Les Crocodiles ont du mordant en ce début de match. Comme face aux Marseillais, les Nîmois tentent de déstabiliser les Parisiens en mettant beaucoup d’impact et d’agressivité. Le public pousse son équipe, qui contrecarre parfaitement les plans du champion de France en titre durant la première demi-heure. Dans l’incapacité de mettre en place son jeu, le club de la capitale se montre peu inspiré. Après trente minutes de feu, les Gardois commencent à payer leurs efforts. Le PSG remonte alors son bloc et se positionne bien plus haut sur le terrain. Les joueurs de Thomas Tuchel se montrent sans pitié et matérialisent rapidement cette meilleure impression par un but.

L’ÉCLAIR DE DI MARIA !

Sur le côté droit, Meunier sollicite le une-deux avec Mbappé. Le champion du monde lui remet un ballon parfait dans la course en une touche. Le centre de l’international belge est précis et repris victorieusement par Neymar, qui signe sa 4e réalisation en taclant rageusement le ballon au fond des filets (0-1, 36e). Le NO accuse le coup et le PSG ne tarde pas à creuser l’écart. D’un véritable coup de génie, Angel Di Maria double la mise, quatre minutes plus tard, en enroulant parfaitement un corner direct dans la lucarne de Bernardoni (0-2, 40e). L’Argentin succède ainsi à Rachid Ghezzal, dernier joueur à avoir marqué directement sur corner, le 30 avril 2016 (OL-Gazélec 2-1). Le premier acte s’achève sur une belle occasion des Nîmois, mais Guillaume, bien lancé dans la surface par Savanier, voit Areola détourner son tir croisé (45e+2).

LE RÉVEIL NÎMOIS !

Les Crocos retrouvent leur mordant des premières minutes à l’heure de jeu en relançant le suspense. Après s’être heurté à Marquinhos, Sada Thioub glisse le ballon en retrait à Antonin Bobichon, entré à la pause. Le milieu de terrain ne se pose pas de question et loge le ballon dans la lucarne d’Areola, d’une superbe frappe brossée (1-2, 63e). Les hommes de Bernard Blaquart sont à nouveau déchaînés. Ils obtiennent un pénalty, validé par l’assistance vidéo à l’arbitrage, sur une faute de Thiago Silva. Téji Savanier fait chavirer les Costières en le transformant avec assurance (2-2, 71e). Ca tangue côté parisien : Alakouch trouve le haut de la transversale (74e) et Areola doit repousser un tir lointain vicieux (77e). Mais le PSG compte en ses rangs trois champions du monde… Après cet arrêt de son gardien international, Kimpembe sort le ballon avec autorité et déclenche une longue transversale à destination de Mbappé. L’attaquant francilien réalise un contrôle somptueux en pleine course, avant de fusiller Bernardoni d’une reprise sous la barre (2-3, 77e). Le PSG ne craque plus et parvient à contenir la fougue nîmoise. Cavani marque à son tour, dans le temps additionnel, sur un bon service de Draxler, frôlé par Mbappé (2-4, 90e+4). La rencontre se termine sur les expulsions de Savanier et Mbappé, après un geste d’humeur du Parisien consécutif à une grosse faute du Nîmois (90e+4).

Bernard Blaquart : «On a cherché à gêner Paris au milieu de terrain, il nous a manqué encore plus d'efficacité, mais on lui a posé des soucis. On est déçu par le résultat, on est passé très près, mais on est satisfait par le contenu. Après, le contenu ne suffit pas. On s'est donné les moyens de rivaliser avec Paris. C'est un peu frustrant de prendre un but sur un temps fort, mais je ne voulais pas à 2-2 qu'on s'arrête de jouer, on ne pouvait pas se contenter d'un match nul, ce n'est pas nous, ce n'est pas notre jeu. Après, on manque encore d'expérience. Finalement, je suis satisfait de notre performance même si on n'a pas gagné parce que Paris était plus fort.» 

 

Thomas Tuchel : «Je suis content du résultat, on a montré, en première mi-temps, de l'engagement et du mental, mais on a aussi connu des difficultés après la pause en se compliquant la dernière demi-heure. J'avais pourtant prévenu, cette semaine, mes joueurs de l'intensité que Nîmes mettait dans son jeu. Or face à ce genre d'adversaire, il faut toujours être concentré. On a vu ce qui était arrivé, ici, à Marseille (qui a perdu 3-1). Or, à 2-0, on a eu des situations, mais on n'a pas su enfoncer le clou et tuer le match. On n'a jamais paniqué, mais mentalement, on est un peu sorti du match avant de finalement réagir sur la fin. Cela a été un match compliqué dans une ambiance difficile et un terrain horrible, mais Paris mérite sa victoire».

«Un match comme celui-là, ça se joue. On ne va pas se mettre à 10 derrière pour faire 0-0 !» Le propos d’Anthony Briançon, capitaine de Nîmes Olympique (7e, 6 points), est clair et sans ambages à 48 heures de la réception du PSG (1er, 9pts) au Stade des Costières. Fidèle aux valeurs offensives qui les animent depuis la prise de fonction de Bernard Blaquart, les Gardois entendent bien développer du jeu face à Paris. Sans peur, sans reproche et sans complexe, ils aimeraient évidemment rééditer la performance réalisée voilà deux semaines face à l’OM (victoire 3-1) à l’issue d’un match plein et abouti. A en croire les principaux intéressés, Nîmes abordera ce match «pour le gagner» même si, de l’aveu de son entraîneur, l’équipe gardoise serait «ravie de faire 0-0 contre Paris.»

Réussir une performance face au PSG de Cavani ? L’entraîneur y songe mais avec humilité : «Ça ne sert à rien de ne pas de ne pas dormir pendant trois jours. On sait très bien que le résultat dépend d’eux (les Parisiens, ndlr) avant tout».  Modeste par nature, le coach croco sait aussi forcer – un peu trop – le trait quand il estime qu’une lourde défaite face au champion de France en titre ne serait pas dramatique. «Je veux bien prendre une fessée comme Dijon l’an dernier (les Bourguignons avaient perdu 8-0 au Parc) et me sauver comme eux en fin de saison (le DFCO a terminé 11e avec 48 points). Ce sera juste un mauvais moment à passer», élude-t-il. Avant d’ajouter, comme chaque semaine depuis la reprise, qu’à ce stade du championnat «l’état d’esprit prime sur le plan comptable».

 

Côté joueurs, la rencontre est attendue avec appétit. «On s’attend à beaucoup courir. Mais ça tombe bien, on aime ça», sourit Anthony Briançon qui ne veut pas regarder jouer le PSG en spectateur. «Bien sûr que c’est un rêve de jouer contre des joueurs de classe mondiale. La plupart de nos adversaires de samedi sont des idoles», concède le joueur de 23 ans qui n’a connu que son club formateur. «Il faut prendre ce match comme un match de gala, comme un match fantastique à jouer où on a plus à gagner qu’à perdre», renchérit-il. Le capitaine, qui évolue à l’arrière, s’attend évidemment à une rencontre compliquée défensivement. «On va mettre l’agressivité que l’on sait mettre c’est à dire sans porter de coups. On ne va pas mettre des tacles à la gorge (sic !) mais serrer le porteur du ballon, promet encore Briançon. D’autres équipes ont déjà battu Paris. Il y a donc un espoir...» 

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes