Malik Hsissane : du chômage à la Ligue 1

Ses débuts en mai 2011 font de lui le plus anciens des Crocos. Avec son club de cœur, il a connu toutes les émotions. Au chômage en octobre 2017, il va découvrir prochainement, la Ligue 1. Histoire d’un Nîmois fier de l’être.

Dans quelques semaines, il affrontera peut-être le PSG. « Je m’imagine tacler Neymar. On en rigole avec les copains : fait attention il peut te ridiculiser. Attention, si tu le blesses, tu vas passer partout à la télé ». Mais, quoi qu’il arrive, il n’oubliera pas d’où il vient. C’est dans le quartier des Jonquilles que tout a commencé pour Malik. « C’est tranquille, ce n’est pas comme le Chemin-bas ou la Zup. On est plus proche de la ville. » Dans les années 1990, le petit Malik passe tout son temps sur le petit terrain qui longe le périphérique Nîmois. « Matin, midi, soir, après les cours et pendant les vacances. Sous la pluie et même la neige ». Ces souvenirs sont inoubliables pour le milieu de terrain des Crocos.

« J’étais le Steven Gerrard des Jonquilles »

À six ans, il joue déjà avec des joueurs plus vieux. Dans le quartier, il est au-dessus du lot. Les compétitions sont rudes mais Malik ne se défile jamais. « J’étais le Steven Gerrard des Jonquilles », se souvient-il. Le milieu de terrain de Liverpool fait parti de ses idoles, au même titre que Xabi Alonso, Patrick Viera et Claude Makélélé. Son premier club est le Nîmes Olympique qu’il intègre à l’âge de dix ans. L’ancienne vedette du quartier a les yeux qui brillent à l’évocation de cette période. « Quand j’ai reçu mon premier survêtement avec mon nom floqué dans le dos. C’était une fierté de fou, je suis Nîmois à 100%. » À 13 ans, il fait tout de même un passage d’une saison à l’Olympique d’Alès. Mais il revient aussitôt.

Aux fils des années, il est dirigé par Yannick Dumas, Thierry Lorenzo, Gregory Meilhac. Il a quelques touches avec Arles-Avignon et Clermont mais il préfère privilégier son club de cœur et reste de Nîmes. La récompense arrive le 10 mai 2011 quand Thierry Froger le fait entrer au stade de la Rabine, à Vannes lors d’un match de Ligue 2. Il remplace Mohamed Benyachou à un quart-d‘heure de la fin et Malik s’en rappelle comme si c’était hier. « Sur le coup, je ne réalise pas mais une fois que j’ai mis les pieds sur la pelouse, mon cœur battait à 2 000 à l’heure. L’adrénaline et les frissons. » Le Nîmes Olympique perd 3-1 et tombe en National.

« Je suis le miraculé du Nîmes Olympique »

Pour arriver là, le Croco s’appuie sur Nordine, son grand-frère, qui le suit depuis toujours. C’est un peu son guide. Aujourd’hui encore, c’est avec lui qu’il débriefe les après-matches. Depuis son intégration dans le groupe pro, Hsissane a connu X entraîneurs. Cavalli avec qui il avait des bonnes relations. Tosi, Froger qui est le premier à lui avoir donné sa chance. Avec Zvunka, les rapports sont « un peu électriques ». Il y a Benezet pour un intérim d’un match. René Marsiglia lui laisse un souvenir particulier, « un des meilleurs que j’ai connus ». Par la suite débarque Pasqualetti « qui n’était pas trop proches de ses joueurs ». Et maintenant Bernard Blaquart qui l’a remis en selle. Hsissane a eu sa traversée du désert, de 2015 à 2017. Une expérience ratée au Maroc puis une saison en National avec Lyon-La-Duchère. Une époque récente où il ne rêve même plus de Ligue 2. « Ça ouvre les yeux sur plein de choses. »

Fin octobre 2017, il frappe à la porte de la réserve, juste pour pouvoir s’entrainer. Finalement il s’engage avec le club pour renforcer les réservistes. Au bénéfice d’une suspension de Savanier et d’un blessé, il se trouve sur le banc de l’équipe première contre Sochaux. Blaquart lui donne sa chance et il l’a saisi. « Je suis le miraculé du Nîmes Olympique ». C’est une renaissance. Maintenant il savoure. À 27 ans, il est le plus ancien Croco de l’effectif. Et peu importe s’il ne tacle pas Neymar, rien ne se sera jamais plus beau que les matches sur le petit terrain des Jonquilles.

 

De Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), Norman Jardin

clic sur les photos pour agrandir

Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes