Spectateurs sur le terrain
Spectateurs sur le terrain

Si de nos jours, notre plus grand ennemi est Montpellier, dans les années 1970, 2 équipes avaient cet "honneur": Marseille et St-Etienne.
04 mai 1976 : Nîmes se rend à St-Etienne. La France entière attend la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions qui va opposer le 16 mai à Glasgow, l'ASSE contre le Bayern de Munich. Et alors que l'ASSE s'attend à un match tranquille, le match dégénère complètement. L'arbitre vite dépassé, les coups pleuvent, Synaeghel et Farison sortent sur une civière, Luisinho est expulsé. De toute la France, Nîmes Olympique est devenu l'équipe la plus haï du championnat de France. Roger Rocher, le président des verts d'alors, la presse, tout le monde se déchaine contre nous. Par miliers, des lettres de menace arrivent au siège du club, et au domicile de notre président Paul Calabro.
Pour tout le monde, St-Etienne a perdu à cause de poteaux carrés (un ballon avait frappé la barre transversale et était ressorti au lieu d'entrer dans les buts), et de Nîmes Olympique...
Aujourd'hui encore si vous croisez des ex-joueur de la grande époque des verts ne leur parlaient jamais de Nîmes Olympique, ils ne nous l'ont pas encore pardonné.
Pour preuve ce témoignage de Robert Herbin, entraineur de l'époque, au Figaro le 15/10/2007 : 

Cela vous hante-t-il ?

Quand j'y pense, qu'on m'en parle, cela me dérange. Il y a un sentiment de frustration qui revient... Et puis j'ai vu Lyon à Troyes, avant son quart de finale contre l'AC Milan. Si, lors de notre dernière rencontre de championnat avant la finale, nous avions été protégés seulement de la moitié, nous aurions gagné la Coupe d'Europe. A Glasgow, je n'ai pas pu aligner mon équipe type à cause des blessés (Synaeghel et Farison) lors de ce match contre Nîmes qui a été un jeu de massacre. L'arbitre ayant été d'une tolérance insupportable.



1 an plus tard, le 16/04/1977, le stade Jean-Bouin bat son record de spectateurs. 15 517 spectateurs ont acheté leurs billets. Mais, il y a encore foule dehors, les portes craquent, et plus de 700 supporters envahissent le terrain. Doit-on faire jouer le match ? L'arbitre M. Konrath décide que oui. Alors le public s'assoit sagement le long des touches et derrière les barres, sur le terrain même. (dire que maintenant, dès qu'on allume un fumigène, même si on ne le lance pas sur le terrain, le club est puni!!!).
Le match se finit sur le score de 1 à 1.
Et alors là, scène surréaliste, à la fin du match, dans les vestiaires, les dirigeants de Nîmes offrent à leurs homologues Stéphanois : vin, caladons, brandade... et un martinet à l'arbitre (pourquoi, il y avait un martinet dans les vestiaires ? allez savoir) qu'ils vont récuser pour qu'il n'arbitre plus jamais Nîmes (alors qu'ils auraient dû le remercier pour avoir permis de jouer le match malgré l'envahissement du terrain, sinon nous avions match perdu).


7 décembre 1991 : début de l'affaire Cantona. Nîmes rencontre St-Etienne. L'arbitre prend toutes les décisions contre nous. Mécontent d'une décision arbitrale, Cantona jette volontairement le ballon sur l'arbitre. Carton rouge, il reste 7 minutes à jouer. Le résultat final est de 1 à 1.
Coutumier du fait, personne ne s'alerte plus. Mais 5 jours plus tard, le 12 décembre, en commission de discipline, il écope de 4 matches de suspension. Il n'accepte pas le verdict et insulte les membres de la commission, la sanction est immédiate, 2 mois de suspension.
Eric Cantona arrête sa carrière, résilie son contrat avec Nîmes. Désormais, il ne pourra plus jamais jouer dans un autre club, sans l'accord de Nîmes Olympique.
Le 25 janvier 1992, il choisit l'Angleterre, Sheffield Wednesday. 7 jours plus tard, le 1er février, il optera pour Leeds-United. Nîmes accepte de le prêter.
Le 2 mai 1992, Cantona est définitivement transféré à Leeds pour 9 millions de francs. (environ 1 million 350 mille euros)
Nîmes - St-Etienne, le dernier match d'Eric Cantona sous un maillot d'une équipe française.

Des spectateurs de partout
Des spectateurs de partout

 

Comme vous pouvez le voir, ce fut toujours très chaud entre les 2 équipes.

 

En conclusion, une anecdote vécue par un des supporters de cette période : 

"Je me rappelle un Nîmes - St-Etienne de novembre 1969 disputé devant 15 000 spectateus payants et un bon millier de resquilleurs dont j'étais. Les billets étaient pourtant demandés par 2 barrages avant le stade mais à l'entrée on ne demandait plus rien. Beaucoup de spectateurs entassés derrière une porte grillagée qui donnait sur le terrain, ont fini pas l'enfoncer et ont regardé le match assis au bord de la touche, comme en 77. Moi j'étais pendu a un mur derrière les gradins se trouvant derrière un but." 

St Etienne avait gagné 3-1.

Occitan Vert

Merci à lui pour son témoignage.

 

 

Mustapha Bettache
Mustapha Bettache
Bernard Rahis (à droite)
Bernard Rahis (à droite)
Joseph Ujlaki
Joseph Ujlaki
Hassan Akesbi, Dominqiue Colonna (légendaire gardien de Reims) et Paul Calabro (Président du N.O.)
Hassan Akesbi, Dominqiue Colonna (légendaire gardien de Reims) et Paul Calabro (Président du N.O.)
Stanislas Golinski
Stanislas Golinski
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stanilas Golinski quand il avait 80 ans, toujours fidèle à Nîmes
Stephan Dakowski
Stephan Dakowski