Ce lundi matin, le buteur des Crocos était au stade Marcel-Rouvière. Il soutenait Laura, son amie, qui prépare le concours de pompiers. Entre deux encouragements, il retrace la folle soirée de samedi qui a vu les Crocos s'imposer à Angers 4-3.

Objectif Gard : Comment avez-vous vécu le début du match avec l’ouverture du score de Sada Thioub ?

Clément Depres : C’était super. J’étais vraiment content de ce but rapide. Sur le banc on s’imagine que ça va être un match comme nous avions l’habitude de les gérer en Ligue 2. Nous étions très sereins.

Pourtant, l’entame de la seconde période, a été très difficile pour Nîmes, avec deux buts encaissés. Avez-vous douté ?

À ce moment, on se dit que ça va mal se passer. On baisse la tête en pensant que l’on est en train de prendre le bouillon. Mais on ne perd pas l’espoir de revenir.

Alors qu’il y a 3-1 pour Angers, Bernard Blaquart décide de vous faire entrer. Qu’avez-vous ressenti ?

Vers la 60e minute, Jérôme Arpinon (NDRL : l’entraîneur-adjoint) vient me voir pour me dire que je vais entrer. Je me prépare mais cela intervient un peu plus tard. J’étais très impatient et je me suis dis que j’allais entrer dans un match très compliqué.

Et puis arrive ce premier but...

Sur une super ouverture d’Antho (Anthony Briançon). C’était une belle entrée, pour mon premier ballon. J'ai pris mon temps, je n'ai pas paniqué. J'ai fait l’appel qu’il fallait. Je n’ai pas eu le temps de cogiter. Je lève la tête et je regarde où est Butelle. Il y a un trou à gauche et je croise du plat du pied. Avant d’entrer, le coach m’avait demandé de faire ce genre d’appel. Pour la petite histoire, avec Anthony Briançon, en CFA 2, on avait fait exactement la même combinaison à Aurillac et on avait marqué le même but.

Quelques secondes après, Florian Miguel se fait expulser. C’est un gros coup au moral ?

Je me dis que ça va être très compliqué. Mais finalement, je crois que c’est cela qui nous a donné un supplément de rage et d’agressivité.

Manzala qui rate la balle de match pour Angers...

S’il la met c’est fini mais ça ne m’a pas marqué plus que cela. Je me dis qu’il y aura encore une occasion pour nous. J’avais 15 minutes à jouer, 4-2, 3-2 ou 3-1, peu importe, il fallait que je les fasse à fond.

Racontez-nous l’égalisation de Renaud Ripart ?

C’est un super boulot de Sada Thioub. Je fais le même appel que pour mon premier but mais je me trouve à l’opposé de Renaud. Il met le ballon au fond des filets. C’était génial.

Dans la foulée, vous prenez l’avantage, décrivez-nous ce but ?

Au départ, je vois Paul qui a le ballon dans ses 18 mètres. Ma mission est de garder la balle le plus loin et le plus longtemps possible. Je suis tout seul au milieu de cinq joueurs d’Angers. Je suis au duel avec Thomas et j’arrive à garder le ballon. Je vois Sada sur le côté. Je lui donne et je vais devant. Il y a un super travail de Théo qui change le jeu, et après cela se passe sur le flanc gauche avec Gaëtan et Renaud (Rires), c’est la formation Nîmoise du côté gauche ! Renaud déborde et je sais qu’il va centrer directement. Je fais appel et contre-appel sur Thomas et je passe au premier poteau pour toucher le ballon. Advienne que pourra. J’ai mis la tête où il n’aurait peut-être pas mis le pied. Le ballon va au fond, tant mieux.

Au niveau émotionnel, vous en êtes où à ce moment-là ?

J’en suis au niveau 1000. Même si j’aurais aimé le faire au stade des Costières. Je me dis que ce n’est pas vrai. On gagne 4-3, pour notre premier match, j’en marque deux, c’est ouf. J’écarte les bras et j’attends que tout le monde me saute dessus. C’est juste extraordinaire. Je m’en souviendrais toute ma vie. Je ne pensais pas vivre un truc comme cela.

Bernard Blaquart a dit que vous étiez des dingues...

J’adore le clin d’œil. J’ai encore plus apprécié qu’il dise que nous étions les seuls à y croire. J’aime bien ça. On sera toujours là pour dire que ce n’est pas fini même quand c’est très compliqué.

Quel a été son discours à la fin du match ?

(Rires) Que nous avions un jour de repos en plus et il avait écrit sur le tableau que ‘C’est dur mais c’est très bon’.

À quoi ressemble votre vie depuis samedi soir ?

J’ai eu beaucoup de messages d’encouragements et de félicitations, mon téléphone a planté. Je suis hyper sollicité par les amis et les médias. C’est extraordinaire. Mon papa a sorti la bouteille de champagne samedi soir. Ma maman est très contente aussi. Il y a beaucoup de fierté de mon entourage. C’est la preuve que le travail fini par payer. Je suis resté positif, même quand j’ai été décrié par des supporters Nîmois. La lumière est sur moi aujourd’hui. J’espère que cela sera encore le cas la semaine prochaine mais si c’est sur un autre Croco ça sera tout aussi bien. Dimanche soir avec tous mes potes et mon petit frère, nous étions en train de regarder le CFC (l'émission Canal Football Club sur Canal Plus). Quand on me voit sur un grand écran derrière Pierre Ménès, c’est génial. J’ai fait une capture d’écran et je vais la garder comme souvenir. Mais je me dis que c’est éphémère et qu’il faut confirmer. J’espère que l’équipe aura encore besoin de moi.

 

Propos recueillis par Norman Jardin

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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