« Chez nous, tout est à base d’enthousiasme, de joie de jouer. Nous n’avons pas les moyens de nous payer une super équipe…et nous n’y tenons pas tellement. Nous préférons conserver notre force et notre temps à la formation de jeunes, c’est pour nous une certitude d’arriver à un résultat. Les jeunes sauveront le club ». Ainsi s’exprimait Marcel Rouvière dans les colonnes de Football Magazine en 1964, juste après que les crocos se soient sauvés in extremis des barrages.

Rouvière, le « père la formation » du Nimes Olympique, avec son complice Pibarot, a, depuis quelques années, planté le décor de ce que sera l’avenir du Nimes Olympique.

Dès le début des années 50, Pibarot, bien aidé dans sa tâche par quelques bénévoles, met en place une école du football. Sous la direction d’Emilie Jonquet et bien épaulé par Viala, Delprat, Teissier, Pierredon et Roux, la section amateur convoque des gamins à venir taper dans le ballon le jeudi dans les arènes ou sur le terrain du club des cheminots… Le but est simple : repérer et attirer des gamins afin d’évoluer au sein des équipes de jeunes. Les résultats ne se font pas attendre et une pépinière de débutants commence à se mettre en place.

Dans cette perspective de formation, Marcel Rouvière devient entraineur de la section amateur qu’il animera pendant 12 saisons.

Le 7 mai 1961, le Nimes Olympique est à la fête à Colombes. Les nîmois affrontent Sedan en finale de la coupe de France avec dans ses rangs Alain Garnier, un joueur formé au club. En lever de rideau, les poulains de Viala et Rouvière gagnent pour la première fois la coupe nationale Gambardella et sont uniquement gamins du cru, dont Jean Marie Marcellin, qui fera parler de lui plus tard.

Fort de son poste de professeur d’éducation physique au lycée des Garçons (Lycée Daudet), Rouvière suit les rencontres ASSU qui opposent les gamins des différents lycées nimois. C’est ainsi qu’avec Jean Pierre Roux, il repère Jacky Novi.

« Je jouais dans l’équipe du lycée technique Dhuoda et Jean Pierre Roux est venu me solliciter pour signer au Nimes Olympique ». Quelques années plus tard ce sera le tour de Michel Mézy de se signaler dans ce championnat ASSU. « A l’époque le Nimes Olympique était le club phare de la région. La formation reposait sur la technique mais aussi et surtout sur l’éducation au sens instruction des valeurs. Importance de porter les couleurs nimoises, importance et fierté de gagner les compétitions de la plus banale à la plus renommée, importance de s’identifier à une culture véhiculée et instruite par des anciens pro de la maison croco qui étaient là pour dispenser les entrainements. Par ce biais, on épousait l’éthique, on apprenait à jouer ensemble et à gravir les échelons main dans la main. Le club n’avait sans doute pas beaucoup d’argent mais misait sur la formation pour attirer des joueurs régionaux pour qui le Nimes Olympique était le club emblématique. Un noyau se créait au fur et à mesure des catégories et les joueurs qui arrivaient de l’extérieur savaient se fondre dans le moule » reconnait Michel Mézy.

Pour s’en convaincre il faut lire la composition des équipes des années 70 où, sur les 23 joueurs en contrat professionnels, 13 sont issus du terroir languedocien : Augé (Cournonterral), Betton (Alés-Bagnols), Bonnet (Castries), Canetti (Tournefeuille –Toulouse), Combettes (Séte), Dell’oste (Montpellier), Martinelli – Odasso (Beaucaire), Mézy (Le Grau du roi), Vergnes (Magalas), Marcellin - Iniesta – Moretti (Nimes). On y ajoutera les générations suivantes avec Boissier (Nimes), Girard (Vauvert), Mansouri (Nimes), Champ (Nimes), Boyron (Ales)…

L’implication des joueurs était totale. Jacques Bonnet nous rappelle : « chaque pro allait entraîner les gamins de l’école de foot le jeudi matin. Il y avait une proximité entre eux et nous qui engendrait l’amour du club. Notre œil nous permettait de déceler les talents de demain ».

Au plan national, Boulogne pousse les clubs à faire de la formation et dès 1974 (18 février), le Nimes Olympique se dote d’un centre de formation agréé par la FFF mais aussi de la première section « sports études ».

Les Castagnino, Dubourdeaux, Duisit, Duch, Moine et tant d’autres y feront leurs débuts et gagneront le titre de champion de France des sports études comme la Gambardella pour la quatrième fois (1977). Le club grandit, certains joueurs sont hébergés au foyer de la reinette puis les Goudard, Perez, Lucchesi, Marijon, Aujoulat, Pérez resident au Mazet de la montée des Alpins chez les Barlaguet où la discipline, le respect, les valeurs y sont inculqués. « De joueur de football, Barlaguet nous transformait en homme et en professionnel. C’était parfois rude, mais ça nous apprenait le cheminement dans la carrière » déclare Claude Goudard. « Le coté étude et sport a été un choix déterminant pour mes parents pour que je rejoigne le club » reconnait Christian Pérez.

Jean Pierre Oziol, qui succède au poste de Marcel Rouvière à son décès, raconte : « Le sport étude nous permettait de voir des jeunes à l’œuvre. Nous les entrainions entre midi et deux, puis il y avait les cours classiques. Au début, cette section était faite pour instaurer une passerelle entre le lycée et le Nimes Olympique. Au fur et à mesure des années, comme la sélection était difficile, il nous arrivait d’avoir des jeunes de la région mais qui ne jouaient pas forcément au NO. Ce qui attirait les jeunes et les parents c’était certes la réputation du Lycée mais aussi l’attrait de pouvoir incorporer le Nimes Olympique qui était un peu la finalité de la formation ». Cette section nimoise remporta à 3 reprises le championnat des Sports Etudes et participa à la coupe du monde des lycées.

En 1984, le Nimes Olympique se dote d’une structure complète avec le complexe de la Bastide. Patrick Champ, responsable technique, se souvient : « Nimes s’équipait enfin d’une structure digne d’un club professionnel. Combien de jeunes l’ont intégrée ? Je ne sais plus, mais nous étions un club important dans la formation. La structure était parfaite et les jeunes qui l’incorporaient l’étaient aussi. Dans toutes les catégories nationales, on trouvait régulièrement des joueurs issus de notre centre. Nous avons même été élus meilleur club de jeunes à 3 reprises.

La liste des joueurs « formés au club » serait sans doute longue à établir. De tout temps, le Nimes Olympique a été reconnu comme un club formateur.

Firoud déclarait dans le Midi Libre en 1970 : « Nimes Olympique n’a pas les moyens de s’offrir les services de grandes vedettes. Nous, les vedettes, il faut les fabriquer, je veux dire : les sortir de l’anonymat et les révéler. Or je peux me tromper comme tout le monde mais toutefois je ne me fie jamais aux impressions de l’instant. Ceux qui m’intéressent, moi, ce sont ceux qui correspondent à l’idée que j’ai, non pas de ce qu’ils font, mais de ce qu’ils pourront faire en adéquation avec les valeurs et l’identité du club».

50 ans après, ces propos résonnent encore plus fort !

Le Centre de formation en ce début d'année 2017 passe en Catégorie 1, qu'est-ce que cela change ?

COUPE GARD LOZERE

 

Vainqueur en 1959, 1961, 1964, 1966, 1970, 1985, 1988, 1992, 2006, 2010, 2015, 2016.

 

COMMENT SONT NOTES LES CENTRES DE FORMATION ?

- Nombre de joueurs de moins de 25 ans ayant signé un contrat professionnel dans un club de Ligue 1, Ligue 2, National ou de première ou de deuxième division d’un des dix premiers pays au classement UEFA,

- Nombre de matches joués avec l’équipe professionnelle du club par les joueurs formés au cours de la saison écoulée, sachant qu’un match joué en Ligue 2 apporte moins de points qu’un match joué en Ligue 1,

- Nombre de matches joués en sélection nationale par les joueurs du centre de formation au cours de la saison écoulée,

- Nombre de diplômes scolaires obtenus par les joueurs du centre de formation,

- Nombre et qualification des éducateurs sous contrat au centre de formation.

Le centre de formation inondé le 10/10/2014
Le centre de formation inondé le 10/10/2014

Le centre de formation a reçu le label "vivre sport"

(Photo J.-M.C.)

Jean-Louis Gazeau (à droite), et Pascal Etienne, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. (Photo J.-M.C.)

Depuis la création du label ” vivre sport ” en 2008, seulement quatre structures du Languedoc-Roussillon ont été récompensées de leurs efforts. Parmi elles, le Nîmes Olympique, qui a reçu sa labellisation des mains de Pascal Etienne, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de la région ce matin. Aux côtés du HBCN, du club France de karaté de Castelnau-le-Lez et du pôle espoir rugby de Béziers figure désormais le Nîmes Olympique. Une récompense obtenue grâce au travail mené auprès des jeunes en terme ” de prévention sur le dopage, les violences sexuelles et les troubles du comportement alimentaire “, énumère Pascal Etienne. Des notions importantes pour Jean-Louis Gazeau, président du club. ”Nous voulons essayer de monter une équipe de L1 et même si nous jouons aujourd’hui le maintien, nous voulons nous appuyer sur notre centre de formation pour y arriver “. Une trentaine de jeunes fréquentent aujourd’hui ce dernier.

Depuis un an, le centre de formation des Crocos a donc accepté de jouer le jeu. Les U17 et U19 du club ( les jeunes de 15 à 19 ans, NDLR), ont donc vu l’intervention de plusieurs médecins. “Il faut donner de l’information en permanence. Quand on voit que 75% des jeunes fument du cannabis, on se dit que cela peut aussi toucher des jeunes joueurs et cela fait partie du dopage “, indique Bernard Blaquart, directeur du centre de formation du club. Parfois, ” certains médecins de famille prescrivent aussi des médicaments non-autorisés à des jeunes sans savoir que ceux-ci pratiquent un sport de haut-niveau “, ajoute-t-il. Un suivi sera réalisé par la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale jusqu’en 2016. Prochaine étape, ” former les cadres techniques et de santé “, du centre de formation indique Olivier Coste, médecin qui chapeaute le label ” vivre sport ” dans la région.

jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com

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Stanislas Golinski
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Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
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