depres (Alioui, 65e). Entraîneur : Bernard Blaquart. Remplaçants non utilisés : Valette, Paquiez, Harek, Bozok. 

 

Angers : Butelle - Manceau, Thomas, Pavlovic, Bamba - Ndoye (cap), Capelle (El Melali, 74e), Santamaria (Mangani, 58e), Fulgini, Tait - Lopez (Bahoken, 58e). Entraîneur : Stéphane Moulin. Remplaçants non utilisés : Boucher, Aït Nouri, Mouanga, Manzala.  

Bernard Blaquart (entraîneur de Nîmes) : « Ce succès fait du bien. On fait une très bonne première période. L'association pour la première fois de la saison sur le front d'attaque de Ripart et Depres a bien fonctionné. Ils ont plein de qualités techniques et mentales. On a été très bons dans la récupération du ballon et su se projeter très vite vers l'avant. Malheureusement, la blessure de Clément Depres gâche ce succès. Il est parti passer une IRM à l'hôpital, je crains une blessure grave. Là, on vient de prendre six points sur trois matches en huit jours, c'est un pas de plus vers le maintien. On a été efficace offensivement. On a été meilleur sur la qualité de centres. Maintenant, on peut espérer se maintenir. »

 

Antonin Bobichon (milieu de terrain de Nîmes) : « Cela fait du bien d'inscrire trois buts. C'est le retour de l'efficacité. À domicile, on se devait de gagner face à un adversaire qui fait partie de notre Championnat et de le mettre à distance. Il ne faut pas s'arrêter là. »

 

 

Stéphane Moulin (entraîneur d'Angers) : « C'est le plus mauvais match de la saison. Il n'y a pas grand-chose à retenir. On a montré une première période calamiteuse sans aucune intention de jeu où on a été dominé dans l'engagement qui fait habituellement notre force. Durant une mi-temps, cela a été le néant le plus total. On a été dominés dans le jeu et l'impact physique, cela ne nous ressemble pas. Nîmes a su nous bousculer. Je ne comprends pas une telle absence. On a quand même réagi après la pause avec des occasions de buts. On a eu le mérite de se créer des occasions. C'est une mauvaise soirée. »

Après l'annulation du match face à Angers samedi, en raison de la manifestation des gilets jaunes, Nîmes Olympique va enfin reprendre le cours du championnat ce mercredi avec un match lui aussi reporté face à Nantes aux Costières. Le directeur sportif, Laurent Boissier, nous en dit plus sur l'ouverture de cette deuxième partie de saison.

Objectif Gard : Comment s'est déroulée cette intersaison ?

Laurent Boissier : On ne peut pas dire que l'on ait bien fini et bien démarré l'année 2019 après le match perdu en Coupe de France face à Lyon Duchère. C'est la loi du football et il faut l'accepter. Seul le résultat compte. En ce qui concerne les vacances, elles ont été courtes. À peine une dizaine de jours. Le groupe est parti en stage, a bien travaillé. Il vit bien et attend avec impatience la reprise du championnat mercredi.

La multiplication des reports est compliquée. Comment faire en sorte que le groupe reste mobilisé ?

C'est le rôle de Bernard (Blaquart, l'entraîneur, NDLR) et Jérôme (Arpinon, l'entraîneur adjoint) de faire en sorte que l'équipe reste sous pression. Concernant les matchs reportés, c'est une situation qui n'est pas normale. Il ne faut pas banaliser ces reports systématiques. Le football n'est pas un amusement. On ne fait pas de la pétanque. C'est notre gagne-pain. Nous avons des obligations économiques. Un match annulé a à chaque fois des conséquences importantes. Et je ne vous parle même pas de l'aspect sportif où désormais le championnat est complètement faussé. Ce week-end, nous sommes la seule équipe avec Angers à ne pas avoir joué. Pourtant mardi dernier, nous avions l'assurance des services de l'État. Et vendredi, tout à coup, on nous annonce le report. C'est réellement problématique. On va jouer quatre matches en dix jours. Compliqué.

Vous êtes également soumis depuis plusieurs jours à de nombreuses rumeurs de départs de joueurs. Savanier, Alioui, Bozok... On prête même des propos de Blaquart autour de son dernier match en Coupe de France. Où est la vérité ?

Pour Bernard Blaquart, c'était une boutade mais il semblerait que certains n'ont pas compris son humour. Il expliquait qu'il n'arrivait jamais à gagner des matches en Coupe donc qu'il enverrait Jérôme Arpinon la prochaine fois. Concernant les joueurs, il faut être clair, à un moment donné, il ne faut pas toujours croire que les joueurs resteront toute leur vie au Nîmes Olympique. Il y a une réalité sportive et économique. On est un petit club et on ne peut pas répondre aux exigences de tous. Cela étant dit, c'est encore nous qui décidons.

Comment abordez-vous cette deuxième partie de saison ?

 

Notre objectif c'est les 40 points à la fin. On sortira le champagne. Nous faisons le pari de rester en Ligue 1 dès notre première saison parmi l'élite même si tout cela est très compliqué. Maintenant, faut s'accrocher, se battre malgré tout ce qui se passe. Nous avons besoin plus que jamais des supporters qui ont attendu 30 ans de revoir leur équipe au sommet. À eux de remplir les 15 000 places du stade des Costières s'ils veulent prouver que nous sommes réellement une ville de football. De notre côté, nous restons concentrés sur notre objectif de maintien.

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"S'il n'y avait que des équipes comme Nîmes Olympique en Ligue 1, on s'emmerderait moins"     (Pierre Ménès - Canal Plus)

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes