C'est la huitième et dernière recrue attirée par Laurent Boissier dans les dernières heures du mercato, le 31 août dernier. Faitout Maouassa, un jeune joueur de 20 ans qui a déjà l'expérience de la Ligue 1 et qui s'impatiente d'être aimé par le public nîmois. Rencontre.

Tradition oblige, dernier arrivé ou plus jeune du groupe y ont droit. C'est à eux que revient le "privilège" de ramener le sac de ballons après l'entraînement. Faitout n'y échappe pas et s'en charge avec un grand sourire. Après s'être changé, le natif d'Argenteuil dans le Val d'Oise (95) prend quelques minutes pour nous raconter son parcours. Repéré en catégories U15, il réalise une saison au Pôle espoirs de Reims, avant de partir pour le centre de formation de Nancy. Deux années et une troisième qui débute avec la signature d'un contrat professionnel, à tout juste 17 ans.

Une précocité qui se traduit par une accession en Ligue 1 avec Nancy et quatorze matches joués lors de la saison 2016/2017. "Ce n'est pas facile, c'est un rêve que j'avais et le réaliser à 18 ans c'est beau", analyse Faitout sur ses débuts dans l'élite. Bourreau de l'adversaire, en avril 2017, lors d'un Nancy-Rennes où le milieu gauche réalise deux passes décisives, il est transféré en Bretagne l'été suivant pour 7 millions d'euros. À seulement vingt ans, il est le deuxième élément de l'effectif gardois à avoir joué le plus de matches en Ligue 1, après Moustapha Diallo. "Je ne le savais pas", lâche-t-il en ricanant.

Sous les ordres de Christian Gourcuff à l'entame de la saison dernière, Maouassa fait partie des titulaires récurrents de l'attaque rennaise. Il participe aux douze premières journées de championnat. Mais la structure du club se modifie, Olivier Létang et Sabri Lamouchi arrivent respectivement comme manager général et entraîneur. "L'année dernière, ce n'était pas vraiment facile pour moi. Le changement de direction a beaucoup impacté mes performances malheureusement. Je l'ai mal vécu. Ça m'a beaucoup servi et forgé humainement."

Sur les 26 autres journées de championnat, Faitout n'apparaîtra qu'à sept reprises. Une mise à l'écart sportive qui rend flou l'avenir de cet international français, vainqueurs des Euro U17 et U19. "Le coach ne m'a pas vraiment parlé. Je souhaitais être prêté pour avoir du temps de jeu et rester en Ligue 1." Recruté pour jouer milieu gauche, Faitout est polyvalent sur les deux côtés : "en jeunes j'étais latéral, ça dépend je peux jouer partout. Je n'ai pas de préférences, gauche, droite." Celui qui se décrit comme un joueur de vitesse et qui aime toucher le ballon, risque d'animer les tribunes latérales des Costières par ses débordements.

Son premier but pro inscrit aux Costières

L'arrivée de Maouassa s'est ficelée lors du dernier jour du marché des transferts. "Je reçois un appel de mon agent après l'entraînement, à midi : «Faitout, il y a Nîmes qui te veux en prêt !» Je me suis dit, allez c'est un club fait pour moi. J'aime bien comment l'équipe joue en contre. Ça va vite avec des attaques rapides. C'est le jeu qu'il me faut." Le soir, il signait à Nîmes. D'autres clubs étaient intéressés par son profil mais les Crocos ont eu le dernier mot.

À part le jeu proposé, la présence dans l'effectif de Paul Bernardoni a penché dans la balance. "En sélection, c'était avec lui que je restais le plus. Je l'aime beaucoup Paul." Prêté également au Nîmes Olympique, le gardien a rassuré son coéquipier sur l'ambiance du vestiaire et l'engouement du public. "J'en avais besoin de ressentir les vrais supporters. Avoir cette bonne pression. Sentir une équipe soudée, ça me fait du bien." Pourtant pour son unique venue au stade des Costières, le 22 août 2015 pour la 4e journée de Ligue 2, Faitout n'avait pas laissé une bonne impression aux supporters. Et pour cause... : "j'ai marqué mon premier but pro à Nîmes". Il venait tout juste de fêter ses 17 ans, qu'il égalisait à 2-2 à la 84e minute après un but de Savanier, "pour Téji aussi c'était son premier but avec Nîmes."

Faitout espère contribuer au maintien des Nîmois dans l'élite et a également un objectif personnel, "marquer, parce que l'année dernière je ne l'ai pas fait." Mais avant ça, le jeune homme a quelque chose de plus urgent à gérer : "je vais essayer de trouver une maison parce que je vais vivre avec ma maman. Partout où je pourrais l'emmener, elle sera là avec moi. Pour l'instant elle est restée en Bretagne. Elle me manque trop." D'ici le retour du championnat, son entourage sera au complet et Faitout pourra faire bouillir les Costières.

 

Corentin Corger

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Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes